Dictionnaire National Drouin des Canadiens Français


Vous trouverez ici quelques fait d'histoire sur certain de nos aïeuls Québécois. Ces textes sont tirés du Dictionnaire National des Canadiens Français publié par l'Institut Généalogique Drouin en 1965.

Ouvrage en 3 volumes contenant aussi la descendance directe de Jean Prou jusqu'à mon grand-père et un index des premiers colons canadiens.



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Alaire, Charles

CHARLES ALAIRE RECOIT 120 ANGUILLES ET DECIDE DE SE MARIER LE MEME JOUR

Heureux temps où le dollar (la livre à cette époque) n'exerçait pas la fascinante attirance qu'il a aujourd'hui. On travaillait dur pourtant, mais on s'estimait heureux et satisfait quand on avait de quoi manger, fut-ce du... poisson!

Cent vingt anguilles représentaient quand même une petite fortune. Avec ce capital "en poche", on pouvait même songer à se marier.

Ce même 31 octobre 1663, Charles Alaire passait devant le notaire Duquet, son contrat de mariage avec Catherine Fièvre.

L'histoire ne dit pas si les poissons furent le cadeau à la jeune mariée, mais on peut au moins supposer que le menu du repas de noces comporta... un plat d'anguilles.

Après leur mariage, les époux Alaire s'établirent dans l'Île d'Orléans, dont les terres riches et fertiles attiraient de nombreux colons. Il se fixèrent en la paroisse Sainte-Famille, où en 1667, votre ancêtre possédait, d'après le recensement dressé au cours de cette année, une terre de six arpents en valeur.

Dix ans plus tard, Charles Alaire faisait acquisition d'une nouvelle terre, située sur la paroisse St-François. ce terrain de quatre arpents de front lui coûta deux cents livres, ce qui représentait une somme assez coquette. Preuve que les affaires de votre ancêtre devaient bien marcher.

Grâce à une carte détaillée de l'Île d'Orléans, nous avons pu localiser la terre et la ferme de votre ancêtre. Transmis de père en fils, ce patrimoine était encore, au début du 20e siècle, aux mains de la famille Allaire.

En guise de conclusion, ajoutons que Charles Alaire était poitevin. Il était né à Saint-Philbert-du-Pont Charrault, dans l'ancienne Province du Poitou.

De son mariage avec Catherine Fièvre, il eut treize enfants.


Albani

CÉLÈBRE CANTATRICE CANADIENNE NÉE MARIE EMMA LAJEUNESSE

La célèbre cantatrice Albani, renommée en Europe et en Amérique, était une Canadienne Française dont le nom véritable était Marie Emma Lajeunesse. Vous avez l'honneur de la compter comme parente.

Née à Chambly, en 1851, elle manifesta de bonne heure ses goûts pour le chant et se signala d'abord dans la ville d'Albany (N.Y.). Elle italianisa le nom de cette ville et l'adopta pour elle-même.

Douée d'une voix riche, pure, souple, elle suivit des cours de chant à Paris puis à Milan. Elle parut ensuite successivement au concert, à l'oratorio puis à la scène. Les villes d'Italie, de France, d'Angleterre, d'Amérique, de Russie, etc.., l'applaudirent tour à tour.

Ses visites au Canada étaient pour elle de véritables triomphes de la part de ses compatriotes. Votre célèbre parente décéda à Londres, après une longue maladie, en 1930, âgée de soixante-dix-neuf ans.


Amyot, Georges-Elie

L'HONORABLE GEORGES ELIE AMYOT

Philippe Amyot, ancêtre des familles Amyot du Canada, appartenait à une famille très ancienne et très honorable de France. Probablement originaire de la région de Soissons, il avait épousé en 1627 à Estrées, Anne Convent, fille de Guillaume Convent et 'Antoinette de Longval. Philippe Amyot passa au Canada avec sa femme se ses enfants, Jean et Mathieu, qui ont laissé tous deux une nombreuse descendance.

A la huitième génération, l'Honorable Georges Elie Amyot (1856-1930), membre du Conseil Législatif, fit la preuve de sa descendance noble aux Commissaires du Collège des Armes du Canada en octobre 1912, et fut admis à la corporation de la Noblesse, avec le blason qu'il tien de ses ancêtres : "D'azur, à la bande d'argent chargée de cinq mouchetures d'hermine".

Fier de cette illustre parenté, vous portez dans votre blason le souvenir des armes de l'Honorable Georges Elie Amyot.


Amyot, Philippe

EN QUATRE ANS PHILIPPE AMYOT FONDE UNE FAMILLE DE PLUSIEURS MILLIERS DE DESCENDANTS

Originaire de l'Évêché de Soissons, Philippe Amyot passa au Canada dans le courant de l'été 1635. Il était accompagné de sa femme, Anne Convent, et de ses deux fils, Jean et Mathieu.

Le 26 août 1636, il faisait baptiser un autre garçon, Charles, né è Québec.

Trois ans après, Philippe Amyot mourut. Il n'avait passé que quatre ans en Nouvelle-France, mais celà lui avait suffi pour implanter solidement sur la terre canadienne grâce à ses deux fils Mathieu et Charles, un nom qui est porté aujourd'hui par des milliers de ses descendants.

Mathieu Amyot était un homme décidé et entreprenant. Tour à tour, il se fit octroyer des concessions aux Trois-Rivières, Sillery, puis dans la région de Québec. C'est même de cette dernière concession qu'il tira son surnom de "Villeneuve", car cette terre était située "au dessus de la pointe vulgairement appelée pointe Villeneuve". A ce régime, Mathieu Amyot devint bientôt l'un des principaux habitants de la colonie.

L'intendant Talon fit donc pour lui une demande d'anoblissement. Les lettres de noblesse furent octroyées par Louis XIV en 1668, mais malheureusement Mathieu Amyot oublia de les faire enregistrer au Conseil Souverain de la Nouvelle-France, si bien qu'elles n'eurent aucune valeur. Bien qu'anobli, Mathieu Amyot ne fut donc jamais réellement noble. Il mourut le 18 décembre 1688.

Son frère Charles, de dix ans plus jeune, commença à voyager à l'âge de 14 ans avec les missionnaires.

Bien que marchand résidant dans la Basse-Ville de Québec, il reçut lui aussi plusieurs concessions de terre. L'importance qu'il prit dans la vie québécoise le classa bientôt parmi les notables de la ville.

Malheureusement Charles Amyot fut enlevé trop jeune. Il mourut en effet le 10 décembre 1669, soit neuf ans seulement après son mariage.


Archambault, Jacques

VOTRE ANCÊTRE JACQUES ARCHAMBAULT AU CANADA EN 1646 IL CREUSE LE PREMIER PUITS A MONTREAL, PLACE D'ARMES

Jacques Archambault émigra au Canada, à Québec, avec sa famille, en 1646. En 1651, il reçut du gouverneur de la Nouvelle-France une terre au Cap-Rouge et une autre du gouverneur de Montréal dans cette dernière ville. Après avoir habité Québec, Jacques Archambault vécut au Cap-Rouge jusqu'à l'automne de 1653. En 1652, un de ses fils, Denis, avait été tué par l'explosion d'un canon qu'il tentait d'allumer pour tirer sur une bande de maraudeurs Iroquois. Rendu à Ville-Marie, à l'automne de 1653, Jacques Archambault y creusa, sur la Place-d'Armes actuelle, en 1658, le premier puits construit dans l'Île de Montréal. Le fait est relaté par plusieurs historiens. Ce pionnier de Montréal, seul de ce nom venu au Canada, à laissé de nombreux descendants.

Dans le "Dictionnaire de la Noblesse", par M. Jouffroy d'Eschavannes (Paris), on voit qu'une branche de la famille Archambault appartenait en France à la noblesse. Cette branche qui habitait l'Orléanais blasonnait ainsi: "D'azur à trois lions d'or; en coeur un écusson d'argent au pal de gueules, chargé de trois flanchis d'or".


Asselin, David

VOTRE ANCÊTRE DAVID ASSELIN RETOURNA EN FRANCE POUR SE MARIER EN SECONDES NOCES

David Asselin était veuf quand il vint au Canada. Il laissait en France son fils Pierre, qu'il avait eu de son mariage avec Catherine Baudard.

Le 13 mars 1666, votre ancêtre achetait une terre dans l'île d'Orléans, sur la paroisse de Sainte-Famille. Le recensement de 1667 nous précise même que cette terre était de dix arpents, ce qui représentait beaucoup de travail pour un homme seul.

Précisément, la solitude commençait à lui peser. Il songea donc à se remarier, mais ne trouvant pas de "chaussure à son pied", il retourna en France, où il épousa, à Dieppe le 20 avril 1670, Marie Houden.

Il retrouvait par la même occasion son fils Pierre, un grand garçon de 11 ans qu'il décida cette fois-ci d'amener avec lui au Canada.

A son retour, David Asselin retrouva sa terre à Sainte-Famille de l'Île d'Orléans. Il se remit avec courage à la culture, aidé cette fois-ci de son jeune fils. Le travail alla bon train, si l'on en juge d'après le rapport suivant, dressé en 1686:
"David Asselin, 50 ans, marie Oudault, sa femme 45; 1 fusil, 8 bêtes à cornes,25 arpents en valeur".

Votre ancêtre avait-il de "gros péchés" à se reprocher? Redoutait-il simplement, en humble chrétien, la Justice divine? On ne le saura jamais. Mais toujours est-il qu'avant de mourir il fonda dans sa paroisse, pour le prix de trente livres, une messe basse à perpétuité, avec cette clause bien précise que le curé devrait annoncer cette messe le dimanche précédant, et faire réciter un "De Profundis" pour le repos de l'âme du donateur.

La conscience tranquille sur le sort qui l'attendait, David Asselin mourut en paix. Il fut inhumé le 5 décembre 1687.


Auber, Claude

LE NOTAIRE CLAUDE AUBER

Claude auber notaire royal, était originaire de Sainte-Croix de Troarn, Normandie. C'était là qu'il naquit en 1614 du mariage de Jacques Auber et de Marie le Boucher.

Il vint s'établir au pays vers 1648 et deux ans plus tard, il fut nommé notaire de la seigneurie de Beaupré. En 1664, le Conseil Souverain le nomma notaire royal à Québec. C'est là qu'il décéda en mars 1694 après avoir exercé son métier de notaire pendant quarante-deux ans. Son greffe fut inventorié, dépouillé et vérifié par le Procureur général Verrier en 1731. Il est conservé aux Archives judiciaires de Québec.

De son mariage avec Jacqueline Lucas, votre ancêtre eut un fils et quatre filles. La descendance de celles-ci est beaucoup plus considérable que celle de son fils Félix.


Audet, Nicolas

NICOLAS AUDET DIT LAPOINTE LA CURIEUSE ORIGINE D'UN SURNOM ET L'HONNEUR D'ETRE LE PORTIER DE MONSEIGNEUR

Le surnom de Lapointe ne serait pas canadien, mais français d'origine. Trois familles Audet, paraît-il, étaient disposées en forme de triangle dans la paroisse où elles résidaient. Naturellement, il y en avait une au sommet du triangle, c'est-à-dire à la pointe. On allait donc à "la pointe", lorsqu'on visitait cette famille, qu'on finit - en réunissant les deux mots - par surnommer Lapointe. Or, c'est précisément l'un de ses membres qui émigra au Canada, et c'est pourquoi la famille Audet porte le surnom de Lapointe. L'explication est plus que  vraisemblable si la terre de cette famille Audet était réellement triangulaire. Mais on ne peut nier que les terres peuvent être triangulaires aussi bien que rectangulaires ou carrées. Ainsi la paroisse de Charlesbourg compte deux villages entiers dont toutes les terres ont la forme triangulaire. Quant aux variations de nom Audet, elles sont peu nombreuses. On trouve: Audet, Audette, Odet et Odette.

On sait que Nicolas Audet fut "confirmé" par Mgr de Laval à Québec le 23 mars 1664 et qu'il occupa alors l'emploi fort honorable de portier au palais épiscopal de Mgr de Laval.


Auger, Pierre

LA FERME DE PIERRE AUGER TRANSMISE DE PÈRE EN FILS DEPUIS AU DELA DE 260 ANS

Pierre Auger et sa jeune épouse s'établirent sur une ferme dans la paroisse de la Pointe-aux-Trembles de Neuville. Il est très intéressant de notre que cette ferme s'est conservé de père en fils dans votre famille jusqu'à nos jours.

En 1908, lors des fêtes du troisième centenaire de la fondation de Québec, le Comité des Anciennes Familles a accordé des médailles d'honneur aux familles dont les descendants occupaient la terre ancestrale depuis deux cents ans ou plus. La famille Auger a été gratifiée de l'une de ces médailles. La terre de votre premier ancêtre appartenait alors à Philippe Auger, fils de Napoléon Auger et Marie Philomène Garnier. Philippe Auger épousa Rébecca Matte en 1913, à la Pointe-aux-Trembles.




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Badaillac dit Laplante, Louis

LOUIS BADAILLAC DIT LAPLANTE SOLDAT DE LA COMPAGNIE DE TREMONT DANS LE CELEBRE RÉGIMENT DE CARIGNAN

Louis Badaillac dit Laplante vint au pays en 1665 en qualité de soldat de la compagnie de Trémont dans le régiment de Carignan. Après avoir pris part aux côtés de ses compagnons d'armes à de nombreux exploits, Louis Badaillac fut licencié en 1667.

A partir de ce moment jusqu'en 1678, on le voit s'occuper de la traite des fourrures des "les Pays d'en Haut". Ses fréquentes visites chez les Sauvages lui attirèrent l'amitié de ces derniers qui lui donnèrent le doux nom de "Saguenon". Cette même année 1678, il semble s'être fixé à Sorel auprès de son capitaine Pierre de Salvaye, sieur de Trémont, qui s'était établi à l'embouchure du Richelieu.

La seigneurie de Sorel est donc le berceau de la famille Badaillac dit Laplante au Canada.


Baillargeon, Jeanne

JEANNE BAILLARGEON ELEVEE CHEZ LES IRQUOIS UNE INTERESSANTE ETUDE DE MOEURS

Sur votre ancêtre, Jeanne Baillargeon, prise par les sauvages, à l'âge de neuf ans, nous trouvons dans les "Lettres de la Mère Marie de l'Incarnation aux Ursulines de Tours" des notes très intéressantes:

"Elle se plut tellement aux coutumes de ces sauvages, qu'elle était résolue de passer avec eux le reste de sa vie. M. de Tracy ayant obligé cette nation de rendre tous les Français qu'ils tenaient captifs, elle se retira dans les bois, de crainte de retourner dans son pays........ A son retour, M. de Tracy lui donna cinquante écus pour se marier; mais il voulut qu'elle fut premièrement mise aux Ursulines pour reprendre l'esprit du christianisme, qui s'était fort affaibli parmi les Iroquois."

Le père de votre ancêtre, Jeanne Baillargeon, est l'ancêtre de Mgr Baillargeon, troisième archevêque de Québec, et de tous les Baillargeon au pays.


Barbier, Gilbert

VOUS DESCENDEZ DE GILBERT BARBIER PIONNIER DE VILLE-MARIE SON MONUMENT PLACE ROYALE

Votre ancêtre, Gilbert Barbier, est un héros qui, à plusieurs titres, capte l'admiration et la reconnaissance de ses concitoyens et encore plus de ses descendants.

Il fait partie du groupe qui arriva à Montréal la première année de sa fondation, en 1642, et a un droit absolu au titre de pionnier de Ville-Marie. Son nom est gravé sur un monument qui commémore ce fait.

L'un des points les plus intéressants, pour ne pas dire le plus intéressant de tous, dans Montréal, au point de vue historique, est bien la Place Royale. Au centre on remarque un bel obélisque, élevé par les soins de la "Société Historique de Montréal".

Sur les faces de cet obélisque sont gravées des inscriptions qui nous apprennent que c'est à quelques pas de cet endroit que M. de Maisonneuve débarqua, en 1642, avec environ 18 compagnons et qu'il y fit célébrer la première messe.

Gilbert Barbier a donné deux de ses fils qui furent tués sur le champ de bataille la même année, l'un contre les Anglais, l'autre contre les Iroquois. Nicolas barbier, le premier fils, fut tué dans un combat à Laprairie, en 1691. Un monument érigé dans la ville de Laprairie, rappelle ce fait à tous les passants. L'autre fils de Gilbert Barbier, Charles-Henri Barbier, périt à Repentigny, dans un combat contre les Iroquois, sous la direction de Lemoyne de Bienville.

Un troisième fils de Gilbert Barbier, Gabriel, devait accompagner La Salle, en 1682, à la découverte de l'embouchure du Mississipi. Il n'a pas laissé de descendants.

En plus de ces trois fils, votre ancêtre, Gilbert Barbier, avait trois filles. L'une d'elles, Marie, se fit religieuse de la Congrégation Notre-Dame et prit le nom de Soeur de L'Assomption. Elle vécu jusqu'à l'âge de soixante-seize ans. Les deux autres filles s'allièrent à deux de nos belles familles cannadiennes-françaises. L'une épousa Etienne Truteau (ancêtre des Trudeau actuels). Une plaque a été érigé angle Lagauchetière et St-André à Montréal pour commémorer l'acte de bravoure d'Etienne Truteau en 1662. La seconde filles mariée de Gilbert Barbier épousa Toussaint Beaudry qui  a laissé de nombreux descendants de ce nom au pays.


Bareau, Jean

JEAN BAREAU TOMBE SOUS LES COUPS DES IROQUOIS EN 1690

Jean Bareau, dont vous descendez, fut tué par les Iroquois, à Laprairie, le 4 septembre 1690. Le fait est mentionné dans l'acte suivant extrait des registres de Laprairie:

"Ce 3ème de décembre 1690, je, prêtre missionnaire soussigné, certifie avoir été chercher, dans les bois, le reste des ossements de feu Bourbon, habitant de cette paroisse, et d'un autre qu'on n'a pu savoir qui il était, tant il était défiguré par les Iroquois. On croit que c'est un soldat de Mr. le Chevalier Degrais nommé Lamotte, qui furent tués l'un et l'autre le 4 septembre de la susdite année, dans l'attaque que l'on donna à la fourche de la Prairie de la Magdeleine, avec Jean Duval, Jean Barault, habitants de cette paroisse, Latreille, Beaulieu, Larose d'Auvergne, soldats de Mr. le Chevalier Degrais. Nous avons donné la sépulture aux susdits ossements de Bourbon et de Lamotte, ce 3ème, comme nous avions fait aux corps de Barault, Jean Duval, le 4ème et 5ème septembre, dans le cimetière de la dite paroisse..." (registres de Laprairie).

Lorsqu'il périt, victime des Iroquois, votre ancêtre, Jean Bareau, n'avait que 39 ans.


Baudry, Toussaint

TOUSSAINT BAUDRY PASSA PLUSIEURS ANNEES AU SERVICE DE JENNE MANCE

C'est toujours avec un sentiment de fierté mêlée d'admiration que l'on approche les personnages haut placés, qui appartiennent à l'Histoire. C'est pourquoi il vous sera sans doute agréable d'apprendre que Toussaint Baudry, votre ancêtre, eut l'honneur de vivre près de Jeanne Mance, puisqu'il fut à son service pendant plusieurs années.

Originaire de St-Jean de Velluire en Poitou, Toussaint Baudry vint au Canada dans les années 1664-1666. Certains pensent même qu'il fit la traversée en 1664 avec Jeanne Mance, qui revenait alors de son dernier voyage en France. Quoi qu'il en soit, à son arrivée il se fixait à Montréal, où le 2 juillet 1666 il recevait de Monsieur de Maisonneuve la concession d'une terre à la Pointe-aux-Trembles.

Cependant, s'estimant sans doute trop nouvellement arrivé dans le pays pour se mettre à son compte, Baudry préféra se placer comme domestique. Et c'est ainsi qu'en 1667, nous le trouvons donc parmi le personnel de l'Hôpital de Montréal, devenu l'Hôtel-Dieu, dont Jeanne Mance était administratrice.

Qui ne connait pas Jeanne Mance? Co-fondatrice de Montréal, pionnière du premier hôpital dans cette ville, elle a puissamment contribué au rôle colonisateur puis à l'établissement de la France au Canada. Elle peut à ce titre être considérée comme une de nos "gloires nationales". L'Hôpital dont elle assumait encore en 1667 la direction représentait une grosse organisation pour l'époque. La ferme à elle seule était de 100 arpents, et l'on conçoit que l'exploitation d'une telle superficie demandait de la main-d'oeuvre. Toussaint Baudry était assuré de ne pas manquer de travail.

Il est probable que votre ancêtre resta au service de Jeanne Mance jusqu'à son mariage. Le 24 novembre1670, il épousa donc Barbe Barbier, fille d'un des derniers pionniers de Ville-Marie. Jeanne Mance lui avait fait l'honneur d'assister comme témoin à son contrat de mariage passé quelques jours plus tôt.

Lors du recensement de 1681, Toussaint Baudry déclara qu'il était couvreur. C'était de fait son métier principal, qui ne l'empêchait d'ailleurs pas de cultiver une terre de 25 arpents.

Il faut croire enfin que votre ancêtre jouissait de l'estime et de la considération de ses co-paroissiens de la Pointe-aux-Trembles, car en 1679 il fut élu marguillier de sa paroisse.


Baudry, Urbain

URBAIN BAUDRY, SIEUR DE LA MARCHE, L'UN DES PIONNIERS DES TROIS-RIVIÈRES

Urbain Baudry naquit à Luché en Anjou, en 1615, du mariage de Jean Baudry et de Jeanne Bertin. D'après le père Archange Godbout, o.f.m., les Baudry était déjà nombreux dans cette région des la première moitié du XVIe siècle

On ne sait pas juste quand votre ancêtre s'établit aux Trois-Rivières, mais dès 1646 il recevait une concession du gouverneur Charles Huault de Montmagny sur les bords du Saint-Maurice. L'année suivante, le 18 novembre 1647, il passait un contrat de mariage avec Madeleine Boucher, âgée de douze ou treize ans, filles de Gaspard Boucher et soeur de Pierre Boucher qui devait devenir plus tard gouverneur des Trois-Rivières et seigneur de Boucherville. La mariée n'était pas très âgée, mais à cette époque on se mariait assez jeune.

Urbain Baudry fut un homme très actif et très entreprenant. En effet il était à la fois taillandier, forgeron, colon et cultivateur. Sa boutique était précisément située au pied du coteau des Pères sur un emplacement que lui avait concédé le gouverneur d'Ailleboust en 1650.

Grâce sans doute à l'appui puissant de son beau-frère, Urbain Baudry put se bâtir assez rapidement un beau domaine. Outre une concession sur le fleuve reçue du Père Buteux en1649 et quelques autres situées aux Trois-Rivières, il en possédait une en la seigneurie de Beaupré qu'il vendit en 1656 à Julien Fortin, sieur de Bellefontaine.

Conscient de son importance et de son rôle dans la petite colonie trifluvienne, votre ancêtre ne se gêna pas pour ajouter à son nom le titre de sieur de la Marche, ce qui finissait très bien sur une carte de visite, ... s'il en avait une.

Urbain Baudry fut inhumé dans l'église des Trois-Rivières, le 23 août 1682. Il était alors âgé de soixante-sept ans.


Beaudoin, Jacques

JACQUES BEAUDOIN PARMI LES PREMIERS DE LA GASPÉSIE

Divers documents nous apprennent que, pendant l'automne et l'hiver, nos premiers ancêtres de la région de Québec descendaient le fleuve jusqu'aux alentours de Sainte-Anne-des-Monts pour aller à la pêche, comme ils disent, au Mont Notre-Dame. Ces faits reculent considérablement l'origine des pêcheries canadiennes en Gaspésie. Nous savons par un documents très intéressant que l'un de vos ancêtres Jacques Beaudoin, participait à ces pêches, dès 1669.


Bédard, Isaac

VOTRE ANCETRE ISAAC BEDARD SE CONVERTIT AU CATHOLICISME AVANT SON DEPART POUR LE CANADA

Sous le Régime français, les protestants furent peu nombreux au Canada. Il n'y eut d'ailleurs ni églises, ni ministres de cette religion. C'est pourquoi en définitive, ainsi qu'en attestent les abjurations enregistrées à Québec, la plupart des protestants qui vinrent ici avant la cession du Pays à l'Angleterre, abandonnèrent leur foi pour le catholicisme. Certain même se convertir à la Religion romaine avant leur départ pour le Canada. Tel fut le cas de votre ancêtre Isaac Bédard.

Isaac Bédard était protestant. De fait, c'est à l'église réformée de La Rochelle, son pays d'origine, qu'il épousa, le 20 mars 1644, Marie Girard. Quelques années plus tard, probablement en 1661, les époux Bédard décidèrent de venir s'installer au Canada. Mais auparavant, ils durent abjurer leur foi protestante, car dès leur arrivée, ils firent confirmer leur fils Jacques,  venu avec eux, puis deux ans plus tard baptiser à l'Église catholique leur fille Marie.

Isaac Bédard obtint une concession de douze arpents cultivés, à Charlesbourg. Il s'y installa donc avec sa famille. Si l'on en juge d'après les nombreuses transactions qu'il passa devant notaire, votre ancêtre était un homme d'affaires très actif, non moins que compétent.

D'ailleurs, en plus de son métier de cultivateur, il était aussi à ses heures charpentier.

Mais ses nombreuses occupations n'étaient pas sans lui attirer des difficultés. Le 13 octobre 1663, par exemple, il fut condamné à donner un demi-minot de blé et une journée de travail à Vincent Renault, en dédommagement des dégâts faits par son bétail dans le blé du dit Renault.

Des huit enfants qu'il eut de son mariage avec Marie Girard, trois seulement ont eu des descendants.

Issac Bédard fut inhumé à Charlesbourg le 15 janvier 1689, après avoir "reçu les sacrements de Pénitence, d'Eucharistie et d'Extrême-onction".


Bégin, Louis-Nazaire

VOUS ETES DE LA FAMILLE DU CARDINAL BEGIN

Quel honneur pour vous de pouvoir vous dire de la même famille qu'un si grand prélat.

Louis Nazaire Bégin, né en 1840, à Lévis, fit ses études au Séminaire de Québec et il fut le premier élève à remporter le prix du Prince de Galles. Admis au Grand Séminaire, en 1862, il fut envoyé à Rome l'année suivante afin de compléter ses études théologiques. Il fut ordonné prêtre en 1865. De retour à Québec, en 1868, il se consacra entièrement à l'éducation, surtout su Séminaire où il fut successivement professeur, préfet des études et directeur. Vingt ans plus tard, il était préconisé deuxième évêque de Chicoutimi. En 1891, le Cardinal Taschereau, archevêque de Québec, le choisissait pour coadjuteur et en 1898, il devint titulaire de siège de Québec. En 1914, le Pape Pie X l'éleva à la dignité de prince de l'Église, lui conférant l'insigne de cardinal-prêtre.

Ce patriarche de l'Église canadienne, votre parent, décéda en 1925. Son activité n'avait pas connu de bornes, mais l'éducation fut surtout l'objet de sa plus vive sollicitude, pendant toute sa vie.


Bélanger, François

FRANCOIS BELANGER SIGNEUR DE BONSECOURS A L'ISLET

François Bélanger, qui fut l'un des pionniers de la côte de Beaupré, devait devenir plus tard le premier seigneur de la seigneurie de Bonsecours à L'Islet. Il est l'un de vos ancêtre les plus remarquables. Né en 1612 dans l'évêché de Lisieux, autrefois de la province de Normandie, il se joignit au groupe des pionniers venu en Perche en compagnie de Robert Giffard: les Gasnier, les Maheu, les Boucher, les Guyon, les Drouin, les Cloutier, les Gagnon, etc.

Le douze juillet 1637, François Bélanger épouse Marie Guyon. C'est le Père Charles Lallemant, oncle de saint Gabriel Lallemant qui bénit leur union.

Bien que lié d'une certaine façon au seigneur de Beauport, votre ancêtre préféra se fixer sur le territoire voisin qui devait former la paroisse de Chateau-Richer dans la seigneurie de Beaupré. A force de travail François Bélanger devint vite l'un des cultivateurs les plus considérables de la côte de Beaupré. Le recensement de 1667 nous apprend qu'il avait 50 arpents en valeur et qu'il possédait treize bestiaux dans son étable. Ce sont là des chiffres peu communs pour l'époque.

Lorsque fut établi le système des capitaines de milice, François Bélanger fut désigné pour occuper cette charge dans la seigneurie de Beaupré. En 1677, pour reconnaître les services qu'il rendait au pays, MM. de Frontenac et Duchesneau, respectivement gouverneur et intendant de la Nouvelle-France, accordèrent a "François Bélanger capitaine des milices de la côte de Beaupré, à titre de fief et seigneurie, les terres qui sont le long du fleuve Saint-Laurent côté sud entre ce qui appartient à la Demoiselle Geneviève Couillard en remontant le dit fleuve jusqu'à celle de la Demoiselle veuve Amiot contenant en tout une lieue et demie ou environ de front sur deux lieues de profondeur." C'est ce que fut connu sous le nom de seigneurie Bélanger ou seigneurie de Bonsecours et qui forme actuellement une partie de la paroisse de l'Islet.

Votre ancêtre avait alors soixante-quatre ans. Toutes ses filles sauf une étaient déjà mariées. Deux fils restaient encore avec lui et ils le quittèrent bientôt. Le premier, Louis, pour aller ouvrir une terre à l'endroit où se trouve l'église actuelle de l'Islet, le second pour se préparer un petit domaine un peu plus à l'ouest. En 1681, le recensement nous apprend que le seigneur de Bonsecours, François Bélanger possède quatre domestiques soit: Jean de Lavoye, Barthélémy Gobeil, Pierre de la Faye, Pierre Massard. Ce seul fait laisse supposer que François Bélanger était fort à l'aise.

Le seigneur de Bonsecours, François Bélanger, dut mourir dans l'hiver de 1690-1691; il fut probablement inhumé dans le cimetière du Cap-Saint-Ignace. Cependant son acte de sépulture est introuvable. François Bélanger avait eu l'ambition de constituer un beau patrimoine à ses fils.


Bélanger, Nicolas

NICOLAS BELANGER

Saint-Thomas-de-Touques, évêché de Lisieux, en Normandie, est l'endroit natal de Nicolas Bélanger, l'un de vos ancêtre. C'est vers 1659 que Nicolas Bélanger vint s'établir sur la côte de Beauport.

Le 12 novembre de cette année-là, il passait son contrat de mariage avec Marie de Rainville, fille de Paul de Rainville et de Rolline Poète. Le mariage eut lieu le 12 janvier 1660. Le nouveau couple s'établit à Beauport et devait y passer toute sa vie.

L'année suivante Nicolas Bélanger acheta de Paul de Rainville une terre d'un arpent de front située près du village de Fargy. Une autre concession lui fut accordée par Joseph Giffard, seigneur de Beauport, le 24 janvier 1673, devant le notaire Vachon. Le seigneur de Beauport lui donnait un arpent et soixante et onze perches de terre. D'après l'inventaire de ses biens fait après son décès, il semble bien que Nicolas Bélanger ait possédé une autre terre plus considérable dans le village de Saint-Michel, à Beauport. Cette terre avait quatre arpent de front.

Il est intéressant de noter qu'au recensement de 1666, votre ancêtre est désigné comme "habitant et saulnier", ce qui signifie que votre ancêtre était marchand de sel. Quoi qu'il en soit, en 1681, lors du recensement votre ancêtre avait quarante et un arpents de terre, et dix bêtes à cornes, ce qui en faisait l'un des cultivateurs les plus prospères de Beauport.

Fait curieux, Nicolas Bélanger porta parfois le surnom Catherine et le prénom de Michel; toutefois son surnom ne s'est pas transmis.

Nicolas Bélanger et son cousin François Bélanger sont les ancêtres de presque tous les Bélanger du Canada. La postérité de Nicolas se retrouve dans le district de Québec, bien que certaines branches aient émigré ici et là à travers le pays.


Belleau, Narcisse-Fortunat

SIR NARCISSE-FORTUNAT BELLEAU FUT LIEUTENANT-GOUVERNEUR

Sir Narcisse-Fortunat Belleau naquit à Sainte-Foy le 20 octobre 1808. Il fit ses études classiques au petit séminaire de Québec et légales au bureau de MM. Perreault et Burroughs. Admis au barreau du Bas Canada en septembre 1832, il devint maire de la ville (1850-53), conseil de la reine (1854), président de la Compagnie de chemin de fer de la rive Nord, bâtonnier du barreau de la Province, conseiller législatif (1852-67); il fut ministre de l'Agriculture et Receveur général dans trois cabinets (1857-62) et (1865-67). Créé chevalier de Saint-Michel et Saint-George par le prince de Galles le 21 août 1860, nommé au Sénat en 1867, il fut promu lieutenenat-gouverneur, de mai 1867 à février 1873. Il se retira alors dans la vie privée. Toutefois, il fut administrateur de la province, en 1885 et en 1890, et décéda à Québec le 14 septembre 1894.

Sir Narcisse-Fortunat Belleau portait: "D'or, au chevron d'azur accompagné de trois chouettes de sable".


Berthelot, Charles

UN MARIAGE QUI A FAILLI NE PAS AVOIR LIEU

Charles Berthelot, le fondateur de cette famille au Canada, était le fils d'un marchand-épicier de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont à Paris. Il vint ici à l'automne de 1726. Dès son arrivée à Québec, il se lança dans les affaires, où il prospéra rapidement. Entre Temps, il avait fait la connaissance de Thérèse Roussel, fille du chirurgien Thimothée Roussel. L'amour enflammant leurs coeurs, les deux jeunes gens décidèrent de s'épouser aussitôt. Les bans avaient déjà été publiés et le contrat de mariage avait même été passé par le notaire de La Cetière, lorsque l'intendant Dupuy eut vent de l'affaire. A ce moment, votre ancêtre, Charles Berthelot, était encore mineur: il devait donc avoir l'autorisation écrite de son père pour contracter mariage et devait aussi présenter un extrait de baptême. L'intendant Dupuy, qui était à cheval sur la loi, défendit formellement "à tous notaire et ecclésiastiques, de prêter leur ministère au mariage projeté d'entre le Sieur Berthelot et la Demoiselle Roussel." (Ordonnance du 6 février 1727). Le jeune commerçant fut donc obligé d'écrire à son père aux premiers jours du printemps 1727 et d'attendre avec impatience, le réponse de celui-ci. Enfin, la missive tant attendu arriva à la fin de l'été et le mariage eut lieu le 26 septembre 1727.

Le ministre de la marine blâma vertement l'intendant Dupuy pour avoir empêché pendant quelques mois, le mariage de vos deux ancêtres.

Charles Berthelot avait des dispositions remarquables pour le commerce. Il avait d'excellents amis, et beaucoup d'entregent. Probablement aidé par les capitaux que lui fournit son père, demeuré à Paris, il ne tarda pas à devenir un des principaux négociants de Québec. Parmi ses descendants, on compte plusieurs juges, avocats, députés et médecins.


Bérubé, Damien

DAMIEN BERUBE VEINT S'ETABLIR EN NOUVELLE-FRANCE EN QUALITÉ DE MAÇON

Dans son Histoire du Canada, Faillon nous raconte ce qui suit:

"Le Roi avait déjà fait une concession de mille arpents de terres, située entre les Trois-Rivières & Montréal, en faveur d'un gentilhomme Normand du pays de Caux, le sieur de la Bouteillerie, qui, dans le dessein de s'y établir & de la mettre en valeur, s'embarqua à Dieppe, à la fin du mois de juin 1671, sur le navire le Saint-Jean-Baptiste, conduisant pour cela avec lui deux charpentiers, deux maçons & quatre manoeuvres. Mais il paraît qu'arrivé au Canada, il craignit de s'établir sur des terres si exposées aux incursions des barbares & renonça à sa concession pour se fixer sur une autre où il n'eut pas les mêmes dangers à courir. Du moins, le 29 octobre de l'année suivante 1672, il obtint de M. Talon deux lieues de terres de front au bord du fleuve Saint-Laurent, savoir une lieue au-dessus et une lieue au-dessous de la rivière Ouelle, cette rivière y comprise, sur une lieue & demie de profondeur, & ce fut là qu'il s'établit."

Or lors du recensement de 1681, un de ces deux maçons réside encore à la Rivière-Ouelle: c'est votre ancêtre, Damien Bérubé. Celui-ci, en outre de pratiquer son métier, s'intéresse également à la culture du sol. En effet, en 1676, le sieur Deschamps de la Bouteillerie lui concède une terres de douze arpents par quarante située sur la rivière Ouelle et dont votre ancêtre avait commencé le défrichement depuis deux ans.

L'année 1688 fut une année bien cruelle pour la première famille Bérubé au Canada. En effet dans l'espace de deux jours mouraient l'un après l'autre Damien Bérubé et deux de ses petites filles, Marie et Thérèse. Votre ancêtre n'avait que trente-sept ans. Deux de ses fils, Pierre et Mathurin, eurent de nombreux enfants et il semble bien que leur postérité ne s'éteindra jamais.


Besset, Alfred - (Le Frère André)

LE FRERE ANDRE VOTRE PARENT

Le Frère André, le célèbre "fondateur" de l'Oratoire St-Joseph de Montréal est votre parent.

A son acte de baptême, à St-Grégoire d'Iberville. le 10 août 1845, il est intéressant de constater dans cet acte que l'enfant est baptisé "sous condition" , ce qui veut dire qu'il avait été ondoyé à la maison et donc que l'on craignait pour sa vie. On a souvent mentionné que le bon Frère, dans son enfance, était faible de santé. Les prévisions humaines, une fois de plus, ont été erronées: on ne peut s'empêcher de rapprocher de cette enfance fragile la vie active et fructueuse d'une durée de près d'un siècle dont elle était le prélude.

Un cas semblable s'est trouvé dans la personne du pape Léon XIII qui vécut jusqu'à l'âge de 93 ans et fournit vingt-cinq ans d'un fructueux pontificat. A sa mort on citait une pièce de vers qu'il avait composée au collège, à l'âge de dix-huit ans et dans laquelle il chantait sa santé débile et sa mort prochaine.

Né un samedi, jour de la Sainte-Vierge, il devint portier au Collège Notre-Dame. Mort un mercredi, jour de St-Joseph, il avait été le fondateur de l'Oratoire.


Bessette, Jean

JEAN BESSETTE SCALPE ET TUE PAR LES IROQUOIS

Jean Bessette, votre ancêtre et celui du frère André, fut scalpé et tué par les Iroquois à Saint-Lambert, en 1692. Voici comment l'historien Benjamin Sulte, raconte la fin de cet ancien soldat du régiment de Carignan:

"L'année 1692 vit se répéter autour de Montréal, et jusqu'aux portes de Trois-Rivières, les coups des Iroquois. Toute tentative de culture entraînait un danger de mort, les maisons de campagne n'étaient plus en sûreté. La situation n'était plus supportable."

"Malgré ces précautions les bandes de vingt à trente Iroquois pénétrèrent jusqu'à Montréal..., d'autres tombèrent sur Lachesnaye et commirent quelques dégâts; deux habitants, du nom de Jean Besset et Joseph Dumay, furent scalpés à Saint-Lambert: un détachement descendit par la rivière du Loup; François Hertel se mit à sa poursuite, ce qui fut cause que les Iroquois, se voyant obligés de fuir, brûlèrent plusieurs de leurs prisonniers."


Bibaud, Michel

MICHEL BIBAUD HISTORIEN VOTRE PARENT

Historien, poète, professeur et journaliste: tel fut votre parent, Michel Bibaud.

Né à la Côte des Neiges, près de Montréal, en 1782, il fit ses études classique au Collège de Montréal puis se livra à l'enseignement et aux lettres. Il fut le fondateur de "L'Aurore des Deux Canada" qui dura jusqu'en 1819 pour de venir le "Courrier du Bas Canada": il y combattait à outrance l'Union des deux provinces, déjà en germe dans l'opinion publique. En 1825, Bibaud entreprit la publication de la "Bibliothèque canadienne" où il fit paraître entre autre son "Histoire du Canada". En 1842, parut "l'Encyclopédie canadienne", revue mensuelle littéraire et scientifique. En 1830, Michel Bibaud éditait un volume de poésies canadiennes "Épîtres, Satires, Chansons, Épigrammes". Son Activité intense l'amena ensuite à rédiger des manuels, à collaborer à des journaux. Il devint enfin traducteur des "Rapports officiels" de la commission de géologie.

Votre petit cousin, Michel Bibaud, laissa deux fils: Gaspard qui devint docteur en médecine et Maximilien, avocat, professeur, compilateur, critique, auteur de plusieurs ouvrages biographiques, historiques et critiques.


Bibeau, François

FRANCOIS BIBEAU FUT UN VERITABLE COUREUR DES BOIS

A son arrivée au pays, François Bibeau, se fixa aux Trois-Rivières. Il s'aperçut bientôt que le seul commerce qui était véritablement rémunérateur était la traite des pelleteries. Votre premier ancêtre se fit donc coureur des bois. Il s'aventura avec quelques compagnons dans les régions les plus éloignées, où il trafiqua avec les sauvages; en retour d'eau de vie ou de quelques autres menus effets, tels que coutelets, miroirs, etc., les Français recevaient des fourrures d'une très grande valeur.

La vie des coureurs des bois avait de grands charmes mais aussi de grands risques. Perdus au sein des forêts, éloignés de toute civilisation, les coureurs des bois ne pouvaient compter sur la protection de la loi. Ils allaient de tribu en tribu, quelquefois en grande amitié avec leurs hôtes sauvages, d'autres fois laissant leur chevelure, sinon leur vie dans quelque bourgade.

Le commerce du coureur des bois était permis par la loi au commencement de la colonie. Par un édit de 1774, ce métier devint illicite, et les sauvages durent eux-mêmes apporter leur fourrures sur le Saint-Laurent où l'échange avec les Français était permis.

Votre ancêtre, François Bibeau, s'occupa de ce commerce des pelleteries pendant dix ans, soit de 1661 à 1671. Au retour de ses courses, il réglait ses affaires. Le 17 mars 1661, nous le voyons aux Trois-Rivières dans l'étude du notaire Claude Herlin, signer le "marché de Nadaud". Le 27 juin 1662, nous le rencontrons cette fois à Québec dans l'étude du notaire L. Laurent, où il est venu signer un acte "qui donne pouvoir à Jean Gladu". Et le 31 mars 1664, nous le retrouvons aux Trois-Rivières, chez le notaire Larue, cette fois, signant un marché avec Elie Bourbeau, Pierre Guillet et les deux frères Antoine et Julien Trotier.

Votre ancêtre passa l'hiver de 1666-1667 aux Trois-Rivières, dans la famille d'Elie Bourbeau. En effet, lors du recensement général fait au printemps de 1667, François Bibeau se trouve chez Elie Bourbeau, en compagnie de Louis Gaudin et de François Pillet.

Au printemps de l'année 1669, François Bibeau entreprit le plus long et le plus périlleux voyage de sa carrière de coureur des bois. Il Partit des Trois-Rivières en canot d'écorce avec plusieurs compagnons, remonta le fleuve Saint-Laurent jusqu'à Montréal, remonta le cours de la rivière Outaouais, jusqu'au lac Nipissing, passa dans la rivière Française au sud du lac Nipissing, et arriva au lac Huron; lorsque le groupe fut parvenu chez les sauvages Amikoués ou peuple du castor, au nord du lac Huron, on dressa les tentes pour y passer l'hiver 1670-71. C'est dans cette bourgade que François Bibeau et ses compagnons se rencontrèrent en octobre 1670 avec Nicolas Perrot et Monsieur de St-Lusson qui avait été chargés par le gouverneur, Monsieur de Courcelles, d'aller au Wisconsin pour rassembler les représentants de l'Ouest et faire alliance solennelle avec toutes les nations sauvages. Messieurs Perrot et St-Lusson avaient convoqué une grande réunion pour le commencement de juin 1671, au Sault-Sainte-Marie. François Bibeau comprit qu'il pourrait tirer beaucoup de profit de la réunion d'un nombre aussi considérable de sauvages, qui apportaient sans doute des pelleteries.

La cérémonie de prise de possession des contrées de l'ouest au nom du roi de France eut lieu le 14 juin, avec l'approbation des délégués de quatorze nations différentes, assemblées pour cette fin. Perrot, de St-Lusson, les pères jésuites, Allouez, Dablon et Druillettes, ainsi que votre ancêtres François Bibeau et ses compagnons signèrent le procès-verbal de la prise de possession.

Après la signature du procès-verbal, votre ancêtre passa encore quelques jours au milieu des sauvages et, ses affaires terminées, prit le chemin du retour. Il traversa successivement le nord du lac Huron et la baie Georgienne, remonta la petite rivière Française qui prends sa source au lac Nipissing. Après avoir traversé ce lac, la petite troupe descendit l'Outaouais jusqu'à Montréal et le Saint-Laurent jusqu'à Québec, soit un parcours de plus de 700 milles en canot sur des lacs et rivières, à travers des rapides où il fallait beaucoup d'habilité. Le voyage se termina dans les premiers jours d'août 1671.


Bilodeau, Jacques

JACQUES BILODEAU TRADUIT DEVANT LE CONSEIL SOUVERIN POUR S'ETRE TROMPE SUR LE PRENOM DE SON DOMESTIQUE

Originaire de l'évêché de Poitiers ainsi qu'en atteste son acte de confirmation, Jacques Bilodeau arriva au Canada dans les années 1652-1653. Le 28 octobre 1654, il épousait à Québec Geneviève Longchamp, et il vint s'établir peu après sur une ferme qui lui avait été concédée dans l'Île d'Orléans.

Le développement de sa ferme allait bon train et Bilodeau dut bientôt envisager de se faire aider par un domestique. Il paya donc d'avance une partie des frais de voyage pour un certain Pierre Lemoyne qui s'engagea à venir de France par le prochain bateau. Cette habitude de faire était assez courante, car tout en favorisant l'immigration au Canada elle permettait aux anciens colons de s'assurer d'une manière ferme le service d'un domestique. De fait, un voisin de Jacques Bilodeau, Charles Gaultier, avait également payé le voyage d'un autre jeune Français du nom de Jacques Lemoyne devant arriver lui aussi par le même bateau.

Dès l'arrivée du navire qui amenait les deux Lemoyne, votre ancêtre se présenta donc pour retirer "son bien". Mais soit qu'il y ait eu confusion de personnes (ce qui est bien possible à cause de la similitude des noms), soit que Bilodeau se soit rendu compte que Jacques valait mieux que Pierre, toujours est-il qu'il prit pour lui Jacques Lemoyne alors qu'il avait payé le voyage de Pierre Lemoyne.

Toutefois cette substitution, même si elle fut involontaire, ne fit pas l'affaire de Charles Gaultier, qui s'attendait à recevoir Jacques Lemoyne et non son homonyme Pierre. Il intenta donc un procès à Bilodeau qui fut condamné par le Conseil Souverain "à rendre et restituer au dict Gaultier le dict jacques Lemoyn". Votre ancêtre se rendit à cette décision, somme toute aussi équitable que logique, et il reprit Pierre Lemoyne à son service.

Il n'eut pas finalement à s'en repentir car en 1681, il possédait une ferme de quarante arpents en valeur, alors que la moyenne était à cette époque de dix à quinze arpents par ferme. Pierre Lemoyne lui avait donc été utile.

Jacques Bilodeau passa toute sa vie dans l'Île d'Orléans. C'est là qu'il mourut le 8 février 1712. Il avait 80 ans.


Blackburn, Hugh

HUGH BLACKBURN ORIGINAIRE D'ECOSSE

Hugh Blackburn, l'un de vos ancêtres, était originaire d'Écosse. Il vint au Canada en 1759, avec son frère Christopher, dans l'armée du général Wolfe. Tous deux faisaient partie du 78e régiment des Highlanders écossais. A ce titre ils prirent part au pillage et à l'incendie des deux rives du fleuve, de Rimouski à Québec, ainsi qu'à la bataille des Plaines d'Abraham.

Démobilisé, Hugh Blackburn reprit son métier de menuisier et alla s'installer à la Malbaie. Il devint vite le confident et l'homme d'affaires du colonel John Nairne, seigneur de Murray Bay. On le voit même signer les documents notariés de la Seigneurie.

Votre ancêtre s'occupa beaucoup de la traite des fourrures avec les Sauvages. En 1778, on voit Malcolm Fraser faire un marché avec votre ancêtre. Celui-ci s'engage à payer 200 louis s'il n'observe pas les conditions suivantes: ne pas débaucher les Indiens des Postes du Roi; ne pas leur vendre d'eau-de-vie; obéir aux ordres de Nairne et de Fraser dans tout ce qui concerne son commerce; payer ses dettes et faire payer ses débiteurs. En retour Fraser lui garantit son crédit auprès des marchands de Québec.

Hugh Blackburn se convertit au catholicisme et fut baptisé sous le nom d'Augustin. Il continua toutefois de signer "Hugh Blackburn". Il épousa Geneviève Gagnon dont il eut douze enfants.

La descendance d'Hugh Blackburn est très considérable et entièrement française et catholique.


Borduas, François

LES BORDUAS FAMILLE FRANCO-CANADIENNE DE NOTAIRES

La famille Borduas (le nom était à l'origine Bourdua) peut se féliciter d'avoir fourni, en l'espace de deux siècles à peine, quatre notaires dont deux à la France et deux au Canada.

Votre ancêtre François Bourdua était en effet fils d'un notaire royal, en charge vers 1720 à Genay, petite ville du Lyonnais. A la mort de son père, François Bourdua, que la carrière notariale ne devait tenter, décida de venir s'établir au Canada. Par contre, son frère Pierre prenait la succession de son père à l'étude de Genay. Ce fut le deuxième notaire de la famille Borduas.

La descendance canadienne de François Bourdua, qui avait épousé à Varennes le 18 mai 1761 Marie Anne Lebrodeur, devait fournir à la Province de Québec deux notaires. portant ainsi à quatre le nombre des notaires Borduas. Ce furent François Magloire Bordua et François Borduas, qui ont pratiqué tous les deux à Saint-Hyacinthe au début du XXe siècle.


Bouchard, Claude

CLAUDE BOUCHARD

Claude Bouchard, tailleur, originaire de Saint-Cosme-de-Vair au Maine, S'établit d'abord sur la côte de Beaupré, à l'est de Québec. Pour le distinguer de son homonyme, on le surnomma "le petit Claude", à cause de sa taille modeste.

Claude Bouchard, sans doute influencé par son beau-père, Louis Gasnier, décida à son tour d'aller avec sa famille coloniser les terres nouvelles de la Petite-Rivière. Dès le 26 juillet 1682, devant le notaire Vachon, il passa un contrat par lequel il vendait sa ferme du Château-Richer à Jean Boucher, habitant de Sainte-Anne, lui aussi. Toutefois, votre ancêtre ne partit pas aussitôt pour la Petite-Rivière et passa les années de 1682 et 1683 à Sainte-Anne-de-Beaupré; en effet, au mois de novembre 1683, sa fille Marguerite, se mariait à Sainte-Anne. C'est donc en l'été de 1684, que Claude Bouchard arriva, avec sa famille, sur sa nouvelle terre de la Petite-Rivière.

Claude Bouchard passa le reste de sa vie à la Petite-Rivière; on y trouve son acte de sépulture, à la date du 25 novembre 1696; il était âgé de soixante-dix ans. Son épouse, Louise Gasnier, lui survécut durant plus de vingt-quatre ans. Elle fut inhumée dans le cimetière de la Petite-Rivière. le 27 avril 1721.

Douze enfants étaient nés à C1aude Bouchard, six garçons et six filles; de ces enfants, sept, quatre filles et trois fils, parvinrent à l'âge d'adulte et se marièrent.


Bouchart, Claude

UN HOMME AUX CENT METIERS

L'un de vos ancêtres, Claude Bouchart, sieur d'Orval, natif du village de Montigny-Langrain, au hameau d'Orval, dans le Valois, en Haute-Picardie, vint au Canada pour la première fois en 1643, vraisemblablement en qualité de chirurgien de Monsieur de Montmagny. Ami à la fois de ce gouverneur et des Jésuites, il fit des voyages aux missions jésuites du golfe, notamment à l'Île d'Anticosti et à l'île de Miscou. En 1648, il reçut une concession de M. de Montmagny dans la seigneurie des sauvages de Sillery. Huit ans plus tard, il vendit cette terre et s'en alla demeurer sur la côte de Beaupré, où il avait reçu une autre concession de Jean Guyon du Buisson, co-seigneur de la côte de Beaupré. C'est là qu'il éleva sa nombreuse famille. Plus tard, il reçut une troisième concession, cette fois de Mgr de Laval, à Saint-Pierre, à l'île d'Orléans, mais il ne l'exploita jamais lui-même, car il y établit son fils aîné, Jean.

En outre d'être chirurgien, Claude Bouchart d'Orval fut à la fois huissier, sergent d'armes puis notaire de la seigneurie de la côte de Beaupré. Les archives du Séminaire de Québec possèdent trois contrats passés par le notaire Claude Bouchart d'Orval. Ces pièces sont uniques. Comme il fut en outre défricheur, cultivateur puis au début de sa carrière, navigateur, on peut bien dire que votre ancêtre, Claude Bouchart d'Orval, était un homme aux cent métiers. De sa seconde femme Marguerite Bénard qu'il avait épousée en165l, Claude Bouchart d'Orval eut sept enfants qui tous parvinrent à l'âge d'adulte. Jean s'établit à Saint-Pierre de l'île d'Orléans; Jean-Baptiste devint seigneur de la Présentation de Dorval, près de Montréal; Charles et Paul s'intéressèrent au commerce des fourrures et demeurèrent célibataires; Claude s'installa sur la côte de Beaupré, à la Rivière-aux-Chiens; Marguerite-Ursule épousa Pierre-Jacques Girard, de Boucherville, où ses descendants sont très nombreux. Quant à l'aînée, Marie, elle épousa le notaire François Bigot de la Mothe du Cap de la Madeleine, dont les descendants sont connus sous le nom de Bigot-Dorval, Bigot-Duval, Duval et Chêneville.

Tous les descendants en lignée masculine de Claude Bouchart d'Orval, portent aujourd'hui soit le nom Dorval, soit le nom de Desgroseilliers.


Boucher, Marin

LA VIE ACTIVE ET FECONDE DE MARIN BOUCHER

Les colons qu'a fournis le Perche à la Nouvelle-France furent, règle générale, parmi les plus entreprenants. Marin Boucher fut de ceux-là.

Originaire de la belle ville de Mortagne au Perche, il vint s'établir au Canada en 1634 avec sa seconde femme, Périnne Malet, et ses enfants. Avant son départ, en 1633, il avait vendu sa maison de Mortagne à Jean Guion qui lui aussi devait émigrer en Nouvelle-France.

Votre ancêtre arriva à Québec le 4 juin 1634 avec tout un contingent de Percherons. Pendant quelque temps ce fut Champlain lui-même qui les logea dans le fort de Québec. Mais bientôt les nouveaux colons se mirent à l'oeuvre, construisant d'abord une maison pour leur seigneur, Robert Giffard, et d'autres plus modestes pour eux-mêmes. Les défrichements furent poussés avec vigueur et le sol bientôt ensemencé.

Marin Boucher s joué un rôle particulier dans la fondation de Beauport. Il était maçon de son métier et c'est à lui que fut confiée par conséquent une partie importante de s travaux de construction.

Après quelque temps, Marin Boucher s'établit avec sa famille à la rivière Saint-Charles. Plus tard, sur la fin de sa vie, Marin Boucher revint à Beauport et en 1666 les recenseurs le disent âgé de 77 ans, maçon et habitant. Nous savons par ailleurs qui il possédait une autre terre située dans l'Île d'Orléans.

De son vivant Marin Boucher partagea une bonne partie de ses biens entre ses nombreux enfants. il mourut entouré de sa famille après avoir vécu en bon chrétien, comme dit l'acte de sépulture, dont nous vous donnons transcription fidèle:

"L'an de nost. Seigneur Jésus-Christ mil six cent soixante et onze le 29 de mars mourut Marrin Boucher après avoir vescu en bon chrétien et reçeu les Sts. sacrements de pénitence eucharistie en viatique et l'extrême onction et fust enterré dans le cimetière du chasteau Richer par M. Morel accompagné du révérend père Nouvelle et de moy faisant pour lors les fonctions curiales dans la coste de beaupré."
"F. Fillion, Prest, Missionnaire."

Marin Boucher est l'ancêtre de la plupart des familles Boucher, et en particulier de celles du comté de Kamouraska.


Boucher, Pierre

PIERRE BOUCHER DE BOUCHERVILLE SIEUR DE GROSBOIS ET GOUVERNEUR DES TROIS-RIVIERES ANOBLI PAR LE ROI LOUIS XIV EN 1657

Pierre Boucher était né en 1622, à Saint-Jean de Mortagne, au Perche. De 1639, alors qu'on le signale pour la première fois au Canada, jusqu'en 1717, année de sa mort, il eut une des carrières les plus remplies que l'on puisse imaginer.

D'abord compagnon des missionnaires Jésuites, au pays des Hurons, il servit ensuite d'interprète à Monsieur de Montmagny. Il remplit ensuite le même office pour la Compagnie des Cent-Associés, au commerce des pelleteries des Trois-Rivières.

En deux circonstances, votre ancêtre se distingua dans la lutte contre les Iroquois. C'est lui qui délivra le Père Poncet et Mathurin Franchetot qui avaient été capturés par les Sauvages.

En 1653, il fut nommé lieutenant civil et criminel pour la juridiction des Trois-Rivières, puis gouverneur de la place. En 1659, Pierre Boucher reçut ses lettres de noblesse du Roi Louis XIV et la même année, il rendit visite au Roi Soleil qui lui demanda d'écrire un livre sur les ressources naturelles de la colonie. Ce fut son "Histoire naturelle du Canada".

A son retour de France, Pierre Boucher ramena avec lui une centaine de colons et 600 soldats. De nouveau, en 1663, Pierre Boucher redevint gouverneur des Trois-Rivières, jusqu'en 1667. A partir de ce moment, il se retira sur ses terres, dans sa seigneurie des îles Percé, qu'il nomma Boucherville.

Pierre Boucher vécut cinquante ans sur sa seigneurie. De son mariage avec Jeanne Crevier, il avait eu quinze enfants. Ses descendants sont aujourd'hui très nombreux et portent les noms de Boucherville, Grandpré, Grosbois, Niverville, Montbrun, Laperrière, Montizambert, etc...

Les lettres de noblesse qu'avait reçues Pierre Boucher en 1659 réglaient comme suit ses armoiries: "D'azur, au chevron d'argent, sommé d'un lis de jardin au naturel accosté de deux glands d'or et en pointe d'un rocher sommé d'une croix latine, le tout aussi d'or".

Descendant direct de Pierre Boucher, vous pouvez donc vous réclamer d'un sang noble et faire figurer dans vos armoiries le blason même de votre ancêtre Pierre Boucher de Boucherville.


Boulay, Robert

ROBERT BOULAY UN COLON ENTREPRENANT ET DEBROUILLARD

Robert Boulay était un laboureur de Saint-Germain-de-Loisé, Commune de Mortagne, Perche. C'est de cet endroit qu'il partit en juin 1662, pour se rendre à La Rochelle, où il devait s'embarquer le 23 pour le Canada. Votre ancêtre n'était pas très riche. Aussi il dut emprunter d'un de ses compatriotes, Charles Turgeon, la somme de vingt livres pour payer son passage de Mortagne au port d'embarquement. Cela nous est attesté par un acte de reconnaissance passé devant le notaire Moreau de La Rochelle. Dès le 8 novembre de la même année, Robert Boulay remboursa à Charles Turgeon, la somme qu'il lui avait empruntée.

En arrivant ici au pays, Robert Boulay et son épouse s'établirent dans la paroisse de Sainte-Famille de l'Île d'Orléans, sur une première terre, mais votre ancêtre avait la manie, comme beaucoup de gens de son époque et des générations suivantes, de défricher les terres et de les revendre pour s'installer ailleurs, défricher de nouveau et revendre encore, c'est ainsi qu'il reçut en 1669, de Mgr de Laval, une autre concession située cette fois, sur le côté sud de l'île d'Orléans, à Saint-Jean. L'année suivante, il vendit à Jean-Galeran Boucher, sa terre de la rive nord.

Robert Boulay était essentiellement un pionnier. S'il voyait s'ouvrir au défrichement une région à peu de distance, il profitait de l'avantage que comporte toujours une telle concession pour le travailleur qui ne craint pas la peine; il vendait immédiatement la terre qui il avait défrichée, se faisait payer à pleine valeur les travaux et les améliorations qu'il avait multipliés et avec le produit achetait mieux et plus grand.

Nous l'avons vu faire une première opération de ce genre, lorsqu'il passa du côté nord au côté sud de l'Île d'Orléans. Peu de temps après le mariage de sa fille Jacqueline à Pierre Joncas, il vit s'ouvrir, sur la rive sud, la seigneurie de Bellechasse; il avait maintenant double raison de s'agrandir: son gendre Pierre Joncas était jeune et entreprenant, et tous deux, s'entr'aidant, pouvaient facilement cultiver double domaine.

Au commencement de juin 1674, Louis Couillard de Lespinay fait arpenter par Jean Guyon sa seigneurie de la Rivière-du-Sud, mesurant "une lieue de front de la dite Rivière en montant vers Berthier, et une demi-lieue au-dessous". Le procès-verbal de Jean Guyon est daté du 19 juin 1674. Le seigneur offre immédiatement des lots à concéder. Robert Boulay, votre ancêtre, est un des premiers à accepter l'offre.

Il faut noter que ces premiers défrichements se trouvaient non pas sur les bords de la rivière actuelle de Montmagny, mais sur les bords de la petite rivière à la Caille, à l' endroit où elle se jette dans le fleuve.

Dès juin 1674, Robert Boulay prend concession sur les bords de la rivière à la Caille. Il procède exactement comme la première fois. Pendant deux saisons, c'est-à-dire pendant l'été de 1674 et celui de 1675, il travaille au défrichement et à l'installation de sa nouvelle ferme, et à l'automne de 1675, lorsqu'elle est suffisamment défrichée pour faire vivre sa famille, il vend sa ferme de l'Île d'Orléans à Pierre Morier. L'acte est passé devant le notaire Vachon, en date du 29 décembre 1675.

Quelle vie bien remplie fut celle de votre ancêtre, le défricheur Robert Boulay!


Boulduc, Louis

LOUIS BOULDUC PROCUREUR DU ROI A QUEBEC VOTRE ANCETRE

Louis Boulduc était originaire de St-Benoit de Paris, Île-de-France. Il appartenait à une famille dont une branche fut plus tard anoblie. Il vint au Canada dans le régiment de Carignan, compagnie de Grandfontaine, en 1665. En 1668, il fut licencié et s'établit à Charlesbourg. La même année, il épousait à Québec Elisabeth Hubert. En 1674, il vendit son habitation de Charlesbourg et vint s'établir à Québec. Deux ans plus tard. il était nommé procureur du Roi pour la prévôté de Québec.

Il occupa cette charge durant six ans. Pendant ce temps il eut de longs démêlés avec le Conseil Souverain et en particulier avec l'intendant Duchesneau. Condamné par le Conseil, il dut retourner en France avec son ami et protecteur Frontenac. Quatre ans plus tard le Roi le destitua à jamais de sa charge. Entre temps, Elisabeth Hubert, son épouse, était repassée en France, avec une de leurs filles, Louise. Les autres enfants restèrent au Canada.

Louis Boulduc fut accusé de malversations de toutes sortes et entre autres d'accepter des pots-de-vin dans l'exercice de sa charge. Dans une lettre au Ministre le 13 novembre 1680, l'intendant Duchesneau, écrivait ce qui suit: "Pour le procureur du roi de ce siège, le sieur Bolduc, je ne dois pas vous dissimuler qu'il est tout à fait indigne de sa charge. Il est accusé de concussion, de vol dans toutes les maisons dans lesquelles on le souffre, de débauche et crapule continuelle et sans que monsieur le comte de Frontenac le protège je lui aurais fait faire son procès. Je me suis contenté, pour ne lui déplaire, de faire au dit procureur du roi forte réprimande en présence du sieur lieutenant-général."

Comme vous le voyez, c'était assez raide comme accusation. Pour comprendre tout ceci, il faut bien se mettre dans l'esprit du temps. On sait les chicanes effroyables qu'il y eut entre Frontenac et son intendant Duchesneau. Les deux s'en voulaient à mort, souvent pour des vétilles. Or Boulduc était un protégé de Frontenac, d'où il suit que l'intendant Duchesneau n'aimait guère votre ancêtre. Il semble bien que c'est dû pour une bonne part à l'affaire Boulduc que Frontenac fut rappelé en France. Après sa condamnation par le Conseil Souverain, Louis Boulduc tenta à plusieurs reprises de se faire réinstaller dans sa charge, mais ce fut en vain, comme on l' a vu plus haut.

Entre temps, le gouverneur-marquis de Denonville écrivait au Ministre ce qui suit: "M. l'intendant dit que vous lui aviez ordonné de rétablir le nommé Bolduc dans sa charge de procureur du Roi de la prévôté de Québec, supposé que lui et moi jugeassions que la peine de sa longue absence fut insuffisante pour expier ses fautes; cela m'a donné lieu de m'enquérir de la vie et moeurs de ce Bolduc. J'ai appris que c'est un fripon achevé à ne jamais souffrir dans une pareille charge. Ce pays-ci, Monseigneur, a besoin de châtiments pour ceux dont la conduite est méchante. Sa femme passe cette année en France. Je lui ai volontiers donné son passeport pour délivrer le pays d'un assez mauvais meuble. Il nous laisse des enfants qui sont réduits à la charité des gens de bien."

Il faut noter que ces premiers défrichements se trouvaient non pas sur les bords de la rivière actuelle de Montmagny, mais sur les bords de la petite rivière à la Caille, à l' endroit où elle se jette dans le fleuve.

Que faut-il penser des accusations qui furent portées contre votre ancêtre? Peu de choses en somme, car la passion qui divisa alors Québec en deux camps fut cause de bien des écarts de langage et sans doute d'autant d'accrocs à la vérité, sinon à la charité.

Louis Boulduc et son épouse ne revinrent jamais au Canada. Votre ancêtre semble être décédé à Paris.


Bourbon, Jean

LES IROQUOIS SEMENT LA MORT LE MARI ET LA FEMME LEURS VICTIMES

Nous vous reproduisons l'acte de sépulture (Laprairie, 3 décembre 1690) relatant les circonstances de la mort de votre ancêtre, Jean Bourbon.

"Ce 3ème de décembre 1690, je, prêtre missionnaire soussigné, certifie avoir été chercher, dans le bois, le reste des ossements de feu Bourbon, habitant de cette paroisse, et d'un autre qu'on n'a pu savoir qui il était, tant il avait été défiguré par les Iroquois. On croit que c'est un soldat de Mr. le Chevalier Degrais nommé Lamotte qui furent tués l'un et l'autre le 4 septembre de la susdite année, dans l'attaque que l'on donna à la fourche de la Prairie de la Magdeleine, avec Jean Duval, Jean Barault, habitants de cette paroisse, Latreille, Beaulieu, Larose, d'Auvergne, soldats de Mr. le Chevalier Degrais. Nous avons donné la sépulture aux susdits ossements de Bourbon et de Lamotte, ce 3ème, comme nous avions fait aux corps de Barault, Jean Duval, le 4ème et 5ème septembre, dans le cimetière de la dite paroisse ...."

Sa femme, Anne Benoit, se remaria avec Jean Besset, ancêtre du Frère André (né Alfred Besset) et était elle-même tuée à Laprairie par les Iroquois, sept ans plus tard.


Bourdon, Jacques

JACQUES BOURDON NOTAIRE ROYAL, SERGENT DU BAILLIAGE ET PROTONOTAIRE DE MONTREAL

Jacques Bourdon, l'un de vos ancêtres, était originaire de Saint-Godard, en la ville de Rouen, capitale de la Normandie. C'est là qu'il naquit en 1645, du mariage de Jean Bourdon et de Marguerite Legris. Son père était praticien et il n'est pas improbable qu'il ait été le frère de Jean Bourdon qui fut procureur général et ingénieur de la Nouvelle-France.

Quant à votre ancêtre, Jacques Bourdon, il exerça les fonctions importantes de notaire royal et de sergent du bailliage. Dès 1666, il est à Montréal. Le 12 mars 1675, il est sur la liste des premiers colons de Longueuil. En 1676, il reçoit une concession de Pierre Boucher, dans sa seigneurie de Boucherville et l'année suivante il est nommé notaire pour cette seigneurie.

Jacques Bourdon continua d'exercer jusqu'en 1720, son métier de notaire. Entre temps, il avait reçu de l'Intendant, une commission de notaire royal avec juridiction dans toute la Nouvelle-France et sa nomination comme protonotaire de Montréal. Son greffe est conservé aux Archives judiciaires de Montréal. L'inventaire de ses minutes fut dressé en 1739 par Louis-Claude Danré: il est conservé aux Archives de Québec.


Bourgeois, Marguerite

LA BIENHEUREUSE MARGUERITE BOURGEOIS VOTRE GRAND'TANTE

Votre aïeule, Marie Bourgeois, était la soeur de la Bienheureuse Marguerite Bourgeois, fondatrice des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame au Canada.

Marie Bourgeois, qui était mariée à Orson Sommillard, envoya trois de ses filles au Canada sous la protection de leur tante Marguerite, la Bienheureuse.

Deux des trois soeurs Sommillard se firent religieuses de la Congrégation de Notre-Dame comme leur tante. L'une des deux fut brulée dans un incendie de la maison des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, le 6 décembre 1683. L'autre, Catherine, en religion Soeur de la Purification, mourut en 1699, à l'âge de quarante-trois ans. L'autre fille de Marie Bourgeois, Louise, se maria et devint votre aïeule.


Bourget, Ignace

VOTRE PARENTE AVEC MONSEIGNEUR IGNACE BOURGET DEUXIEME EVEQUE DE MONTREAL

Monseigneur Ignace Bourget, votre parent, était né en 1799, à la Pointe-Lévis. Après de solides études classiques et théologiques aux Séminaires de Québec et de Nico1et, il devint secrétaire de Monseigneur Lartigue, à l'évêché de Montréal, puis fut ordonné prêtre, en 1822.

En l837, l'abbé Ignace Bourget était préconisé évêque coadjuteur de Montréal avec future succession. Trois ans après, en 1840, il devenait second évêque de Montréal.

De cette date, l'oeuvre pastorale de Monseigneur Bourget prit un essor immense. La voix populaire l'appelait couramment "Le saint évêque de Montréal". Il a été sans contredit pour l'Église du Canada le facteur le plus considérable de son développement au siècle dernier. Il serait téméraire de vouloir énumérer ici toutes les oeuvres de ce grand prélat que vous comptez parmi vos parents.

On lui a érigé une statue, place de la Cathédrale, en 1903.


Bousquet, Jean

JEAN BOUSQUET INSTIGATEUR DE TROUBLES AU SEIN DE LA CORPORATION DES ARMURIERS

Jean Bousquet était armurier. Aussi dès son arrivée au Canada vers 1664-1665, vint-il s'établir dans la région des Trois-Rivières, où l'on venait de découvrir les premiers gisements de fer, ce qui laissait présager la naissance de la sidérurgie au Canada.

Toutefois le "démarrage" de cette nouvelle industrie fut plus long que prévu, et Bousquet préféra aller exercer son métier à Montréal. Dès 1672, nous le voyons établi dans cette ville, où le 11 mai de la même année il épousait Catherine Fourrier.

Montréal comptait alors cinq armuriers et arquebusiers: Pierre Gadois, René Fézeret, Olivier Quesnel, Simon Guillory et Jean Bousquet, votre ancêtre. Ces cinq compagnons décidèrent, en 1676, de former une société ou corporation des armuriers. Ils s'engageaient en outre à célébrer solennellement tous les ans le jour de la Saint-Eloi, patron des armuriers, en faisant chanter une grand'messe, qui serait suivie, bien entendu, d'un ... plantureux repas! Afin de partager les frais de toute cette "manifestation", on convint enfin que le repas serait pris chaque année à tour de rôle chez l'un des compagnons, et que les autres y contribueraient en versant un mois avant la fête une pistole (environ 10 dollars).

Le sort voulut que la première Saint-Eloi fut célébrée chez Fézeret. En se rendant à la messe les quatre compagnons passèrent donc chez Fézeret pour voir si tout était bien prêt. Ils trouvèrent leur ami en querelle avec sa femme, qui voulait à tout prix l'obliger à changer sa cravate sale contre une blanche bien propre. De plus, dame Fézeret signifia ouvertement qu'elle ne voyait pas d'un bon oeil toute cette solennité. On la comprend: nos joyeux armuriers avaient oublié (?) de lui verser, comme prévu, leur contribution aux frais du repas. La journée débutait mal!

Devant la tournure que prenaient les évènements, les fils de la Saint-Eloi décidèrent à l'issue de la messe de modifier leur plan, et l'on convint de se réunir chez Gadois. Nos cinq gaillards avaient grand faim et l'on fit abondamment ripaille, le tout arrosé bien entendu de bons vins de France. Les esprits s'échauffèrent. On se querella. Guilloy osa même traiter Fézeret de "moraille" (tenailles dont se servent les maréchaux pour pincer le nez des chevaux rétifs). Cela était toutefois sans gravité, et l'on se sépara bons amis.

L'année suivante, la réunion eut encore lieu chez Gadois. Elle devait cette fois-ci mal tourner. Fézeret (l'incorrigible) et votre ancêtre Jean Bousquet en vinrent aux mains, déc1anchant ainsi une bagarre générale. Nos armuriers avaient le poing solide et la frappe dure: Guilloy ressortit de la mêlée les cheveux arrachés. et quant à Fézeret. il dut être conduit à l' hôpital.

La discorde avait été cette fois-ci trop grave. et la corporation de la Saint-Eloi ne put lui survivre. On ne devait donc plus par la suite entendre parler de nos belliqueux armuriers.

Jean Bousquet d'ailleurs quitta Montréal pour aller s'établir dans l'île Sainte-Thérèse. près de Repentigny. il devait plus tard passer sur la rive sud, dans la région de Varennes, où il mourut.


Brusseau, Jean

VOTRE PREMIER ANCETRE JEAN BRUSSEAU ORIGINAIRE DE LA LANGON PRES DE LA ROCHELLE

Votre premier ancêtre au pays s'appelait Jean. Il venait des environs de La Rochelle, d'une petite commune appelée Le Langon.

Jean Brusseau émigra de France au Canada en l'année 1682 ou dans l'automne de 1681. En effet au recensement général fait pendant l'été de 1681, on ne trouve pas son nom mentionné parmi les colons de ce pays. La première trace qu'on trouve ici de votre premier ancêtre est dans les registres de la Basilique de Québec à la date du 6 septembre 1683. C'est son acte de mariage avec Anne Greslon dite Fontaine. Les deux mariés étaient bien jeunes: l'acte de mariage déclare Jean Brusseau âgé de 22 ans ou environ et Anne Greslon, sa femme, âgée de 17 ans ou environ.

Après son mariage, Jean Brusseau alla s'établir avec sa jeune épouse sur une ferme à la Pointe-aux-Trembles de Québec.

Dans plusieurs documents, on note que Jean Brusseau est qualifié de "meunier de M. Dupont". Il s'agit évidemment de M. Dupont de Neuville, seigneur de la Pointe-aux-Trembles. En 1695, on sait que votre ancêtre a fourni "146 voyages de sable pour l'ouvrage qui sera faite pour le Roi, autour dudit moulin."

Jean Brusseau mourut relativement jeune. On peut voir son acte de sépulture dans les registres de la paroisse de la Pointe-aux-Trembles à Québec, à la date du 2 janvier 1699.


Busières, Jacques

LE CAPORAL JACQUES BUSIERES DIT LAVERDURE VOTRE ANCETRE

Jacques Busières dit Laverdur e était originaire de Sallebert en Gascogne. Né en 1619, on le retrouve au pays dès 1658. Deux ans plus tard dans un acte du notaire Audouart, il est dit caporal en la garnison du fort Saint-Louis à Québec.

Fait curieux, cinq ans plus tard, on le retrouve dans le régiment de Carignan, compagnie de Maximy, fraîchement arrivé d'Europe. On peut croire que pour compléter les cadres de sa compagnie le capitaine de Maximy dut faire appel à des soldats de la garnison de Québec. Quoi qu'il en soit votre ancêtre en qualité de caporal au régiment de Carignan prit part aux expéditions glorieuses de son régiment contre les Iroquois.

Au cours des hivers de 1665, 1666 et 1667, la compagnie de Maximy se vit assigner l'île d'Orléans pour ses quartiers-généraux. C'est sans doute la raison pour laquelle après sa démobilisation, Jacques Busières épousait Noelle Gossard, en 1671, à Sainte-Famille de l'Île d'Orléans.

Un fait intéressant concernant votre ancêtre, c'est que l'église actuelle de Saint-Pierre, Île d'Orléans, fut bâtie sur un emplacement qui fut vendu par Jacques Busières lui-même à la fabrique de Saint-Pierre, le 26 juin 1690, (contrat Genaple).




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Cardinal, Joseph-Narcisse

VOTRE COUSIN JOSEPH-NARCISSE CARDINAL EXECUTE A MONTREAL EN 1838 PAR ARRET DE LA COUR MARTIALE PARCE QUE PATRIOTE 1837

Tous nous connaissons les jours sombres traversés par notre pays à l'époque de l'insurrection de 1837-38, mais nous connaissons moins les victimes de cette période de troubles. Les uns furent tués sur les champs de bataille, les autres exilés soit aux Bermudes, soit aux terres australes, d'autres enfin, au nombre de douze, furent exécutés à Montréal, par des arrêts de la Cour Martiale. Deux furent exécutés le 21 décembre 1838; cinq, le 18 janvier 1839, et cinq autres le 15 février 1839. Un des deux qui durent monter sur l'échafaud, le 21 décembre 1838, était votre petit-cousin, Joseph-Narcisse Cardinal.

Né à Saint-Constant, en 1808, d'une famille de cultivateurs, Joseph-Narcisse Cardinal fit ses études au Collège de Montréal. En 1829, après avoir étudié la loi sous M. Georges Lepailleur, de Châteauguay, on lui octroya la commission de notaire public. Il devint dans la suite l'associé de M. Lepailleur. Marié en 1831 avec Eugénie St-Germain, trois ans plus tard. il était élu par acclamation député du comté de Laprairie. Il devait garder son mandat à l'Assemblée Législative jusqu'au 27 mars 1838.

Lorsque les troubles de 1837 éclatèrent, le notaire Cardinal ne voulut pas du tout se mêler au mouvement qu'il désapprouvait d'ailleurs prétendant qu'il était inutile sans l'aide des Américains. Toutefois souhaitant l'indépendance, la liberté de son pays, le notaire Cardinal avait peine à voiler ses sentiments. Les bureaucrates anglais du comté de Laprairie cherchèrent à le faire arrêter. Son épouse et ses amis lui conseillèrent alors de se réfugier aux États-unis, où il rencontra nombre d'autres patriotes.

Cardinal revint au Canada au mois de février 1838. Il se mit alors à travailler énergiquement au succès de l'insurrection qu'on préparait pour cette année 1838. Le grand coup devait être porté le 3 novembre. Cardinal avait à ses côtés un jeune étudiant en droit de vingt et un ans, Joseph Duquet, et François-Maurice Lepailleur. Ces trois Chefs, accompagnés d'une quarantaine de patriotes, avaient pour mission, après avoir fait prisonniers les bureaucrates de Châteauguay et les avoir désarmés, d'aller s'emparer des armes des Sauvages à Caughnawaga. La première partie du programme fut exécutée facilement, mais les patriotes tombèrent dans un piège que leur tendirent les Sauvages; ils furent par eux arrêtés et conduits à Lachine et de là à la prison de Montréal. Cinq jours plus tard, Cardinal. Duquet et Lepailleur furent condamnés à mourir.

Lepailleur échappa cependant à l'échafaud; il fut exilé en Australie et revint cinq ans plus tard. Les deux autres, votre cousin, Joseph-Narcisse Cardinal, et son jeune compagnon, Joseph Duquet, furent condamnés par un arrêt de la Cour Martiale à monter sur l'échafaud, le 21 décembre 1838. Le jeune Duquet laissait une vieille mère, trois soeurs, toutes à sa charge; Cardinal de son côté, laissait une veuve et cinq orphelins, dont un n'était pas encore né.

Joseph-Narcisse Cardinal, condamné à mort, ne songeait pas à lui-même, au sacrifice de sa vie: il le faisait volontiers ce sacrifice pour l'honneur de sa nationalité et le triomphe de la liberté. Seule la pensée de laisser sa femme seule avec ses chers enfants l'attendrissait, le bouleversait. Cette pensée le rendait triste au suprême. Dans ces moments de tristesse, Cardinal écrivait des lettres touchantes qui attiraient les larmes et qui nous montrent sa nature tendre et généreuse.

Le 20 décembre, veille de son exécution, il écrivit à son épouse une lettre que vous devez connaître dans votre famille. Nous vous en citons les passages principaux:

"Demain, à l'heure où je t'écris, mon âme sera devant son Créateur et son Juge. Je ne crains pas ce moment redoutable. Je suis muni de toutes les consolations de la religion, et Dieu, en se donnant à moi-même, ce matin, me laisse espérer avec confiance qu'il me recevra dans son sein aussitôt après mon dernier soupir. Je suis dégagé de toute affection terrestre, et le seul regret que j'aie en mourant, c'est de te laisser, chère amie, ainsi que cinq pauvres malheureux orphelins, dont l'un est encore à naître. Je te prie de croire que sans vous, rien ne pourrait me faire désirer la vie et que je recevrais ma grâce avec plus de répugnance que de satisfaction...

Qu'il est dur de mourir sans te donner le baiser d'adieu! On me dit que tu es trop faible pour supporter une entrevue; moi je te croirais assez forte ou du moins assez raisonnable pour me venir voir sans faire des extravagances. Ceux qui te défendent de venir me voir n'ont jamais été dans notre situation. Ils ne pensent pas qu'ils me privent de la seule et dernière consolation que je pourrais espérer en ce monde, et, que par rapport à toi, ils s'exposent à de justes reproches pour t'avoir privée de recevoir les prières d'un époux mourant. Pardonne, ma chère amie; nous sommes nés pour souffrir, c'est un sacrifice de plus à offrir à Dieu et qui nous servira à nous obtenir plus de mérites auprès de lui. Du moins s'ils m'amenaient Marguerite et Charlotte afin qu'elles pussent toutes deux recevoir les baisers de leur père pour te les rendre. Oh! Dieu, ayez pitié de moi, de ma femme et de mes enfants, je vous les recommande; veillez sur eux, servez-leur d'époux et de père et ne tardez pas de les réunir tous avec moi dans votre saint paradis.

Rien de plus consolant, continue-t-il, ma chère Eugénie, que d'envisager la mort avec les yeux d'un mourant. On se sent dégagé des peines et des angoisses de ce monde de misère pour s'envoler dans un lieu de paix et de délices, et l'on plaint ceux que l'on a aimés sur la terre de ce qu'ils ne peuvent jouir assez tôt d'un bonheur qui nous paraît si parfait. Chère Eugénie, ne t'apitoie pas sur mon sort; bénis la Providence de ce qu'elle ne m'a pas fait mourir subitement lorsque j'avais la conscience moins préparée. Eh bien! Dieu a exaucé mes voeux; je suis courageux autant qu'il est possible de l'être, et si je pouvais te communiquer la moitié de mes forces, il m'en resterait encore assez pour le moment fatal".

Après de vaines démarches tentées par des personnes influentes pour obtenir la grâce de Cardinal, l'épouse de ce dernier écrivit à lady Colborne, épouse du gouverneur général du Canada, une lettre où elle invoquait en faveur de son malheureux époux les motifs les plus propres à émouvoir une mère ou une épouse, Cette démarche resta vaine elle aussi.

Cardinal était profondément chrétien. Les secours de la religion l'aidèrent à supporter l'angoisse des dernières heures de sa vie. Il avait perdu tout espoir de voir avant sa mort son épouse et ses enfants, mais la veille de son exécution, tard dans la soirée, la grâce si ardemment sollicitée lui fut accordée. Impossible d'imaginer scène plus pénible: une mère et ses enfants disant un suprême adieu à un époux et à un père chéri.

Le lendemain de cette triste soirée, à neuf heures du matin, Cardinal, victime de son grand amour pour sa patrie, offrait à celle-ci son sang comme le plus grand et le dernier des sacrifices.

Le 14 novembre 1858, au cimetière de la Côte des Neiges, à Montréal, près de l'entrée, du côté gauche, fut inauguré un monument pour perpétuer le souvenir des patriotes de 1837-1838. Ce monument, en plus d'inscriptions très intéressantes, nous donne les noms des patriotes tués sur les champs de bataille pendant l'insurrection, de ceux exilés et de ceux exécutés parmi lesquels votre cousin, le notaire Joseph-Narcisse Cardinal.


Caron, René-Edouard

VOTRE PARENT RENE-EDOUARD CARON LIEUTENANT-GOUVERNEUR DU QUEBEC

Né le 11 octobre 1800, René-Edouard Caron fit ses études au collège St-Pierre-du-Sud et au séminaire de Québec. Admis au barreau du Bas-Canada le 7 janvier 1826, il se dévoua au bien public durant les choléras de 1832 et 1834, représenta Québec à l'assemblée législative, de 1834 à 1836, et fut finalement appelé au Conseil législatif en 1838. Il entra dans le ministère, comme président du Conseil législatif, puis fut nommé juge de la Cour supérieure jusqu'au 11 septembre 1873.

René-Edouard Caron fut alors choisi comme lieutenant-gouverneur de la Province, en succession de sir Narcisse Belleau et élu membre du groupe des commissaires chargés de codifier les textes de la loi civile du Bas-Canada. M. Caron fut décoré du titre de commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire, en 1875, et décéda le 13 décembre 1876. Il avait épousé, en 1826, Joséphine de Blois.

Votre illustre parent René-Edouard Caron portait: "D'argent à la bande d'azur semée de fleurdelys d'or". C'est pour vous un honneur de reprendre à votre compte ses propres armes.


Carrier, Jean

UNE PETITE POSSEDEE DU DEMON ANCETRE D'UNE GRANDE FAMILLE LEVISIENNE

Jean Carrier, l'un de vos ancêtres, était originaire de Saint-Georges-des-Costeaux, en Saintonge. Venu au pays vers 1665, il prit du service chez les Hospitalières de Québec. A cette époque, les Dames hébergeaient une pauvre enfant du nom de Barbe Hallay, fille du premier colon de ce nom, ancêtre d'une famille considérable du comté de Lévis, qui était possédée du démon. Après bien des démarches et des séances d'exorcisme, Mgr de Laval, alors évêque de Pétrée et vicaire apostolique de Québec, réussit à chasser de la jeune fille, l'ange infernal. Ce fut Jean Carrier qui prit sa place. En effet, le 14 novembre 1670, il épousait la jeune Barbe Hallay. Et c'est ainsi que fut fondée la famille Carrier, l'une des plus nombreuses qui soient au pays.

Bien qu'elle soit surtout concentrée dans le comté de Lévis, la famille Carrier a débordé sur les comtés de Beauce, Lotbinière, Dorchester, Bellechasse, ainsi qu'à Québec, Montréal, dans le bas du fleuve, le comté des Deux-Montagnes et la vallée du Richelieu.


Cartier, Georges-Etienne

SIR GEORGES-ETIENNE CARTIER PERE DE LA CONFEDERATION VOTRE PARENT

Appartenir à la même famille qu'un des pères de la Confédération, voilà un fait dont tous ne peuvent s'enorgueillir. C'est un de vos droits, Sir Georges-Etienne Cartier étant votre parent.

Né en 1814, admis au barreau en 1835, celui que l'on nommait dans sa jeunesse le "Petit Georges" devint, à l'époque de l'insurrection de 1837, le plus ardent des "Fils de la Liberté". Après la tourmente, il pratiqua sa profession pendant quelques années puis se lança, en 1848, dans l'arène politique d'où il ne devait plus sortir. Celui qui, en 1837, paradait en chantant "Avant tout, je suis Canadien" devait le prouver d'une façon ostensible en devenant un des fondateurs de la Confédération. Créé baronnet en 1868, Sir Georges-Etienne Cartier prit comme armoiries: "Coupé: au 1, de gueules à une hermine au naturel et au franc-canton d'argent chargé d'une main senestre de gueules (franc-canton des baronnets); au 2, d'or à cinq pals de gueules; à la fasce d'or brochant sur le trait de partition".

Les deux grandes villes du Québec n'ont pas voulu oublier ce grand homme d'État canadien. En 1919, Montréal éleva à Sir Georges-Etienne Cartier un superbe monument, parc Jeanne-Mance, et, en 1920, Québec répéta ce geste, parc Montmorency-Laval.


Casse, Antoine

CONTRAIREMENT A CE QU'IL PRETENDAIT ANTOINE CASSE SAVAIT SIGNER SON NOM

Des historiens mal informés ont prétendu que nos ancêtres étaient pour la plupart des gens sans aucune instruction ne sachant pas même ni lire ni écrire. Pour affirmer pareille chose, ils se sont appuyés sur le fait, exact il est vrai, que lors de leur contrat de mariage ou de tout autre acte officiel, nos aïeux déclaraient le plus souvent ne pas savoir signer. Mais un examen un peu plus critique des archives aurait par contre démontré à ces historiens trop pressés que même si nos ancêtres affirmaient ne pas savoir signer, ils savaient pourtant la plupart du temps très bien le faire.

Prenons par exemple le cas de votre ancêtre, Antoine Casse. Lors de son contrat de mariage, le 14 octobre 1665, il déclara ne pas savoir signer. Or nous avons la preuve qu'en fait Antoine Casse savait signer, puisque lors du mariage de 1'un de ses fils il apposa une belle signature en bas de l'acte de mariage. Ne disons donc pas trop vite que nos ancêtres n'avaient aucune instruction, mais demandons-nous plutôt pourquoi ils dissimulaient ainsi parfois leur savoir.

Il faut tout d'abord concéder que l'instruction était alors à cette époque, aussi bien en France qu'au Canada, moins répandue qu'elle ne l'est actuellement. Beaucoup de nos ancêtres toutefois savaient lire, écrire, ou au moins signer leur nom, mais restaient cependant plus habiles à manier la charrue que la plume. Or on sait d'autre part que la grande ambition de nos aïeux était d'obtenir pour leur contrat de mariage la présence des personnalités les plus en vue de la Nouvelle-France, voire le Gouverneur ou l'Intendant; c'était une véritable compétition entre les familles à qui aurait le plus de "distinguées" présences. Toutefois, le moment des signatures venu, nos braves aïeux éprouvaient une gêne bien compréhensible à déposer leur signature, parfois malhabile, à la suite des "calligraphies" des dignitaires présents, et plutôt que d'avoir à se plier à cette pénible obligation, ils préféraient déclarer ne pas savoir signer. Concluons donc que nos ancêtres étaient peut-être des humbles ou des timides, mais pas forcément des illettrés.

Après son mariage avec Françoise Piloy, Antoine Casse demeura sur la côte de Beaupré. Il se sentit cependant quelques années plus tard attiré par les riches terres de l'Île d'Orléans, et dès 1669 nous l'y trouvons établi.

Antoine Casse ne devait pas demeurer longtemps dans l'Île d'Orléans. Charles Couillard, seigneur de Beaumont, attirait alors des colons dans sa seigneurie, et votre ancêtre se rendit à son appel.

Il dut même être un des colons les plus entreprenants, car en 1681 il était le seul à Beaumont à posséder des animaux.

Antoine Casse décéda à Beaumont le 1er juin 1709.


Chabot, Mathurin

MATHURIN CHABOT HABITANT ET SERGER

Mathurin Chabot était né à Saint-Hilaire-de-Riez en Poitou, du mariage de Jean Chabot et de Jeanne Rodé. C'est au printemps de l'année 1660, qu'il se rendit à La Rochelle où il s'embarqua pour le Canada. A son arrivée au Canada, il vécut quelque temps à Québec où il s'était construit une petite maison sur la rue du Sault-au-Matelot qui conduit du pied de la Côte de la Montagne à la rue Saint-Paul.

C'est le 3 novembre 1661, que Mathurin Chabot épousa Marie Mésange. Le mariage fut bénit par le père Paul Ragueneau, supérieur des Jésuites.

Vers la fin de l'année 1660, votre ancêtre Mathurin Chabot avait quitté la ville de Québec pour aller s'établir au Château-Richer, une des vieilles paroisses de la Côte de Beaupré. Il s'était engagé comme fermier du sieur Toussaint Toupin, bourgeois de Québec, qui possédait une terre en cet endroit. En 1665, après avoir réglé ses affaires avec son bourgeois, Mathurin Chabot quitta la paroisse du Château-Richer pour aller s'établir dans l'île d'Orléans, dans la future paroisse Saint-Pierre. Disons immédiatement qu'il devait passer le reste de sa vie dans cette île magnifique, située en face de la côte de Beaupré.

En 1666. les recenseurs passèrent à chaque maison, prenant note du nombre d'occupants, de leurs noms, de leur âge et de leurs métiers. Voici ce qu'ils rapportèrent au sujet de la petite famille de Mathurin Chabot:

"Mathurin Chabot, 27 habitant. serger; Marie Mésange, 21 sa femme; Michel 3; Joseph 2; Pierre 7 semaines."

Votre ancêtre est dit "habitant serger". Quant au premier qualificatif. il était attribué à tous les premiers colons canadiens; tous devaient se pencher vers le sol pour en tirer leur subsistance. Les recenseurs ajoutent que Mathurin Chabot était "serger". Il fabriquait donc la serge dès 1666. On peut dire qu'il fut un des pionniers de cette industrie dans le pays.

L'intendant Talon fit toujours de grands efforts pour établir des manufactures de toile et de lainage. En 1666, il demandait l'aide du roi pour établir des manufactures. En 1669, il annonçait que l'on avait commencé à récolter du chanvre et que l'on avait fait du fil et de la toile. Quant au lainage, il ajoute que les progrès seraient plus lents parce que le Canada ne comptait qu'un petit nombre de moutons. On avait réussi néanmoins à fabriquer plusieurs pièces de droguet. En 1671, Talon écrivait à Colbert: "J'ai fait faire cette année de la laine qu'ont portée les brebis que Sa Majesté a fait passer ici, du droguet, du bouragouan, de l'estamine et de la serge de seigneur. On va travailler à du drap... On travaille des cuirs du pays près du tiers de la chaussure, et présentement j'ai de quoi me vêtir du pied à la tête."

Mathurin Chabot dut fournir une part active, car la main d'oeuvre était alors fort rare, et par conséquent, très chère. Il fallait souvent faire appel aux ouvriers de France; ceux donc qui demeuraient dans le pays, devaient, à plus forte raison, prêter leur concours.


Chagnon, François

FRANCOIS CHAGNON DIT LAROSE SOLDAT DE CARIGNAN ET CARDEUR

François Chagnon dit Larose, l'un de vos ancêtres, vint ici au pays, en qualité de soldat du régiment de Carignan. Il faisait partie de la compagnie de Monsieur de Contrecoeur, dont l'enseigne était François Jarret de Verchères. Après le licenciement de ce régiment, soldats et officiers s'établirent pour un grand nombre dans la vallée du Richelieu. Les soldats se groupèrent de préférence autour de leurs officiers qui avaient été pourvus de seigneuries. C'est donc à Verchères que se fixa François Chagnon, sur les terres qui appartenaient à l'enseigne, François Jarret de Verchères.

En 1681 fut tenu un recensement général des colons du pays. Parvenus à Verchères, les recenseurs décrivirent ainsi la famille de votre ancêtre:

"François Chagnon, cardeur, 36 (ans); Catherine Charron, sa femme, 19; 1 fusil; 3 bêtes à cornes; 7 arpents en valeur."

Notons que Catherine Charron est vieillie de quatre ans dans ce rapport et que François Chagnon est désigné comme "cardeur".


Chapais, Thomas

VOTRE PARENTE AVEC SIR THOMAS CHAPAIS

Cumuler à la fois les deux importantes fonctions de sénateur et de conseiller législatif, voilà un honneur qui incombe à bien peu d'hommes d'Etat canadiens. Votre parent, Sir Thomas Chapais, de regrettée mémoire, eut cet honneur. il naquit à St-Denis de Kamouraska, le 23 mars 1858, de l'honorable Jean-Charles Chapais, négociant, député, conseiller exécutif, sénateur, l'un des Pères de la Confédération, et de Georgina Dionne. il fit ses études classiques à Sainte-Anne-de-la-Pocatière et son droit à Laval de Québec, où il obtint le degré de licencié en droit, en 1879, et celui de docteur ès lettres, en 1898. il fut successivement secrétaire du lieutenant-gouverneur Robitaille; rédacteur en chef du "Courrier du Canada", dont il devint propriétaire en 1890, et membre du Conseil de l'Instruction; ministre sans portefeuille, en 1893; président du Conseil, en 1895; ministre de la Colonisation et des Mines, en 1897; chevalier de la Légion d'Honneur, en 1902; membre de la Société Royale, en 1903; titulaire de la chaire d'Histoire du Canada à Laval; sénateur pour la division de Grandville, en 1920; commandeur de l'Ordre de St-Grégoire. Votre petit-cousin, Sir Thomas Chapais, fut l'auteur de plusieurs ouvrages en prose dont les principaux portent sur l'histoire: "Jean TaIon", "Le Marquis de Montcalm" et surtout le "Cours d'Histoire du Canada", en huit volumes.


Chapdelaine, André

ANDRE CHAPDELAINE

Originaire de Plomb en Normandie, André Chapdelaine vint à Montréal vers 1687, comme soldat de la Marine. C'est ainsi qu'il fut versé dans la compagnie du capitaine Pierre de St-Ours, alors commandant de la garnison de Montréal.

André Chapdelaine fut soldat pendant de longues années. Quoique son nom ne soit mentionné nulle part, il est permis de croire qu'il prit une part active aux luttes nombreuses menées à cette époque contre les Iroquois et les Anglais.

Le 16 septembre 1691, André Chapdelaine passait un contrat de mariage avec Marie-Anne Chèvrefils. Le registre de cette année-là pour Contrecoeur a été brûlé. Par bonheur il nous reste la minute notariée. C'est grâce à celle-ci que nous savons le lieu d'origine de votre ancêtre. On y dit aussi qu'il était fils de Julien Chapdelaine et de Reine Masson. Quant à Marie-Anne Chèvrefils, elle est la fille de François Chèvrefils dit Lalime et de Marie Lamy.

André Chapdelaine abandonna l'armée après dix-huit ans de service.

En 1708, le capitaine de St-Ours, en reconnaissance de ses services, lui accorda une concession très importante dans sa seigneurie. Cette terre qui mesurait dix arpents de front sur trente de profondeur, était bornée au fleuve et située entre le fief Douville et les terres non concédées.

Lorsque le seigneur de St-Ours voulut faire faire un inventaire de ses biens, c'est son fidèle serviteur, André Chapdelaine, qui fut choisi comme estimateur. C'était une preuve supplémentaire de l'affection et de la considération que lui témoignait son noble seigneur.

André Chapdelaine fut plus tard nommé lieutenant, puis capitaine dans la milice canadienne. C'était autant un hommage à sa compétence qu'une récompense pour ses services. Il remplit ces fonctions avec dignité et compétence pendant plusieurs années. Il est intéressant de constater que le dernier capitaine en charge dans la paroisse de Saint-Ours fut un descendant de votre ancêtre.

André Chapdelaine s'éteignit en 1737, à l'âge de 75 ans, et fut inhumé à Saint-Ours.

Sa descendance est connue sous les noms et surnoms de Chapdelaine, Larivière, Beaulac, Collette et Valérien.


Chapleau, Joseph-Adolphe

MINISTRE ET LIEUTENANT-GOUVERNEUR SIR JOSEPH-ADOLPHE CHAPLEAU VOTRE PARENT

Sir Joseph-Adolphe Chapleau naquit à Sainte-Thérèse, le 9 novembre 1840, et étudia au collège de Saint-Hyacinthe. Il se fit inscrire au barreau en 1861 et exerça sa profession à Montréal, surtout en qualité de criminaliste de renom. Élu à l'Assemblée de Québec dans son comté (1867-82), il entra dans le ministère Ouimet comme Solliciteur général (1873-74) et Secrétaire Provincial (1876-78). Premier ministre en 1879-82, il prit le portefeuille de l'Agriculture et des Travaux Publics; puis, des Chemins de fer (1881-82). Le 5 décembre 1892, il fut promu lieutenant-gouverneur de la Province de Québec jusqu'au 1er février 1898; il mourut à Montréal le 13 juin suivant. Conseiller privé depuis 1882, il avait été promu chevalier commandeur de Saint-Michel et Saint-George, le 20 mai 1896. Il avait professé à Laval de Montréal le droit criminel et international. En 1881, Léon XIII le nomma commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire; en 1882, le gouvernement français de la Légion d'Honneur.

Sir Joseph-Adolphe Chapleau portait: "D'argent, à la fasce d'azur resarcelée, accompagnée de trois têtes de lion de sable arrachées de gueules dentées et lampassées d'or; à l'écu de la Province de Québec brochant en coeur sur le tout". Voici un de vos parents dont vous pouvez être fier.

D'après le Dictionnaire Général du Canada. R.P. Lejeune.


Chaput, Nicolas

NICOLAS CHAPUT PIONNIER DE L'ILE SAINTE-THERESE

Nicolas Chaput était originaire de la ville de Noidans-le-Ferroux, évêché de Besançon en Franche-Comté.

C'est en 1686 que votre ancêtre vint s'établir à l'île Sainte-Thérèse en face de Varennes. Nicolas Chaput fut donc l'un des pionniers de la colonisation de cette île, dont Monsieur Gédéon de Catalogne, dans son étude sur les seigneuries du gouvernement de Montréal, écrivait ce qui suit:

"L'Isle Ste Therese appartient a Mr de Langloiserie, Lieutenant de Roy a Quebek. Elle fait paroisse avec la Seigneurie de Varenne et de la Trinité. Les terres y sont des bonnes du gouvernet pour produirent toute sorte de grains et légumes, aussy tous les habitants y sont fort a leur aise, ils nont que tres peu de bois quils conservent pour leur chauffage. Les Isles qui sont au haut de celle cy en sont moitie dependantes et les autres au Seigneur de Varenne ou l'on coupe une tres grande quantité de foin. La chasse au gibier passager et la pesche y sont tres abondants, de l'Isle Ste Therese dependent encores quatre Isles qui sont au-dessous qui ont le mesme avantage que celles du haut, sur l' une desquelles Mr de Langloiserie a fait une belle mêterie."


Charbonneau, Olivier

LES AVENTURES D'OLIVIER CHARBONNEAU SUR L'OCEAN

Pendant l'hiver de 1658 à 1659, on avait levé, dans la ville de La Rochelle et les environs, aux frais de la Compagnie de Montréal, du Séminaire de Saint-Sulpice et de l' Hôtel-Dieu, une recrue de colons qui devaient s'embarquer au printemps de 1659. Cette recrue, la plus considérable depuis celle de 1653, se composait de 109 personnes.

L'Abbé Faillon, dans son "Histoire de la Colonie Française au Canada", volume 2, page 353, nous mentionne que sept honnêtes ménages de La Rochelle, au mois de juin 1659, s'embarquèrent sur un navire en partance pour le Canada. C'étaient votre famille Charbonneau et les familles Goguet (Goyer), Cardinau (Cardinal), Le Roy, Guiberge (Thivierge), Baujeant et Thibodeau.

Le rendez-vous des émigrés était à La Rochelle, et l'on devait s'embarquer à la fin de mai. L'embarquement se fit au milieu de grandes tribulations. Le propriétaire du navire refusa d'appareiller à moins que les passages ne soient payés d'avance; bien plus, il profita de la circonstance pour élever ses prix qui avaient d'abord été fixés à cinquante livres, y compris les provisions et les coffres. Olivier Charbonneau et ses compagnons de Marans étaient préparés à payer cette somme lorsqu'à la dernière minute, le propriétaire du navire exigea 175 livres pour chacun d'eux, avec en plus une charge spéciale pour leur provisions et leurs coffres.

Cette exigence imprévue embarrassa fort votre ancêtre et ses compagnons. Mademoiselle Mance intervint et fit avec nos sept couples de Marans, un contrat par lequel ils se portaient garants les uns pour les autres, et avec cette garantie additionnelle, elle obtint d'un marchand de La Rochelle l' argent nécessaire pour payer le montant exigé. (Demontreau, notaire royal en la ville de La Rochelle, 5 juin 1659). Dans les minutes du notaire Basset, à la date du 10 novembre 1669, C'est-à-dire dix ans plus tard, on trouve la quittance de Mademoiselle Mance à votre ancêtre et à ses compagnons.

Le bateau qui amena au Canada la famille d'Olivier Charbonneau amenait aussi Mademoiselle Mance qui s'était occupée si activement d'organiser cette recrue, et aussi un contingent de Soeurs Hospitalières, parmi lesquelles Marguerite Bourgeoys. Celle-ci dans ses Mémoires, relate le fâcheux contretemps causé par les exigences imprévues du propriétaire du navire et dont elle souffrit autant que les autres passagers. "On voulut, dit-elle, nous faire payer à chacune cent soixante-quinze livres, et nous n'avions pas d'argent. On refuse M. de Maisonneuve pour répondant, et on veut que ma Soeur Raisin s'en retourne pour faire payer en France. Me voilà bien en peine. Enfin, on nous mande de faire deux promesses. l'une pour payer à Montréal incessamment, l'autre sur M. Raisin, afin d'être payée par lui au retour du vaisseau en cas que celle de Montréal ne fût pas sûre. Cependant, le maître du navire, qui était préparé, se résolut de tout embarquer sur parole, le 29 juin 1659."

Enfin, après deux mois d'attente, la recrue, qui s'était embarquée le jour de la Saint-Pierre, 29 juin, leva l'ancre le 2 juillet, fête de la Visitation. Il y avait sur le navire environ deux cents personnes, dont dix-sept ou dix-huit filles pour Québec. Ce navire avait servi deux ans d'hôpital aux troupes de la marine, sans avoir fait depuis de quarantaine; il se trouvait infecté de la peste; et à peine fut-il en mer que la contagion se déclara et gagna une grande partie de la recrue.

Dévouées par état au soin des malades, les filles de Saint-Joseph s'empressèrent d'offrir leurs services dans cette périlleuse occasion. Mais quelques instances qu'elles fissent, elles ne purent obtenir la faveur qu'elles demandaient; ce qui peut-être fut la cause de la mort de huit ou dix personnes que la contagion enleva tout d'abord. Du moins, la défense qu'on leur avait faite d'exposer leur vie ayant été levée, dès ce moment il ne mourut plus personne, quoique le nombre des malades fut toujours fort grand.

Cette maladie pestilentielle ne fut pas la seule épreuve qu'on eut à souffrir dans la traversée, qui dura plus de deux mois. Le navire essuya les plus furieuses tempêtes, et fut en danger évident de périr; plusieurs fois les passagers se croyant perdus sans ressource, se mirent en état de paraître devant Dieu, par la réception du sacrement de Pénitence. Enfin, on eut encore à souffrir de la disette d'eau douce, jusqu'à ce qu'on fut entré dans le fleuve Saint-Laurent.

Le navire arriva enfin à Québec, le 7 septembre, et comme il était alors sept heures du soir, (Journal des Jésuites) on ne débarqua que le lendemain, fête de la Nativité (Annales de l'Hôtel-Dieu par la Soeur Morin). C'est donc exactement le 29 septembre 1659 que le premier ancêtre Olivier Charbonneau, avec sa femme, Marie-Marguerite Garnier, et leur petite fille, Anne, âgée de deux ans, débarqua à Ville-Marie après une traversée qui avait duré exactement trois mois, et qui avait été précédée d'une attente de presque deux mois dans le port de La Rochelle.


Chartier, Michel

MICHEL CHARTIER HABITANT ET FAISEUR DE RETS

Michel Chartier venu de France avant l'année 1666, fut l'un des pionniers de l'Île d'Orléans et particulièrement de la paroisse de Saint-François. C'est là qu'il était établi lors du recensement de 1666 dans le fief d'Argentenay. Le recenseur nous décrit sa famille ainsi:

"Michel Chartier, 26, faiseur de rêts, habitant; Marie Meusnier, 18, sa femme."

Ainsi que nous venons de le lire, dans le recensement de 1666, Michel Chartier, votre premier ancêtre, était un "habitant" c'est-à-dire qu'il était un colon défricheur. Jeune encore - en 1666 il n' a que vingt-six ans - il a quitté son coin de terre en France, où les terres ont été tant de fois tournées et retournées, qu'elles en sont épuisées, pour venir se pencher, en Canada, sur un terrain "en bois debout". Marie Manié, sa jeune femme de dix-huit ans, le seconde bien en cette oeuvre austère, ne serait-ce qu'en transformant le blé qui germe enfin en un pain merveilleux...

Désireux d'accroître ses revenus, Michel Chartier, entreprenant, se constitue "faiseur de rêts". Il nous semble le voir, jouant des mailles, édifiant ce tissus ajouré dans lequel viendront se prendre les poissons ou les bêtes sauvages. Aujourd'hui encore les gens de Saint-François ont la réputation d'être des experts dans la fabrication des rêts.


Chartier, René

MASSACRE DE LACHINE RENE CHARTIER TUE PAR LES IROQUOIS AVEC SES FILS

René Chartier, tué avec ses fils dans le massacre de Lachine durant la nuit du 4 au 5 août 1689, est votre ancêtre.

Avec l'historien Garneau, résumons les péripéties de cette terrible nuit d'août 1689 au cours de laquelle un de vos ancêtres périt brusquement.

"On était aux premiers jours du mois d'août (1689). Rien n'annonçait aucun événement extraordinaire. Dans la nuit du 4 au 5, quinze cents Iroquois traversent le lac Saint-Louis, durant une tempête de grêle et de pluie qui les favorise, et débarquent en silence à Lachine, sur la partie supérieure de l'Île de Montréal. Avant le jour, ils se sont placés par pelotons à toutes les maisons sur un espace de plusieurs lieues. Les habitants sont encore ensevelis dans le sommeil. Les Iroquois n'attendent plus que le signal et il est donné. Alors s'élève un effroyable cri de mort. Les portes sont rompues et le massacre commence. Les Sauvages égorgent d'abord les hommes; ils mettent le feu aux maisons qui résistent et lorsque la flamme en fait sortir les habitants, ils épuisent sur eux tout ce que la férocité et la fureur peuvent inventer. Ils ouvrent le sein des femmes enceintes pour en arracher le fruit qu'elles portent, et contraignent des mères à rôtir vifs leurs enfants. Environ deux cents personnes périssent. Plus de cent vingt autres sont entraînées dans les Cantons pour y être brûlées."

Votre ancêtre, René Chartier, et deux de ses fils furent des victimes de cette nuit terrible; le fait est ainsi mentionné dans les registres de Lachine, à la date du 28 octobre 1694:

"Nous avons envoyé six hommes par delà de la petite rivière de la Présentation, sur l'habitation de feu René Chartier, où lui et ses deux fils et un petit sauvage, leur esclave, de la nation des Panis, avaient été tués par les Iroquois le 5 août 1689 et où plusieurs personnes nous ont depuis leur mort rapporté avoir vu, sur la terre leurs têtes et leurs os; mais les herbes ayant crû depuis ce temps, ils n'ont pu en rien trouver."

Les registres de Lachine en date du 23 mai 1701 mentionnent le fait suivant:

"Le 23 mai 1701, nous avons enterré dans cette église une partie des ossements de feu René Chartier, que nous avions fait lever sur son habitation."


Chénier, Jean-Olivier

VOTRE COUSIN, "CHENIER" LE CELEBRE PATRIOTE DE "37"

Avec quel respect ne saluerez-vous pas la statue du Docteur Jean-Olivier Chénier, coin des rues Craig et St-Denis, à Montréal, quand vous apprendrez que ce hardi patriote de 1837 est votre parent!

Né à Longueuil, en 1806, il attira bientôt par son intelligence l'attention du Docteur Kimber, de Montréal, qui se chargea de son instruction. Le 25 février 1828, Jean-Olivier Chénier était admis à la pratique de la médecine et s'établissait à Saint-Benoit. Trois ans plus tard, il épousait la fille du célèbre Docteur Labrie, de Saint-Eustache, et peu après allait prendre la place de son beau-père dans cette paroisse.

Les injustices des bureaucrates exaspérèrent l'âme ardente et patriotique du Docteur Chénier. Lorsque les troubles éc1atèrent, en 1837, il prit aussitôt les armes et se mit à la tête des "Patriotes" de St-Eustache. il fut tué par les Anglais dans le cimetière de sa paroisse, le 14 décembre 1837, à la rencontre des troupes de la milice.

"Les Canadiens-Français", écrit L.O. David, "ne cesseront jamais de se répéter, de père en fils, le récit de sa mort héroïque et longtemps on dira: "Brave comme Chénier"... Dans votre famille, on pourra ajouter: "Brave comme notre cousin Chénier".


Chouinard, Jacques

JACQUES CHOUINARD "CHARRETIER DE SA MAJESTE"

Jacques Chouinard était originaire de Beaumont-la-Ronce, diocèse de Tours, Touraine. Arrivé à Québec fort vraisemblablement au cours de l'été de 1685, il exerça dans la vieille capitale, le métier de charretier au service du roi, et on rapporte qu'il était chargé du transport des malles royales dans la région de Québec. Dans une pièce officielle, on le dénomme "charretier royal".

Après son mariage avec Louise Jean, il habita durant quelque temps, la ville de Québec, puis en 1695, il accepta de devenir fermier du sieur Paul Dupuy, intendant de la Nouvelle-France dans sa ferme de l'Île-aux-Grues. Trois ans plus tard, le 24 octobre 1698, M. Aubert de La Chesnaye concédait à Jacques Chouinard, votre ancêtre, une terre de 450 arpents dans la seigneurie de Saint-Jean-Port-Joli.

Jacques Chouinard prit définitivement possession de sa terre en l'année 1702 et c'est là qu'il passa le reste de ses jours.

On a longtemps cherché l'acte de décès de Jacques Chouinard sans y réussir. Une tradition familiale voulait même qu'il se fut noyé en revenant de France après un voyage d'affaires dans son pays natal. Cependant, dans les comptes de la fabrique de l'Islet, on mentionne le décès et l'enterrement de Jacques Chouinard, arrivé vers le 20 octobre 1721.


Cloutier, Zacharie

LE PATRIARCHE ZACHARIE CLOUTIER ANCETRE DE TOUS LES CANADIENS FRANÇAIS

Zacharie Cloutier, Percheron, venu de Mortagne, est votre ancêtre et celui de tous les Canadiens français, soit en lignée masculine, soit en lignée féminine. Il n'est pas une généalogie qui n'en fasse mention une ou plusieurs fois. Pendant l'hiver 1633-1634, un médecin de Mortagne, Robert Giffard, devenu seigneur de Beauport, recruta des censitaires pour sa seigneurie. Par contrat passé en la ville de Mortagne, il donna le fief de "la Clouterie " à Beauport, à votre ancêtre, Zacharie Cloutier. A la fin de mars 1634, quarante-deux personnes parmi lesquelles Zacharie Cloutier, sa femme Xainte Dupont et ses cinq enfants, s'embarquèrent à La Rochelle pour le Canada.

Dès le 22 juillet 1634, Zacharie Cloutier, charpentier de son métier, commençait la construction de la résidence du seigneur de Beauport. Il s'occupa aussi de celles de l'église paroissiale de Québec et du fort Saint-Louis. Jusqu'en 1670, il vécut sur son fief de la Clouterie, défrichant et cultivant avec ardeur; puis il vendit son fief à Nicolas Dupont de Neuville et alla habiter chez l'un de ses fils, au Château-Richer.

Zacharie Cloutier et son épouse purent célébrer leurs noces d'or et même de diamant. En effet Cloutier mourut en 1677 et son épouse en 1680. Ils laissaient de nombreux enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants.

Zacharie Cloutier avait une marque fort originale qui lui tenait lieu de signature. C'était une hache, emblème de son métier.


Constantin, Guillaume

GUILLAUME CONSTANTIN HABITANT DE SAINTE-FOY SA MORT TRAGIQUE

On lit souvent sous la plume d'écrivains peu soucieux de la vérité historique que les Canadiens français sont des fils de Normands et de Bretons. Cette dernière affirmation est une grande erreur, car on estime qu'il n'y eut pas plus de 2% de Bretons parmi les 4,000 familles primitives dont descendent les Canadiens français. Cependant l'un de vos ancêtres, Guillaume Constantin, était originaire de Cesson, évêché de Rennes en Bretagne. Dès 1660 on le voit à Québec où il épouse, par-devant le notaire Audouart, Jeanne Masse. Quelques jours plus tard il recevait une concession à la côte Saint-Ignace.

Jusqu'ici on ne connaissait rien au sujet de la mort de Guillaume Constantin. Cependant nous avons eu la bonne fortune de découvrir, dans un acte du notaire Rageot, que votre ancêtre décéda dans les bois, en revenant de la chasse, au printemps de 1673.


Cormier, Thomas

A HUIT ANS VOTRE ANCETRE THOMAS CORMIER S'ENGAGE POUR L'ACADIE

Le 8 janvier 1644, Thomas Cormier, âgé de 8 ans seulement, ainsi que son père, Robert Cormier, maître charpentier de navire, et Marie Péraude, sa mère, tous trois originaires de La Rochelle en Aunis, s'engageaient devant le notaire Teuleron à venir travailler au service du Sieur Louis Tuffet, Commandant du fort St-Pierre, en l'île du Cap-Breton.

Un engagement à l'âge de 8 ans n'a pas à nous surprendre. Il n'était pas rare, à une époque où le Canada et l'Acadie manquaient de bras, de voir des garçons de 12, 8 et même 4 ans s'engager en qualité de domestiques ou d'apprentis.

Après un séjour de quelques années au fort St-Pierre, les Cormier passèrent à Port-Royal, en Acadie. Thomas, qui avait appris de son père le métier de charpentier, décida alors de se marier. En 1669, il épousait une fillette de 14 ans, Madeleine Girouard, fille de François Girouard et de Jeanne Aucoin.

Il faut croire que votre courageux ancêtre n'avait pas peur du travail, car deux ans après son mariage, nous le trouvons déjà à la tête d'une exploitation de "6 arpents en valeur". Il avait en outre 7 bêtes à cornes et 7 brebis.

Cependant Thomas Cormier, qui ne manquait pas d'esprit d'entreprise, décida d'aller s'établir à Beaubassin. Bien lui en prit, car en 1686 il y possédait la plus riche ferme de la région. Le recensement dressé au cours de cette dernière année est éloquent:

"Thomas Cormier, charpentier, 55 ans; Madeleine Girouer, 37, enfants: Madeleine 18, François 16, Alexis 14. Marie 12, Germain 10, Pierre 8, Angélique 4, Marie et Jeanne, jumelles 1; 4 fusils, 30 bêtes à cornes, 10 moutons, 15 cochons, 40 arpents en valeur".

Thomas Cormier mourut en 1693. Ses descendants demeurèrent à Beaubassin, jusqu'au jour où la terrible déportation de 1755 les déracina de ce sol, qui peut être considéré par tous les Cormier de l'Amérique du Nord comme le berceau de leur grande famille.


Coté, Jean

QUAND VOTRE ANCETRE JEAN COTÉ VENDAIT DU FOIN

Personne n'ignore, parce que cela a été dit et écrit maintes et maintes fois, que la plupart de nos ancêtres, surtout ceux du début de la colonie, furent des cultivateurs, des" habitants" comme l'on disait à l'époque.

Ce que l'on connait moins par contre, c'est la façon dont s'organisaient dans leur travail ces premiers laboureurs du sol de la Nouvelle-France, et la manière dont ils traitaient leurs affaires de tous les jours.

Pénétrons donc plus avant dans les détails de leur vie et parlons de votre ancêtre Jean Coté.

C'est au printemps de 1634 que Jean Coté traversa l'Océan, en compagnie d'un groupe de colons du Perche, recrutés par Robert Giffard, le seigneur de Beauport. Comme la plupart de ses semblables, il ne pouvait en effet songer venir en Nouvelle-France pour s'établir sur une ferme à lui. Il s'était donc mis au service d'un colon, plus ancien que lui dans le pays.

Quelques années plus tard, par devant notaire, Jean Coté s'engageait de nouveau à exploiter les terres du Seigneur Giffard. Cet engagement, il est vrai, n'avait rien de commun avec celui d'un "domestique de ferme". C'était plutôt une location, qui laissait au locataire des conditions assez avantageuses. Ce dernier, aux termes du contrat, avait en effet droit de "faire et prendre (ses) foings, et d'y faire herbager (ses) bestiaux... ainsi que bon (lui) semblera".

Jean Coté ne manqua évidemment pas de mettre cette clause à profit. Un autre contrat notarié nous apprend qu'il vendit à la Compagnie de la Nouvelle-France cinq cents bottes de foin pour la somme de 80 livres (environ $80.00).

Par contre l'obligation que contractait le locataire était assez légère. Elle consistait à donner "une journée de travail par chacun an, pour chaque beste excepté les veaux".

Après quelques années passées ainsi au service d'un seigneur, le cultivateur cherchait à s'établir à son compte. C'est ce que fit Jean Coté.

En février 1645, il se faisait concéder une terre, cette fois-ci bien à lui, sur laquelle il se mit à travailler d'arrache-pied.

Une vie simple et calme, voilà ce que connut votre ancêtre Jean Coté. Il avait épousé à Québec en 1635 Anne Martin. De ce mariage sont issus les milliers de Coté du Canada français.


Couillard, Guillaume

VOTRE ANCETRE LE CELEBRE GUILLAUME COUILLARD LE PREMIER CANADIEN ANOBLI

Guillaume Couillard est sans aucun doute une des plus belles figures de la noblesse canadienne, et c'est pour vous un insigne honneur que de pouvoir le compter parmi vos ancêtres.

Arrivé cinq ans seulement après la fondation de Québec, Couillard fut l'un des plus fidèles collaborateurs de Champlain et il peut, à ce titre, prendre place parmi les pionniers de la Nouvelle-France.

Lui qui avait pris comme devise "Dieu ayde au premier colon" se mit au travail avec courage et énergie, tant et si bien qu'en 1654 Louis XIV lui accorda des lettres de noblesse pour "ses belles actions dans le pays de Canada". Ces lettres de nobles se furent les premières accordées à un sujet de la Nouvelle-France et Guillaume Couillard fut donc le premier canadien anobli. Il prit alors les armoiries suivantes: "D'azur, à la colombe au vol étendu et versé d'or tenant en son bec un rameau d'olivier de sinople".

Les descendants de Guillaume Couillard devaient par la suite obtenir confirmation de leur noblesse. Descendant comme eux de ce valeureux pionnier, vous pouvez vous aussi vous réclamer de ce même privilège.


Couillaud, Philibert

L'ASCENDANCE NOBLE DE PHILIBERT COUILLAUD DE LA ROCQUE DE ROQUEBRUNE EST AUSSI LA VOTRE

Philibert Couillaud de La Rocque de Roquebrune  était soldat au régiment de Carignan, compagnie de Contrecoeur. Après le licenciement de son régiment, il s'établit avec son capitaine dans ce qui est aujourd'hui la paroisse de Contrecoeur.

Votre ancêtre était né à Auch, en 1641, du mariage de Jean-Bernard Larocque de Roquebrune et de Marie de Marcilly. En 1676, à Québec, il épousa Catherine de la Porte de Saint-Georges, dont il eut cinq enfants.

L'ascendance de Philibert Couillaud de La Rocque de Roquebrune est vraiment remarquable. Nous ne pensons pas qu'il y ait une famille canadienne qui puisse se réclamer d'aussi noble origine. En effet, Marie de Marcilly, la mère de votre ancêtre, était fille de Pierre, seigneur de Marcilly, et de Charlotte de Couillaud de Haute clair. Cette dernière était fille de François de Couillaud de Hauteclair et de Suzanne de Lucé. La mère de celle-ci, Charlotte de Champagne, appartenait à l'une des familles nobles les plus célèbres de France, celle des sires et comtes de Champagne.

Les Couillaud de La Rocque de Roquebrune portaient: "Écartelé: aux 1 et 4, de gueules au roc d'échiquier de sable; aux 2 et 3, de sinople à trois étoiles d'or".

Vous pouvez être fier de compter parmi vos ancêtres tant de personnages illustres et votre blason peut donc s'honorer des plus belles armoiries d'Europe.


Cousineau, Jean-Baptiste

JEAN-BAPTISTE COUSINEAU

Jean-Baptiste Cousineau vint du Limousin au Canada comme soldat vers 1686. Les sulpiciens l'engagèrent comme maçon. En 1690 il se maria à Montréal, où il exerça son métier de maçon. La ville de Montréal commençait à se développer un peu, et comme tout se bâtissait alors en pierre, maisons et clôtures, la clientèle devait être abondante. Aussi nous trouvons de nombreuses traces de transactions de Jean-Baptiste Cousineau devant les notaires de l'époque.

Vers 1708, il alla s'établir sur une ferme de la paroisse Saint-Laurent en la côte Notre-Dame-des-Vertus. A cette époque, les riches terres de Saint-Laurent s'ouvraient à la culture et Jean-Baptiste Cousineau acheta jusqu'à trois terres, pour y établir ses fils.

Nous voyons encore à Saint-Laurent aujourd'hui d'anciennes maisons construites probablement par Jean-Baptiste Cousineau, puisque c'était là son métier; d'abord la sienne, puis celle de ses gendres, Jean et Pierre Grou. Ce sont trois maisons exactement semblables, qui ont été édifiées sans doute par le même ouvrier; elles ont été restaurées depuis mais elles ont conservé leur forme première, ainsi que la maçonnerie en grosses pierres, comme on savait la faire dans l'ancien temps. D'ailleurs tout ceci concorde parfaitement avec la tradition conservée dans la famille Grou, à savoir que ces maisons ont été construites du temps des frères Jean et Pierre Grou.


Couture, Guillaume

HEROIQUE GENEROSITE DE VOTRE ANCETRE GUILLAUME COUTURE IL SE CONSTITUE PRISONNIER AVEC LE PERE JOGUES

Guillaume Couture vint de Rouen en Nouvelle-France, aux environs de 1640. Menuisier de son métier, il entra au service des missionnaires Jésuites auxquels il se dévoua corps et âme.

Guillaume Couture était un "coureur des bois" dans le beau sens du mot.

Au lieu d'exploiter les sauvages dans ses intérêts personnels et de les mécontenter contre les autorités de la colonie, comme l'ont fait bien d'autres, il était l'un de ces hommes qui furent les guides et les interprètes des missionnaires et des autorités. C'est le rôle qu'il joua pendant sa jeunesse, avant son mariage; c'est le rôle que les autorités et les missionnaires lui demandèrent à l'occasion de répéter, lorsqu'il eut atteint l'âge mûr. Dès 1641. il connaissait déjà nombre de dialectes indiens.

Votre ancêtre, Guillaume Couture, est un héros chrétien avec la pleine signification que comportent ces deux mots. Sept ans avant son mariage avec Anne Aymard, il était déjà fixé au pays et la Re1ation du père Bressani, nous fait avoir quels étaient nos pères et quels sentiments animaient leurs actes, de quelle grandeur d'âme ils étaient capables.

"Le 2 août 1642", dit le père Bressani, "les Hurons, avec douze canots reprenaient le chemin de leur pays, ramenant avec eux le Père Jogues, Guillaume Couture, interprète, et René Goupil, jeune chirurgien, qui allait exercer son art auprès des chrétiens. Les voyageurs avaient laissé les Trois-Rivières depuis deux jours et étaient très probablement arrivés aux îles du lac Saint-Pierre, lorsqu'ils furent enveloppés par. une bande de près de quatre-vingts Iroquois, qui, par une décharge d'arquebuse, forcèrent les canots à prendre terre..."

"Fiers de leur victoire, les Iroquois commencèrent aussitôt à tourmenter leurs victimes; et Couture, qui dans le combat avait tué un de leurs chefs, fut exposé à toute leur fureur; ils lui arrachèrent les ongles, lui broyèrent les doigts avec les dents, et lui passèrent une épée à travers la main. Quelque atroce que fut la douleur, il la supporta avec calme et sang-froid..."

"Guillaume Couture, quoiqu' il eut les mains toutes meurtries, n'avait encore perdu aucun de ses doigts. Un sauvage se chargea de réparer cet oubli, et lui enleva la moitié de l'index droit. La douleur fut d'autant plus grande que le sauvage se servit, non d'un couteau, mais d'un morceau de coquillage; et comme il ne pouvait couper le nerf trop dur et trop glissant, il le lui arracha en tirant avec une telle violence, que le bras enfla prodigieusement jusqu'au coude. La douleur en rejaillit jusqu'au fond du coeur dit le père Jogues."

"Pendant sept jours, les prisonniers furent traînés de village en village, ne changeant de lieu que pour trouver des bourreaux plus frais et mieux disposés à continuer l'oeuvre de sang. On leur annonça enfin qu'ils allaient périr par le feu; et le père Jogues profita des moments qui lui restaient pour exhorter ses compagnons à persévérer dans leurs bonnes dispositions, et à se préparer ainsi à entrer dans une meilleure vie."

"Cependant un grand conseil fut convoqué, et il y fut résolu d'accorder la vie aux Français et à la plus grande partie des Hurons, trois de ceux-ci seulement étant condamnés à mourir. Guillaume Cousture fut donné à une famille sauvage, qui l'adopta et le conduisit dans le village le plus éloigné."

Votre ancêtre fut délivré au bout de quelques années. Il fut par la suite fréquemment employé dans les négociations avec les Sauvages; il se distingua dans toutes les occasions par son intelligence et son courage. Il s'établit à la Pointe-Lévis et en 1649 il épousa Anne Aymard. Il fut sénéchal, juge et capitaine de la côte. Sa descendance est extraordinairement nombreuse.

Vous admirez sans doute nos saints Martyrs Canadiens. Peu s'en fallut que votre ancêtre, Guillaume Couture, ne couronnât de sa vie les tortures qu'il avait endurées avec toute la grandeur d'âme et la patience d'un martyr des premiers siècles de l'Église.


Crémazie, Octave

LE GRAND POETE OCTAVE CREMAZIE VOTRE PARENT

Retraçant vos ancêtres, nous avons pu constater que le grand poète canadien, Octave Crémazie, est votre parent.

Né à Québec, en 1827, Octave Crémazie fit ses études secondaires au petit séminaire de sa ville natale. Il s'associa ensuite à ses deux frères dans leur commerce de librairie. Dévorant les oeuvres poétiques dont il était le distributeur, il se fit bientôt lui-même poète. De 1854 à 1863, il donna plusieurs oeuvres mémorables dont: "La Promenade des Trois Morts", "Le Carillon", "Le Chant du Vieux Soldat Canadien". Crémazie mourut au Hâvre, en 1879.

Son oeuvre répondant aux sentiments religieux et patriotiques des Canadiens conquit auprès d'eux la plus entière sympathie.

En 1906 on lui a élevé un monument au Carré Saint-Louis, à Montréal.


Cuillerier, René

VOTRE ANCETRE RENE CUILLERIER PRISONNIER DES IROQUOIS CONDAMNE AU SUPPLICE DU FEU

Votre ancêtre, René Cuillerier, fut le héros d'un drame dont parlent la plupart des historiens canadiens.

Le 25 octobre 1661, treize colons partaient de Montréal sous la direction de l'Abbé Vignal, économe des Sulpiciens, pour aller chercher des pierres dans un îlot près de l'île Sainte-Hélène. Votre ancêtre, René Cuillerier, était du nombre.

A peine les colons furent-ils arrivés dans l'île que trente-cinq Iroquois fondirent subitement sur eux: deux furent tués sur place et cinq faits prisonniers parmi lesquels l'Abbé Vignal et votre ancêtre, René Cuillerier. Un des prisonniers fut brûlé sur l'îlot même et deux jours plus tard l'Abbé Vignal fut tué à Laprairie.

Les Peaux-Rouges se divisèrent alors en deux bandes: les Iroquois Agniers amenèrent Jacques Dufresne tandis que les Iroquois Onneiouts prenaient avec eux M. de Brigeac et Cuillerier.

Après huit jours de marche, pendant lesquels de Brigeac et votre ancêtre prièrent sans cesse-ce qui dépita fort les Iroquois - les Iroquois arrivèrent enfin à Onneiout avec leurs deux captifs. On commença alors à les tourmenter de la façon la plus barbare. Pour sa part, Cuillerier reçut la salve et eut les ongles arrachés. Le lendemain, le conseil des Iroquois ordonna que les deux Français périssent par le feu. Le sieur de Brigeac fut horriblement tourmenté auparavant puis il mourut comme un véritable martyr de Jésus-Christ.

René Cuillerier devait cependant échapper au supplice du feu, la soeur du capitaine des Iroquois l'ayant demandé pour qu'il lui tint place de frère, votre ancêtre ayant tué ce dernier dans le combat du 25 octobre.

Après dix-neuf mois de dure captivité, s'étant joint à deux autres Français, Cuillerier réussit à s'échapper. Ils marchèrent pendant neuf jours pour arriver enfin à Port d'Orange, en Nouvelle Hollande. On leur donna des habits et ils atteignirent successivement Manathe, puis Boston et finalement Québec. René Cuillerier remonta à Ville-Marie où son retour excita la plus vive allégresse. Il s'établit à Lachine et éleva une nombreuse famille.

(Faillon, volume II, pages 505-514).




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Dagenais, Pierre

PIERRE DAGENAIS TUE PAR LES IROQUOIS A LA SUITE DU MASSACRE DE LACHINE SES OSSEMENTS INHUMES 40 ANS APRES

Le massacre de Lachine avait eu lieu dans la nuit du 4 au 5 août 1689. A la suite de cette nuit terrible, les Iroquois ravagèrent toute l'Île de Montréal. De Lachine, ils passèrent sur la rive opposée et se rendirent jusqu'à Lachenaie qu'ils incendièrent entièrement et où ils massacrèrent vingt habitants. Pour se rendre à Lachenaie, ils avaient dû passer par la Rivière des Prairies. En cet endroit, ils avaient fait des leurs et, le 9 août, ils avaient tué votre ancêtre, Pierre Dagenais.

Jusqu'à il y a quelques années on ignorait la date du décès de Pierre Dagenais et son genre de mort. En effet, Monseigneur Tanguay ne le donne pas dans son "Dictionnaire généalogique"; et les registres de la Rivière des Prairies à 1'époque des dernières années de votre ancêtre ne contiennent aucune mention de sépulture.

Nous devons à l'esprit d'observation et à la sagacité de M.E.Z. Massicotte, archiviste de Montréal, d'avoir pu reconstituer l'histoire du dernier jour de votre ancêtre et de son inhumation dans le cimetière de la Rivière des Prairies, quarante ans après sa mort.

Le jour où votre ancêtre fut tué, toute la région était bouleversée par la présence des Sauvages; le curé de l'endroit, M. Barthélémy était lui-même avec quelques paroissiens assiégé par les Iroquois dans un moulin aux rapides de la Rivière des Prairies. C'est Monsieur Brissac, curé de Lachenaie, qui procéda à l'inhumation de votre ancêtre sur le lieu même du trépas par crainte des Iroquois. De retour chez lui, le curé de Lachenaie inscrivit l'acte de sépulture sur une feuille qu'il inséra dans son registre et c'est cette feuille que M. Massicotte trouva conservée aux archives judiciaires de Joliette.

Quarante ans plus tard, à la suite d'un acte de sépulture à la date du 8 août 1729, à la Rivière des Prairies, le curé ajouta deux lignes où il mentionna en même temps qu'il avait aussi "inhumé les ossements de Pierre Dagenais mort depuis quarante ans et qui avait été inhumé à la Pointe à Deroches". C'est grâce à cette pièce que nous avons connu ce détail intéressant sur votre ancêtre, Pierre Dagenais. M. Massicotte émet l'opinion que la femme de Pierre Dagenais, Anne Brandon, fut probablement brûlée ou amenée prisonnière à la même date.


Daigle, Jean

"PAUVRE COMME JOB" TEL FUT VOTRE ANCETRE JEAN DAIGLE

Chacun sait que la plupart de nos premiers ancêtres étaient pauvres. Leur mérite n'en est d'ailleurs que plus grand. Rares cependant sont les colons qui connurent des conditions de vie aussi misérables que celles dans lesquelles vécut votre ancêtre Jean Daigle.

Jean Daigle, qui était originaire de Vienne en Autriche, vint au Canada en qualité de soldat. Une fois libéré de ses obligations militaires, il songea à s'établir au Pays, et acquit à cet effet une terre à Bourg-Royal (Charlesbourg). Malheureusement l'exploitation de cette terre lui rapporta si peu, qu'il ne pût même pas s'acquitter de la dette qu'il avait contractée pour l'acheter. Devant cet échec, votre ancêtre voulut tenter fortune d'un autre côté. Il s'allia donc aux deux fameux aventuriers, Radisson et Chouart, qui se promettaient de faire de gros profits en détrônant les traiteurs anglais de la Baie d'Hudson. Mais là encore, les bénéfices espérés ne furent pas réalisés, et Jean Daigle revint de cette vaste randonnée les mains aussi vides qu'à son départ.

Malgré cela, Daigle décida de se marier. Le 4 novembre 1685, il épousa Marie-Anne Proteau, fille d'Etienne Proteau et de Marguerite Séguin. Mais la richesse ne devait pas encore s'installer cette fois-ci chez Jean Daigle. Votre ancêtre n'aimait guère en effet la vie sédentaire: il lui préférait la vie aventureuse de marin ou de guide. C'est d'ailleurs au cours d'une de ses randonnées, en 1698 ou 1699, qu'il mourut. Il laissait sa femme avec sept enfants.

Quelque temps après sa mort, un inventaire des biens du défunt fut dressé. Il nous révèle, avec une pénible objectivité, les conditions de misère dans lesquelles vécut le foyer Daigle. Le logis était une pièce de 12 pieds par 15: neuf personnes y vivaient entassées. En fait de meubles, il y avait un "coffre de bois de sapin" pour les habits et un seul lit pour toute la famille. Pas de table, ni de chaises. Les instruments de cuisine se réduisaient à un gril, un croc, une chaudière et un seau. La vaisselle était encore plus rudimentaire: "deux écuelles de terre, un plat, deux assiettes et cuillères à bouche". Le seul instrument de culture était une houe. Au total bien peu de choses.

Voilà ce qu'après toute une vie de dur labeur, le foyer Daigle avait amassé


D'Amours, Mathieu

VOTRE NOBLE FAMILLE D'AMOURS APPARENTEE AU GOUVERNEUR LAUZON

Votre ancêtre Mathieu d'Amours vint au Canada en 1651 en compagnie de son illustre parent le Gouverneur de Lauzon. Descendant d'une ancienne famille de la noblesse française, il fut promu aux charges de Major de Québec, de Conseiller du Roi et enfin de membre du Conseil Souverain de la Nouvelle-France.

De par sa noble ascendance votre ancêtre Mathieu d'Amours était l'une des personnalités les plus en vue de la colonie, ce qui lui valut des alliances avec les meilleures familles canadiennes, les Guyon, Couillard, Testard de Montigny, Juchereau, etc.

Le 8 octobre 1725, le fils de Mathieu d'Amours, Philippe, fit enregistrer au Conseil Souverain de la Nouvelle-France des documents prouvant la noblesse des d'Amours et les confirmant eux-mêmes ainsi que "leurs enfants, successeurs, postérité nez et à naistre en légitime mariage en la qualité de nobles", avec les armoiries suivantes: "D'argent, à un sanglier de sable surmonté d'un lambel à trois pendants de gueules et accompagné de trois fers de lance du second, rangés en pointe".

Descendant de la famille d'Amours, vous pouvez donc constater qu'il existe dans votre famille un bel héritage et qu'il est de votre devoir de ne pas le laisser se perdre.


Dandurant, Antoine

ANTOINE DANDURANT DIT MARCHETERRE UN ACTE DE SEPULTURE EDIFIANT

Parisien de naissance, il vint au pays en qualité de soldat. Après son licenciement, il s'établit d'abord à l'Île d'Orléans où il épousa Marie Vérieul. Trois ans plus tard, il quittait sa ferme de l'Île d'Orléans pour s'installer à Saint-Thomas-de-Montmagny où il passa le reste de ses jours.

Antoine Dandurant vécut jusqu' à l'âge de soixante-quinze ans. Son acte de sépulture qu'on peut lire dans les registres de la paroisse de Saint-Thomas-de-Montmagny à la date du 21 décembre 1738, est très édifiant:

"L'an mil sept cent trente huit le vingt et un décembre a été inhumé dans le Cymetière de cette paroisse le corps d'Antoine Dandurand décédé hier âgé d'environ quatre vingts ans après avoir reçu les Sacrements de pénitence d'Eucharistie et d'Extrême onction Sa vie a toujours été exemplaire. Se sont trouvés à son inhumation Joseph Lamard, Joseph Jonca et Joseph Grenet qui a signé avec nous à la minulte des présentes et les autres ont déclaré ne savoir signer."

"Grenet, ptre."


Daubigeon, Julien

VOTRE ANCETRE JULIEN DAUBIGEON VICTIME DES IROQUOIS

Que de victimes des Iroquois dans les débuts de la colonie. Votre ancêtre, Julien Daubigeon, fut par eux tué, à Montréal, le 31 mai 1655.

Dans un martyrologe dressé par Benjamin Sulte (Mélanges Historiques, volume VII, page 28), nous trouvons cette note sur votre ancêtre: "Quatre jours après (le 31 mai 1655) à Montréal, Julien Daubigeon est tué...".

"Le feu, la hache, la torture ont été les épreuves des premiers colons du Canada. A peine quelques familles étaient-elles fixées sur ce nouveau sol que le fléau des Iroquois se manifestait et, depuis 1640 à 1655, il ne cessa d'exercer ses ravages. Aucun secours armé ne vint de France ou plutôt ce qu'on nous envoya était moins qu'insuffisant et ne changea rien à la tactique des Sauvages ennemis, lesquels se persuadaient aisément que notre mère patrie ne pouvait faire davantage et ils nous traitaient en conséquence." (Benjamin Sulte)

Quel triste sort qu'une existence si tôt fauchée! Gloire et reconnaissance à ce jeune héros que vous comptez parmi vos ancêtres!


De Billy, Jean-François

LES DE BILLY FAMILLE NOBLE TRES ANCIENNE

Votre ancêtre Jean François de Billy appartenait à l'une de plus anciennes familles nobles du Soissonnais, puisqu'elle a le privilège de prouver sa généalogie degré par degré en remontant jusqu'aux toutes premières années du XIIIe siècle.

Les armoiries de la famille de Billy, elles-mêmes très anciennes, se blasonnaient: "Vairé d'or et d'azur, à deux faces de gueules".

"La descendance de Jean-François de Billy s'est, écrit Chaix d'Est-Ange, perpétuée dans sa nouvelle patrie avec beaucoup de distinction. Louis-Adolphe Billy, né à Gentilly en 1834, marié en 1864 à Marie-Adèle Gauvreau, élu en 1882 député à la Chambre des Communes, fut autorisé par jugement du 27 février 1893 à faire précéder son nom de la particule "de" portée par ses ascendants aux XVIIe et XVIIIe siècle".

Descendre de la famille de Billy est un privilège inestimable et vous pouvez en être fier.


Deblois, Grégoire

GREGOIRE DEBLOIS

La terre ancestrale de Grégoire Deblois, à Sainte-Famille, est encore habitée par ses descendants directs, soit Alphonse Deblois, Arthur Deblois, fils du précédent et Antonio Deblois, cousin du premier. Basile Deblois, père d'Alphonse, octogénaire, ancien garde-chasse vous réserve de belles histoires si vous allez le visiter. La terre primitive est donc partagée en trois terres plus petites, avec un "désert" au centre et pas mal de roches, puisque chez Alphonse, on trouve une carrière de la Voirie.

La première maison des Deblois fut bâtie sur la grève, au pied de la falaise. Quelques années plus tard, elle fut remplacée par une autre érigée sur le premier coteau. Enfin vers 1720, une troisième maison fut bâtie sur le deuxième coteau et on peut en apercevoir le toit de la route. C'est "la vieille maison Deblois" bien connue des touristes. Elle est abandonnée depuis quelques années maintenant de remise, en attendant sa mort définitive. En effet, tout un pan de mur menace de s'écrouler.

Si vous allez à Sainte-Famille, vous pourrez trouver facilement les Deblois: ils sont à trois milles en bas du village, face à Sainte-Anne-de-Beaupré, après que vous aurez monté une grande côte. Autre fait digne d'intérêt: c'est sur la terre de vos ancêtres que le gouvernement provincial a installé son laboratoire de campagne chargé de l'étude des insectes nuisibles aux fraises, dont il se cultive deux millions de livres, par année, sur la seule île d'Orléans.


De Launay, Pierre

PIERRE DE LAUNAY VICTIME DES IROQUOIS EST L'UN DE VOS ANCETRES

Pierre de Launay, originaire du Maine, en France, vint en Nouvelle¬France, en qualité de commis pour la Compagnie des Cent-Associés.

Il s'occupa activement de la traite des fourrures avec les Sauvages et fut quelque temps en charge du poste de Tadoussac.

Accusé d'abuser de la naïveté de ses clients, il dut revenir à Québec, sur la plainte de ces derniers auprès du Gouverneur.

Neuf ans à peine après son mariage, Pierre de Launay fut tué dans un combat contre les Iroquois à Québec, le 28 novembre 1654. Il fut inhumé dans la crypte de l'église Notre-Dame-de-Québec. Son nom y est inscrit à la date du 30 novembre 1654, avec la mention qui il fut tué par les Iroquois.


De Lessart, Etienne

ETIENNE DE LESSART, PREMIER BIENFAITEUR DE SAINTE-ANNE-DE-BEAUPRE

L'histoire d'Etienne de Lessart, l'un de vos ancêtres, s'identifie avec celle des débuts de la paroisse Sainte-Anne-de-Beaupré. En effet, c'est sur sa terre que fut construite la première église et c'est également sur sa terre que se trouve l'église actuelle.

Voici ce que nous dit l'abbé Faillon à ce sujet: "L'un d'eux, (habitant de Beaupré), Etienne de Lessart, homme honorable, offrit en 1658, à M. de Queylus, une terre de deux arpents de front & d'une lieue & demie de profondeur, située sur sa concession du Petit-Cap ...".

Cette première chapelle était bâtie à peu près à l'endroit où est l'église actuelle, mais plus sur le bord du fleuve. Comme elle était trop exposée à être envahie par les eaux, quelques années plus tard, exactement en 1661, on la remonta du côté de la côte, mais toujours sur la terre d'Etienne de Lessart.

Le domaine de votre ancêtre devait être important, car on mentionne sa donation comme une chose facile et simple, comme constituant une fraction peu importante de sa terre. Nous constatons d'ailleurs qu'en 1677, Le Roi lui concédait la seigneurie, de l'Ile-aux-Coudres. Ses fils furent également bien partagés de ce côté. Les premiers seigneurs des Eboulements furent Pierre et Charles de Lessart. Plus tard, ils vendirent leur seigneurie à Pierre Tremblay. Le premier seigneur de la Pointe-au-Père (une lieue et demie de front) fut aussi Pierre de Lessart.

Votre ancêtre fut en relation constante avec les notabilités du pays. Citons entre autres, Pierre le Voyer, vicomte d'Argenson, gouverneur de la colonie, qui fut le parrain de Pierre, troisième fils d'Etienne de Lessart.

Bienfaiteur de l'église de Sainte-Anne-de-Beaupré, votre ancêtre fut inhumé "dans l'église", sur la terre qu'il avait donnée, le 21 avril 1703, à l'âge avancé de quatre-vingt-trois ans.


De Lorimier, Chevalier

VOTRE COUSIN CHEVALIER DE LORIMIER EXECUTE A MONTREAL EN 1839 PAR ARRET DE LA COUR MARTIALE PARCE QUE PATRIOTE DE 1837

Tous nous connaissons les jours sombres traversés par notre pays à l'époque de l'insurrection de 1837-38, mais nous connaissons moins les victimes de cette période de troubles. Les uns furent tués sur les champs de bataille, les autres exilés soit aux Bermudes, soit aux terres australes, d'autres enfin, au nombre de douze, furent exécutés à Montréal par des arrêts de la Cour Martiale. Deux furent exécutés le 21 décembre 1838; cinq, le 18 janvier 1839, et cinq autres le 15 février 1839. Un des cinq qui durent monter sur l'échafaud, le 15 février 1839, était votre petit cousin, François-Marie-Thomas-Chevalier de Lorimier.

Chevalier de Lorimier, né à Montréal, en 1803, se maria en 1832 avec Marguerite-Henriette Cadieux. M. de Lorimier exerçait la profession de notaire depuis 1829, lorsqu'éclatèrent les troubles de 1837. Il se lança dans la rébellion avec un enthousiasme profond. Après avoir pris part aux soulèvements de Saint-Eustache et de Beauharnois, il fut arrêté, le 12 novembre 1838 et subit son procès en Cour Martiale de Montréal. Devant la condamnation, Chevalier de Lorimier se montra d'une résignation vraiment angélique: "Mon sacrifice est fait, disait-il, et j'ai l'espoir d'aller voir mon Dieu; une seule chose assombrit mes derniers moments, C'est la pensée du dénuement de ma femme et de mes enfants; mais je les confie à la divine Providence". Le 15 février 1839, il monta sur l'échafaud suivi de quatre autres patriotes. Il donnait son sang pour l'honneur de notre nationalité et le triomphe de la liberté.

A la veille de sa mort, Chevalier de Lorimier avait dressé un testament politique que vous-même et les vôtres devez connaître. Nous le citons en entier et textuellement:

"Le public et mes amis en particulier, attendent, peut-être, une déclaration sincère de mes sentiments; à l'heure fatale qui doit nous séparer de la terre, les opinions sont toujours regardées et reçues avec plus d'impartialité. L'homme chrétien se dépouille en ce moment du voile qui a obscurci beaucoup de ses actions, pour se laisser voir en plein jour: l'intérêt et les passions expirent avec sa dépouille mortelle. Pour ma part, à la veille de rendre mon esprit à son créateur, je désire faire connaître ce que je ressens et ce que je pense. Je ne prendrais pas ce parti, si je ne craignais qu'on ne représentât mes sentiments sous un faux jour; on sait que le mort ne parle plus, et la même raison d'état qui me fait expier sur l'échafaud ma conduite politique pourrait bien forger des contes à mon sujet. J'ai le temps et le désir de prévenir de telles fabrications et je le fais d'une manière vraie et solennelle à mon heure dernière; non pas sur l'échafaud, environné d'une foule stupide et insatiable de sang, mais dans le silence et les réflexions du cachot. Je meurs sans remords, je ne désirais que le bien de mon pays dans l'insurrection et l'indépendance, mes vues et mes actions étaient sincères et n'ont été entachées d'aucun des crimes qui déshonorent l'humanité, et qui ne sont que trop communs dans l'effervescence de passions déchaînées. Depuis 17 à 18 ans, j'ai pris une part active dans presque tous les mouvements populaires, et toujours avec conviction et sincérité. Mes efforts ont été pour l'indépendance de mes compatriotes; nous avons été malheureux jusqu'à ce jour. La mort a déjà décimé plusieurs de mes collaborateurs. Beaucoup gémissent dans les fers, un plus grand nombre sur la terre d'exil avec leurs propriétés détruites, leurs familles abandonnées sans ressources aux rigueurs d'un hiver canadien. Malgré tant d'infortune, mon coeur entretient encore du courage et des espérances pour l'avenir, mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres, un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l'assurent. Voilà ce qui me remplit de joie, quand tout est désolation et douleur autour de moi. Les plaies de mon pays se cicatriseront après les malheurs de l'anarchie et d'une révolution sanglante. Le paisible canadien verra renaître le bonheur et la liberté sur le Saint-Laurent; tout concourt à ce but, les exécutions mêmes, le sang et les larmes versées sur l'autel de la liberté arrosent aujourd'hui les racines de l'arbre qui fera flotter le drapeau marqué des deux étoiles des Canadas. Je laisse des enfants qui n'ont pour héritage que le souvenir de mes malheurs. Pauvres orphelins, c'est vous que je plains, c'est vous que la main ensanglantée et arbitraire de la loi martiale frappe par ma mort. Vous n'aurez pas connu les douceurs et les avantages d'embrasser votre père aux jours d'allégresse, aux jours de fêtes! Quand votre raison vous permettra de réfléchir, vous verrez votre père qui a expié sur le gibet des actions qui ont immortalisé d'autres hommes plus heureux. Le crime de votre père est dans l'irréussite, si le succès eût accompagné ses tentatives, on eut honoré ses actions d'une mention honorable, "Le crime et non pas l'échafaud fait la honte". Des hommes, d'un mérite supérieur au mien, m'ont battu la triste voie qui me reste à parcourir de la prison au gibet. Pauvres enfants! vous n'aurez plus qu'une mère tendre et désolée pour soutien; si ma mort et mes sacrifices vous réduisent à l'indigence, demandez quelquefois en mon nom, je ne fus jamais insensible aux malheurs de mes semblables. Quant à vous, mes compatriotes, mon exécution et celle de mes compatriotes d'échafaud vous seront utiles. Puissent-elles vous démontrer ce que vous devez attendre du gouvernement anglais!... Je n'ai plus que quelques heures à vivre, et j'ai voulu partager ce temps précieux entre mes devoirs religieux et ceux dus à mes compatriotes; pour eux je meurs sur le gibet de la mort infâme du meurtrier, pour eux je me sépare de mes jeunes enfants et de mon épouse sans autre appui, et pour eux je meurs en m'écriant: "VIVE LA LIBERTE, VIVE L'lNDEPENDANCE!"

"Chevalier de Lorimier"

Le 14 novembre 1858, au cimetière de la Côte des Neiges, à Montréal, près de l'entrée, du côté gauche, fut inauguré un monument pour perpétuer le souvenir des patriotes de 1837-1838. Ce monument, en plus d'inscriptions très intéressantes, nous donne les noms des patriotes tués sur les champs de bataille pendant l'insurrection, de ceux exilés et de ceux exécutés parmi lesquels votre petit cousin, François-Marie-Thomas-Chevalier de Lorimier.


Delpué dit Parisot, Jean

JEAN DELPUE DIT PARISOT TUE DANS UN COMBAT CONTRE LES IROQUOIS

Votre ancêtre, Jean Delpué dit Parisot, fut tué dans un combat contre les Iroquois, le 2 juillet 1690, et un monument lui a été élevé à l' endroit du combat à la Pointe-aux-Trembles.

Le touriste qui se promène sur la pointe orientale de l'île de Montréal, à l'endroit où le Boulevard Gouin oblique vers le sud pour aller joindre la rue Notre-Dame, remarque entre la route qu'il suit et les eaux de la rivière des Prairies, sur les bords d'une coulée profonde qui s'appelait il y a deux siècles et demi et s'appelle encore "la coulée Grou", un monument élevé par la "Commission des Sites et Monuments Historiques du Canada".

S'il vous arrive de passer à cet endroit, nous vous suggérons de faire comme nous avons fait, descendre de voiture et lire sur la façade de ce monument une des pages les plus émouvantes de l'Histoire du Canada. Cette lecture sera encore plus intéressante pour vous que pour le voyageur ordinaire, puisque vous y verrez l'histoire de l'un de vos ancêtres et que vous pourrez vous dire que vous foulez la terre qu'il a conservée aux générations futures par le sacrifice de sa vie.

L'inscription que vous verrez sur la façade de ce monument se lit comme suit: "Le 2 juillet 1690, M. de Colombet à la tête de 25 hommes attaqua 100 Iroquois près d'ici; il fut tué avec 9 de ses soldats, ainsi que 30 ennemis. Jean Grou, propriétaire de cette ferme et trois de ses compagnons furent capturés par les sauvages et brûlés vifs. Joseph Lajeunesse, descendant de Grou, a fait don du terrain et des pierres de ce monument".

Cette inscription, en son style concis, est bien éloquente et dispense de tout commentaire.

Les registres de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, à la date de 2 novembre 1694, complètent l'histoire de cette bataille. Reproduisons-les textuellement:

"Le 2 juillet 1690, les Iroquois tuèrent au bout de l'Île, près de la Coulée de Jean Grou, le Sr Colombe, lieutenant réformé, Joseph de Montenon Sr de la Rue que les ennemis brûlèrent le jour même derrière le fort de LaChenaye, Guillaume Richar dit Lafleur, notre lieutenant de milice, Jean Jalot, notre chirurgien .... Jean Delpué dit parisot, Joseph carrier dit Larose, Jean Raynau dit Planchar brûlé aux Oneiouts avec Jean Grou, paschange et le bohême en présence du père Millet, Jean Baudoin, fils, Pierre Masta, et un employé du grand Bauchant nommé .... Pierre Payet dit St-Amour a été pris dans l'attaque et amené prisonnier le 2 juillet 1690, il a été donné aux Oneiouts qui lui ont donné la vie ainsi que nous a mandé le père Millet du mois de février 1691 d'oneiout ou il est aussi et ou on lui a donné la vie."

"Le dit St-Amour est revenu au fort en 1693."

"Comme on craignait beaucoup les Iroquois, on enterra, à la hâte, les corps de ceux qui avaient été ainsi tués, à l'endroit même où le massacre avait eu lieu; ce ne fut que le 2 novembre 1694 que l'on transporta leurs ossements au cimetière, où ils furent inhumés en présence de presque tous les paroissiens."

Lorsque vous lirez sur le monument que "M. de Colombet, à la tête de 25 hommes, attaqua 100 Iroquois près d'ici; il fut tué avec 9 de ses soldats...", il faudra comprendre que votre ancêtre, Jean Delpué dit Parisot, était du nombre des soldats tués et que vous foulez le sol qu'il a arrosé de son sang.


Dénéchaud, Jacques

JACQUES DENECHAUD CHIRURGIEN ET APOTHICAIRE UNE FAMILLE REMARQUABLE

C'est à Saint-Savin-en-Bourgès, que naquit Jacques Dénéchaud, le 12 juillet 1728, du mariage de Pierre Dénéchaud et d'Antoinette Lubet. Cette petite commune est située à environ quarante kilomètres de Bordeaux. Dès 1752, Jacques Dénéchaud s'établit à Québec, pour y pratiquer son métier de chirurgien et d'apothicaire. A trente-huit ans, il épousa Angélique Castonguay, de qui il eut sept enfants, dont cinq parvinrent à l'âge d'adulte.

Votre ancêtre possédait deux maisons à Québec, dont l'une était située au coin des rues Saint-Jean et Collins et portait le numéro 3 de la rue Saint-Jean.

Parmi les enfants de Jacques Dénéchaud, il faut mentionner: Charles qui fut curé de Deschambault; Claude qui se fit commerçant et devint très riche, se lança dans la politique et, pendant plus de trente ans, représenta la ville de Québec au Parlement. En 1807 il fut nommé membre du Conseil du Gouverneur, dont il embrassa le parti. Il occupa une situation de premier plan dans le pays et fut nommé, le 10 avril 1826, par le Gouverneur-général, lord Dalhousie, major du bataillon organisé de la milice de Québec, et promu par le même au grade de lieutenant-colonel du 6e bataillon de milice du faubourg Saint-Roch, le 9 septembre 1828.

A la demande du duc de Kent, père de la reine Victoria, dont il était un ami intime, tout catholique qu'il était, il accepta la charge de grand-maître de toutes les loges maçonniques du Canada. Il faut dire que la franc-maçonnerie, si néfaste que fut son rôle, même à cette époque, n'avait pas encore été condamnée par l'Église. Quoi qu'il en soit, Claude Dénéchaud revint plus tard à la foi catholique.

Devenu très riche, Claude Dénéchaud acheta la seigneurie de Berthier-en-Bas, où il alla demeurer avec sa famille. Sa charité était proverbiale et on n'en finirait plus d'énumérer toutes ses bonnes oeuvres.


Deniau, Jean

LE MARI ET LA FEMME VICTIMES DES IROQUOIS APRES UNE LONGUE ET BELLE CARRIERE

Vos ancêtres, Jean Deniau, et son épouse, Hélène Daudin, pionniers du sol canadien, moururent tous deux ensemble sous les coups des Iroquois. Ils avaient passé les premières années de leur vie à Ville-Marie. Pour se faire une idée de la vie des colons à cette époque, il faut bien se rappeler que Ville-Marie était un poste avancé au milieu du pays des sauvages, destiné à protéger Trois-Rivières et Québec et toujours exposé à recevoir les premiers coups. Les colons vivaient dans des transes continuelles, le jour et la nuit; le défrichement ni était pas beaucoup avancé; à proximité du champ que le colon cultivait, il y avait toujours un bois d'où le sauvage Iroquois pouvait sortir et foncer sur le mari qui travaillait dans son champ ou sur la femme et les enfants restés à la maison.

C'est dans cet état d'âme que Jean Deniau et Hélène Daudin, vos ancêtres, passèrent les vingt premières années de leur ménage et élevèrent une famille chrétiennement et courageusement. Ils allèrent ensuite s'établir à Boucherville qui, au point de vue danger, était peut-être encore pire, puisque là on ni avait pas l'organisation militaire de Ville-Marie et que les colons étaient plus éloignés les uns des autres.

On ne peut rester indéfiniment exposé aux balles et aux flèches ennemies sans finalement en être atteint. Pendant trente ans, un grand nombre des compagnons de Jean Deniau avaient été tués ou faits prisonniers par les Iroquois. Votre ancêtre restait toujours sur la brèche continuant à cultiver le coin de terre qui faisait vivre sa famille. Finalement, en 1695, le 12 du mois d'août, en la paroisse de Boucherville, dans une rencontre contre les Iroquois, Jean Deniau et son épouse furent tués. Depuis près de trente-deux ans, ils travaillaient côte à côte, attendant chaque jour, sans peur et sans reproche, la fin sanglante qui les menaçait et les attendait. La Providence leur avait laissé le temps de remplir leur mission et d'élever leur famille; ils mouraient ensemble, sur la brèche. Leur sort est digne d'envie. Tous leurs compatriotes doivent en être fiers encore plus ceux qui peuvent les réclamer comme étant leurs ancêtres.


Denis, Simon

VOTRE ANCETRE SIMON DENIS L'ADJOINT DE M. D'AILLEBOUST ANOBLI PAR LOUIS XIV

Simon Denis naquit en 1599 à Saint-Vincent de Tours. Il appartenait à une famille de renom et occupa en France le poste de "conseiller du roi et lieutenant civil".

En 1632, votre ancêtre vint en Acadie avec son frère Nicolas sous le commandement de Razilly et du Sieur d'Aulnay. Les deux frères Denis se dévouèrent avec une telle énergie au service de la jeune colonie que Nicolas fut bientôt nommé Lieutenant-gouverneur de l'Acadie Orientale.

Simon Denis cependant devait passer en Nouvelle-France, et en 1650 nous le trouvons à Québec en qualité d'adjoint de M. d'Ailleboust.

Au mois de Mars 1668 Louis XIV qui voulait le récompenser de son dévouement l'anoblit "ensemble sa femme et enfants, postérité et lignée tant male que femelle, nés ou à naître en loyal mariage". Simon Denis prit alors les armoiries suivantes: "De gueules, à la grappe de raisin pamprée d'or".

Descendant direct de Simon Denis vous pouvez donc vous réclamer de sang noble qu'il vous a transmis.


Derome dit Descarreaux, Denis

DENIS DEROME DIT DESCARREAUX

On a tort de croire que tous nos ancêtres furent des cultivateurs à l'origine. Un bon nombre des premiers habitants de la colonie étaient des artisans qu'on faisait venir de France à grands frais. Talon avait à coeur d'établir ici la petite industrie.

Un de vos ancêtres, Denis Derome, pour sa part, était maître taillandier de son métier C'est-à-dire fabricant d'outils pour les charpentiers, les charrons, les tonneliers, etc.

En 1657, il épousa Jacqueline Roulois, à Québec, et s'établit à la Basse-Ville, au cul-de-sac où il devait passer toute sa vie. C'est là que votre ancêtre exerça son métier de taillandier. Cependant il s'intéressa aussi à la culture du sol, car on voit, lors d'un procès que subit son épouse, en 1687, que Denis Derome avait une habitation à Beaumont et qu'il y habitait à cette époque.


Destroismaisons, Philippe

UN NOM QUI PARLE "DESTROISMAISONS"

La plupart des noms de famille canadiens ont subi, surtout au début, de nombreuses et très variées modifications. L'orthographe des noms était très "élastique", et l'usage fréquent des surnoms n'était pas pour simplifier le problème.

Ce fait cependant n'était pas exclusivement canadien, car le même phénomène se rencontrait fréquemment en France.

Ainsi, le nom de famille de votre ancêtre, Philippe Destroismaisons, a été à l'origine un surnom. Quand on sait en effet que la famille Destroismaisons était originaire du hameau "Les Trois Maisons", dans la paroisse de Bazinghen en Picardie, on a là l'origine du nom de cette famille: c'était la famille qui habitait le hameau des Trois Maisons. On l'appela bientôt la famille Destroismaisons.

Mais en arrivant au Canada, Philippe Destroismaisons devait encore voir son nom de famille changer. On le surnomma en effet Picard, du nom de sa province d'origine, la Picardie.

Philippe Destroismaisons , qui s'était établi sur la côte de Beaupré dans la paroisse actuelle de l'Ange-Gardien, se mit d'abord au service du sieur Bertrand Chesnay de la Garenne, seigneur du fief de Lothainville.

Quelques années plus tard, votre ancêtre épousait, au Château-Richer, Martine Crosnier.

Les jeunes époux décidèrent alors de quitter la côte de Beaupré. Ils traversèrent donc sur la rive sud, et s'établirent sur une terre située sur les confins de la seigneurie de la Rivière du Sud, dans cette région qui devait former plus tard Saint-Pierre du Sud.

Comme la plupart de nos ancêtres à cette époque, Philippe Destroismaisons était donc cultivateur. Il exerçait cependant en outre le métier de cordonnier.

De nos jours les descendants directs de Philippe Destroismaisons sont des Destroismaisons ou des Picard. De toute façon, ils portent un nom qui parle.


De Verchères, Madeleine

L'HEROINE DE VERCHERES MADELEINE DE VERCHERES VOTRE COUSINE

Il ne s'agit pas d'admirer ici un héros à l'allure militaire, mais une enfant, une jeune fille à peine âgée de quatorze ans, l'héroïque Madeleine de Verchères la Jeanne d'Arc canadienne, votre cousine. Née à Verchères, le 3 mars 1678, elle était la fille de François Jarret, sieur de Verchères, seigneur et fondateur de Verchères, et de Marie Perrot. A l'âge de douze ans, elle fut témoin de la bravoure de sa mère. En 1690, celle-ci fut assaillie dans le fort de Verchères en l'absence de son époux. Deux fois, pendant deux jours, avec une bravoure sans pareille, elle repoussa les Iroquois. Deux ans plus tard, le 22 octobre 1692, votre cousine, Madeleine de Verchères, accomplit l'acte héroïque qui devait l'immortaliser. Pendant 48 heures, notre héroïne aidée de ses jeunes frères, Pierre, âgé de 12 ans, et Alexandre, de 10 ans et demi, repoussa les Iroquois qui avaient attaqué le fort de Verchères en l'absence des parents de votre cousine.

Une statue de Madeleine de Verchères, payée par le gouvernement du Canada, fut érigée sur le théâtre même de son exploit, à Verchères; elle fut dévoilée le 21 septembre 1913.


Doré, Jean

JEAN DORE PIONNIER DE LA PAROISSE DE CHATEAUGUAY

A son arrivée ici, vers 1730, votre ancêtre, Jean Doré (et Dorais), s'établit à Laprairie, dans cette partie qui devait plus tard être détachée pour former la paroisse de Châteauguay. Il passa toute sa vie à cet endroit et il en est considéré comme l'un des pionniers. C'est là que se développa la famille Doré.

Le 16 août 1731, à l'âge de trente ans, Jean-Baptiste Doré épousait Marie-Madeleine Renaud dont le père, Jean Renaud, était anglais de naissance, bien que son nom semble français. Ce Renaud était fils de Jean Renaud et de Suzanne Water, anglais catholiques de Londres. Il est probable qu'il avait été fait prisonnier par les Canadiens, lors des incursions de ceux-ci en Nouvelle-Angleterre.


Drolet, Christophe

CHRISTOPHE DROLET PASSEMENTIER ET BOUTONNIER

Les premiers colons qui arrivèrent en Nouvelle-France trouvèrent un pays tout nouveau, dans lequel il y avait tout à faire. Devant par nécessité se suffire à eux-mêmes, ils s'improvisèrent donc laboureurs, maçons, meuniers, boulangers, cordonniers, ...etc.

Cependant, le nombre de colons croissant de jour en jour, les corps de métiers commencèrent peu a peu a être représentés chez nous. Il arriva de France des boulangers, des plâtriers, des barbiers, et même des "passementiers et boutonniers". Christophe Drolet fut précisément un des premiers passementiers et boutonniers à venir au Canada.

Né à Paris, Christophe Drolet y avait épousé une parisienne, Jeanne Le Vasseur. Attiré sans doute par l'émigration de la famille Le Vasseur au Canada, il y vint lui aussi avec l'intention d'y faire rapidement fortune, puis de rentrer en France. il laissa donc à Paris sa femme, Jeanne Le Vasseur.

Toutefois, la solitude commença bientôt à lui peser. il emprunta donc de la Fabrique de Québec la somme de trois cents livres pour payer le voyage de sa femme, ... et le 13 août 1654 il faisait baptiser à Québec un fils, Pierre.

Mais demandons-nous en quoi consistait exactement le métier de Christophe Drolet. Comme leur nom l'indique, les passementiers boutonniers étaient spécialisés dans la fabrication des passements (broderies) et des boutons. Comme tels, ils confectionnaient donc les dentelles d'or et d'argent, de soie et de fil, au fuseau ou à la main, les bourses, les ceintures, les cordons, les bracelets, les guipures, les guirlandes et les noeuds. Quant aux boutons, ils étaient "d' archal (cuivre jaune), de laiton et de coivre neuf et viez". Les passementiers et boutonniers fabriquaient enfin "les dés à dames pour coudre".

Après quelques années passées au Canada, Christophe Drolet et sa femme rentrèrent en France. Pourquoi laissèrent-ils leur fils Pierre au Canada? Toutes les hypothèses sont permises. Ce qui est certain en tout cas c'est qu'en restant ici, Pierre Drolet assurait la continuité du nom.


Drouin, Robert

RELATIONS ANCIENNES ENTRE VOTRE FAMILLE ET NOTRE FAMILLE DROUIN ROBERT DROUIN ANCETRE COMMUN

Les relations entre votre famille et la notre, celle des Drouin, existent depuis longtemps puisque votre ancêtre, Robert Drouin, est aussi notre premier ancêtre paternel. Ce patriarche, né en 1607, au bourg du Pin, au Perche, France, arriva au Canada, en 1635, et s'établit à Beauport au fief de "La Clouterie". Un an après son arrivée, Robert Drouin passait son contrat de mariage: ce fut le premier contrat de mariage rédigé au Canada. Ayant épousé la fille du propriétaire du fief de "La Clouterie", Robert Drouin devint acquéreur d'une terre, la deuxième à l'ouest de la rivière aux Chiens, dans la paroisse du Château-Richer. Notre famille Drouin connaît très bien l'emplacement de cette terre pour y avoir été faire plusieurs pèlerinages.

En France, la famille Drouin a toujours été représentée honorablement. Une branche noble s'est développée en Bretagne. Ses armes étaient:" D'argent à six mouchetures d'hermine de sable, rangées 3, 2 et 1; au chef de gueules, chargé de 3 coquilles du champ".


Dubord, Guillien

GUILLIEN DUBORD DIT LAFONTAINE

Dans son contrat de mariage passé devant Guillaume Larue, notaire, votre ancêtre, Guillien Dubord est dit: "fils de honorab1e homme Mre louis debor & de francoisse de1abruguière ses pere & mere de La paroisse tivié en perigort d'une par et de Caterine gerat et de pierre guerat Marguerite Monandel ses pere et mere de autre par de la paroisse de St Etienne dumont a Paris diocese de paris...".

Les mots "honorable homme" indiqueraient-ils que votre ancêtre, Guillien Dubord était d'extraction noble? Le nom même de sa mère "de la Bruguière" serait-il un autre indice ?

La famille de Bars (prononciation bien semblable à Debor) est originaire de la ville de Sarlat, en Périgord, non loin de Thiviers. Elle est connue depuis 1324 et a toujours joui d'une existence honorable. Elle a formé les branches de la Gazaille, de la Faurie et de St-Vincent qui sont aujourd'hui éteintes.

La famille Rodier de la Bruguière est originaire d'Aurillac en Auvergne. Pierre Rodier de la Bruguière, évêque de Carcassonne, qui en était membre, appela ses neveux en Languedoc, et les fit établir à Carcassonne, à Alais et à Anduze. La branche de Carcassonne et celle d'Alais sont éteintes et il ne reste plus que celle d'Anduze.


Ducharme, Louis

MONUMENT ELEVE A LAPRAIRIE A VOTRE ANCETRE LOUIS DUCHARME TUE PAR LES ANGLAIS

Votre ancêtre, Louis Ducharme, fut tué par les Anglais dans un combat à Laprairie, en 1691. La "Commission des Sites et Monuments Historiques du Canada", en septembre 1923, a fait élever à Laprairie un monument connu sous le nom de "Le Monument du Vieux Fort", pour commémorer ce fait. La prochaine fois que vous passerez en automobile dans le village de Laprairie, il ne faut pas manquer de remarquer entre la route Edouard VII que vous suivez et le bord du fleuve ce monument érigé à la mémoire de votre ancêtre, Louis Ducharme.

Les Anglais, alliés aux Iroquois, tentaient une seconde fois de s'emparer de la colonie. L'attaque, dirigée contre le fort de Laprairie alors sous le commandement de M. de Callières, eut lieu dans la nuit du 10 au 11 août.

Victorieux, les Français perdirent cependant vingt miliciens dont votre ancêtre, Louis Ducharme. (Cours d'Histoire du Canada, Ferland, volume 11, pages 234-235. - Registres de Notre-Dame de Montréal).


Dumont, Julien

JULIEN DUMONT DIT LAFLEUR

Julien Dumont dit Lafleur était originaire de Bernières-le-Patry, diocèse de Bayeux, Normandie. Il était fils de Jacques Dumont, quincaillier, et de Marie Maubert. C'est en qualité de soldat du régiment de Carignan qu'il vint au Canada. Il appartenait à la compagnie du sieur de Maximy, laquelle avait établi ses quartiers généraux à l'île d'Orléans. Il semble que les soldats de Maximy ne demeurèrent pas en Amérique et retournèrent en France. Votre ancêtre fit exception.

Dès 1667. il reçut une concession de Mgr de Laval, seigneur de l'île d'Orléans et il s'établit à Saint-Jean de l'île d'Orléans, dans le haut du village, à peu près où est situé le quai actuel de Saint-Jean.

En bon Normand qu'il est, Julien Dumont semble avoir aimé la chicane et les procès. Peut-être aussi son voisin. Pierre Rondeau. les aimait-il plus que lui? En tous les cas, ces deux habitants de Saint-Jean, île d'Orléans, se chicanèrent pendant des années au sujet des limites de leurs terres, lesquelles furent arpentées maintes et maintes fois, par Jean Guyon du Buisson et par 1'arpenteur Lerouge, sans que ni l'un ni l'autre ne soit jamais satisfait.


Duquet, Joseph

VOTRE COUSIN JOSEPH DUQUET EXECUTE A MONTREAL EN 1838 PAR ARRET DE LA COUR MARTIALE PARCE QUE PATRIOTE DE 1837

Tous nous connaissons les jours sombres traversés par notre pays à l'époque de l'insurrection de 1837-38, mais nous connaissons moins les victimes de cette période de troubles. Les uns furent tués sur les champs de bataille, les autres exilés soit aux Bermudes, soit aux terres australes, d'autres enfin, au nombre de douze, furent exécutés à Montréal par des arrêts de la Cour Martiale. Deux furent exécutés le 21 décembre 1838; cinq, le 18 janvier 1839, cinq autres le l5 février 1839. Un des deux qui durent monter sur l'échafaud le 21 décembre 1838 était votre petit-cousin, Joseph Duquet.

Joseph Duquet n'avait que vingt ans à l'époque des troubles. Il était né à Châteauguay, en 1817. Ayant commencé ses études classiques au Collège de Montréal, il les termina au Collège de Chambly. A sa sortie du collège, son père mourut, laissant sa famille dans l'indigence. Le jeune homme dut prendre les charges de la famille, mais sa mère connaissant la valeur de son fils, fit tous les sacrifices afin de lui permettre d'étudier la profession de notaire qu'il avait choisie. Ses premiers patrons furent les notaires Joseph Narcisse Cardinal et François Marie Thomas Chevalier de Lorimier. Ces deux derniers, à l'époque de la révolution de 1837 se firent ardents patriotes: ceci explique la destinée de votre cousin, Joseph Duquet. Il devait terminer sa cléricature chez son oncle Demaray, notaire de St-Jean et député. Au moment où il entrait dans ce greffe, son oncle fut arrêté par les autorités en même temps que le Dr Davignon. Le sentiment national de votre cousin se souleva alors et il entra avec ardeur dans le mouvement des patriotes. Il suivit son oncle et le Dr Davignon aux Etats-Unis. Revenu au Canada, le 6 décembre, il prit part au combat de Moore's Corner et retourna aux Etats-Unis après la défaite. Revenu au milieu des siens une seconde fois, il promit bien d'être plus sage. Toutefois la nature ardente du jeune étudiant devait de nouveau le pousser dans le mouvement. Il se mit alors à travailler énergiquement au succès de l'insurrection qu'on préparait pour la fin de l'année 1838. Le grand coup devait être porté le 3 novembre. Duquet travaillait aux côtés du notaire Cardinal et de François Maurice Lepailleur. Ces trois chefs accompagnés d'une quarantaine de patriotes avaient pour mission, après avoir fait prisonniers les bureaucrates de Châteauguay et les avoir désarmés, d'aller s'emparer des armes des sauvages à Caughnawaga. La première partie du programme fut facilement exécutée, mais les patriotes tombèrent dans un piège que leur tendirent les Sauvages. Ils furent par eux arrêtés et conduits à Lachine et de là à la prison de Montréal. Cinq jours plus tard, Cardinal, Duquet et François Maurice Lepailleur furent condamnés à mourir.

Lepailleur échappa cependant à l'échafaud; il fut exilé en Australie et revint cinq ans plus tard. Les deux autres, votre cousin, Joseph Duquet, et son compagnon, Joseph Narcisse Cardinal, furent condamnés par un arrêt de la Cour Martiale à monter sur l'échafaud, le 21 décembre 1838. Le récit de leurs derniers jours constitue les pages les plus tristes de l'Histoire du Canada pendant cette période tragique. Leur situation à tous deux était des plus émouvantes. Le jeune Joseph Duquet laissait une vieille mère et trois soeurs, toutes à sa charge. Cardinal de son côté, à sa mort, ferait une veuve et cinq orphelins, dont l'un n'était pas encore né.

La mère du jeune Duquet fit d'inutiles tentatives pour sauver son fils de l'échafaud. Elle se rendit même à Québec pour aller se jeter aux pieds de Sir John Colborne, gouverneur général, pour lui demander la grâce de son fils dans une lettre touchante. Le gouverneur général du Canada resta insensible à toutes les prières: Duquet devait monter sur 1'échafaud, à l'âge peu avancé de vingt et un ans, le 21 décembre 1838. Après avoir fait aux siens des adieux qui arrachent des larmes et s'être chrétiennement préparé, il fit le sacrifice de sa vie pour l'honneur de notre nationalité et le triomphe de la liberté.

"Si le souvenir de Duquet excite tant de sympathie dans le coeur de tous les Canadiens Français, nous dit L.O. David, dans une étude sur les patriotes de 1837, on peut se faire une idée des sentiments vivaces et profonds que ce souvenir nourrit dans l'âme de ceux qui ont l'honneur d'être liés par le sang à ce jeune martyr de la liberté."

Le 14 novembre 1858, au cimetière de la Côte des Neiges, à Montréal, près de l'entrée, à gauche, fut inauguré un monument pour perpétuer le souvenir des patriotes de 1837-38. Sur les faces de ce monument, on peut lire les noms des patriotes tués sur les champs de bataille, de ceux exilés et enfin de ceux exécutés par arrêts de la Cour Martiale à trois dates différentes, le 21 décembre 1838, le 18 janvier 1839 et le 15 février 1839. Votre cousin, le jeune étudiant Joseph Duquet, a son nom gravé à côté de celui de Joseph Narcisse Cardinal qui fut exécuté en même temps que lui, le 21 décembre 1838.


Durocher, Olivier

OLIVIER DUROCHER SON ACTE DE MARIAGE A NOTRE-DAME DE MONTREAL

Voici la retranscription intégrale de l'acte de mariage d'Olivier Durocher et de Thérèse Juillet.

Le vint Cinquieme Septembre mil Sept quarante et un apres la publication de trois bans Sans empechement ni opposition Je Soussigné faisant les fonctions Curiales ayant pris le mutuel consentement par paroles de present olivier Durocher agé de vint et quatre ans fils de Joseph Durocher Marchand et de Marguerite Lavoy Ses pere et mere de la parroisse de St Maurille de la ville et Diocèse d'angers d'une part et Therese Juillet fille de Blaise Juillet et de Marie Madeleine Foretier Ses pere et mere de cette paroisse d'autre parties ay Mariés Selon les règles et Coutumes observées en la Ste eglise en presence de Joseph durocher frere de lépoux de Blaise Juillet pere de l'épouse de Jacques foretier Son oncle de Nicolas Duclos et de plusieurs autres parens et amis des deux parties qui tous ont Signe avec nous vicaire Soussigné.

O. Durocher  --  teres juillet  --  blaise juillet  --  marie madelaine forretier fame de juillet  --  Joseph Durocher  --  pier baray foretier  --  duclos  --  J mignot  --  marguerite marianne juillet

Deat Vic.




e


Estu, Georges

GEORGES ESTU SOLDAT DE M. DANEAU DE MUY SE COUVRE DE GLOIRE

Voici la retranscription intégrale de l'acte de mariage d'Olivier Durocher et de Thérèse Juillet.

Georges Estu, soldat de la compagnie de M. Daneau de Muy, prit part à de nombreuses campagnes militaires. Ainsi il participa à la lutte contre Phipps, à Québec, en 1690. L'été suivant, il se battit sur les bords du Richelieu contre les Iroquois et les Anglais commandés par le major Schuyler qui avait attaqué Laprairie sans succès. Celui-ci subit une sanglante défaite.

Le 25 août 1695, votre ancêtre s'embarqua à Québec, sur le Wasp qui se rendit à Plaisance, Terreneuve, où eut lieu la brillante campagne de M. d'Iberville. Le 15 juillet 1696, M. Daneau de Muy revenu à Québec, avec sa compagnie, combattit encore contre les Iroquois dans leur pays.

M. de Muy devint commandant du fort de Chambly et Georges Estu l'y suivit. Dès 1699, votre ancêtre avait épousé Marie Loiseau. Fait curieux et excessivement rare, les époux passèrent leur contrat de mariage après la cérémonie religieuse, soit le 26 janvier devant le notaire Adhémar.




f


Ferland, Jean-Baptiste

FERLAND HISTORIEN VOTRE PETIT COUSIN

Le "Cours d' Histoire du Canada" et son auteur, l'abbé Jean-Baptiste-Antoine Ferland, sont Connus de tous les Canadiens-Français. Mais tous ne peuvent se réclamer d'être apparentés avec ce dernier: c'est votre privilège.

Jean-Baptiste-Antoine Ferland, né en 1805. à Montréal, fut en partie élevé à Kingston. Après la mort prématurée de son père, il fit ses études tant classiques que théologiques au Séminaire de Nicolet. Ordonné en 1828, en 1834, il devenait curé de St-Isidore, en 1837, curé de Sainte-Foy et quelque temps plus tard curé de Sainte-Anne-de-Beaupré. Transféré à Nicolet, en 1841, il exerça la charge de préfet des études jusqu'en 1848 et celle de supérieur jusqu'en 1850.

C'est en 1853 que se révéla la si remarquable vocation d'historien de l'abbé Ferland. Il ne cessa ensuite de publier des ouvrages historiques jusqu'à sa mort, survenue en 1865. Parmi ces ouvrages, mentionnons d'abord son "Cours d'Histoire du Canada", en deux volumes, puis "notes sur les registres de Notre-Dame de Québec", "Notice biographique sur Mgr Plessis". C'est grâce à ces différents ouvrages et à d'autres que Ferland passera à la postérité. Il y a constitué la synthèse la plus puissante, la mieux équilibrée et étoffée de notre passé.


Février, Christophe

CHRISTOPHE FEVRIER, SIEUR DE LA CROIX VISTIME DES IROQUOIS

Christophe Février, sieur de la Croix, fut tué par les Iroquois à l'automne de 1695. Voici comment un historien de Boucherville raconte ce fait:

"Une des surprises des Iroquois fut celle de Boucherville. Pendant une nuit sombre d'été, les Iroquois pénétrèrent jusqu'aux habitations, et poussés par leurs instincts cruels, ils se précipitèrent sur les familles endormies, se livrant à un massacre dont les horreurs ne furent surpassées que dans celui de Lachine. Des mères, avant d'être torturées elles-mêmes, virent leurs enfants égorgés dans leur berceau; des vieillards furent saisis dans leur fuite et traînés en captivité; le feu dévasta plusieurs habitations, Quand le matin vint éclairer ce douloureux spectacle, on put voir des restes de flammes, des cendres, quelques familles effrayées sortant des bois, où elles avaient pu se sauver, des orphelins demi-nus à la recherche de leurs parents, des maris restés sans femme, des femmes sans époux, sans famille, sans gite."

"Une des principales victimes de ce massacre fut M. Christophe Février, sieur de Lacroix, honorable bourgeois, venu du pays de Mantes-sur-Seine, et établi à Boucherville depuis 1671."

Dans son acte de mariage, votre ancêtre est dit fils d'honorable Eustache Février et de Renée Le Grand.


Forcier, Pierre

PIERRE FORCIER MASSACRE A SAINT-FRANCOIS-DU-LAC EN 1690

Massacré par les Iroquois, tel fut le sort de votre ancêtre, Pierre Forcier. Ces barbares le tuèrent à Saint-François-du-Lac, le 18 mai 1690, en même temps qui un nommé Jacques Vacher qui ni a pas laissé de descendants.

A cette époque, les Iroquois lançaient attaque sur attaque. c'est en 1689 qu'avait eu lieu le fameux massacre de Lachine, le 5 août.

L'historien Ferland, dans son Histoire du Canada, volume 11, pages 209 et 210, nous rapporte ces incursions des Iroquois contre les habitants de Saint-François-du-Lac, de Sorel et des paroisses environnantes. Il ne mentionne pas les noms de ceux qui furent tués, mais ses relations couvrent les derniers mois de la vie de votre ancêtre, Pierre Forcier. Citons Ferland:

"Cependant, les partis de guerre des Iroquois recommencèrent à infester le gouvernement de Montréal; ils se rendirent même jusque dans celui des Trois-Rivières. Plusieurs canots iroquois étaient descendus par la rivière des Prairies jusqu'au bas de l'île de Montréal; un chirurgien, nommé Jallat, les aperçut et donna 1'alarme. Vingt habitants de la Pointe-aux-Trembles conduits par le sieur de Colombez, ancien lieutenant, les attirèrent dans une embuscade et les chargèrent vigoureusement. Vingt-cinq Iroquois demeurèrent sur la place mais les Français eurent à déplorer la perte de douze hommes, parmi lesquels se trouva leur chef."

"Un autre parti ennemi parut à la rivière Bécancour et enleva quinze ou seize personnes, tant vieillards que femmes et enfants."

"Pour arrêter ces courses sur la côte du sud, Frontenac chargea deux détachements de faire la garde dans ces quartiers. L'un, commandé par M. de Lamotte, capitaine réformé, allait des Trois-Rivières à Saint-François du Lac; l'autre était sous les ordres du chevalier de Clermont, capitaine réformé, et voyageait de Montréal à Sorel. M. de Clermont surprit, près de Sorel, une de ces bandes sauvages qui emmenait cinq enfants prisonniers; il l'attaqua, lui tua quelques hommes et reprit les enfants."

C'est dans l'une de ces attaques que votre ancêtre, Pierre Forcier, fut tué à Saint¬François-du-Lac en même temps que Jacques Vacher. Leur acte de sépulture mentionne qu'ils furent "enterrés au cimetière de la paroisse de Saint-François Xavier, le lendemain de leur mort".


Fortier, Antoine

ANTOINE FORTIER MAITRE DE BARQUE

Antoine Fortier naquit à Dieppe, du mariage de Noël Fortier et de Marie Golle. Son père était perceur de navire, c'est-à-dire spécialiste dans la perforation des trous dans lesquels se fixent les différentes pièces de la charpente d'un navire.

C'est vers 1663 qu'Antoine Fortier vint au Canada, accompagné de son père. Après un séjour de quelques années à Beauport, les Fortier passèrent sur l'Île d'Orléans, où Noël Fortier espérait bien pouvoir mettre à profit ses talents de perceur de navire. Les habitants de l'Île d'Orléans commençaient en effet à se rendre compte que les eaux poissonneuses du St-Laurent contenaient une richesse jusqu'ici dédaignée. Une nouvelle industrie canadienne allait naître, celle de la pêche.

Tandis que son père construisait les barques destinées aux pêcheurs, Antoine Fortier se livrait à la pêche. Grâce à son expérience et à son habilité, il put bientôt devenir maître de barque, c'est-à-dire propriétaire d'une barque et de son équipage.

Un acte exhumé des minutes du notaire Rageot nous apprend qu'en 1667 Antoine Fortier passa un accord avec quatre autres pêcheurs. Louis Couillard, François James, Jacques Lozier et votre ancêtre convenaient de se séparer également le profit provenant de la pêche aux loups marins, qu'ils avaient l'intention d'entreprendre "devers Lisle rouge dans le fleuve St-Laurent".

Le loup marin était en effet particulièrement recherché, parce qu'il fournissait une huile, bonne et claire, qui avait l'avantage de ne pas dégager une mauvaise odeur, comme celle du marsouin. Une barrique de cette huile se vendait facilement de 50 à 55 livres (environ 50 dollars). Quand on saura qu'il était normal de prendre en une seule pêche dix à quinze loups marins fournissant près de deux barriques d'huile, on comprendra l'intérêt qu'un tel profit pouvait susciter.

D'ailleurs si l'on en juge d'après son mariage, Antoine Fortier dut assez rapidement faire fortune. En novembre 1677, il épousait en effet Marie-Madeleine Cadieu, et s'alliait par ce mariage aux plus grandes et plus riches familles de la Nouvelle-France. Plusieurs représentants des familles nobles de l'époque lui firent même l'honneur d'être témoins à son mariage. Bref, votre ancêtre s'était acquis par son travail et son esprit d'entreprise une situation des plus enviables.


Fortin, Julien

JULIEN FORTIN, SIEUR DE BELLEFONTAINE, CO-SEIGNEUR DE LA COTE DE BEAUPRE ET DE L'ILE D'ORLEANS

C'est en 1657 que Charles de Lauzon, seigneur de Chambly, gouverneur et lieutenant général du Roi en la Nouvelle-France, vendit à Julien Fortin dit Bellefontaine, la portion qu'il possédait en la seigneurie de Beaupré et aussi en celle de l'île d'Orléans, avec appartenances et dépendances et les obligations contractées lors de la formation de la compagnie. (Rouer de Villeray, notaire, 23 août 1657). Votre ancêtre, Julien Fortin, sieur de Bellefontaine, fut donc seigneur en partie de la côte de Beaupré et de l'île d'Orléans.

Le Seigneur contractait par son acte de concession ou d'achat, 1'obligation de développer sa seigneurie. Il devait recruter des censitaires et imposer son lot. Règle générale, le Seigneur était le premier et le modèle de ses censitaires, défrichant et cultivant lui-même une grande terre.

Pour sa part, Julien Fortin se réserva deux belles fermes de la côte de Beaupré, près du cap Tourmente, et c'est là qu'on le trouve lors des recensements de 1666, 1667 et 1681. Détail intéressant: outre le métier de cultivateur, le seigneur Fortin exerçait aussi celui de boucher.

Ju1ien Fortin, sieur de Bellefontaine et co-seigneur de Beaupré et de l'île d'Orléans mourut en 1687 et fut inhumé à Saint-Joachim. Sa descendance est très nombreuse. On la trouve établie surtout dans la région de L'Islet.


Foucher, Jean

JEAN FOUCHER HERITIER DE MONSIEUR DE LAUZON INVENTAIRE INTERESSANT

Monsieur de Lauzon de la Citière avait commencé à l'île d'Orléans une exploitation agricole qui aurait pris de l'importance, avec le temps, lorsqu'un triste accident mit fin à sa carrière. Le 5 mai 1659, en revenant de l'île d'Orléans, à Québec, un coup de vent fit chavirer son canot et il se noya avec deux compagnons.

Un bail à ferme consenti par M. de Lauzon de la Citière au sieur Jean de Foucher le 20 mars 1658, nous donne une bonne idée de la terre ou du fief de Champigny:

"C'est à savoir le lieu et terre de Champigny avec les maisons qui y sont de présent construites sises et situées en l'île d'Orléans à la pointe d'icelle et vis à vis de Québec contenant cent arpens de terre tant en nature de labour que en hauts bois y compris la terre que le dit sieur bailleur a acquis de Pierre Le Petit en l'état et ainsi qu'elle se pour suit et comporte et sans aucune réserve ni profondissement de mesure, tenant par le devant à la grande rivière Saint¬Laurent, et par derrière aux terres de la damoiselle de Beaulieu et à celle de Gabriel Gosselin."

A sa mort, M. de Lauzon de la Citière laissa à Jean Foucher, tout le roulant de sa terre de Champigny. Un inventaire très soigné en fut dressé à l'île d'Orléans le lendemain et signé des parties. Cette énumération nous fait voir ce qu'était une ferme canadienne aux débuts de la Nouvelle-France, et ce que possédait votre ancêtre Jean Foucher.

M. de Lauzon de la Citière gardait sur sa terre ou fief de Champigny deux boeufs, deux vaches, une autre jeune vache, une grande truie, une autre truie, un cochon, sept petits cochons, une demi-douzaine de poules et un coq, deux petits taureaux d'un an, quatre couvertures de lit, une charrue garnie, une charrette garnie, quatre cents anguilles, quarante livres de lard, quatre livres de beurre, trente et un minots de blé froment, un poinçon de pois, une grande chaudière de fonte, une marmite de fonte, un gril, deux chaudières de cuivre, une poche de son, un van à vanner le blé, un plat et une assiette d'étain, dix-huit terrines, une broche de feu, une crémaillère, deux sacs de toile, une grande hache à charpentier, une tille, deux faucilles, un pied de roi, un compas, une plane, une paire de tenailles, un fer à parer le bois, deux tarières, un ciseau de charpentier, un seau, un marteau, une varlope, un vallet, une scie de travers, une pelle-bêche, une hache, un moule à moudre, cinq coins de fer, une fourche à trois dents, une houe, une faulx, une lampe de feu, deux mousquets, une arquebuse, deux minots de pois, deux aulnes de toile neuve, etc., etc.
(J.-B. Peuvret, notaire à Québec, 2l mars 1658).


Fournier, Guillaume

GUILLAUME FOURNIER SA VIE TRES ACTIVE PIONNIER DE MONTMAGNY

Le fondateur de votre famille au pays, Guillaume Fournier, était un Normand, natif de la paroisse de Coulmer, dans l'ancienne province de Normandie. Il était fils de Gilles Fournier et de Noëlle Gagnon.

Aujourd'hui Coulmer est une commune d'environ 200 habitants, située sur les bords de la Touques, dans le département de l'Orne, canton de Gacé et arrondissement d'Argentan. On y fabrique des toiles cretonnes.

En arrivant au Canada, Guillaume Fournier s'établit à Québec où il épousa, le 20 novembre 1651, Françoise Hébert, fille de Guillaume Hébert et petite-fille de Louis Hébert, le célèbre premier colon canadien. Par ce mariage, Guillaume Fournier entrait également dans la famille noble de Guillaume Couillard, oncle et tuteur de Françoise Hébert, restée orpheline en bas âge avec son frère aîné Joseph.

En 1672, le 3 novembre, l'intendant Talon concédait à votre ancêtre, en fief et seigneurie, trente arpents sur le fleuve, sur deux lieues de profondeur dans le voisinage de l'Islet, sur la rive sud du Saint-Laurent; ce fief fut appelé "Fief St-Joseph" ou "Fief Fournier". Plus tard, par sa femme, votre premier ancêtre devint co-seigneur de la paroisse Saint-Charles de Bellechasse qui avait été concédée primitivement à Louis Hébert.

Guillaume Fournier fut l'un des pionniers et des fondateurs de la paroisse Saint-Thomas de Montmagny. Le premier baptême entré dans les registres est celui d'une fille de Guillaume Fournier.

La seconde chapelle qui fut érigée à la Pointe-à-la-Caille (nom primitif de Montmagny), fut bâtie sur un terrain de trois arpents de front qui faisait partie de son patrimoine. En considération de ce don généreux fait à la fabrique votre ancêtre et ses descendants ont droit à un banc dans l'église.

Antérieurement aux trois arpents donnés pour bâtir la seconde chapelle, antérieurement même à la première chapelle, c'est dans la maison de votre premier ancêtre qu'avaient lieu les offices religieux aux passages des missionnaires, à cet endroit. D'anciens documents nous donnent la description de cette maison: bâtie de poutres équarries, elle avait 22 pieds de longueur sur 18 de large; elle avait un seul étage et un grenier, deux fenêtres du côté nord et une du côté sud, l'entrée était du côté nord.

Guillaume Fournier eut une vie très active dont nous trouvons de nombreuses traces dans les greffes des notaires du temps. Signalons, entre autres, une vente à l'intendant Talon, de quatorze arpents en son fief, pour la somme de six mille huit cent cinquante livres, (minutes du notaire Romain Becquet, les 11 août et 12 octobre 1670).

En 1681, lors du dernier recensement fait au pays sous le régime français, votre ancêtre est mentionné sur la liste des habitants de la seigneurie de Bellechasse. Voici l'originale description que nous font les recenseurs sur son foyer:

"Guillaume Fournier 60 (ans); Françoise Hébert, sa femme, 46; enfants: Joseph 20, Jean 16, Simon 14, Pierre 12, Françoise 11, Louis 9, Madeleine 6, Charles 4; 3 fusils; 12 bêtes à cornes; 10 arpents en valeur."

Par la suite six autres enfants naquirent, formant une belle famille de quatorze enfants.

Guillaume Fournier décéda à Montmagny en 1699 et fut inhumé dans l'église le 25 octobre de cette année là.

Des enfants de Guillaume Fournier, onze fondèrent foyer, six fils et cinq filles. Les garçons s'établirent tous autour du foyer, St-Thomas. Leurs descendants, nombreux, se sont répandus au loin, couvrant d'abord presque toute la rive sud du fleuve, depuis Montmagny jusque dans le bas du fleuve pour se répandre ensuite nombreux dans tout le Canada et aux Etats-Unis.


Fournier, Nicolas-Michel

NICOLAS-MICHEL FOURNIER ETAIT FIDELE A SES ENGAGEMENTS

En arrivant au Canada, Nicolas-Michel Fournier, qui était originaire de Marans en Aunis, se mit au service d'un habitant plus ancien que lui dans le pays. Il suivait en cela la coutume qui permettait aux nouveaux arrivés de se familiariser avec leur nouvelle vie tout en se faisant quelque argent.

Nous trouvons donc en 1666 votre ancêtre établi chez Louis Fontaine, pilote de navire à Québec, en qualité de domestique. Il faut de suite souligner que nos ancêtres ne donnaient pas au mot domestique le même sens qu'aujourd'hui. En effet, les domestiques n'étaient pas à proprement parler des serviteurs; ils formaient plutôt ce que l'on pourrait appeler le personnel d'une maison depuis le poste envié d'intendant ou de secrétaire jusqu'à celui, plus humble, de simple manoeuvre. Si les maîtres de maison demandaient souvent beaucoup de travail pour d'assez petits salaires, en retour ils traitaient les membres de leur personnel comme ceux de leur propre famille. Il s'en suivait que les relations entre maîtres et domestiques étaient en général excellentes.

Toutefois pour la sauvegarde de chacun et de tous, maîtres et domestiques déterminaient à l'avance par contrat notarié les limites exactes de leurs droits et devoirs respectifs. Quand cette entente était rompue par la faute de l'une des deux parties, celui qui était lésé avait recours à la Justice, qui punissait alors sévèrement ce genre d'infraction. Un fait nous l'illustrera.

En 1673, un certain Jacques Renault rompit illégalement le contrat qui le liait au service de son maître. Il fut condamné aussitôt à être mené au carcan pendant deux heures, avec cet écriteau accroché sur lui: "Serviteur qui a laissé le service de son maître pour la première fois". En outre, on le prévint qu'en cas de récidive, il serait cette fois-ci puni corporellement.

Nicolas-Miche1 Fournier fut au contraire fidèle à ses engagements. Dès 1671, il était même en mesure de s'acheter une ferme bien à lui, à Charlesbourg. Il s'y établit donc avec sa femme, Marie Hubert, qu'il avait épousée à Québec l'année précédente.

Dix ans plus tard, lors du recensement de 1681, les Fournier étaient toujours à Charlesbourg, et les recenseurs dressèrent le rapport suivant:

"Nicolas Fournier, 30 (ans); Marie Hubert, sa femme, 26; enfants: Marie 7, Michelle 5, Nicolas 3; 3 bête s à cornes, 8 arpents en valeur".


Fréchette, Louis

NICOLAS-MICHEL FOURNIER ETAIT FIDELE A SES ENGAGEMENTS

Poète national, c'est-à-dire poète des Canadien français, voilà le principal titre de gloire de votre parent, Louis Fréchette.

Avocat, homme politique, homme de lettres, premier lauréat canadien de 1'Académie française, l'auteur de la "Légende d'un peuple", oeuvre acclamée par les deux Frances, naquit, en 1839, à Lévis. A dix-neuf ans, il se révéla au public comme poète en rimant des strophes de consolation: "Ne pleure pas". Après de solides études classiques à Québec, Sainte-Anne et Nicolet, il se fit admettre au barreau, en 1864. Entre temps, il avait publié quelques oeuvres, notamment "Mes loisirs". Après avoir vainement tenté succès dans la carrière du journalisme avec le "Journal de Lévis", il alla chercher fortune à Chicago où il publia "La Voix d'un exilé". Revenu à Lévis, en 1871, il y ouvrit un bureau légal. L'année suivante, il se lançait dans l'arène politique où nous le retrouvons pendant dix ans. En 1874, il avait été élu au Parlement fédéral pour quatre ans, En 1882, M. Fréchette se réfugiait exclusivement dans la poésie se révélant d'une très grande puissance avec des oeuvres comme "La Légende d'un peuple", "Les Feuilles volantes", "Originaux et Détraqués, " La Noël au Canada".

Votre cousin, Louis Fréchette, mourut en 1908. Ses autres titres qui s'imposent à notre attention sont ceux de docteur ès-arts et ès-lettres, Compagnon de St-Michel et St-Georges, Membre de la Société Royale du Canada.


French, Marthe-Marguerite

MARTHE-MARGUERITE FRENCH AIEULE ANGLO-AMERICAINE DE DEERFIELD PRISONNIERE CONVERTIE

Entre 1690 et 1710, les colons de la Nouvelle-France, toujours en guerre contre les colons de la Nouvelle-Angleterre, avaient pris la tactique de partir en hiver, en raquettes, accompagnés d'un certain nombre de Sauvages et d'aller surprendre un ou plusieurs villages américains. Ils revenaient avec un riche butin et souvent ils ramenaient les enfants dont les parents avaient été tués dans la bataille.

Votre aïeule, Marthe-Marguerite French, née à Deerfield, en 1695, est l'une de ces sympathiques prisonnières. Dans une de ces incursions que nous venons de décrire, à la date du 29 février 1704, elle et sa soeur, Marie-Françoise, furent faites prisonnières par les Abénakis. Cette incursion du 29 février 1704 diffère un peu des autres du même genre, en ce sens qu'elle a sa place marquée dans la Grande Histoire. Le village de Deerfield existe encore dans l'état du Massachusetts. Une des grandes routes qui sillonnent cet état traverse le village et nous avons pu visiter un musée appelé "Memorial Hall" dans lequel on trouve plusieurs objets conservés de la nuit terrible du 29 février 1704, pendant laquelle votre aïeule, Marthe-Marguerite French, vit ses parents tués et fut faite prisonnière avec sa soeur. On remarque, entre autres choses, une porte en bois massif, dans laquelle les assaillants ont fait à coups de hache un trou à travers lequel on pouvait passer le canon d'une carabine et ainsi atteindre les défenseurs de la maison dont elle faisait partie.

Sur les murs de ce "Memorial Hall" également est racontée l'histoire de cette nuit terrible. La bourgade était défendue par une palissade de vingt arpents de tour. Il y avait quatre pieds de neige sur la terre et les vents en avaient amoncelé des bancs jusqu'à la hauteur des palissades; les assaillants au moyen de leurs raquettes entrèrent dans la place comme si elle n'avait été protégée par aucun obstac1e.

Revenus à Montréal, ces Sauvages remirent leurs prisonnières, votre aïeule et sa soeur, aux Soeurs de la Congrégation qui les instruisirent dans la religion catholique et les baptisèrent.




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Gadois, Pierre

PIERRE GADOIS A QUE BEC EN 1636 "PREMIER HABITANT DE MONTREAL"

Pierre Gadois a une histoire réellement intéressante. Plusieurs documents le désignent comme "le premier habitant de Montréal". Il y débarqua en effet avec Maisonneuve, le premier jour de la fondation de la ville, et se fit remarquer par la vigueur et l'ardeur avec laquelle il défendit Ville-Marie en toutes circonstances contre les agressions des Sauvages.

Pierre Gadois était d'abord venu s'établir à Québec dès 1636, soit six ans avant la fondation de Montréal, Né à Saint-Martin d'Igé en 1594, il avait alors quarante-deux ans et sa femme, Louise Mauger, trente-huit ans. Ils avaient deux enfants: Pierre, âgé de quatre ans et Roberte, âgée de dix ans.

En 1643, Pierre Gadois retourna à Québec au service de la Société de Montréal qui voulait ainsi bénéficier de l'expérience et des connaissances qu'avait données à Pierre Gadois un séjour de six ans dans cette région. Il y resta jusqu'en 1645, puis il revint ensuite reprendre son poste à Montréal.

Le 10 janvier 1648, Monsieur de Maisonneuve lui accorda la première concession de terre à Montréal. Pierre Gadois se mit à défricher sans retard. Quelle existence que celle de ces cultivateurs aux premiers jours de Ville-Marie! Journellement aux prises avec les Iroquois, ils se battaient aussi souvent qu'ils poussaient la charrue.

L'abbé Faillon, dans son "Histoire de la Colonie Française au Canada", nous rapporte une bataille à laquelle prit part votre ancêtre, Pierre Gadois. Nous vous citons textuellement cette page de l'historien Faillon. Il est à remarquer qu'à cette date, en mars 1661, Pierre Gadois était âgé de soixante-sept ans.

"Le 24 mars suivant, des travailleurs se voyant tout à coup investis par deux cent soixante Iroquois, & se trouvant tous munis de leurs armes, se défendirent avec beaucoup de courage et d'intrépidité. Il est vrai qu'au commencement de ce chaleureux combat, les ennemis étant plus de vingt contre un des colons, ces derniers pensèrent être tous pris, vu leur petit nombre, ainsi que tous les autres qui se trouvaient occupés au travail dans le voisinage du lieu attaqué; mais la généreuse défense de ce petit nombre ayant donné le loisir à d'autres colons d'aller les secourir, on eut bientôt repoussé les barbares qui avaient déjà fait plusieurs prisonniers. Parmi ces braves auxiliaires se trouvait un vieillard, le plus ancien des habitants de Ville-Marie, qui se fit remarquer, dans cette action, par son adresse et par son courage à toute épreuve, sans que personne pût modérer son ardeur. Tout cassé qu'il était de vieillesse, il maniait le mousquet et s'en servait contre l'ennemi avec la même activité et la même vigueur que s'il n'eût eu que vingt-cinq ans. C'était Pierre Gadois dont on a déjà parlé dans cette histoire, remarquable pour sa piété, son désintéressement, son zèle dans l'établissement du pays, et que le vote unanime des colons avait désigné, le 21 novembre précédent, pour occuper la charge de marguillier, conjointement avec deux des plus honorables citoyens, Jacques Le Ber & Charles Lemoyne. (Registres de la paroisse de Montréal, 21 novembre 1660). Son courage dans cette occasion, fut un exemple très efficace pour la jeunesse du pays."

Votre ancêtre, Pierre Gadois, continua à défricher sa terre et à lutter contre les sauvages jusqu'au dernier jour. Il mourut quelques mois seulement après le passage des recenseurs de 1667, et fut inhumé le 20 octobre 1667.


Gagnon, Jean

TRAGEDIE DU SIEGE DE 1759 VOTRE PARENT JEAN GAGNON TUE PAR LES ANGLAIS A SAINT-JOACHIM

L'année 1759 a marqué une date tragique dans l'histoire. C'est l'année du siège de Québec par Wolfe, siège terminé si tristement pour les Canadiens. Mais avant ce coup fatal, les Anglais semèrent la mort sur plusieurs points. Un fait entre autres est parvenu jusqu'à nous; il nous intéresse, puisque c'est un de vos parents qui est en cause, Jean Gagnon, habitant de Saint-Joachim.

A l'approche des ennemis, les habitants de la côte de Beaupré abandonnèrent leur demeure et se retirèrent dans les bois, aux pieds des montagnes. Pendant deux mois environ, les envahisseurs respectèrent ces villages abandonnés. Mais vers la fin du mois d'août, les généraux anglais envoyèrent plusieurs compagnies de soldats ravager la côte, depuis le Cap Tourmente en remontant vers l'Ange-Gardien. Cette oeuvre de ruine commença à la Grande-Ferme. Les propriétés que le Séminaire de Québec possédait en cet endroit furent dévastées.

Continuant leur cruelle besogne, les soldats s'attaquèrent ensuite à l'église et au presbytère. Mais les paroissiens de Saint-Joachim, surveillant de loin les mouvements de l'ennemi, ne purent rester impassibles devant un tel spectacle. Une quarantaine d'entre eux ayant à leur tête leur curé, M. l'abbé Robineau de Portneuf, s'embusquèrent dans le couvent des Soeurs de la Congrégation où ils attendirent les assaillants. L'attaque eut lieu le 23 août 1759. Un détachement anglais de troupes légères se mit en embuscade sur la lisière de la forêt près du couvent fortifié. En fort peu de temps, à l'aide d'un canon, les Anglais forcèrent le prêtre et ses hommes à se rendre. L'abbé Robineau de Portneuf et trente de ses compagnons furent alors pris par les Anglais, tués et scalpés par eux, comme le faisaient un siècle auparavant les barbares Iroquois.

On montre encore à Saint-Joachim l'endroit précis où le massacre eut lieu, à un mille de l'ancienne église, en droite ligne. Cet endroit se trouve sur le bord d'un coteau, environ à quatre arpents au nord du chemin royal sur la propriété de M. Roger Lessard, à proximité de la ligne sud-ouest de la ferme du séminaire, occupée, en 1897, par David Fortin.

Parmi les victimes de cette journée mémorable se trouvait votre parent, Jean Gagnon, alors âgé de soixante-neuf ans.


Gagnon, Robert

ROBERT GAGNON LE MONUMENT GAGNON DANS L'ILE D'ORLEANS

Robert Gagnon était originaire de la Ventrouse, dans la province française du Perche. Il était fils de Jean Gagnon et de Marie Gestray.

Le 2 avril 1656, alors qu'il était sans doute au Canada déjà depuis un an, il recevait une concession "du nombre de quatre arpents de terre à prendre dans l'Ile d'Orléans, en la Seigneurie de Lauzon, tenant d'un côté à Jacques Perrot et d'autre à Guillaume Landry".

Un an plus tard, le 3 octobre 1657, Robert Gagnon épousait, à Ouébec, Marie Parenteau. Les jeunes époux s'établirent évidemment sur la terre qui avait été concédée à votre ancêtre. Ils devaient y demeurer toute leur vie.

Les recensements dressés en 1666, 1667 et 1681 trouvent donc toujours les Gagnon établis sur leur ferme de l'lie d'Orléans. Ils nous illustrent aussi par des chiffres les agrandissements progressifs de la ferme familiale. Lisons par exemple le rapport de 1667. li nous décrit avec détails la situation exacte de la famille Gagnon pour cette année:

"Robert Gagnon, 35 (ans); Marie Parentelle, sa femme 25; Jean 8, Isabelle 6, Jacques 1; 7 bêtes à cornes et 15 arpents défrichés".

En 1681, les terres de Robert Gagnon étaient de vingt arpents.

Robert Gagnon fut inhumé le 2 septembre 1703. Il laissait après lui six enfants, dont trois garçons qui se marièrent.

En 1909, une croix commémorative a été dressée sur la terre même qu'occupa Robert Gagnon, en hommage à ce valeureux et courageux pionnier.


Gamache, Nicolas

NICOLAS GAMACHE SEIGNEUR DE L'ISLET

Nicolas Gamache fut le premier seigneur de l'Islet. Ce personnage, 1'un des plus intéressants de la colonie au temps de Talon et de Frontenac, était originaire de Saint-Illiers-la-ville, diocèse de Chartres, Ile-de-France. Né en 1636 du mariage de Nicolas Gamache et de Jacqueline Cadot, il était en Nouvelle-France dès 1652, avec son frère, Jacques, et sa soeur, Geneviève.

Pendant une quinzaine d'années, il parait s'être livré au commerce des fourru res dans les Pays d'en Haut, puisque lors des recensements de 1666 et 1667, son nom ne figure nulle part. Quoi qu'il en soit, en 1670, il reçut sa première concession de terre de Julien Fortin, son beau-frère, sieur de Bellefontaine, co-seigneur de la côte de Beaupré et de l'île d'Orléans. Deux ans plus tard, l'intendant Jean Talon lui concédait une seigneurie à l' Islet entre celle de la veuve Amyot et celle de Guillaume Fournier. Peu à peu il agrandit cette seigneurie par de nouvelles concessions ou par des transactions fructueuses avec ses voisins.

Nicolas Gamache s'occupa activement de peupler sa seigneurie, si bien que François de Montmorency-Laval, évêque de Québec, dut l'ériger en paroisse sous le nom de Cap-Saint-Ignace. Plus tard, son succesceur Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier, fonda à son tour la paroisse de Saint-Thomas-de-Montmagny.

Fait intéressant, ce fut Nicolas Gamache qui donna le terrain sur lequel fut bâtie la première église du Cap-Saint-Ignace. Cette église ne paraît pas avoir duré longtemps puisque, quelques années plus tard, on en bâtissait une autre en pierre tout à côté. Celle-ci dura jusqu'à 1744, alors qu'elle s'écroula avec la côte, dans le fleuve. On en voit encore les restes sur la grève, à marée basse.

La générosité de votre ancêtre lui valut l'insigne honneur d'être inhumé dans l'église dont il avait été le bienfaiteur.

Nicolas Gamache portait le surnom de Lamarre qui ne s'est pas perpétué. Il est l'ancêtre de tous les Gamache du Canada.


Garceau, Daniel

DANIEL GARCEAU ET SON ILLUSTRE PARRAIN SA FAMILLE

Lorsqu'il fut baptisé à Port-Royal, le 8 avril 1707, votre ancêtre, Daniel Garceau, eut pour parrain M. de Subercase, le nouveau gouverneur de l'Acadie. Cela démontre à l'évidence la grande considération dont jouissait votre famille en Acadie.

Daniel Auger de Subercase, (1663-1732), lieutenant, capitaine, major, enseigne de vaisseau, gouverneur de Plaisance, puis de 1'Acadie, et chevalier de St-Louis, se fit remarquer par son héroïque défense de l'Acadie dont il fut le dernier gouverneur (1706-1710).

Votre ancêtre, Daniel Garceau. qui avait épousé Anne Doucet, éleva à Port-Royal ses neuf enfants, cinq garçons et quatre filles. Après avoir vaillamment combattu les Bostonnais de 1707 à 1710, il dut se soumettre aux vainqueurs, déposer les armes et retourner à sa charrue. Il y eut ainsi 45 ans de paix.

Il semblait que la vieillesse de Daniel Garceau devait être heureuse, entouré qui il était de ses nombreux enfants et petits-enfants. Hélas! une tempête formidable devait s'élever contre le pauvre peuple acadien et le briser en mille miettes.


Garneau, François-Xavier

GARNEAU NOTRE "HISTORIEN NATIONAL" VOTRE COUSIN

François-Xavier Garneau, "historien national", est votre cousin.

Né à Québec, en 1809, il fit ses études primaires dans cette ville et devint bientôt clerc-notaire chez François-Joseph Perrault, greffier de la Cour. Admis à la pratique du notariat, en 1830, il publiait, en 1831, son premier poème dans le journal "Le Canadien". La même année, il se rendait à Londres où il devenait secrétaire de M, Denis-Benjamin Viger, délégué de l'Assemblée Législative auprès du ministère anglais; au cours de ce voyage, Garneau étudia à fond les institutions britanniques. Revenu à Québec, en 1833, il pratiqua sa profession d'abord en société puis seul. En même temps, il publiait sans cesse des ouvrages en vers et en prose, En 1844, il obtenait l'emploi de greffier de la ville de Québec. Malgré une santé ébranlée, M. Garneau publia, en 1845, son "Histoire du Canada" depuis sa découverte jusqu'à nos jours. La documentation de cette oeuvre est très complète: elle puise aux sources européennes et canadiennes.

En 1862, malade depuis longtemps, il résigna ses fonctions et décéda en 1866.

Notre "historien national" est le premier homme de lettres canadien-français qui eut l'honneur d'avoir un monument élevé à sa mémoire. Ce monument se trouve dans le cimetière Belmont, à Québec.


Gastineau, Nicolas

NICOLAS GASTINEAU, SIEUR DU PLESSIS, SOLDAT, NOTAIRE ET GREFFIER

En 1650, Nicolas Gastineau, sieur du Plessis, était greffier, notaire des Trois-Rivières, fonctions qu'il occupa à Montréal, quelques années plus tard. Sa calligraphie est agréable à l'oeil et ne ressemble à aucune autre. Certaines de ses majuscules ont une forme très originale. Il signait soit Gastineau, soit Duplessis et son fils était plutôt connu sous le nom de Duplessis.

C'était un homme de caractère et lorsqu'en 1678, sur l'ordre de Louis XIV, Frontenac et Duchesneau rassemblèrent les vingt plus anciens citoyens du pays, pour leur demander leur avis sur le commerce de l'eau-de-vie avec les Sauvages, Gastineau-Duplessis fut parmi les hommes de caractère qui se prononcèrent contre ce honteux trafic.

Nicolas Gastineau du Plessis s'était marié en 1663 avec Marie Crevier. Après un bref séjour au Cap-de-la-Madeleine, il alla s'installer à la Pointe-du-Lac.


Gaudin, Elie

DEUX FAVORISES DE SAINTE-ANNE ELIE GAUDIN ET ESTHER RAMAGE

L'histoire d'Elie Gaudin et de sa femme, Esther Ramage, couple dont vous descendez, est intéressante et s'identifie avec celle des premières années de la paroisse de Sainte-Anne-de-Beaupré.

Environ quarante ans après la fondation de Québec, une famille huguenote, la famille Gaudin, venait s'établir dans la seigneurie de Beaupré. Elie Gaudin et sa femme, Esther Ramage, se convertirent bientôt au catholicisme et la Providence, qui les avait conduits sur ces rivages où devaient éclater tant de merveilles, voulut confirmer la foi de vos ancêtres par des faveurs insignes.

En 1662. Esther Ramage, âgée de quarante-cinq ans, souffrait depuis dix-huit mois d'une douloureuse maladie. Elle était si courbée par la violence du mal qu'elle était obligée de se traîner comme elle le pouvait avec son bâton. Elle avait perdu toute espérance de pouvoir jamais recouvrer la santé lorsqu'elle se souvint que son mari lui avait dit qu'en sa présence Louis Guimont avait été soudainement guéri d'une grande douleur de reins en mettant, par dévotion, trois pierres aux fondements de l'église de Sainte-Anne que l'on commençait à bâtir. Alors la pauvre infirme réclama la sainte, la priant de faire sur elle le miracle comme elle avait fait sur cet homme. Au même instant, oubliant son bâton qui disparut, elle se trouva sur ses pieds toute droite, marchant avec autant de facilité qu'elle n'eût jamais fait. De ce moment, votre aïeule resta en parfaite santé.

Ce miracle, ajoute la vieille chronique où nous avons emprunté ce touchant récit, servit beaucoup à confirmer dans la foi toute cette famille qui avait toujours vécu dans la religion réformée.

Deux ans après, en 1664, le mari d'Esther Ramage, Elie Gaudin, âgé de cinquante ans, étant malade d'une hydropisie à laquelle les remèdes ne pouvaient apporter aucun soulagement, pensait à se disposer à la mort et fit appeler le missionnaire de Sainte-Anne, qui était alors M. l'Abbé Thomas Morel, pour qu'il lui donnât le viatique.

Le missionnaire conseilla à votre ancêtre malade d'avoir recours à la Sainte Vierge et à sainte Anne et, après l'avoir disposé. il s'en alla à l'église dire la sainte messe à son intention. Revenant pour communier Elie Gaudin, celui-ci lui dit d'un visage serein: "Monsieur, je suis guéri, permettez-moi de me lever, pendant que vous étiez à l'église, comme je disais mon chapelet, je me suis doucement endormi, et j'ai vu pendant mon sommeil deux vénérables dames qui se sont approchées de moi et dont l'une tenait en sa main une boîte qu'elle a ouverte, où j'ai vu aussi un chemin fort long et fort étroit qui conduisait au ciel; à cette vue, je me suis trouvé tout rempli de consolation et tout soulagé de mon mal".

Après la communion, Elie Gaudin rendit grâce à Dieu, se leva, s'en alla à l'église et, avant d'avoir achevé sa neuvaine, fut en état de travailler comme avant sa maladie.

Votre ancêtre, Elie Gaudin, vécut encore huit années après cette guérison miraculeuse. Son corps repose dans le vieux cimetière de Sainte-Anne, où il fut enterré le 5 janvier 1672.

Elie Gaudin eut quatre enfants avec son épouse, Esther Ramage. Jacques Gaudin, né en 1658, se consacra au service du Séminaire de Québec en qualité de donné et mourut à Saint-Joachim, en 1735. Avec lui s'éteignit le nom de cette bonne et brave famille. La descendance des miraculés Gaudin-Ramage fut assurée par leur fille, Anne, votre aïeule.


Gauthier, Charles

CHARLES GAUTHIER DIT JOLICOEUR VOTRE ANCETRE, PASSE AU CANADA VERS 1747

On ne sait au juste en quelle année votre ancêtre passa au Canada. On sait cependant qui il était sergent dans la compagnie du sieur Rémond. Ce Rémond, qui avait fait de mauvais coups en France, avait été tiré de la prison de Morlaix, en Bretagne et envoyé au Canada avec ordre de ne plus revenir. On lui donna une compagnie dont faisait partie Charles Gauthier, à titre de sergent.

C'est ainsi que celui-ci dut prendre part aux grandes campagnes militaires de la guerre de Sept Ans, au cours desquelles Montcalm et Lévis se couvrirent de gloire, sans avoir la consolation de conserver la Nouvelle-France à son Roi.

En 1760, après la capitulation de Montréal, votre ancêtre retourna à Rochefort. En 1763, il passa à la Martinique, où il perdit sa femme en 1766. Deux ans plus tard, il revint de Saint-Domingue à Québec, via Boston sur un bâtiment commandé par le capitaine Boucher. En 1769, on sait qui il était coutelier, sur la rue Couillard, à Québec. Sans doute, tous ces renseignements ne sont que des bribes, des miettes de l'histoire de votre ancêtre, mais combien intéressantes et précieuses!


Gautier, Jean

JEAN GAUTIER DIT LAROUCHE POUR FETER LOUIS LE GRAND TUE HENRY PETIT PAR ACCIDENT

Le 6 novembre 1686, l'Intendant Bochart de Champigny fit, avec toutes les cérémonies et les marques d'honneur requises, installer sur une des places publiques de Québec un buste de bronze de Louis XIV qu'il avait apporté avec lui de France.

Cette manifestation entraîna, on s'en doute, des réjouissances populaires qui malheureusement, si l'on en juge d'après ce qui arriva à votre ancêtre Jean Gautier, dépassèrent un peu la mesure.

Jean Gautier faisait en effet partie de la foule en liesse. Voulant sans doute se singulariser d'une façon quelque peu originale pour fêter le "Grand Roi", il prit un fusil qu'un soldat avait laissé dans un coin et tira un coup. Malheureusement un certain Henry Petit, bourgeois de Paris de passage à Québec, fut atteint mortellement par la décharge. Il mourut treize jours plus tard.

Jean Gautier fut donc accusé de meurtre et dut comparaître devant les Tribunaux. Le 18 décembre 1686 la Prévôté de Québec le reconnaissait coupable et le condamnait à des peines très graves. Le condamné devait être conduit à l'entrée de l'église de Québec pour y faire amende honorable, tête nue, la corde au cou et une torche ardente au poing. On devait également lui raser la tête. Il était aussi banni à perpétuité de la ville et de la banlieue de Québec. Il était enfin sommé de verser deux mille livres de dommage à la veuve de Henry Petit.

Devant ce jugement vraiment sévère, votre ancêtre en appela au Conseil Souverain de la Nouvelle-France. Il prétendait en effet qu'il ne s'agissait là que d'un homicide involontaire et que par conséquent il ne devait pas être traité comme un criminel. Le Conseil Souverain examina avec attention ces revendications et en accepta le bien fondé. La sentence de condamnation fut donc annulée et Jean Gautier fut simplement condamné à payer trois cents livres à la veuve Petit.

Ce procès n'avait donc pas entaché la vie de votre ancêtre. Jean Gautier était d'ailleurs un homme fort respectable. Taillandier (fabriquant d'outils) de son métier, il fut dit-on le forgeron du premier vaisseau construit pour le roi au Canada. Le seul reproche qu'on puisse lui faire est simplement d'avoir voulu extérioriser sa joie..., un peu trop bruyamment.


Gervaise, Jean

JEAN GERVAISE VOTRE ANCETRE ETABLI A MONTREAL EN 1653 SUR LA RUE ST-SULPICE MARGUILLIER-PROCUREUR FISCAL-JUGE

De la Touraine, nous est venu votre ancêtre, Jean Gervaise, dont le nom devint Gervais. Arrivé en 1653 avec M. de Maisonneuve, votre ancêtre reçut du fondateur de Montréal une terre de trente arpents située sur la rue St-Sulpice actuelle, à peu près à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'édifice de la Compagnie de papier Rolland.

Quatre mois après son arrivée, Jean Gervaise épousait Anne Archambault, qui auparavant avait été involontairement mariée à un bigame pendant trois ans. Son premier époux, Michel Chauvin, quand il l'avait épousée au Canada, avait laissé en France une première épouse. Quand fut connut le fait, les autorités du pays renvoyèrent le coupable en France. Mais Anne Archambault avait eut un premier enfant de ce mariage et elle devait en avoir un second lequel eut pour parrain et marraine le gouverneur d'Ailleboust et Jeanne Mance.

Jean Gervaise, votre ancêtre, qualifié par Faillon "d'homme grave et sensé" épousait, en 1653, celle qui avait été victime d'un tel affront. Jean Gervaise devint un des plus considérables colons de Ville-Marie. Il fut le premier marguillier de l'église Notre-Dame (1657). Quelques années plus tard, de 1673 à 1688, il exerça la charge importante de procureur-fiscal, c'est-à-dire de représentant du public auprès des tribunaux. Cette charge devait le mener à celle de juge qu'il exerça de 1674 à 1689.

La famille Gervais a toujours été bien représentée en France. En Bretagne s'est développée une noble famille Gervais de la Vallée et de la Mabonnaie. Le juge d'armes de France, M. D'Hozier, auteur de "l'Armorial Général de France" au milieu du XVllle siècle nous prouve que cette famille retraçait ses origines jusqu'à "Jean Gervais, 1er du nom, de la Paroisse de Mauron, Évêché de Saint-Malo, compris comme anobli par Lettres du Duc de Bretagne son Prince souverain, dans une procédure faite en la paroisse de Mauron, en vertu d'une Commission du 7 janvier 1441". Les armoiries de cette famille Gervais étaient: "D'or. à une pomme de pin de sable placée au côté droit du chef; un merle aussi de sable, posé au côté gauche du même chef, & un crapaud pareillement de sable mis à la pointe de l'écu".


Gilbert, Pierre

PIERRE GILBERT, CAPITAINE DE NAVIRE

Trois actes que nous avons eu la bonne fortune de découvrir dans le greffe du notaire Lavoye, conservé aux Archives de La Malbaie, nous ont abondamment renseignés sur les origines et les activités de votre ancêtre.

Disons tout d'abord que votre ancêtre dut venir au Canada une première fois, dès 1752, puisque le 20 mai 1753, son père et sa mère, Louis (Jean d'après Tanguay) et Adrienne Petit (ou Petel dans d'autres actes) donnent procuration au notaire Michel Lavoye qu'ils constituent leur procureur spécial pour permettre à leur fils, Pierre, de se marier avec qui il voudra, en renonçant toutefois en faveur de son frère, Jean, à l'héritage paternel. Dans cet acte passé devant le notaire Braud, de Barbesieux, Louis Gilbert est désigné comme marchand et fermier, et son fils comme capitaine de navire.

Jusqu'à son mariage, votre ancêtre paraît avoir effectué de nombreuses traversées de 1'Océan. Nous le retrouvons cependant le 24 janvier 1756, devant le notaire Lavoye, alors que son futur beau-père, Joseph Dufour, s'engage à garder sa fille, future femme de Pierre Gi1bert, et à la nourrir jusqu'à ce que ce dernier soit en état de vivre sur sa terre.

La même journée, Pierre Gilbert et Angélique Dufour passent leur contrat de mariage, pièce extrêmement intéressante.


Gill, Samuel

SAMUEL GILL ET ROSALIE JAMES ANGLO-AMERICAINS ENLEVES PAR LES ABENAKIS ET AMENES AU CANADA

Vore ancêtre, Samuel Gill, fut enlevé à l'âge de neuf ans par les Abénakis, en 1697, à Salisbury, village situé dans le nord-est de l'état du Massachusetts, à environ douze milles de Dover. Amené par ses ravisseurs à leur village de Saint-François-du-Lac, il fut traité par eux comme un de leurs enfants, prit goût à leurs habitudes si bien qu'il en vint à ne plus regretter son pays. Bien plus il refusa de retourner chez ses parents lorsque son père, trois ou quatre ans plus tard, fit des démarches pour le ramener à Salisbury. Il est bien probable que, outre le goût de la vie des sauvages, une autre raison, la question religieuse, l'ait décidé à rester à Saint-François-du-Lac: il était devenu catholique et il savait qu'il aurait des difficultés à pratiquer sa religion s'il retournait dans sa famille.

En même temps que le jeune Samuel Gill, les Abénakis avaient enlevé à Kennebunk, dans l'état du Maine, la fille d'un ministre protestant du nom de James. Cette jeune fille, Rosalie, fut amenée elle aussi à Saint-François-du-Lac.

Une tradition conservée parmi nous rapporte que, lorsqu'il fut question du mariage de ces deux jeunes gens, les Abénakis tinrent conseil pour savoir comment ils les marieraient. Les uns voulaient qu'on les mariât l'un à l'autre afin de conserver des gens de pure race blanche dans la tribu, mais le plus grand nombre était d'opinion qu'il valait mieux marier le jeune homme à une sauvagesse et la jeune fille à un sauvage, afin de mêler leur sang au sang indien, les attacher plus étroitement à la nation et y conserver des descendants. Le père Jésuite qui assistait à ce conseil, sachant que les deux jeunes captifs s'aimaient, fit ajourner le conseil avant que la question ne fut complètement décidée. Le soir même il les mariait l'un à 1'autre. Le lendemain le bon père se rendit au conseil et dit aux Sauvages que, conformément à une inspiration reçue du Grand-Esprit, il avait marié les deux jeunes blancs ensemble et qu'il n'y avait pas lieu de délibérer davantage sur ce sujet. Personne ne pouvait dénouer les liens que Dieu lui-même avait formés. Les Sauvages se soumirent. La famille Gill, issue de Samuel, a toujours continué de se multiplier au Canada, surtout du côté de Saint-François-du-Lac et de St-Thomas de Pierreville. (Histoire de la famille Gill, par le juge Charles Gill).


Girard, Pierre

QUAND PIERRE GIRARD VENDAIT DE LA BAGOSSE AUX SAUVAGES

La première fois que l'on rencontrait Pierre Girard dans nos archives, c'est lors du recensement de 1666. Il habitait alors le Collège de Québec et faisait partie du personnel des Jésuites. L'année suivante il n'apparaît pas au recensement. Comme c'était la mode à cette époque, il était probablement en voyage dans les Pays d'en Haut.

En 1669, il reçut une première concession de terre dans la seigneurie du Maure à Saint-Augustin, soit trois arpents de front par trente de profondeur avec droit de chasse et de pêche. L'année précédente, Pierre Girard avait épousé Suzanne de Lavoie. Le registre qui contenait cet acte semble avoir été détruit. D'un autre côté l'acte notarié a été volé au greffe de Québec. Rendons grâces à ceux qui ont été chargés de conserver nos archives.

Vos deux ancêtres Pierre Girard et Suzanne de Lavoie, ne manquaient pas d'imagination pour augmenter leurs revenus. En effet à sa nombreuse maisonnée Suzanne de Lavoie ne craignit pas d'ajouter une petite pensionnaire, Madeleine Arrivé, qu'elle garda pendant trois ans, ce qui lui rapporta la somme de cent vingt livres.

Pierre Girard, de son côté, trouva le moyen de faire quelque argent dans le commerce. Un acte de Rageot en date du 15 septembre 1682 nous apprend qu'il était maître d'une barque appelée "Le Samuel". Cette barque était assez considérable pour se rendre dans "les Pays d'en Haut. Les marchandises ordinaire s'étaient l'eau-de-vie et le tabac que votre ancêtre allait échanger pour des pelleteries.

Après bien des démarches, Pierre Girard obtint une réduction sur les droits que les autorités du pays exigeaient sur ces marchandises. Cela lui permit sans doute d'augmenter ses revenus, de mettre moins d'eau dans sa bagosse et d'en réduire le prix...


Giroux, Toussaint

TOUSSAINT GIROUX PIONNIER DU TISSAGE DE LA TOILE AU CANADA

On est porté à croire que tous nos ancêtres étaient à l'origine des cultivateurs. C'est là une erreur. En effet un bon nombre d'entre eux vinrent ici comme artisans et comme soldats de métier.

Dans un pays neuf comme l'était alors la Nouvelle-France, il fallait absolument des menuisiers, des charpentiers, des taillandiers, des tonneliers, des tisserands, etc...

Toussaint Giroux, originaire du hameau du Bignon, paroisse de Réveillon au Perche, vint s'établir en Nouvelle-France vers 1651. Il était tisserand en toile de son métier. Ceci ne l'empêcha pas de prendre une terre et de la cultiver intensément. En effet, en 1667, il avait deux bestiaux et seize arpents en valeur. Quatorze ans plus tard, en 1681, il avait onze bêtes à cornes et un cheval, et cinquante-trois arpents en culture.

On imagine sans peine, lorsqu'on connaît le dur labeur du défricheur, la somme de travail que votre ancêtre dut fournir pour arriver à un aussi beau résultat.


Gode, Nicolas

NICOLAS GODE DEBARQUE A VILLE-MARIE EN MEME TEMPS QUE M. DE MAISONNEUVE LE 18 MAI 1642 SON MONUMENT PLACE ROYALE

Nicolas Godé est remarquable pour avoir été l'un des compagnons de M. de Maisonneuve en ce jour solennel du 18 mai 1642, lorsqu'il débarqua sur notre rivage, y assista à la première messe et fonda Ville-Marie.

L'un des points les plus intéressants, pour ne pas dire le plus intéressant de tous, dans Montréal, au point de vue historique, est bien la PLACE ROYALE. Au centre, on remarque un bel obélisque, élevé par les soins de la "Société Historique de Montréal".

Sur les faces de cet obélisque sont gravées des inscriptions très intéressantes au point de vue historique. Disons de suite que ces inscriptions nous apprennent que c'est à quelques pas de cet endroit que M. de Maisonneuve débarqua, en 1642, avec environ 18 compagnons et qu'il y fit célébrer la première messe. Nicolas Godé était l'un de ses compagnons.

Nous lisons d'abord sur la face côté sud, côté du fleuve, côté qui regarde l'endroit où a été célébrée la première messe:

"Le 18 mai 1642, près de cet obélisque entre le fleuve et la rivière qui coule sous la rue des Commissaires à l'endroit appelé Place Royale par Champlain, Paul de Chomedey de Maisonneuve jeta les fondements de la ville de Montréal.

"Il érigea les premières habitations, le fort, la chapelle, le cimetière, qu'il renferma dans une enceinte de pieux.

"Le 23 février 1642, Montréal avait été consacrée à la Sainte Vierge sous le nom de Ville-Marie."

Sur la face côté ouest sont gravés les noms des premiers colons de Montréal:

Nous y voyons, entre autres, gravés sur ce monument, les noms de: Jeanne Mance, Augustin Hébert, Adrienne Du Vivier, Nicolas Godé, Françoise Gadois, Louis D'Ailleboust, Françoise Godé, Gilbert Barbier, César Léger, etc.

Sur la troisième face, côté est, on voit le pourquoi de l'érection de cet obélisque:

"Le 18 mai 1893, ce monument a été érigé par "La Société Historique de Montréal" à la mémoire des généreux fondateurs de cette ville et des premiers colons arrivés ici en 1642."

"Ce que vous voyez ici n'est qu'un grain de sénevé, mais... Je ne doute nullement que ce petit grain ne produise un grand arbre, qu'il ne fasse un jour des progrès merveilleux, ne se multiplie et ne s'étende de toute part."

"Paroles adressées aux colons par le R. p. Vimont, le 18 mai 1642."

"Ce projet de Montréal pourra être, un temps à venir, une grande gloire à Dieu, l'honneur de l'Église et une grande utilité à ce Royaume."
Paroles de M. Olier.

L'abbé Faillon, dans son "Histoire de la Colonie Française en Canada", volume 11, consacre trois pages à la relation de la mort de votre ancêtre, Nicolas Godé -(pages 363, 364 et 365). Nous citons Faillon:

"Depuis la paix conclue avec les nations Iroquoises, & après la restitution, qui avait été faite mutuellement, des captifs pris de part et d'autre dans les guerres précédentes, les colons de Ville-Marie étaient sans défiance à l'égard des Iroquois qui se présentaient chez eux. Le 25 octobre 1657, trente sauvages d'Onneiout, voisins de ceux d'Onnontagué, s'approchèrent des maisons, dans le dessein d'y faire quelque coup; et plusieurs de cette troupe, étant allés à la Pointe Saint-Charles, entrèrent chez un brave colon, Nicolas Godé, qui y construisait un bâtiment pour son usage, aidé par Jean de Saint-Père, son gendre, et Jacques Noël, leur serviteur. Godé et de Saint-Père les accueillirent gracieusement, les reçurent en amis, leur donnèrent même à manger; et après une réception si amicale de leur part, et acceptée par ces Iroquois avec des témoignages apparents de reconnaissance, ils étaient loin de penser qui ils avaient affaire à des assassins. Ils montèrent donc tous trois sur leur maison, qu'ils couvraient alors, et ni ayant aucune défiance, négligèrent de porter sur le toit leurs armes avec eux. Alors ces Iroquois, par une lâche et barbare perfidie, les voyant sans défense, eurent l'insigne cruauté de les mettre en joue et de tirer sur eux leurs arquebuses, dont les décharges les firent tomber du toit, comme on eut pu faire des oiseaux. Bien plus, après un tel coup de valeur, ils n'eurent pas honte d'arracher la peau de la tête à Nicolas Godé et à Jacques Noël, pour en faire trophée dans leur bourgade, et de couper la tête de Jean de Saint-Père, pour conserver, dit-on, par ce moyen, et emporter avec eux sa belle chevelure. Nicolas Godé était âgé de soixante-quatre ans, et Jean de Saint-Père son gendre, de trente-neuf. Ils furent inhumés le même jour, et tous trois dans le même sépulcre."

"Cette perfide rupture nous fut bien fâcheuse, dit M. Dollier de Casson; car il est difficile de recouvrer des hommes tels que ceux que nous perdîmes, et il est bien affligeant de voir périr, par de si infâmes trahisons, les meilleurs habitants qui on ait..."


Godefroy, Jean-Baptiste

VOTRE ANCETRE JEAN-BAPTISTE GODEFROY ANOBLI PAR LOUIS XIV EN 1668

Jean-Baptiste Godefroy. qui était originaire de Lintot en Normandie, vint au Canada vers 1626. D'abord interprète, coureur des bois, puis membre du Conseil de la Nouvelle¬France, il rendit de si grands services au pays que Louis XIV lui accorda en 1668 des lettres de noblesse.

Comme toutes celles qui étaient concédées par les Rois de France, les lettres de noblesse de Jean-Baptiste Godefroy étaient "pour la postérité et lignée tant masles que femelles nez et à naistre en loyal mariage". Ces lettres de noblesse en outre réglaient comme suit les armoiries du nouvel anobli:

"D'azur, à une épée d'argent accostée de deux croissants du même supportant chacun un épi de blé d'or tigé et feuillé de sinople; l'écu timbré d'un casque de profil, orné de ses lambrequins d'argent, d'azur, d'or et de sinople".

Vous constatez donc qu'il existe dans votre famille un bel héritage, et il est de votre devoir de ne pas le laisser se perdre. C'est pourquoi vous portez dans vos armes personnelles le souvenir de Jean-Baptiste Godefroy.


Gontier, Bernard

BERNARD GONTIER PIONNIER DE BEAUMONT

Bernard Gontier était né à Paris. Cordonnier de son métier et bien qu'habitué a la vie des grandes villes, il n'hésita cependant pas à venir au Canada, qui ne lui offrait pourtant que de vastes étendues inhabitées sur lesquelles il lui faudrait travailler durement avec la charrue et la hache.

Toutefois les premières années que votre ancêtre passa au Canada lui furent plus faciles que prévu. En 1666 alors qu'il venait sans doute d'arriver dans la colonie, nous le trouvons en effet placé comme domestique chez Monseigneur de Laval. il y exerce même son métier de cordonnier. A temps perdu il fait également office de menuisier. Somme toute, l'acclimatation lui fut relativement facile.

Après quatre années de cette vie calme et tranquille, Gontier se rendit à l'évidence qu'il lui serait finalement plus profitable de s'établir sur une terre à lui et de la cultiver. C'est ce qu'il fit, mais soit que notre parisien ne s'y connaissait pas en culture (ce qui est fort probable), soit qu'il ait réellement manqué de chance, il dut acheter et revendre plusieurs terres avant d'en trouver une qui lui convienne pleinement.

En 1676, Gontier enfin fixé sur une ferme à son goût, songea à se marier. Le 26 janvier de cette même année, il épousait Marguerite Pasquier, une jeune veuve qui lui apportait trois enfants de son premier mariage.

C'est à cette même époque que Charles Couillard, qui venait de recevoir le territoire de Beaumont à titre de seigneurie et de fief, se mit en oeuvre d'attirer près de lui des colons susceptibles de l'aider dans le travail de défrichement de sa seigneurie. il ne faut pas oublier que c'était là le seul moyen pour un seigneur de mettre à profit les terres qui lui étaient concédées; de plus les redevances que payaient ses censitaires étaient pratiquement pour le seigneur son seul revenu, et il avait donc avantage à avoir le plus grand nombre de colons possible.

Les époux Gontier furent intéressés par l'offre de Charles Couillard et ils vinrent s'établir sur la seigneurie de Beaumont, qui en 1681 comprenait déjà quinze familles.

De 1681 à 1698, les archives sont muettes sur le sort des Gontier. Leur vie était liée à leur travail quotidien.

En 1698 Marguerite Pasquier mourut. Elle laissait à son époux Bernard Gontier la charge de sept enfants mineurs" tant issus de feu François Biville et Marguerite Pasquier qu'issus dentre ledit Gontier et ladite M. Pasquier. Le 31 juillet 1698 Gontier se fit nommer tuteur de toute cette petite famille, puis le même jour fit dresser un inventaire des biens de la communauté entre lui et sa défunte épouse. Votre ancêtre envisageait de se remarier (avec une telle famille, on le comprend) et il voulait éviter toute contestation pour l' héritage.

De fait, le 4 novembre 1698, Gontier épousait en secondes noces Marie-Françoise Forgues.


Gosselin, Gabriel

ELOGE DE GABRIEL GOSSELIN PAR UN DE SES DESCENDANTS

Gabriel Gosselin, l'un de vos ancêtres, était natif de Combray en Normandie. Arrivé au pays vers 1649, il s'établit peu après sur l'île d'Orléans, dans le fief Beaulieu, où il acquit de nombreuses terres dont certaines sont encore en possession de ses descendants. Dès 1667, il avait 55 arpents de défrichés et 20 bestiaux dans son étable. Quatre engagés lui aidaient à cultiver sa terre. En un mot c'était la ferme la plus considérable de toute l'île d'Orléans. En 1681, il avait 60 arpents en valeur, 45 bêtes à cornes, une ânesse et 80 brebis. Sur la fin de ses jours, Gabriel Gosselin alla demeurer à Québec, à la basse-ville et il y décéda en 1697.

Nous ne saurions faire de votre ancêtre un meilleur éloge que celui de Mgr David Gosselin, l'un de ses descendants:

"Le premier ancêtre de la famille Gosselin est donc parti à l'âge de 76 ans, limite que ses descendants dépassent et même atteignent rarement. Sa mission, comme celle des autres membres de la Légion d'honneur chargés de poser les assises de la nationalité canadienne-française, était terminée. Il avait fait l'oeuvre de Dieu sans peut-être le soupçonner; et, ce qui est bien humain, pensant faire uniquement la sienne propre. Peu importe! L'important est de la faire. Il était le père de douze enfants, et un peu plus tard le grand-père de soixante-dix petits-enfants. C'est bien le meilleur capital qu'il pût laisser à son pays.

Ses rêves de fortune, car il n'avait pas émigré pour vivre de la vie du poveretto d'Assise, s'étaient presque réalisés. Il possédait des terres et des maisons; il avait pignon sur rue à Québec; il appartenait à la caste des bourgeois et frayait avec la meilleure société de cette époque. Il rendit son âme à Dieu en pleine connaissance, muni des sacrements de l'Église, après avoir, une dernière fois, mis ordre à ses affaires temporelles; laissant à ses enfants un nom respecté, et dont ses descendants peuvent légitimement s'enorgueillir. En résumé, il avait fourni une belle carrière."


Gouin, Lomer

VOTRE PARENTE AVEC SIR LOMER GOUIN

Etudions sommairement la brillante personnalité que fut votre parent, Sir Lomer Gouin.

Né en 1861, aux Grondines, il fit ses études aux collèges de Sorel et Lévis et à l'Université Laval de Montréal. Admis au Barreau, en 1881, il se lança bientôt dans la politique. Il fut d'abord élu échevin de Montréal. Devenu député du comté de Portneuf, en 1897, il représenta cette division jusqu'en 1920. Vingt ans auparavant, Sir Lomer Gouin avait accepté le portefeuille des Travaux Publics. Le 20 mars 1905, on lui confia le mandat de premier ministre de la province de Québec qu'il garda jusqu'à 1920. Durant sa longue administration, Sir Lomer Gouin se manifesta éminent juriste et homme d'affaires d'une exceptionnelle habileté. Pourvu d'un siège au Conseil Législatif, en 1920, député aux Communes, en 1921, ministre de la Justice, il fut aussi président d'environ seize corporations diverses. Le 10 janvier 1929, il fut assermenté comme lieutenant-gouverneur de la province de Québec. Le 28 mars suivant, à la prorogation de la session, il mourut subitement d'une angine de poitrine. Deux de ses fils, Léon-Mercier et Paul-Nérée, marchent dignement sur ses traces.


Goupil, Nicolas

NICOLAS GOUPIL EST-IL PARENT DU MARTYR CANADIEN?

Dans les annales canadiennes, nous ne trouvons que deux colons du nom de Goupil: votre ancêtre, Nicolas, et un autre, René Goupil, jeune chirurgien, compagnon du père Jogues, capturé par les Iroquois et martyrisé par eux quelques jours après. il est l'un des Bienheureux Martyrs Canadiens, canonisés il y a quelques années.

La question se pose naturellement si votre ancêtre, Nicolas Goupil, est parent du célèbre martyr. Les registres des premiers temps donnent bien le lieu d'origine de votre ancêtre, Nicolas Goupil, mais ne donnent pas celui du martyr René Goupil; cependant il y a des raisons de croire que Nicolas Goupil et René Goupil étaient parents, peut-être même les deux frères. En effet, le nom Goupil est très rare, et Nicolas et René vivaient à la même époque, et étaient presque du même âge.

Si en poursuivant nos recherches, nous parvenons à établir la parenté de votre ancêtre avec le martyr canadien, nous nous empresserons de vous le communiquer.


Grasset, André

LE BIENHEUREUX ANDRE GRASSET MARTYR DE LA REVOLUTION FRANCAISE VOTRE PARENT

Votre ancêtre, Jean-Baptiste-Louis Franquelin, était un des bisaïeuls d'André Grasset de St-Sauveur, qui fut béatifié le 17 octobre 1926 avec d'autres "Martyrs des Carmes ou Martyrs de septembre 1792", victimes de la Révolution française, en 1792.

André Grasset de St-Sauveur était né à Montréal, le 4 avril 1758, et avait été baptisé en l'église Notre-Dame. Son père, André Grasset, était venu au Canada, en 1749, comme secrétaire du marquis de La Jonquière, gouverneur de la Nouvelle-France. En premières noces, il s'était marié en 1752 avec Marie-Anne Nolan, puis en secondes noces avec Marie-Josephte Quesnel, dont le grand-père maternel est votre ancêtre, Jean¬Baptiste-Louis Franquelin.

Au mois de novembre 1764, la famille Grasset quittait le Canada pour aller s'établir en France. Elle se composait du père, de la mère et de deux fils, André, alors âgé de 6 ans, et Jacques, âgé de 7 ans. Les deux frères Grasset de St-Sauveur, André et Jacques, eurent des destinées différentes. Jacques étudia au collège Sainte-Barbe et embrassa la carrière diplomatique. Il fut pendant plusieurs années vice-consul de France en Hongrie et représenta aussi son pays dans le Levant. Il se livra avec ardeur à la littérature.

L'autre fils, André Grasset dit St-Sauveur, auquel vous êtes apparenté, entra dans les ordres sacrés, et, le 28 août 1779, il fut ordonné prêtre et nommé chapelain de la chapelle Saint-Eutrope en la ville de Sens. En 1781, il fut nommé chanoine de l'Autel de St-Pierre, en la même ville.

A la suppression du chapitre par la Révolution, André Grasset de St-Sauveur s'était réfugié dans la maison des Eudistes à Paris. Arrêté dans cette maison, bien connue pour sa fidélité à l'Église, la haine de la foi fut la cause de son incarcération au couvent parisien des Carloes qui avait été converti en prison.

Le 2 septembre 1792, le chanoine André Grasset de St-Sauveur fut massacré, à la prison des Carmes, avec deux cent douze compagnons, pour refus de prêter serment à la constitution civile du clergé.

En 1927, était fondé à Montréal, par les Sulpiciens, un externat classique sous le nom de collège Grasset, aujourd'hui dénommé "Externat Classique de St-Sulpice".


Gravel, Massé-Joseph

VOTRE ANCETRE MASSE-JOSEPH GRAVEL AU PAYS AVEC M. DE MAISONNEUVE EN 1641 PIONNIER DE LA COTE DE BEAUPRE

Massé-Joseph Gravel, votre ancêtre normand, fit la traversée, en 1641, avec M. de Maisonneuve et le groupe qui venait fonder Ville-Marie. Au printemps de 1642, ce groupe fut dirigé vers Montréal, fondée le 18 mai. Cependant Massé-Joseph Gravel avait préféré aller s'établir sur la côte de Beaupré, au Château-Richer, sur une terre qui est restée en possession de ses descendants en ligne directe jusqu'à l'époque contemporaine. En plus de cultiver le sol sur la côte de Beaupré, Massé-Joseph Gravel s'occupa aussi de négoce à Québec; il contracta en outre pour la maçonnerie et la charpenterie du château St-Louis, à Québec, et de l'église de cette ville. En 1667, d'après un recensement, Massé-Joseph Gravel avait 52 arpents de terre défrichés et 38 bestiaux dans son étable: quelle prospérité pour cette époque de la colonie!

Six fils de Massé-Joseph Gravel fondèrent foyer et deux filles se firent religieuses Ursulines à Québec; l'une d'elles fut la fondatrice du monastère de ces religieuses aux Trois-Rivières.

Au moyen âge (en 1301), en France, vivait Seguin Gravel. fils de Jean Gravel. Il était seigneur des terres et prés ès paroisse de Veroz et Oroux. tenus en fief lige.


Grégoire, François

LE CHIRURGIEN-BARBIER FRANCOIS GREGOIRE

C'est sa profession qui amena François Grégoire au Canada. Ayant fait ses études de Médecin-Chirurgien, il fut en effet engagé comme chirurgien d'une Compagnie des Troupes de la Marine en partance vers le Canada. En 1685, il quitta donc son pays natal, Montpellier, et s'embarqua pour la Nouvelle-France.

Pendant que le navire bat les flots, demandons-nous en quoi consistait exactement à cette époque le métier de chirurgien.

On sera sans doute tout d'abord étonné d'apprendre que les Chirurgiens formaient avec les Barbiers une seule et même corporation. En d'autres termes, les chirurgiens devaient savoir manier le rasoir et le blaireau aussi bien que le bistouri et le scalpel! Et réciproquement pour les barbiers...

Un chirurgien devait en outre savoir "saigner" les malades, traiter les "clous, les bosses et furoncles", et même inciser. Mais étant donné que l'anatomie humaine était fort mal connue à cette époque, peu nombreux étaient ceux qui s'aventuraient à faire une véritable opération. Trop embarrassés par ce qu'ils auraient pu y trouver, la plupart hésitaient à sonder les "intérieurs" mystérieux d'un corps humain.

A cet ensemble de connaissances, avouons-le très limitées, un bon chirurgien devait ajouter l'habilité et la dextérité d'un dentiste, d'un "arracheur de dents", comme l'on disait à cette époque. Ce qui nous renseigne tout de suite sur la manière dont devaient se faire les extractions...

Durant trois ans, François Grégoire exerça donc son métier "au profit" des soldats de la Compagnie dont il avait responsabilité.

Au terme de son engagement, il décida de rester au Canada. Il se fixa alors à la Pointe-aux-Trembles de Québec, où il épousa le 26 avril 1688 Mathurine Bélanger. Ajoutons de suite qu'il devait épouser en secondes noces Marie-Anne Liénard.

Plusieurs documents nous précisent, qu'une fois libéré de ses occupations militaires, François Grégoire continua d'exercer sa profession. Il dut donc mettre au service de ses voisins et amis ses talents éprouvés de Chirurgien-Barbier.


Grou, Jean

JEAN GROU BRULE PAR LES IROQUOIS SON MONUMENT A LA POINTE-AUX-TREMBLES

Vous descendez d'un héros du nom de Je an Grou qui fut brûlé par les Sauvages, en 1690, dans des circonstances dramatiques.

Le touriste qui se promène sur la pointe orientale de l'île de Montréal, à l'endroit où le Boulevard Gouin oblique vers le sud pour aller joindre la rue Notre-Dame, remarque entre la route qu'il suit et les eaux de la rivière des Prairies sur les bords d'une coulée profonde qui s'appelait, il y a deux siècles et demi et s'appelle encore "la coulée Grou", un monument élevé par la " Commission des Sites et Monuments Historiques du Canada".

S'il vous arrive de passer à cet endroit, nous vous suggérons de faire comme nous avons fait, descendre de voiture et lire sur la façade de ce monument une des pages les plus émouvantes de l'Histoire du Canada. Cette lecture sera encore plus intéressante pour vous que pour le voyageur ordinaire, puisque vous y verrez l'histoire de votre ancêtre, Jean Grou, et que vous pourrez vous dire que vous foulez la terre qu'il a conservée aux générations futures par le sacrifice de sa vie.

L'inscription que vous verrez sur la façade de ce monument se lit comme suit: "Le 2 juillet 1690, M. de Colombet à la tête de 25 hommes attaqua 100 Iroquois près d'ici; il fut tué avec 9 de ses soldats, ainsi que 30 ennemis. Jean Grou, propriétaire de cette ferme et trois de ses compagnons furent capturés par les sauvages et brûlés vifs. Joseph Lajeunesse, descendant de Grou, a fait don du terrain et des pierres de ce monument."

Cette inscription, en son style concis, est bien éloquente et dispense de tout commentaire.

Les registres de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, à la date du 2 novembre 1694, complètent l'histoire de cette bataille et nous donnent les noms de ceux qui furent tués et aussi de ceux qui furent brûlés par les sauvages, parmi lesquels votre ancêtre, Jean Grou, Le registre mentionne que, comme on craignait les Iroquois, on enterra le jour de la bataille, à la hâte, les corps au lieu où ils avaient été tués et, ce ne fut que quatre ans après, le 2 novembre 1694, que les ossements furent transportés au cimetière de la Pointe-aux-Trembles.

"Comme on craignait beaucoup les Iroquois, on enterra, à la hâte, les corps de ceux qui avaient été ainsi tués, à l'endroit même où le massacre avait eu lieu; ce ne fut que le 2 novembre 1694 que l'on transporta leurs ossements au cimetière, où ils furent inhumés en présence de presque tous les paroissiens".

Dans l'acte ci-haut mentionné, on peut voir également que Jean Grou fut brûlé en présence du père Millet, et c'est celui-ci qui en envoya la nouvelle au pays.

Lorsque nous lisons sur le monument "Jean Grou et trois de ses compagnons furent capturés par les sauvages et brûlés vifs", cela signifie donc votre ancêtre, Jean Grou, Jean Raynault et deux autres qui semblent désignés par un surnom familier et qui seraient "paschange et le bohême".

Les détails donnés par le père Millet sur la mort de Jean Grou ne nous sont pas parvenus. Cependant, nous pouvons nous faire une idée des supplices, des tortures qu'il endura avant de mourir par les narrations de ces supplices que nous rencontrons à chaque page de l'Histoire du Canada.


Guay, Jean

JEAN GUAY L'UN DES PREMIERS COLONS DE LÉVIS

Natif de Berneuil, en Saintonge, Jean Guay émigra de France au Canada, en l'an 1648. A peine âgé de vingt ans, il se donna aux Jésuites en qualité de menuisier et fut aussitôt envoyé dans la mission des Hurons auprès de saint Gabriel Lallemant.

C'est au cours de son stage dans les Pays d'en Haut, que Jean Guay fit la connaissance de Guillaume Couture, célèbre coureur des bois, qui fut pendant toute sa jeunesse, le bras droit des Jésuites.

Lorsque Jean Guay revint des Missions, c'est à Lévis, auprès de Guillaume Couture qu'il se fixa, dans la vieille seigneurie de Lauzon, sur une terre qui appartenait aux Jésuites. Cette terre est aujourd'hui à l'est de la petite gare du Canadien National dans la ville actuelle de Lauzon. Guillaume Couture et Jean Guay furent parmi les premiers pionniers de ce vieux coin de terre canadienne, qui est depuis de longues générations, le foyer de la famille Guay au Canada.

Jean Guay est le précurseur de la traversée organisée entre Lévis et Québec. En effet, il était propriétaire de plusieurs barques et il engageait chaque année des bateliers pour faire la traversée du fleuve, entre les deux rives. On peut donc dire qu'il est l'ancêtre direct de l'actuelle compagnie de la Traverse de Lévis, qui, avec ses trois luxueux traversiers, assure un service continu entre les deux ville s soeurs.

Un fait bien intéressant de la vie de votre ancêtre, Jean Guay, eut lieu en 1691, alors qu'il repêcha l'ancre du vaisseau-amiral de Phipps, que celui-ci avait dû abandonner dans sa précipitation à fuir devant la canonnade ordonnée par Frontenac.


Guéret, Jacques

LES GUERET SURNOMMÉS DUMONT DESCENDENT TOUS DE LA NOBLE FAMILLE DU MONTMIREL

C'est toujours avec fierté que l'on apprend que l'un de ses ancêtres descend d'une famille noble de grand nom. La chose n'est pas toujours frappante à première vue, et c'est parfois le hasard d'une recherche qui est à l'origine d'une telle découverte.

Ainsi que l'atteste son contrat de mariage, Jacques Guéret portait en arrivant au Canada le surnom de Dumont. L'origine de ce surnom serait restée encore longtemps obscure, si l'on avait découvert, à la suite de recherches faites en France, que la grand-mère paternelle de Jacques Guéret, Françoise du Montmirel, appartenait à la grande famille des Méhérenc.

Les Méhérenc peuvent être comptés comme l'une des plus anciennes familles nobles de Bretagne. Leur origine remonte en effet jusqu'en 1350 avec Raoul Bouchard de Méhérenc. Une des branches de cette famille vint se fixer en Normandie, dans la région de Canchy, et prit le nom de Méhérenc du Montmirel. C'est de cette branche qu'est issue Françoise du Montmirel, fille de Jean de Méhérenc. seigneur du Montmirel.

On comprend donc la légitime fierté que ressentait Jacques Guéret devant une aussi noble ascendance. et en conséquence la raison pour laquelle il prit en surnom d'une manière légèrement modifiée (Dumont) le nom de sa grand-mère, Françoise du Montmirel.

De nos jours on peut encore visiter le manoir qui fut la résidence des Méhérenc seigneurs du Montmirel. Pendant plusieurs siècles. Sis sur la commune de Canchy, paroisse où naquit en 1665 votre ancêtre Jacques Guéret, il est communément appelé "Manoir du Montmirel". C'est une grosse bâtisse aux lignes sobres de pierres du pays. flanquée de deux tourelles de construction plus ancienne que la maison proprement dite. Sur le frontispice, malheureusement détérioré pendant la Révolution française, se lisent encore les armoiries des Méhérenc du Montmirel, qui étaient:

"D'argent au chef d'azur; l'écu supporté par deux lions d'or".


Guimont, Louis

VOTRE ANCETRE LOUIS GUIMONT PREMIER MIRACULE DE SAINTE-ANNE-DE-BEAUPRE SON MARTYRE AUX MAINS DES IROQUOIS

Votre ancêtre, Louis Guimont, a deux faits extraordinaires dans sa vie. Le premier miracle à Sainte-Anne-de-Beaupré fut accompli sur lui. De plus, Louis Guimont fut victime des Iroquois en des circonstances telles que son martyre ne diffère en aucune façon du martyre des pères Brébeuf, Lalemant et autres.

Voici en quels termes l'historien FailIon, dans le deuxième volume de son "Histoire de la Colonie Française en Canada", page 296, rapporte ce miracle qu'il a du reste extrait des archives de Sainte-Anne-de-Beaupré:

"Lorsqu'on commençait cette construction (chapelle de Sainte-Anne-de-Beaupré, printemps de 1658), un habitant de la côte de Beaupré, nommé Louis Guimont, affligé de douleurs de reins, mit, par un motif de dévotion, trois pierres dans les fondements, & soudain se trouva guéri."

L'abbé Faillon, racontant quelques autres miracles accomplis à Sainte-Anne-de-Beaupré, continue:

"Ces guérisons furent suivies de beaucoup d'autres non moins remarquables, opérées subitement dans la nouvelle église, & devinrent l'heureuse occasion qui accrédita la dévotion envers Sainte-Anne, & rendit célèbre ce lieu de pèlerinage dans tout le Canada."

Louis Guimont ne vécut que trois ans après sa guérison miraculeuse. Il périt victime des Iroquois, en héros chrétien. Au printemps de 1661, il fut fait, avec plusieurs autres Français, prisonnier des Agnier, reconnus pour être les plus cruels des Iroquois. Un de ses compagnons chargea le père Lemoyne d'envoyer aux Trois-Rivières une lettre dans laquelle il fait une peinture aussi naïve que touchante du supplice qu'il avait enduré avec ses compagnons. Cette lettre, dont nous parlent les "Relations des Jésuites", nous montre en même temps quel courage et quel esprit de foi animaient ces jeunes gens.

"Je ni ai presque plus de doigts", mandait-il à son ami, "ainsi ne vous étonnez pas si j'écris mal. J'ai bien souffert depuis ma prise; mais j'ai bien prié Dieu aussi. Nous sommes ici trois Français qui avons été tourmentés ensemble et nous nous étions accordés que pendant que l'on tourmenterait l'un des trois, les deux autres prieraient Dieu pour lui, ce que nous faisions toujours; et nous nous étions accordés aussi que pendant que les deux prieraient Dieu, celui qui serait tourmenté chanterait les litanies de la Sainte-Vierge, ou bien l'Ave Maris Stella ou le Pange Lingua; ce qui se faisait. Les Iroquois nous faisaient danser autour du feu pour nous faire tomber dedans; ils étaient autour du feu plus de quarante et nous jetaient à grands coups de pied, les uns vers les autres ... et après qu'ils nous avaient bien brûlés, ils nous mettaient dehors à la pluie et au froid. Je n'ai jamais ressenti si grande douleur, et ils n'en faisaient que rire. Nous priions Dieu de bon courage et, si vous me demandez si je n'avais point d'impatience, et si je ne voulais point de mal aux Iroquois, je vous dirai que non et que au contraire je priais pour eux. Connaissez-vous Louis Guimont, pris cet été? Il a été assommé de coups de bâtons et de verges de fer; on lui en a tant et tant donné qu'il est mort sous les coups; mais cependant, il ne faisait que prier Dieu; tellement que les Iroquois, enragés de le voir toujours remuer les lèvres pour prier, lui coupèrent toutes les lèvres hautes et basses. Que cela est horrible à voir; et néanmoins il ne laissait pas de prier; ce qui dépita tellement les Iroquois qu'ils lui arrachèrent le coeur de la poitrine encore tout vivant et le lui jetèrent au visage".

Votre ancêtre, Louis Guimont, premier miraculé de Sainte-Anne-de-Beaupré, était donc mort martyr en vrai héros chrétien.


Guion, Jean

VOUS DESCENDEZ DE JEAN GUION, SIEUR DU BUISSON

C'est en 1634 que l'émigration française commença pour ne plus s'interrompre et Jean Guion fit partie du premier groupe amené du Perche par Robert Giffard, premier seigneur de Beauport, et débarqué à Québec, le 4 juin 1634. Jean Guion portait le titre de "sieur du Buisson". C'était le nom d'un fief qu'il avait reçu de son seigneur. Dès son arrivée au pays, Jean Guion s'établit sur son domaine et se mit à défricher avec ardeur.

De son métier, Jean Guion était maçon, ce qui ne l'empêcha pas en outre de cultiver ses terres, d'agir comme notaire. C'est ainsi qu'il rédigea le premier contrat de mariage au pays, celui de Robert Drouin, ancêtre de l'auteur de votre travail généalogique.

Catholique fervent, Jean Guion, votre ancêtre, a son nom mêlé aux diverses oeuvres de charité du Canada naissant. Nous le voyons également participer à toutes les démonstrations religieuses.

Écoutons ce qu'en dit le Journal des Jésuites dans une note très intéressante concernant l'ordre à suivre durant la procession de la Fête-Dieu, en 1646.

Comme il semblait y avoir eu discussion de tous côtés, l'écrivain nous dit:

"Quelqu'un ayant fait souvenir qu'il fallait garder l'ordre de l'honneur des métiers, notre frère Liégeois ayant suggéré qu'il ne fallait point avoir égard du tout à l'honneur, mais que du reste ils s'accommodassent par entre eux, quelqu'un d'eux ayant dit qu'il fallait donc que les pères menassent leurs enfants, les deux plus vieux marchèrent les premiers, savoir: Zacharie Cloutier et Jean Guion".

Ce fut peut-être là la première reconnaissance officielle au droit de représentation d'un corps de métier à une fête publique à Québec. Suit l'ordre de la procession:

"Deux clochetes marchoient devant, puis la banniere; celuy qui la portoit avoit un chapeau de fleurs. La Croix suivoit portée par un ieune garçon de 20 ans en aube & lisets; à ses deux costés, deux enfants en surplis & lisets. Suivoient les torches, 6. en nombre pour la 1re fois; on destina pour les porter les metiers du pays, sçavoir: charpentiers, maçons, matelots, taillandiers, brasseurs & boulangers, ausquels ce coup on envoya la veuille des torches faites par nostre industrie & nostre cire, & ils les accomoderent de festons, & Iean Guion, maçon mit un escusson à la sienne où estoient les armes de son métier, marteau, compas & reigle......".

Le 30 juillet 1646, nous pouvons suivre votre premier ancêtre dans une visite au seigneur de Beauport, Robert Giffard. Il se rendit à la demeure seigneuriale afin d'y rendre foi et hommage, selon la vieille coutume féodale alors de mise, pour le fief dont il était propriétaire.

Le 18 octobre 1653, Jean Guion donnait à la charité de l'église Saint-Jean de Mortagne, au Perche, une maison et un jardin, à condition que lui et son épouse soient mis au nombre des bienfaiteurs.




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Hard, Marie-Anne

MARIE-ANNE HARD AIEULE ANGLO-AMERICAINE PRISONNIERE CONVERTIE

Marie-Anne Hard, née en Angleterre, en 1681, à Chitto, près de Douvres, était en Amérique, en Nouvelle-Angleterre, dès l'âge de onze ans.

A cette époque, entre 1690 et 1710, les colons de la Nouvelle-France étaient toujours en guerre contre les colons de la Nouvelle-Angleterre. Nos miliciens avaient pris la tactique de partir, durant l'hiver, en raquettes, accompagnés d'un certain nombre de Sauvages pour aller surprendre un ou plusieurs villages américains. Ils revenaient avec un riche butin et souvent ils ramenaient les enfants dont les parents avaient été tués dans la bataille. Votre aïeule, Marie-Anne Hard, fut faite prisonnière dans l'une de ces incursions.

Elle fut prise le 25 janvier 1692 par les sauvages Loups et amenée à Montréal. A son arrivée ici, elle fut adoptée par un colon important de Ville-Marie, Pierre Prudhomme, cultivateur et serrurier, fils d'un pionnier de Montréal. Baptisée deux ans plus tard, elle fut, par lui, élevée chrétiennement jusqu'à l'époque de son mariage à votre ancêtre, Sébastien Cholet.


Hébert, Augustin

AUGUSTIN HEBERT ET ADRIENNE DUVIVIER A VILLE-MARIE LE 18 MAI 1642 EN MEME TEMPS QUE M. DE MAISONNEUVE LEUR MONUMENT PLACE ROYALE

Augustin Hébert est remarquable pour avoir été, avec son épouse, Adrienne Duvivier, l'un des compagnons de M. de Maisonneuve en ce jour solennel du 18 mai 1642, lorsqu'il débarqua sur notre rivage, y assista à la primière messe et fonda Ville-Marie.

L'un des points les plus intéressants, pour ne pas dire le plus intéressant de tous, dans Montréal, au point de vue historique, est bien la PLACE ROYALE. Au centre, on remarque un bel obélisque, élevé par les soins de la "Société Historique de Montréal".

Sur les faces de cet obélisque sont gravées des inscriptions très intéressantes au point de vue historique. Disons de suite que ces inscriptions nous apprennent que c'est à quelques pas de cet endroit que M. de Maisonneuve débarqua en 1642 avec environ 18 compagnons, et qu'il y fit célébrer la première messe, et que vos ancêtres, Augustin Hébert et Adrienne Duvivier, étaient de ses compagnons.

Nous lisons d'abord sur la face côté sud, côté du fleuve, côté qui regarde l'endroit où a été célébrée la première messe:

"Le 18 mai 1642, près de cet obélisque, entre le fleuve et la rivière qui coule sous la rue des Commissaires à l'endroit appelé Place Royale par Champlain, Paul de Chomedy de Maisonneuve jeta les fondements de la ville de Montréal."

"Il érigea les premières habitations, le fort, la chapelle, le cimetière, qu'il renferme dans une enceinte de pieux."

"Le 23 février 1642, Montréal avait été consacrée à la Saint-Vierge sous le nom de Ville-Marie."

Sur la face côté ouest sont gravés les noms des premiers colons de Montréal:

Nous y voyons entre autres, gravés sur ce monument, les noms de : Jeanne Mance, Augustin Hébert, Adrienne Du Vivier, Nicolas Godé, Françoise Gadois, Louis D'Ailleboust, Françoise Godé, Gilbert Barbier, César Léger, etc ...

Sur la troisième face, côté est, on voit le pourquoi de l'érection de cet obélisque:

"Le 18 mai 1893, ce monument a été érigé par "La Société Historique de Montréal" à la mémoire des généreux fondateurs de cette ville et des premiers colons arrivés ici en 1642."

"Ce que vous voyez ici n'est q'un grain de sénevé, mais ... je ne doute nullement que ce petit grain ne produise un grand arbre, qu'il ne fasse un jour des progrès merveilleux, ne se multiplie et ne s'étende de toute part."

"Paroles adressées aux colons par le R. P. Vimont, le 18 mai 1642."

"Ce projet de Montréal pourra être, un temps à venir, une grande gloire à Dieu, l'honneur de l'Église et une grande utilité à ce Royaume."
"(Paroles de M. Olier)."


Hébert, Louis

LOUIS HEBERT LE CELEBRE PREMIER COLON CANADIEN VOTRE ANCETRE

Louis Hébert est le chef de la première famille établie à Québec, "le premier colon canadien". La vie de Louis Hébert fait partie de l'histoire du pays. C'est lui qui après Champlain prit la plus grande part à l'établissement de Québec.

Louis Hébert, comme premier colon de Québec, avait devancé les Récollets dans ce lieu, non en élevant des bâtiments, mais en y défrichant des terres sur lesquelles il avait dessein de s'établir.

Voici ce que l'historien Faillon, dans son " Histoire de la Colonie Française en Canada", nous dit de ce personnage célèbre que vous comptez parmi vos ancêtres.

"Par suite d'un calcul misérable pour ne pas dire cruel, les diverses sociétés des marchands qui étaient allées s'établir à Québec n'y avaient pas défriché, après vingt-deux ans, un arpent et demi de terre, au témoignage de Champlain, et n'avaient jamais voulu donner aux habitants le moyen de cultiver des terres.

"L'un de ces habitants, Louis Hébert, obtint cependant, peu après son arrivée, une concession de terre où il entreprit le défrichement pour y semer le printemps suivant: Hébert qui possédait dix arpents, était le seul qui put se maintenir avec sa famille.

"Ce fut, sur les instances de Champlain que, l'année 1617, Louis Hébert se détermina à passer au Canada avec sa famille. Peut-être que, pour faire consentir plus aisément les associés à recevoir ce premier colon, Champlain leur allégua un autre motif d'utilité publique plus propre à faire impression sur ces marchands intéressés; car Hébert était apothicaire et pouvait se rendre utile aux employés de ces messieurs. Hébert justifia les espérances de Champlain en s'appliquant, le premier en Canada, à l'agriculture."

Sur la concession de terre qu'il avait obtenue, votre ancêtre, Louis Hébert, se construisit un humble logis: la base de cette construction était en pierre et le pignon en bois. Une intéressante gravure reproduite dans ce volume nous représente d'abord "l'Habitation" construite par les différentes compagnies. Nous voyons de plus, ce qui nous intéresse tout spécialement, la maison de votre ancêtre, Louis Hébert, sur la falaise.

Parlant du pionnier Louis Hébert, votre ancêtre, reprenons les mots d'un historien:

"On peut l'appeler l'Abraham de la colonie, le père des vivants et des croyants, puisque sa postérité a été si nombreuse, qu'elle a produit quantité d'officiers, de robe et d'épée, de marchands habiles pour le négoce, de très dignes ecclésiastiques; enfin un grand nombre de colons chrétiens dont plusieurs même ont beaucoup souffert et d'autres ont été tués par les sauvages, pour les intérêts du pays."

Hébert compte parmi ses nombreux descendants quelques-unes des plus illustres familles du Canada; Joliette, De Léry, De Ramesay, Fournier, et de non moins illustres personnes, Monseigneur Taschereau, Monseigneur Blanchet, Monseigneur Taché.

On a célébré, en 1917, à Québec, avec grand éclat le troisième centenaire de l'arrivée au pays de votre ancêtre, Louis Hébert ; on invita ceux qui étaient ses descendants à assister à la fête. On lui a érigé à Québec en cette occasion un superbe monument que ses descendants (et particulièrement vous-même) ne doivent pas ignorer: voilà pourquoi nous le reproduisons ici.


Hertel, François

LE COURAGEUX ET VAILLANT FRANCOIS HERTEL ANOBLI PAR LE ROI DE FRANCE

François Hertel, Sieur de La Frenière, a laissé son nom dans l'histoire du Canada pour la bravoure et le courage dont il fit preuve.

Amené prisonnier au pays des Agniers en 1661, puis rendu à la liberté, il se dépensa ensuite sans compter pour la colonie. Il se fit surtout remarquer par ses hautes qualités militaires lors des batailles de Salmon Falls et de Casco contre les Anglais.

C'est en récompense de tous ces services, que le Roi de France l'anoblit en 1716. Les lettres de noblesse qui lui furent concédées étaient "pour la postérité et lignée nez et à naistre en loyal mariage". Elles lui conféraient en outre les armes suivantes: "De sinople, à la herse d'or".

Belle famille à laquelle vous devez vous enorgueillir d'appartenir.


Houallet, René

LE PARISIEN RENE HOUALLET L'UN DE VOS AIEUX

René Houallet, fondateur de la famille Ouellet au Canada, naquit en 1635, à Paris, paroisse Saint-Jacques-du-Haut-Pas, Île-de-France, du mariage de François Houallet et d'Elisabeth Paré.

Le 8 mars 1666 à Québec, votre ancêtre épousait Anne Rivet, jeune veuve originaire de Saint-Gervais-de-Sées, Normandie.

Après son mariage, René Houallet s'établit à l'île d'Orléans sur une terre que lui concéda Mgr de Laval, seigneur de l'île, le 6 février 1673.

Anne Rivet étant décédée au mois d'avril 1675, René Houallet se remaria le 6 février 1679, à Québec, avec Thérèse Mignot, veuve de Nicolas Lebel.

C'est en qualité de paroissien de la Rivière-Ouelle que René Houallet se signala en 1690, avec quatre fils issus de son premier mariage, dans un fait d'armes historique, dont vous pouvez lire le récit dans ce volume.

René Houallet vécut jusqu'à l'âge avancé de 87 ans et eut ainsi la joie de connaître de nombreux petits-enfants. Thérèse Mignot survécut six ans à son mari et fut inhumée à Kamouraska le 5 décembre 1728.

La terre que se fit concéder René Houallet à son arrivée dans le comté actuel de Kamouraska s'est transmise de génération en génération dans la famille Ouellet.

Quatre fils de René Houallet parvinrent à l'âge d'adulte et se marièrent, trois du premier mariage et un du second.

Ils se divisèrent en deux groupes. Mathurin, l'aîné des quatre, alla s'établir à Kamouraska; les trois autres restèrent établis à Sainte-Anne-de-la-Pocatière. lis eurent tous quatre de nombreuses familles et les deux groupes couvrirent bientôt la Rivière-Ouelle qui les séparait, n'en formant bientôt qu'un seul s'étendant sur toute la rive sud, de Montmagny jusqu'à Rimouski.


Houde, Louis

QUAND LOUIS HOUDE BATISSAIT LES MAISONS...

On peut voir encore dans notre Province des maisons qui datent du dix-septième siècle. Elles sont en même temps qu'un souvenir du passé, un hommage aux maçons qui les édifièrent solides et durables. Votre ancêtre Louis Houde peut être compté parmi ces bâtisseurs de talent.

Louis Houde naquit à Manou, dans la province française du Perche. Dès 1647, nous le trouvons au Canada. Huit ans plus tard il épousait Madeleine Boucher.

Bien qu'à la tête d'une ferme assez importante (17 arpents en 1667), Louis Houde était avant tout maçon. Dans ce pays nouveau, le travail ne manquait pas pour un bâtisseur. Les matériaux non plus. Les grandes forêts fournissaient les bois nécessaires à la construction: le pin, le sapin et le chêne étaient les arbres préférés. Les cailloux de granit, partout en abondance, faisaient de l'excellente pierre à bâtir et l'ardoise bleue assurait la qualité de la toiture. Les maçons pouvaient donc travailler sans crainte de manquer de matériaux.

Louis Houde, qui avait appris son métier en France, dut bientôt se rendre à l'évidence que les procédés de construction ne devaient toutefois pas être les mêmes au Canada que dans son pays natal. Il fallait compter avec les effets destructeurs du gel, de la neige persistante et du vent glacial laurentien. Comme ses compagnons, il adopta donc dans son travail des procédés ingénieux et efficaces qui ont contribué à donner à notre architecture domestique un aspect typiquement régional.

Le plan sur lequel les maçons construisaient leurs maisons était simple et presque toujours le même. La "maison type" comportait une grande salle, généralement orientée vers le sud-est. C'était la salle familiale qui servait de cuisine et de salle à diner. Une grande cheminée assurait le chauffage, et bien souvent par les longues soirées d'hiver l'éclairage de cette pièce. Les ou la chambre à coucher étaient disposées soit au dessus, soit à côté de la salle familiale. Grâce à leurs murs très épais, ces maisons étaient malgré tout assez confortables. L' hiver elles conservaient la chaleur, et l'été la fraîcheur.

Partagé entre l'entretien de sa ferme et ses obligations de maçon, votre ancêtre n'avait pas une minute à perdre. Les archives de l'époque contiennent traces de ses nombreuses transactions, et nous donnent l' impression d'un homme vraiment occupé.

De son mariage avec Madeleine Boucher, Louis Houde eut treize enfants. Il a laissé une très nombreuse descendance sous les noms de Houde, Houd, Houle, Oule, Houlle, Desrochers, Clair, Leclair et Leclerc.




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Jetté, Louis-Amable

LE LIEUTENANT-GOUVERNEUR SIR LOUIS-AMABLE JETTE UN PARENT DONT VOUS DEVEZ ETRE FIER

Sir Louis-Amable Jetté naquit le 15 janvier 1836. Il fit ses études secondaires au collège local et son cours de droit à Laval; en 1857, il se fit inscrire au barreau du Bas-Canada, et exerça sa profession à Montréal. En 1870, il s'y distingua comme criminaliste au retentissant procès Guibord. Candidat aux Communes en 1872, Jetté triompha à Montréal avec une forte majorité de son rival, sir G.-E. Cartier; en mai 1878, il déclina le portefeuille de la justice. Le 2 septembre suivant, on le nomma juge de la Cour supérieure et professeur de droit civil à l'Université Laval, dont il devenait le doyen en 1890.

Démissionnaire du Banc le 20 janvier 1898, il fut promu lieutenant-gouverneur de la Province jusqu'en 1903; puis, pour un second terme, jusqu'au 17 septembre 1908. Le 16 novembre 1909, il était nommé juge en chef de la Cour du Banc du Roi; puis, il devenait à ce titre administrateur provincial, du 10 novembre 1909 au 10 avril 1911.

Les armes de Sir Louis-Amable Jetté étaient: "D'azur , au cygne d'argent nageant sur une mer du même, surmonté de deux étoiles d'or en chef".


Juchereau, Nicolas

NICOLAS JUCHEREAU CONTEMPORAIN DE CHAMPLAIN LE ROI LUI ACCORDE DES LETTRES DE NOBLESSE

La famille Juchereau, contemporaine de Champlain, a été mêlée aux plus grands évènements de l'histoire du Canada. Elle est une de nos plus belles et plus remarquables familles nobles canadiennes, et c'est pour vous un honneur que de pouvoir prouver que vous en descendez directement.

Amant de la terre, membre du Conseil Souverain de la Nouvelle-France, votre ancêtre Nicolas Juchereau était avant tout un militaire éprouvé. Il se dépensa sans ménagement pour le bien de la colonie, et son plus bel exploit fut sans aucun doute l'héroïque résistance qu'il opposa aux Anglais en 1690 à Québec.

C'est précisément en récompense de ces nombreux services que le Roi Louis XIV accorda des lettres de noblesse à Nicolas Juchereau. Comme toutes celles qui furent concédées par les Rois de France, ces lettres de Noblesse étaient "pour la postérité et lignée nez et à naistre en loyal mariage".

Puisque vous êtes de la postérité et lignée de Nicolas Juchereau, vous pouvez vous réclamer de son sang noble, et briser votre écu de ses armes qui étaient: "De gueules à une tête de Saint Denis d'argent".


Juillet, Blaise

UN DE VOS ANCETRES COMPAGNON DE DOLLARD DES ORMEAUX BLAISE JUILLET

Vous avez l'insigne honneur de compter parmi vos ancêtres un des braves compagnons de notre héros canadien, Adam Dollard des Ormeaux.

Au mois d'avril 1660, Dollard des Ormeaux conçoit le projet d'aller porter la guerre à l'ennemi au-dessus de Montréal, ce qu'on n'avait point encore tenté. Il en reçoit la permission du gouverneur de l'île et il embauche un certain nombre de jeunes gens, 19, avec lui-même 20 en tout. Blaise Juillet était au nombre de ces jeunes gens.

L'entreprise est hasardeuse et ceux qui y prennent part font "le pacte de ne pas demander quartier" se confessent et communient et décident tous de faire leur testament.

Blaise Juillet avait trente-deux ans.Il avait quatre enfants: Mathurine, 8 ans, Marie, 6 ans, Charles, 4 ans, Louis, 2 ans.

Le 19 avril, nos braves se mettent en route. L'expédition est à peine rendue à une île qui est probablement l'île Saint-Paul qu'elle vient en contact avec une bande d'Iroquois. Après un court engagement, 11 ennemi s'enfuit mais trois Français y trouvent la mort: Duval, Soulard et votre ancêtre, Blaise Juillet.

Ils étaient les trois premiers à consommer leur sacrifice et à mettre à exécution le pacte qu'ils avaient fait de mourir, s'il le fallait, pour sauver la colonie. Leurs compagnons continuèrent leur voyage sans être découragés, et le 21 mai, au Long-Sault, ils tombaient à leur tour, chrétiennement et glorieusement.

Des héros du Long-Sault, votre ancêtre, Blaise Juillet, est à peu près le seul qui ait laissé des descendants.

Il y a quelques années, on a élevé sur les bords de la rivière Outaouais un monument à l'endroit de ce combat héroïque; c'est un descendant de Blaise Juillet, par conséquent un de vos parents, qui dévoila le monument à la cérémonie de l'inauguration, Chaque année, au mois de mai, on organise un pèlerinage à cet endroit.




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Labelle, Antoine - (Le Curé Labelle)

VOTRE COUSIN LE CURE LABELLE "LE ROI DU NORD"

Le "Curé Labelle" ou le ''R0i du Nord": voilà les appellations désignant votre cousin qui fait le sujet du présent chapitre.

Antoine Labelle, né à Sainte-Rose, en 1834, fit ses classiques à Ste-Thérèse. Ordonné prêtre, en 1856, il fut nommé vicaire au Sault-au-Récollet (1856-59) et à St-Jacques-le-Mineur (1859-60); ensuite, curé de St-Antoine (1860-63), de Lacolle (1863-68), de St-Jérôme (1868-91). Apôtre-colonisateur, le Curé Labelle travailla activement et efficacement à la tâche ardue de la colonisation de la région dite Labelle qui perpétue son nom. En 1889, le Pape l'éleva à la dignité de protonotaire apostolique. En 1888, le cabinet Mercier l'avait nommé assistant commissaire de l'Agriculture et Colonisation. Votre cousin, universellement estimé, mourut des suites d'une opération chirurgicale, le 4 janvier 1891. Pour bien faire saisir toute la valeur de cette éminente personnalité, nous citerons les mots d'un touriste français traversant le Canada à l'époque du Curé Labelle:

"Trois choses m'ont tout particulièrement étonné en parcourant le Canada: les chutes Niagara, la foi du peuple et le Curé Labelle."

Une de nos routes provinciales, à la sortie du pont de Cartierville, direction nord, porte le nom de "Boulevard Curé Labelle" en souvenir de votre cousin.


Lalonde, Jean

JEAN LALONDE TUE PAR LES IROQUOIS SES OSSEMENTS RETROUVES APRES 179 ANS

Votre ancêtre, Jean Lalonde, sacrifia sa vie dans la lutte contre les Iroquois. Tué dans une bataille, le 30 septembre 1687, avec neuf autres Français, il fut inhumé à la Baie d'Urfé, proche du lieu destiné pour bâtir l'église (registres de Lachine - 1687).

Des squelettes humains ayant été retrouvés, sur les bords du lac St-Louis, information en fut donnée au curé du lieu, M. l'abbé Chèvrefils, qui voulut de suite s'intéresser à faire toutes les recherches propres à découvrir les noms, les âges et l'époque de la sépulture des personnes dont on venait de retrouver les restes. Sur l'un des squelettes se trouvait un crucifix qui, par le travail du temps, portait le cachet d'une longue existence. Cet objet religieux prouvait que les restes déposés en ce lieu étaient évidemment ceux de quelques chrétiens.

M. le curé Chèvrefils ne put découvrir aucun document à la paroisse Sainte-Anne-du-Bout-de-l'Île de Montréal, mais trouva tous les détails consignés dans les registres de Lachine, en 1687.

Les dix personnes inhumées en ce lieu étaient des Français massacrés en 1687 par les Iroquois et qu'un prêtre missionnaire, M. l'abbé d'Urfé, Sulpicien, avait inhumé proche du lieu destiné pour bâtir l'église Sainte-Anne.

Ayant reçu cette information, le curé de Sainte-Anne recommanda le dimanche suivant aux prières de ses paroissiens les défunts, donnant les noms, les âges et même la date de sépulture de chacun d'eux et leurs cendres réunies dans une même tombe furent transportées dans l'église Sainte-Anne, où après un service solennel elles reçurent de nouveau la sépulture ecclésiastique en présence de tous les paroissiens qui comptaient des ancêtres parmi ces infortunées victimes.

C'est dans les registres de Lachine, année 1687, que nous avons trouvé les actes de sépulture des personnages dont suivent les noms. Le quatrième mentionné est votre ancêtre, Jean Lalonde:

Claude De la Mothe âgé de 40 ans
Jean Bte LeSueur âgé de 21 ans
Louis Jets âgé de 24 ans
Jean De Lalonde âgé de 47 ans
Pierre Perthuis âgé de 24 ans
Pierre Petiteau âgé de 20 ans
Pierre Camus âgé de 21 ans
Jean Vincent âgé de 45 ans
Pierre Bonneau âgé de 38 ans
Henri Fromageau âgé de 27 ans


Langelier,
François-Charles-Stanislas

SIR FRANCOIS-CHARLES-STANISLAS LANGELIER UN HOMME DE LOI

Votre parent Sir François-Charles-Stanislas Langelier naquit à Sainte-Rosalie, comté de Bagot, le 24 décembre 1838. Jeune encore, il entra au séminaire de Saint-Hyacinthe, y parcourut le cycle du cours classique, fit choix de la carrière légale, étudia le droit à l'Université Laval, où il obtint les diplômes de bachelier et de licencié en droit, en 1860.

En 1863, on le nomma professeur de droit romain à Laval; et, peu de temps après, de droit civil. En 1878, le gouvernement provincial lui conférait le titre de Conseil de la Reine et, en 1880, le marquis de Lorne le confirme en cette distinction. En 1887, le barreau québecois le choisit pour son bâtonnier, et de la Province, quelques jours après. M. Langelier a occupé d'importantes positions: vice-président du Barreau canadien (1897); maire de Québec (1882-90). En 1898, Langelier fut promu juge de la Cour supérieure et devint en 1906 juge en chef suppléant; en 1903, il est administrateur de la Province. Il fut nommé lieutenant-gouverneur, le 5 mai 1911 jusqu'à son décès, le 8 février 1915.

Sir François-Charles-Stanislas Langelier avait les armes parlantes suivantes: "D'or à l'ange de carnation lié d'azur, au chef de gueules chargé de trois feuilles d'érable d'or et soutenu d'hermine."


Langevin, Mathurin

VOTRE ANCETRE MATHURIN LANGEVIN SON ACTE DE BRAVOURE REMARQUABLE COIN LAGAUCHETIERE ET ST-ANDRE

Mathurin Langevin dit Lacroix, fondateur de la famille Langevin dit Lacroix, votre ancêtre, arrivé au Canada, en 1653, avec une célèbre recrue de colons, avait reçu de M. de Maisonneuve une terre dans l'île de Montréal, à la côte Saint-Louis, en 1654. Le terrier du Séminaire de St-Sulpice de Montréal nous apprend que cette terre de Mathurin Langevin serait aujourd'hui située entre les rue St-Hubert et Amherst, dans la Métropole.

Au mois de mai 1662, votre ancêtre, Mathurin Langevin, fut le héros d'un fait d'armes qui est passé à la postérité et que les historiens relatent dans leurs écrits.

Bien plus, la Société Historique de Montréal a jugé à propos de souligner ce fait d'armes d'une manière toute spéciale et, à cette fin, elle a fait frapper une plaque de marbre qu'elle a fixée au coin nord-ouest des rues Lagauchetière et St-André, dans la ville de Montréal.

Cette plaque, que nous sommes allés photographier à votre intention, relate qu'en cet endroit, en l'année 1662, quatre Français tinrent tête à cinquante Iroquois et protégèrent ainsi toute la colonie de Ville-Marie. On ne voit que trois noms sur la plaque, ceux d'Etienne Truteau et de ses compagnons Roulier et Langevin. C'est que le quatrième, pris de frayeur à la vue de l'ennemi, essaya de fuir; ses compagnons le ramenèrent rudement au devoir; mais comme il avait manqué de courage, on ne crut pas devoir joindre son nom à ceux des trois braves.

L'abbé Faillon, dans son "Histoire de la Colonie Française en Canada", volume Il, pages 518 et 519, nous raconte l'acte de bravoure accompli par votre ancêtre, Mathurin Langevin, et ses deux compagnons Truteau et Roulier, le 6 mai 1662. Citons l'abbé FailIon:

"Le 6 mai, cinquante de ces barbares, venus pour surprendre quelques-uns des hommes de Sainte-Marie, se cachèrent dans les bois voisins, & y restèrent tout ce jour, en attendant le moment de fondre sur ceux des travailleurs qu'ils pourraient trouver à l'écart. Le soir de ce même jour, après que les hommes se furent retirés du travail pour retourner à Sainte-Marie, il arriva que trois de ces braves, Truteau, Roulier & Langevin, étaient encore au chantier, où il ne restait plus qu'eux & un nommé Le Soldat, posté en sentinelle dans un méchant trou qui méritait à peine le nom de redoute. Ces trois hommes, regagnant enfin eux-mêmes la maison, étaient arrivés près de cette redoute, lorsque tout à coup les cinquante Iroquois, restés cachés jusqu'alors à la distance d'une portée de fusil ou environ, se lèvent sans bruit & courent sur eux, afin de les prendre vivants pour les mener prisonniers dans leurs bourgades.

"Dans ce même moment, l'un des trois braves, levant la tête & les apercevant, s'écrie: "Aux armes! voici les ennemis sur nous". Aussitôt chacun prend son fusil; & la sentinelle, qui s'était endormie, réveillée par ce cri d'alarme, commence, au contraire, à prendre la fuite. Les Iroquois, se voyant déçus dans leur attente, font sur les nôtres une décharge à brûle-pourpoint; mais les trois Français, sans avoir été atteints par cette grêle de balles, quittent aussitôt les champs où ils se trouvaient encore & courent à toutes jambes pour se jeter dans la redoute. Le Sieur Truteau, d'une grande taille, très fort et d'un courage à toute épreuve, rencontrant la sentinelle qui fuyait, la fait entrer dans la redoute à coups de pied & à coups de poing, lui reprochant son indigne lâcheté, & produit sur elle une si efficace impression, qu'il semble lui rendre le courage. Alors commence, d'une part, l'attaque la plus vive &, de l'autre, la résistance la plus vigoureuse: les Iroquois faisant sur la redoute de furieuses décharges & les assiégés répondant de leur côté, avec une confiance intrépide & toujours avec dommage pour les Iroquois qui, après avoir tiré sur la redoute deux ou trois cents coups de fusil, n'eurent d'autre avantage que d'avoir coupé en deux le fusil de Roulier."

"M. de Bélestre, entendant la fusillade, sort au plus vite de Sainte-Marie, avec tout ce qu'il peut y conduire d'hommes, pour dégager les assiégés; & chemin faisant il rencontre les travailleurs dont une partie fuyait & l'autre courait vers la redoute. Il arrête les fuyards, leur reproche une conduite si indigne des hommes de Sainte-Marie & les conduit tous avec lui au combat. Dès leur arrivée, ils commencent à répondre aux ennemis en faisant sur eux leurs décharges & en s'efforçant de les investir. Mais les Iroquois, s'apercevant qu'on allait leur couper le passage, s'enfuirent aussitôt dans les bois, emportant avec eux leurs blessés."

C'est sur la terre concédée à votre ancêtre, Mathurin Langevin, que se passa l'acte de bravoure que nous venons de relater au cours duquel le propriétaire de cette terre se distingua d'une façon toute particulière.


Langlois, Honoré

COMMENT HONORE LANGLOIS DE QUEBECOIS DEVINT MONTREALAIS

Honoré Langlois dit Lachapelle était originaire de Paris. Venu à Québec vers la mi-été de 1651, il y séjourna à peine quelques mois. En effet Paul de Chomedey de Maisonneuve, gouverneur de Montréal, de retour de Paris où il était allé demander des secours pour sa colonie, séjourna quelque temps à Québec. Après bien des pourparlers, Jean de Lauzon, gouverneur-général de la Nouvelle-France lui promit un renfort de dix soldats. Ceux-ci partis peu de temps après arrivèrent à Montréal, le 10 décembre. D'après Dollier de Casson, ils étaient dans un tel état de pénurie, qu'on les prenait pour des spectres vivants qui venaient, tout squelettes qu'ils étaient, affronter les rigueurs de l'hiver. L'un de ces dix soldats était votre ancêtre, Honoré Langlois dit Lachapelle.

Quelques années plus tard, votre ancêtre fut sans doute démobilisé, puisqu'on le voit exercer le métier de chapelier. Il s'établit bientôt à la Pointe-aux-Trembles où il avait reçu une concession de Taillant. Il y vécut entouré de l'estime générale et en 1690 fut même élu marguillier.


Langlois, Noël

NOEL LANGLOIS GRAND DEFRICHEUR ET CITOYEN EXEMPLAIRE

C'est à Saint-Léonard-des-Parcs, en Normandie, croit-on, que naquit Noël Langlois, l'un de vos ancêtres. il semble qui il vint au pays avec Champlain, en 1633, lorsque celui-ci revint prendre de nouveau possession de Québec, après le traité de Saint-Germain-en-Laye.

Votre ancêtre s'établit à la côte de Beauport, où, en 1637, le seigneur Giffard lui fit une concession. Noël Langlois et Françoise Grenier son épouse élevèrent une nombreuse famille. Leurs trois fils prirent chacun un nom différent. Jean prit le nom de Boisverdun et s'établit dans l'Île d'Orléans. Un autre Jean garda le nom de Langlois et, après avoir vécu à Beauport, alla demeurer au Cap-Saint-Ignace. Enfin le troisième fils, Noël, s'établit à Beauport et prit le surnom de Traversy.

Dès 1667, Noël Langlois avait soixante arpents de défrichés sur sa terre, ce qui était une étendue vraiment remarquable à cette époque. Après une vie de labeur, Noël Langlois décéda le 14 juillet 1684, et fut inhumé à Beauport le lendemain.

A cette date. on lit ce qui suit dans les registres de cette paroisse:

" Noël Langlois âgé d'environ 80 ans et plus ancien habitant du pays, décédé le jour de devant dans la piété chrétienne après avoir reçu les sacrements de l'Église et mené une vie exemplaire avec l'approbation de toute la paroisse."

On ne saurait faire un plus bel éloge de votre ancêtre.


Laurier, Wilfrid

WILFRID LAURIER CELEBRE HOMME D'ETAT CANADIEN VOTRE PARENT

Wilfrid Laurier naquit à Saint-Lin, comté de l'Assomption, le 20 novembre 1841, du mariage de Carolus Laurier, arpenteur, et de Marcelle Martineau. On le mit d'abord à l' école du village, puis à celle de New-Glasgow, village voisin, afin de l'initier à la langue anglaise qu'il devait manier plus tard avec tant d'élégance.

De 1854 à 1861, il fit ses études classiques au collège de l'Assomption et s'y distingua par ses succès, son talent oratoire et ses bonnes manières. En 1861, il entra à la faculté de droit de l'Université McGill de Montréal et fit sa cléricature dans l'étude de Rodolphe Laflamme, célèbre avocat de cette époque. En 1864, il était admis au Barreau.

Le démon du journalisme envahit le jeune avocat qui, en société avec P.-J. Guay, ne tarda pas à acheter, en 1870, "Le Défricheur" d'Éric Dorion, journal auquel il avait collaboré ainsi qu'à son prédécesseur, "L'Union Nationale". C'est à Arthabaska que parut son journal.

En juin 1871, Wilfrid Laurier commença sa carrière politique en se faisant élire à l' Assemblée législative comme député libéral. Trois ans plus tard il résigna son mandat et se porta candidat aux Communes. Ses talents incontestables lui valurent l'honneur d'être appelé à faire partie du cabinet Mackenzie dès 1877. On lui confia le porte-feuille du Revenu et de l'Intérieur. Un an plus tard le gouvernement était renversé.

A partir de ce moment Wilfrid Laurier se distingua dans les rangs de l'opposition et en particulier dans l'affaire Letellier de St-Just, dans celle du scandale du Pacifique et celle de la prétendue insurrection de Riel dans l'Ouest. En 1887, Blake, chef du parti libéral ayant démissionné, Wilfrid Laurier fut désigné à ce poste. Neuf ans plus tard, à la suite des élections de 1896 votre célèbre cousin était appelé à diriger le gouvernement du Dominion.

Dès lors Wilfrid Laurier devait gouverner le Canada sans interruption jusqu'en 1911. C'est ainsi qu'il fut réélu en 1904 et en 1908. En septembre 1911 son gouvernement fut défait, mais il fut lui-même réélu dans son comté.

Parmi les principaux accomplissements politiques de son ministère il faut signaler les suivants: le règlement plus ou moins satisfaisant de la question des écoles du Manitoba, l'établissement d'un tarif préférentiel pour le Royaume-Uni, l'envoi d'un contingent de volontaires en Afrique-Sud pour combattre les Boers aux côtés de l'armée anglaise, la construction d'un chemin de fer transcontinental, la création des provinces de la Saskatchewan et de l'Alberta, l'augmentation de l'indemnité parlementaire, la loi de l'observance du dimanche, la création du ministère du Travail, l'établissement de la pension de vieillesse et une politique d'immigration intense.

Les principales causes de la chute de Laurier furent l'envoi d'un contingent en Afrique-Sud, politique qui lui fit perdre trois précieux partisans: Bourassa, Monette et Tarte; son projet d'une marine canadienne et enfin celui d'un tarif de réciprocité avec les Etats-Unis.

Après sa défaite Laurier demeura chef de l'opposition jusqu'à sa mort survenue le 17 février 1919. On lui fit des funérailles d'Etat.

En 1897, Laurier fut créé baronnet par la reine Victoria et porta dès lors le titre de Sir jusqu'à sa mort. Il fit plusieurs voyages en Angleterre et en France et fut reçu avec de grands honneurs. Sa parfaite maîtrise des deux langues, son incontestable talent oratoire, la dignité de son maintien et de son langage et la noblesse de ses manières lui valurent le respect universel des Canadiens et l'idolâtrie de ses compatriotes.


de La Vergne, François

LA FAMILLE DE LA VERGNE UNE VIEILLE FAMILLE NOBLE FRANCAISE

François de La Vergne, votre ancêtre, vint au Canada vers 1669. Fils de François de La Vergne, sieur du Pescher, et de Guillemette Perronne, il appartenait à une vieille famille française d'ancienne noblesse, dont la filiation s'établit à partir de Raymond de La Vergne qui épousa le 30 novembre 1433 Antoinette d'Alzac.

Quoique de bonne souche, les de La Vergne n'étaient pas riches et il n'est donc pas étonnant que le jeune François soit venu tenter l'aventure en Nouvelle-France.

François de La Vergne se maria trois fois. Il épousa d'abord à Québec, en 1671, Françoise Le François. Devenu veuf, il se remaria le 10 septembre 1702 avec Jeanne Chartier. En troisièmes noces enfin il épousait Renée Biret, le 15 avril 1709.

Les armoiries de la famille de La Vergne se blasonnaient: "D'azur à trois cygnes d'argent".

Vous pouvez reprendre pour votre propre compte les armoiries de vos ancêtres de La Vergne et les faire figurer dans votre blason, montrant ainsi la légitime fierté que vous ressentez de descendre d'une famille aussi ancienne.


Leblanc, Pierre

LE LIEUTENANT-GOUVERNEUR SIR PIERRE-LAURENT-DAMASE-EVARISTE LEBLANC VOTRE PARENT

Sir Pierre-Laurent-Damase-Evariste Leblanc naquit à Saint-Martin de l'Ile-Jésus, le 10 août 1853. Il fit ses études à l'école normale Jacques-Cartier de Montréal et son cours de droit à l'Université Laval. Admis au barreau le 1er juillet 1879, il se porta candidat aux élections de l'Assemblée législative dans le comté Laval, le 30 octobre 1882; mais son élection fut contestée et annulée. Réélu le 14 juillet 1886, son élection fut de nouveau annulée; mais du 12 mai 1888 à 1904, il représenta sans répit le comté, devenant président de la Chambre à plusieurs reprises. Le 9 février 1915, il fut nommé lieutenant-gouverneur de la Province de Québec jusqu'à son décès, le 18 octobre 1918. En 1910, il avait été décoré du titre de commandeur de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-George. Il avait épousé, le 12 janvier 1886, Hermine, fille de Théodore Beaudry et de Catherine Vallée, qui lui a donné un fils, le capitaine Leblanc, du régiment des dragons, et deux filles, l'une Mme de Coster de Buenos-Ayres, et l'autre épouse de M. Arthur Pérodeau.

Les armes de Sir Pierre-Laurent-Damase-Evariste Leblanc étaient: "D'or, au chevron de gueules; au chef d'azur chargé d'une étoile d'argent."


Le Boulanger, Pierre

PIERRE LE BOULANGER DE ST-PIERRE NOBLE ET CHICANIER PERSONNAGE

Pierre Le Boulanger de St-Pierre naquit en 1632, à Saint-Martin-du-Pont, à Rouen. Sa vie fut très active et remplie d'incidents.

Il avait à peine huit ans lorsque la maison qu'habitait sa famille passa au feu. Sa mère et trois de ses frères et soeurs furent brûlés vifs. Cette catastrophe eut sans doute beaucoup d'influence sur son caractère et sur le cours de sa vie.

Vers 1661, votre ancêtre vint s'établir au pays. Il travailla d'abord à Québec pour Claude Charon, sieur de la Barre, marchand, puis à la suite de démêlés judiciaires avec celui-ci, il changea de patron et s'en fut travailler pour Charles Cloutier. Ce fut sans doute son premier procès, mais ce ne devait pas être le dernier.

A l'expiration de son engagement, votre ancêtre alla s'établir au Cap-de-la-Madeleine où il tint commerce tout en y défrichant une terre. On le désignait alors sous le nom de Pierre de St-Pierre, marchand et bourgeois, caporal dans la garnison des Trois -Rivières.

En 1677, Pierre Le Boulanger de St-Pierre épousait Marie-Renée Godfroy de Linctôt, fille de Jean-Baptiste Godfroy de Linctôt et de Marie Le Neuf du Hérisson, tous deux d'origine noble.

Votre ancêtre était d'esprit chicanier. Il serait trop long de raconter ici tous les démêlés judiciaires de sa carrière. Citons cependant sa poursuite contre l'un de ses serviteurs, (il en avait quatre) accusé d'avoir battu son maître jusqu'au sang; sa longue chicane avec le notaire Adhémar; ses innombrables procès contre ses débiteurs; enfin la condamnation à l'amende de Jean Barrette, assassin du chien de votre noble et digne ancêtre.

Comme vous le constatez, Pierre Le Boulanger de St-Pierre ne craignait pas de faire face aux tribunaux. Il en usa et en abusa toute sa vie, Par cela on croit reconnaître qu'il avait un caractère plutôt vindicatif et qu'il devait être assez exigeant de ses serviteurs pour que ceux-ci se permettent de lui jouer des tours pendables.


Leclerc, Jean

JEAN LECLERC ETAIT TISSERAND EN TOILE

Le recensement de 1666, le premier qui eut lieu au Canada, nous renseigne sur le métier de votre ancêtre: Jean Leclerc était tisserand en toile. Ce même recensement nous apprend d'autre part que quinze autres colons étaient également tisserands. La population totale de la Nouvelle-France à cette époque ne dépassait guère plus de deux mille personnes, et la corporation des tisserands était donc largement représentée.

De fait, les habitants du Canada s'étaient de très bonne heure rendu compte que le sol de leur pays était propice à la culture du chanvre et du lin. En 1663 Pierre Boucher, alors Gouverneur des Trois-Rivières, était d'opinion qu'il était temps de se mettre à une autre culture que celle du blé qui commençait à être en abondance dans la colonie: il préconisait la culture de la vigne et du lin. C'était sagesse, car les Canadiens devaient de plus en plus songer à vivre par eux-mêmes en subvenant à tous leurs besoins essentiels, alimentaires, vestimentaires et autres.

L'Intendant Talon, qui se dévouait corps et âme à la cause de la Nouvelle-France, l'avait bien compris. Entre autres réalisations, il fit tout pour populariser la culture du chanvre et du lin. Dans ce but, il fit même main basse sur tout le fil importé de France, obligeant ainsi les habitants à en fabriquer eux-mêmes. Talon encouragea également le développement de la science du tissage, et à cet effet il fit distribuer des métiers à tisser dans de nombreuses maisons particulières. Cette politique dut réussir, car dès 1671 Talon pouvait annoncer que d'ici trois ans les habitants du Canada pourraient subvenir à leurs besoins vestimentaires.

Tous ces détails nous font deviner ce que fut la vie de votre ancêtre. Originaire de Dieppe en Normandie, Jean Leclerc était venu marié au Canada. Voyant sans doute que l'industrie du tissage allait connaître un bel essor, il fit acquisition d,un métier à tisser, avec lequel il pouvait fabriquer les toiles, les étoffes et le drap. Les matériaux employés étaient, nous l'avons dit, le lin, le chanvre et parfois la laine. Avec une certaine espèce d'ortie on faisait même de très bonnes cordes.

Un mystère plane sur le lieu de décès de votre ancêtre. En effet, en 1680, lors du mariage d'une de ses filles, Jean Leclerc fut déclaré "étant a présent absent en France", et l'année suivante, en 1681, il était défunt.

Mourut-il en France, mourut-il en mer? La question est restée à date sans réponse. Ce qui est certain c'est que son acte de sépulture ne se trouve pas au Canada.


Lefebvre, Simon

VOTRE ANCETRE SIMON LEFEBVRE ISSU DE DEUX FAMILLES NOBLES DE GRAND NOM

Né en 1642 à Tracy-le-Val, votre ancêtre Simon Lefebvre, sieur d'Angers et de Plainval, passa au Canada avec le Marquis de Tracy, vice-roi en Nouvelle-France. La présence de Simon Lefebvre dans la suite d'un personnage aussi haut placé que le vice-roi n'a rien de surprenant si l'on sait que votre ancêtre descendait d'une très ancienne famille noble, ou plus exactement de deux familles, les d'Angers et les Lefebvre de Plainval.

L'union de ces deux familles dont était issu votre ancêtre était d'ailleurs signifiée dans ses armoiries, qui étaient une composition des armes respectives des familles d'Angers et Lefebvre de Plainval. Simon Lefebvre portait donc: "Écartelé en sautoir: aux 1 et 4, d'azur à une étoile d'argent; aux 2 et 3, d'or à la rose de gueules tigée et feuillée de sinople (Lefebvre de Plainval); sur le tout, de gueules au chérubin d'or (d'Angers)."

Cette noble ascendance constitue pour vous un motif additionnel de respect et d'affection pour vos ancêtres que vous devez partager avec tous les membres de votre famille.


Le Gardeur, René

VOTRE FAMILLE LE GARDEUR ETAIT D'AUTHENTIQUE NOBLESSE

La famille Le Gardeur dont vous descendez par votre ancêtre René Le Gardeur prouve sa filiation depuis Jean Le Gardeur qui fut anobli par lettres patentes du Roi Louis XII en mai 1510. Les Le Gardeur avaient comme armoiries:

"De gueules, au lion d'argent lampassé d'or, supportant une croix patriarcale haussée recroisettée d'or."

Au Canada la famille Le Gardeur a fourni un grand nombre d'officiers et de fonctionnaires de mérite dont les plus en vue sont Jean-Baptiste Le Gardeur, premier Maire de Québec en 1663 et membre du Conseil Souverain de la Nouvelle-France, et Charles Le Gardeur, Gouverneur des Trois-Rivières, membre lui aussi du Conseil Souverain et substitut de Frontenac au commandement militaire de Québec.

Les Le Gardeur se sont alliés aux meilleures familles du Canada, Saurel, Berthier, de Saint-Ours, Le Moyne, etc., et vous pouvez donc être légitimement fier d'être un descendant de cette remarquable famille francocanadienne.


Léger, Paul-Emile

LE CARDINAL DU "CHAPELET EN FAMILLE" VOTRE COUSIN

Le Cardinal fondateur du Foyer de Charité à Montréal, le Cardinal des pauvres, des petits, des humbles, le Cardinal innovateur du chapelet à la radio en 1950, le premier Cardinal de Montréal, Son Eminence Paul-Emile Léger, est un de vos parents.

Ce remarquable Prince de l'Église qui naquit à Bellerive (Valleyfield) en 1904 fut ordonné prêtre en 1929. Après des études à l'Institut Catholique de Paris, il enseigna au Séminaire sulpicien d'Issy-les-Moulineaux jusqu'en 1933, alors qu'il alla comme missionnaire fonder le Séminaire de Fukuoka, au Japon.

De retour au Canada en 1939, il enseigna au Séminaire de Philosophie de Montréal, puis devint l'année suivante vicaire général du diocèse de Valleyfield et curé de la Cathédrale.

En 1947, on le nomma recteur du Collège Canadien à Rome.

Le 19 mars 1950, il devint Archevêque de Montréal puis le 29 novembre 1952, le Pape Pie XII le choisit comme Cardinal de la Sainte Église Romaine, faisant la joie et l'orgueil de tout le Canada.

L'apostolat extraordinairement doux quoique très actif de ce Prélat est pour tous les Canadiens un gage de paix morale, tout spécialement pour ceux qui ont le grand honneur de le compter parmi leurs parents.


Léger, Pierre

DE PARIS A DETROIT TEL FUT LE VOYAGE DE PIERRE LEGER

Le détachement des troupes de la Marine auquel appartenait le parisien Pierre Léger fut envoyé au Canada dans les toutes premières années du dix-huitième siècle. C'est ainsi que grâce à une décision militaire votre premier ancêtre vint implanter en Nouvelle-France son nom porté aujourd'hui par les milliers de ses descendants. La Providence a souvent des voies mystérieuses et inattendues!

Mais une fois rendu à Québec. Pierre Léger n'était pas encore au terme de son voyage. car son détachement fut bientôt cédé à Lamothe-Cadillac alors en partance pour Détroit.

Toutefois avant cette nouvelle étape Léger préféra se marier. Le 15 mai 1706 il épousait à Québec Jeanne Boilard.

Ce voyage à Détroit fut. on s'en doute. un voyage de noces peu ordinaire pour nos deux jeunes mariés. Imaginons un instant ce que cette longue randonnée en canot devait avoir d'inconfortable et de peu sûr pour une jeune femme au milieu d'une troupe de soldats pour la plupart célibataires. Les annales rapportent même qu'un meurtre fut commis au cours du voyage.

Une fois à Détroit la situation n'était guère meilleure. Le poste était en effet entouré de tribus indiennes aussi nombreuses que peu rassurantes. On était continuellement sur le qui-vive. Au cours des quatre années qu'ils passèrent à Détroit, les époux Léger eurent néanmoins deux enfants.

En 1710, le détachement militaire de Détroit fut renvoyé à Montréal: Lamothe-Cadillac ne voulait plus l'entretenir! Pierre Léger sans aucun doute accepta cette mutation avec joie. Il allait pouvoir enfin revenir vers des régions plus civilisées.

A son retour, Pierre Léger fut licencié de son régiment. Il se fixa à Montréal, où il demeura pendant douze ans.

Au cours de l'année 1722, votre ancêtre se fit octroyer un terrain sur la paroisse St-Laurent. Il ne devait y rester que deux ans, pour finalement aller s'établir en la seigneurie de Vaudreuil sur la paroisse Sainte-Anne-du-Bout-de-l'Isle.

C'est là qu'il mourut en juin 1735, âgé seulement de cinquante ans.


Le May, Pamphile

VOUS ETES DE LA FAMILLE DU POETE PAMPHILE LE MAY

L'aîné des enfants de Léon Le May, cultivateur et négociant de Lotbinière, est votre parent. Il se nommait Pamphile. Né le 5 janvier 1837, il fut envoyé aux Trois-Rivières comme élève des écoles primaires; en 1852, il commença ses études classiques au Séminaire de Québec et il opta pour le droit durant quelques semaines. il alla ensuite chercher fortune en Nouvelle-Angleterre et en revint comme commis de magasin à Sherbrooke. Ressentant peu de goût pour ce travail, il commença ses études théologiques au Grand Séminaire d'Ottawa. La faiblesse de sa santé le força à revenir à Québec où il poursuivit ses études de droit. En 1867, il devenait bibliothécaire de l'Assemblée Législative, charge qu'il occupa jusqu'en 1892. Retiré ensuite à Saint-Jean-Deschaillons, il mourut, en 1918, père d'une famille de douze enfants.

Pamphile Le May est l'auteur de plusieurs oeuvres tant en vers qu'en prose. Comme poète, il donna entre autres les "Essais poétiques", une traduction de "l'Evangéline" de Longfellow, "Les Vengeances", les "Fables canadiennes", "Les Epis", les "Reflets d'antan". En prose, Pamphile Le May publia des romans ou nouvelles: "Le Pèlerin de Sainte-Anne", "Picounoc le Maudit" etc. Il traduisit de l'anglais "Le Chien d'or" de William Kirby.


Lemieux, Gabriel

LA FORTUNE ET L'INFORTUNE DE GABRIEL LEMIEUX

Gabriel Lemieux était un homme entreprenant. Tonnelier de son métier, propriétaire d'une terre dans la seigneurie de Lauzon, il faisait en outre le commerce du vin. Ses affaires étaient prospères, et malgré les quelques petites difficultés qu'il avait eues avec le Conseil Souverain de la Nouvelle-France pour avoir vendu son vin à un tarif plus élevé que celui fixé par la loi, il pouvait s'estimer heureux et satisfait: la fortune lui souriait.

En 1666, votre ancêtre décida d'aller faire affaires en France, et il s'embarqua avec de nombreuses marchandises de grande valeur. Débarqué à La Rochelle, mais y trouvant le marché peu favorable, il reprit un bateau devant le conduire à Rouen, sa ville natale, où il espérait faire de meilleures affaires. Hélàs! Il était à peine en mer que son bateau fut pris par un navire anglais. Les relations qui existaient à ce moment entre la France et l'Angleterre n'étaient pas des plus amicales, et Gabriel Lemieux fut fait prisonnier, puis finalement renvoyé en France, mais après avoir été complètement dépouillé de ses biens. C'était la ruine et le désespoir, et votre ancêtre dut emprunter de l'argent pour pouvoir retourner à Québec.

Comme toujours en pareilles circonstances, Gabriel Lemieux eut à subir l'assaut de ses créanciers qui lui réclamaient le paiement immédiat de ses dettes, sous peine de faire vendre ses meubles et de le jeter à la rue avec sa femme et ses enfants. La situation était tragique.

Heureusement Gabriel Lemieux était épaulé par son épouse, Marguerite Leboeuf, femme énergique et d'initiative. Prenant l'affaire en main, elle fit appel au Conseil Souverain lui demandant un délai de trois ans pour faire les remboursements exigés. Après avoir reçu le consentement des créanciers de Lemieux, le Conseil Souverain accorda le délai demandé.

Deux ans s'étaient écoulés, lorsqu'un certain Daniel Biaille, marchand de La Rochelle de passage à Québec, vint réclamer de la part d'un de ses amis, Alexandre Petit également marchand de La Rochelle, la somme de 2.600 livres ($2,600 environ). Lemieux n'ayant pas l'argent suffisant offrit cent cordes de bois et promit de payer le reste en trois ans; ce qui fut accepté. Dans son malheur votre ancêtre rencontrait malgré tout des gens arrangeants et compréhensifs.

Sou par sou, livre par livre, Lemieux parvint à rencontrer ses obligations. En 1682, soit seize ans après le début de ses malheurs, il était libre de toute dette et il pouvait même faire l'acquisition d'une deuxième terre, voisine de celle qu'il possédait déjà dans la seigneurie de Lauzon.

Marguerite Leboeuf était morte avant de connaître ces jours heureux. Le 26 novembre 1671, Gabriel Lemieux épousait en effet en secondes noces Marthe Beauregard.

De ses deux mariages, votre ancêtre eut dix enfants.


Lemire, Jean

PARCE QU'IL ETAIT TROP CHER JEAN LEMIRE PERD UN CONTRAT DE 3,000 DOLLAR

On pourrait croire, parce que l'organisation sociale et économique de la Nouvelle¬France était à ses débuts et par conséquent assez primitive, que nos ancêtres, penchés sur leurs charrues, n'avaient pas le sens des affaires. Détrompons-nous! Nos aïeux savaient être quand il le fallait des "businessmen", devant compter, comme de nos jours, avec la concurrence et la lutte des prix.

Jean Lemire était charpentier. Né à Rouen, en Normandie, il passa au Canada dans les années 1650-1653. Il épousait à Québec, le 20 octobre 1653, Louise Marsolet, fille du célèbre pionnier et interprète Nicolas Marsolet. Il est intéressant de noter ici que par cette alliance à une famille si connue, Lemire entrait dans la bonne société de Québec. Les personnalités les plus en vue de la Ville, Louis d'Ailleboust, Gouverneur et Lieutenant-général de la Nouvelle-France, Mathieu Damours, Jean Bourdon, procureur général, avaient d'ailleurs assisté comme témoins au contrat de mariage passé quelques mois auparavant.

Bien que charpentier de son métier, Jean Lemire demanda après son mariage la concession d'une terre au Cap-Rouge, et il vint s'y établir avec sa femme. Il devait y passer toute sa vie.

En novembre 1663, des réparations urgentes s'imposèrent au Fort St-Louis et au Palais réservé à M. de Tracy, Gouverneur Général en Amérique. Le Conseil Souverain de la Nouvelle-France fit donc apposer une affiche informant les intéressés que toutes les offres et devis au rabais pour ces réparations seraient reçus et examinés. Le 5 décembre suivant, Jean Lemire se présenta devant le Conseil Souverain et soumit son devis: il estimait pouvoir faire tout le travail pour 3,500 livres (environ 3,500 dollars, ce qui représentait à l'époque une très grosse somme). Le prix fut jugé trop élevé et Jean Lemire renvoyé. Huit jour s plus tard, Lemire revenait à la charge, après avoir baissé son prix de 650 livres. Inutilement, car ce fut finalement un autre charpentier, Antoine Rouillard, qui enleva le contrat pour 2,790 livres. Allons dire après que nos ancêtres ne savaient pas traiter en hommes d'affaires!

Devant cet échec, Lemire ne perdit pas sa contenance. En effet au cours de la même année 1663, il se fit élire syndic des habitants de la ville de Québec. Le syndic était, si l'on veut, une sorte de médiateur, d'arbitre, prenant droit des habitants de Québec qu'il représentait.

Votre ancêtre prit à coeur sa nouvelle charge. Voulant mettre fin à tous les abus qui risquaient de ruiner la vie même de la Colonie, il attira particulièrement l'attention du Conseil Souverain sur l'odieux monopole qu'exerçait la fameuse Compagnie des Indes Occidentales envers les habitants de Québec. Tout le commerce au Canada se faisait par le truchement de cette compagnie, qui, on le devine, abusait ouvertement de la situation. Lemire obtint gain de cause, et la Compagnie des Indes Occidentales promit de mettre fin aux abus de son commerce, à la condition que les habitants consentissent à baisser eux aussi les prix des peaux de castors qu'ils vendaient à la dite compagnie. Ce qui fut fait.

Jean Lemire fut inhumé à Québec, le 5 octobre 1684. Il a laissé une nombreuse descendance, sous les noms de Lemire, Marsolais, Marsolet, Marcellais, Marsollet et Foucault.


Le Moyne, Charles

CHARLES LE MOYNE FUT ANOBLI POUR SES BELLES ACTIONS

Charles Le Moyne n'avait que quinze ans lorsqu'il vint au Canada en 1641. Après avoir passé quatre ans chez les Hurons, il se fixa à Montréal où il servit d'interprète . En même temps, il défrichait les terres qui lui avaient été concédées. Il se signala à de nombreuses reprises par son héroïsme dans la lutte contre les Iroquois. En 1663, il fut nommé procureur du Roi.

Par lettres patentes données en Mars 1668, Louis XIV, en récompense de ses "belles actions", anoblit Charles Le Moyne "ensemble sa femme et ses enfants, postérité et lignée tant mâle que femelle nés et à naître en loyal mariage." Il prit alors comme armoiries: "D'azur, à trois roses d'or; au chef cousu de gueules chargé d'un croissant d'or accosté de deux étoiles du même." En 1672, l'intendant Talon fit don à CharlesLe Moyne de la Seigneurie de Longueuil, c'est-à-dire de toutes les terres non concédées sur le bord du fleuve entre Varennes et Laprairie.

Charles Le Moyne mourut en 1683. En sa qualité de Capitaine de Montréal, il venait de négocier la paix avec les Iroquois et le Roi était sur le point de le nommer Gouverneur. Ses fils suivirent son exemple et se couvrirent de gloire.

Voilà une belle famille canadienne dont vous pouvez être fier de descendre.


Lepage, Germain

GERMAIN LEPAGE MOURUT EN ODEUR DE SAINTETE

Germain Lepage, ancêtre des Lepage, seigneurs de Rimouski, et de tous les Lepage de cette région, s'établit d'abord à Saint-François, île d'Orléans, en 1664. Plus tard, en 1696, après la mort de sa femme, il quitta l'île d'Orléans et alla s'établir auprès de son fils, René Lepage de Sainte-Claire, seigneur de Rimouski.

Ici nous pas sons la plume à feu Mgr Charles Guay dans l'intéressant chapitre qu'il a consacré à votre ancêtre dans ses "Chroniques de Rimouski".

"...Germain Lepage vécut vingt-sept ans à Rimouski, édifiant tout le monde par ses exemples de vertus solides et de piété constante.

"Ce vertueux vieillard, aux jours de dimanche et de fête, assemblait les quelques personnes de l'endroit, faisait la prière en commun et expliquait aux petits enfants quelques chapitres du catéchisme.

"Il suppléait, pour ainsi dire, au pauvre missionnaire, qui ne visitait cet endroit qu'une fois tous les deux ou trois ans. Il ondoyait les enfants, assistait les malades à leur dernier moment, les encourageait à faire généreusement le sacrifice de la vie, en leur rappelant les miséricordes infinies de Dieu. Quelque fois il franchissait plusieurs lieues à travers les bois, pour disposer un mourant à une sainte mort.

"Ce saint vieillard était en grande vénération au milieu de ses compatriotes: tous l'aimaient, tous lui prodiguaient les marques les plus grandes de respect et d'estime. Sa parole était toujours reçue avec soumission; ses décisions, dans les différends qui s'élevaient quelquefois parmi les quelques habitants du lieu, faisaient autorité.

"Pour faire connaître la profonde piété de ce bon père et l'estime générale qu'on lui portait. il nous suffit de rapporter ici l'extrait mortuaire que nous trouvons au Registre A, de 1723:

"L'an mil Sept Cent vingt trois, ce vingt Six de febvrier Est decedé Le Sr germain Lepage aagé de Cent un an dune vie tres Exemplaire dans une mortification de tous Ses Sens dune devotion angelique nayant jamais porté de linge depuis plus de Cinquante ans mort En odeur de Suavité parlant jusques aSa dernière heure de vie et mesme un moment devant que de trepasser d'un très-bon jugement ayant fait assembler toutes les personnes du Lieu EnLes Exhortant et fait faire mesme des prieres aSon lit il prit Son Crucifix contre Son visage et Le Baisantil est trepassé Sans aucun Signe que Londonne à la mort ces adire En Embrassant Le Crucifix etune Ste Vierge qu'il avoit il a esté inhumé dans LaChapelle de ce Lieu paroisse de St germain passant audit lieu En revenant de ma mission de miramichy j'ai fait et Célébré un service dans Laditte chapelle ou repose Le Corps du bon patriarche pour Lequél j'ai tres-grande veneration.
En foy de quoy j'ay Sous Signé.
(Signé) - F. gelase de Lestage R. missionnaire.


Lériger, Clément

UN NOBLE ANCETRE QUI, PRIS DU MAL D'AMOUR, DESOBEIT A SON ROI

Clément Lérigé, sieur de la Plante, l'ancêtre canadien des familles Lériger, Dériger, de la Plante, La Plante et Laplante-Courville, arriva au pays en 1685, avec M. de Denonville, en qualité de cadet à l'aiguillette ou de petit enseigne dans les troupes de la Marine. Ces troupes étaient ainsi dénommées parce que, aux colonies, elles relevaient du ministère de la Marine.

Au lendemain du massacre de Lachine, le matin du 6 août 1689, La Plante se trouvait en garnison, au fort Rémy, près de la vieille église. Les soldats de la garnison marchaient au combat, quand ils furent surpris par les Iroquois et votre ancêtre fut au nombre des prisonniers.

Les malheureux captifs, transportés au¬delà du lac Saint-Louis, essuyèrent toute la rage des cruels vainqueurs. Plusieurs d'entre eux subirent la torture et furent brûlés. Les autres furent amenés à Onnontagué "où on les fit promener longtemps sur un chemin de charbons ardents".

Toutefois, Clément Lérigé de la Plante fut épargné. Les Iroquois jugèrent plus utile de s'en servir comme serviteur et portefaix dans leurs expéditions guerrières. Pour votre ancêtre cet asservissement dura plus de deux années. Il s'adapta nécessairement à cette vie nouvelle et en profita pour se familiariser avec les langues indiennes.

Un parti de Français commandé par M. de Beaucourt, le délivra dans un combat livré à des Iroquois près de l'île Tonihata, en février 1692. Charlevoix, qui rapporte l'incident, écrit que "n'ayant pas été reconnu d'abord dans son habit de Sauvage, (La Plante) pensa être tué comme Iroquois". La même année, Frontenac le fit enseigne en pied. Cette nomination fut confirmée par Louis XIV, dans un ordre daté du 1er mars 1693.

Le 25 juillet 1700, Clément Lérigé, en garnison au fort Saint-Lambert, acquit de Pierre Bourdeau une terre de 150 arpents en superficie sise "au lieu de la Tortue" dans la seigneurie de la Prairie de la Magdeleine. Il songeait dès lors à s'établir, car quelques semaines plus tard, le 8 septembre 1700, La Plante épousait Marie Roy, fille de Pierre Roy et de Catherine Ducharme, habitants de Saint-Lambert. La cérémonie simple et discrète - rappelons que les ordres du roi défendaient aux officiers de se marier avec des filles sans dot - eut lieu dans la chapelle de la Sainte-Vierge à Saint-Lambert.

Comme nous l'avons dit déjà la cérémonie fut simple et discrète. En effet c'est ce jour-là, le 8 septembre 1700, qu'avait lieu à Montréal, la grande paix signée avec les Iroquois. Toutes les forces militaires de la colonie étaient alors réunies en cet endroit. Votre ancêtre en profita pour se marier en cachette et sans permission.

Lorsque les autorités militaires eurent vent de l'affaire, elles avertirent Versailles, Le roi cassa La Plante de son grade, mais l'y rétablit peu après.

Durant les années qui suivirent, votre ancêtre, établi à Laprairie, sur trois terres que lui avaient concédées les Jésuites, y éleva sa nombreuse famille. En 1720, il fut promu lieutenant. Il vécut encore longtemps et mourut en 1742.

Votre ancêtre Clément Lérigé, sieur de La Plante, était fils de Paul Lériget, sieur de la Plante, et de Mauricette du Souchet.

Ces Lérigé de la Plante constituaient une branche de la famille noble des Lériget de la Faye. Vous avez donc droit de vous réclamer des armoiries de cette noble famille. Nous nous ferons un plaisir de les incorporer à vos armoiries en n'importe quel temps.


Leroy, Nicolas

NICOLAS LEROY UN DES PIONNIERS DE BEAUMONT ANCETRE D'UNE FAMILLE REMARQUABLE ET NOMBREUSE

Nicolas Leroy émigra de France au Canada au printemps de 1662. C'est de La Rochelle que partaient la plupart des bateaux pour la Nouvelle-France et Nicolas Leroy dut venir s'embarquer en cet endroit.

Au mois de mai 1662, le "Jardin de Hollande" et "l'Aigle d'Or" partaient de la Rochelle avec trois cents personnes. Au nombre des passagers étaient Nicolas Leroy, de Dieppe, âgé de vingt-trois ans, sa mère Anne Lemaistre, veuve, sa femme, Jeanne Lelièvre, âgée de vingt-deux ans et deux de leurs enfants, Louis, âgé de trois ans et demi, et Nicolas, âgé d'un an.

Le voyage dura quatre longs mois; le scorbut fit ses ravages parmi les passagers, et soixante d'entre eux moururent en mer. La caravane atteignit enfin Québec, le 22 septembre. A Québec, Nicolas Leroy et sa famille furent reçus par Guillaume Lelièvre, son beau-père, qui était au pays depuis environ trois ans.

Nicolas Leroy s'installa d'abord sur la côte de Beaupré, près du sault Montmorency. Après être demeuré dix-sept ans sur cette terre, il alla s'établir sur la rive sud, dans les limites de ce qui est aujourd'hui la paroisse de Beaumont. C'est là qu'il éleva sa nombreuse famille. Ses sept fils se marièrent et s'établirent à Beaumont, à Saint-Michel et Saint-Vallier, où leur descendance s'est multipliée jusqu'à nos jours.

Cette famille a donné un bon nombre d'hommes remarquables qui ont rendu de grands services à l'Église et à l'État.


Le Sieur, Charles

CHARLES LE SIEUR SIEUR DE LA PIERRE PIONNIER DE BATISCAN

Charles Le Sieur était originaire d'Ozeville diocèse de Coutances, Normandie. Ce n'est qu'après de longues recherches que nous avons pu découvrir le lieu d'origine de votre ancêtre, alors que tant de généalogistes et de chercheurs ont failli à la tâche. Venu au pays vers 1670. il s'établit au Cap-de-la-Madeleine sur un arrière-chef que lui avait concédé le jésuite Richard. C'est à partir de ce moment qu'il prit le titre de sieur de la Pierre.

Comme il arrive encore de nos jours, Charles Le Sieur eut la chance de contracter un mariage avantageux. En effet, en 1671, il épousait Françoise de la Fond, fille d'Etienne de la Fond et de Marie Boucher, soeur de Pierre Boucher gouverneur des Trois-Rivières. Ses relations avec les puissants du jour lui permirent sans doute d'accroître peu à peu son domaine, C'est ainsi qu'en 1672. il est qualifié "d'habitant de Sorel". Un peu plus tard il acquiert un autre domaine, cette fois, à Batiscan. C'est d'ailleurs à ce dernier endroit qu'il semble avoir habité de préférence à tout autre.

En outre de cultiver le sol, votre ancêtre qui était ami des Jésuites s'occupa de l'administration de leurs biens, tant à Batiscan qu'au Cap-de-la-Madeleine. A partir de 1689 jusqu'à sa mort arrivée en 1696, il exerça aussi le métier de notaire royal ainsi que celui de procureur fiscal. Parmi les fils de Charles Le Sieur, l'aîné, Charles, prit le surnom de Duchaine et fut seigneur d'Yamaska; Julien fut seigneur d'une partie du territoire qui forma plus tard la paroisse d'Yamachiche; Joseph, surnommé Coulomb fut l'ancêtre des familles de ce nom; Antoine adopta le surnom de son père, La Pierre; Pierre exerça les fonctions de Capitaine de milice et succéda à son père dans sa charge de procureur fiscal. Plus tard il partit pour la Louisiane et on ignore ce qu'il en advint.

L'immense majorité des Lesieur du Canada descendent de Charles Le Sieur.


Le Tardif, Olivier

VOTRE ANCETRE OLIVIER LE TARDIF PIONNIER DU SOL CANADIEN SON ROLE DE TOUT PREMIER ORDRE

Votre ancêtre, Olivier Le Tardif, (dérivé en Tardif) breton d'origine, arriva au pays peu après Louis Hébert, le premier colon canadien, entre 1618 et 1621.

Ce colon a joué au pays dans les premiers temps de la colonie un rôle des plus considérables: il fut d'abord interprète des langues sauvages (1623); sous-commis des compagnies de traite (1626); remit les clefs de Québec aux frères Kertk (1629); fut commis au magasin des Messieurs de la Nouvelle-France; commis général de la Compagnie des Cent-Associés (1641); aide précieux des pères Jésuites dans leur oeuvre d'évangélisation; procureur général et spécial de toute la seigneurie de Beaupré, dont il était co-seigneur; juge prévot de cette même seigneurie de 1650 à 1659.

Olivier Le Tardif avait épousé en 1637 Louise Couillard, fille de Guillaume Couillard, anobli par le roi de France, Louis XIV, en 1654, en raison des grands services qui il avait rendus à la colonie naissante.

Olivier Le Tardif avait fait trois voyages en France: en 1629, après le siège de Québec: en 1645, à l'emploi de la Compagnie de Beaupré et, en 1648, à la Rochelle, où il convolait en secondes noces. Revenu au pays, il vécut au Château-Richer, où il se montra toujours d'une grande utilité.

Répétons avec l'historien Benjamin Sulte ces mots qui nous montrent toute la valeur de votre ancêtre, Olivier Le Tardif: "L'humble interprète vit dans la mémoire des générations actuelles à côté des gouverneurs et des personnages célèbres de nos annales."

A diverses époques en France se sont développées des familles Tardif appartenant à la noblesse. La première de ces familles est la famille Tardif d'Hamonville, qui s'est développée en Touraine, en Île-de-France et en Lorraine. Elle blasonnait ainsi: "D'azur à trois palmes de sinople, posées deux en chef, & l'autre en pointe. L'écu timbré de casque de profil."

La seconde famille est la famille Tardy de Montravel qui remonte jusqu'à noble Jean Tardy de Montravel, Sieur du Bois, capitaine de cinquante hommes de guerre et commissaire ordinaire en l'artillerie de France.


Letellier, Luc

VOTRE PARENT LUC LETELLIER DE SAINT-JUST DESCENDAIT D'UNE GRANDE FAMILLE DE FRANCE

La famille Letellier dont descendait votre parent, Luc Letellier de Saint-Just, avait déjà en France occupé des postes importants de la Monarchie française et il n'est donc pas étonnant qu'elle ait maintenu cette tradition au Canada.

Luc Letellier de Saint-Just vit le jour à la Rivière-Ouelle, le 12 mars 1820. Après avoir fait ses études au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, il opta pour le notariat.

S'étant lancé dans la vie politique, il fut élu député de Kamouraska, puis en 1860 promu membre du Conseil Législatif. Le 16 mai 1863. il devint Ministre de l'Agriculture dans le Gouvernement MacDonald-Dorion.

Votre parent Luc Letellier de Saint-Just devait cependant atteindre un poste encore plus élevé. Le 14 décembre 1876, il fut en effet choisi comme Lieutenant-gouverneur du Québec, poste qu'il occupa pendant trois ans.

Luc Letellier de Saint-Just portait: "De gueules, à la fasce d'argent chargée de trois feuilles d'érable de sinople mouvantes d'une même tige, accompagnée en chef de deux molettes d'or et en pointe d'une main senestre de carnation".


Levasseur, Jean

LE MENUISIER JEAN LEVASSEUR FUT NOMME HUISSIER AU CONSEIL-SOUVERAIN

Bien que originaire de Bois-Guillaume en Normandie, Jean Levasseur se maria à Paris, où il était venu exercer son métier de menuisier. Le 23 avril 1646, devant les notaires Lecat et Lesemelier, il passait donc son contrat de mariage avec Marguerite Richard.

Nous retrouvons ensuite les époux Levasseur six ans plus tard à Québec, où ils font baptiser une fille Anne, le 22 juillet 1652.

Pour un menuisier, le travail ne manquait pas à Québec, et Levasseur s'y mit avec courage. Il se fit même bientôt remarquer pour la qualité de son travail et ses prix avantageux, puisque le 13 août 1654, au cours d'une Assemblée du Curé et des Marguilliers de Québec, il fut nommé de préférence à tout autre menuisier de la Basilique. On lui accordait en outre une place pour faire la pêche à l'anguille.

Mais votre ancêtre était encore appelé à de plus hautes fonctions. Il fut en effet désigné pour le poste de premier huissier au Conseil Souverain de la Nouvelle-France. Preuve qu'il était un homme cultivé et intelligent!

Les registres des délibérations du Conseil Souverain font mention des missions dont fut chargé dès lors Jean Levasseur. En tant qu'huissier, il eut à dresser des actes d'assignation, à arrêter les sauvages ivres, à régler à l'amiable les conflits peu graves, et à faire des perquisitions à domicile... etc.

Jean Levasseur eut même l'honneur de voir pendant quelque temps le Conseil Souverain siéger dans sa propre maison.

Votre ancêtre mourut en 1686. Il avait eu onze enfants.


Loisel, Jeanne

JEANNE LOISEL EPOUSE DE JEAN BEAUCHAMP PREMIERE FILLE BAPTISEE A MONTREAL QUI SE SOIT MARIEE

Jeanne Loisel fut la première fille de race blanche, baptisée à Montréal, qui se soit mariée. Son acte de baptême est enregistré au registre de Notre-Dame de Montréal à la date du 21 juillet 1649. Elle fut aussi la première élève de Soeur Marguerite Bourgeoys, la fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame, et c'est dans la maison de celle-ci qu'elle passa son contrat de mariage.

Elle épousa Jean Beauchamp, à Montréal, le 23 novembre 1666. Leur descendance est très nombreuse dans toute la région de Montréal.


Lozeau, Albert

LE BRILLANT POETE ALBERT LOZEAU VOTRE PARENT

Albert Lozeau, jeune poète des débuts du présent siècle, est votre parent.

Né à Montréal, le 23 juin 1878, de Joseph Lozeau, protonotaire à la Cour Supérieure de Montréal, et d'Adèle Gautier, il eut une enfance maladive et eut peine à suivre les classes de l'Académie Saint-Jean-Baptiste. A quinze ans, affecté à la moelle épinière, il fut condamné au repos et à l'isolement. Cet état, grâce à ses talents intellectuels et à sa force morale, l'amena à suppléer à ses études par une instruction personnelle. A dix-huit ans, il fut cloué au lit pour l'espace de dix ans et au fauteuil à la suite d'une intervention chirurgicale: il vécut ainsi jusqu'au 24 mars 1924. En 1907, Albert Lozeau publiait ses premières poésies sous le titre "Ame solitaire", en 1911, la Société Royale du Canada l'admit parmi ses membres; en 1912, parut "Miroir des Jours" et l'Académie française le nommait officier; en 1918, ses "Billets du soir" parus dans le journal "Le Devoir" atteignirent leur troisième édition. Les "Image s du pays", poèmes posthumes, parurent en 1925.


Lucault, Léonard

LEONARD LUCAULT SUCCOMBE A SES BLESSURES A LA SUITE D'UN COMBAT HEROIQUE A LA POINTE-ST-CHARLES EN 1651

Votre ancêtre, Léonard Lucault, mourut des blessures qu'il avait reçues au cours d'un combat contre les Iroquois du côté de la Pointe-St-Charles, le 18 juin 1651.

Le fait est raconté par plusieurs historiens, notamment par l'abbé Faillon, par M. de Belmont, par M. Dollier de Casson et par le Journal des Jésuites. Résumons ici le récit détaillé qu'en fait l'abbé Faillon:

"Le 18 juin 1651, un dimanche, à l'issue de la messe, une bande d'Iroquois attaqua quatre colons entre le fort de Ville-Marie et la Pointe-St-Charles. Les nôtres se réfugièrent dans une méchante redoute, résolus de vendre chèrement leur vie. Un des braves des premiers temps de Ville-Marie, Urbain Tessier dit Lavigne, vint au secours des assiégés après avoir échappé à quatre embuscades d'Iroquois.

"Au bruit de la fusillade, M. de Maisonneuve, toujours aux aguets, envoya aux assiégés un secours sous la conduite de M. Charles Le Moyne. A la vue de ces auxiliaires, les Iroquois les mirent imprudemment en joue. Les nôtres évitèrent habilement cette décharge générale et ripostèrent heureusement en mettant les Iroquois en fuite. Ces derniers avaient perdu trente des leurs.

Le Journal des Jésuites nous apprend que du côté des nôtres il n'y eut que quatre hommes de blessés, dont l'un était votre ancêtre, Léonard Lucault dit Barbot. Il ne survécut que deux jours à ses blessures. En effet, il mourut le 20 juin après avoir reçu les derniers sacrements. Le 2 juillet suivant, Jean de Saint-Père fit l'inventaire des meubles de votre ancêtre décédé, en présence de M. de Maisonneuve, de Pierre Gadois et d'Augustin Hébert, c'est-à-dire les notables de Ville-Marie.

Léonard Lucault avait eu deux enfants, deux filles, Marie et Marguerite. Seule, la première, Marie, parvint à l'âge d'adulte. Elle devait épouser René Cuillerier dont vous descendez aussi. Vous avez pu lire précédemment l'aventure héroïque de cet ancêtre au pays des Iroquois et son retour parmi les siens, après une longue captivité.




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Maheux, Pierre

LE PERCHERON PIERRE MAHEUX, SIEUR DES HASARDS

Le percheron Pierre Maheux, un de vos ancêtres, se faisait appeler de temps à autre, sieur des Hasards. On ignore où il prit ce titre; peut-être était-ce là le nom du domaine de ses aïeux au Perche? En tout cas on le voit au Canada dès 1657.

Venu au pays comme tisserand, il ne semble pas avoir tissé bien longtemps. En effet il s'établit dans la paroisse de l'Ange-Gardien sur la côte de Beaupré, se fit concéder une terre et la cultiva intensément, si bien qu'en 1667, il avait quatre bestiaux dans son étable et sa terre comptait dix arpents de défrichés. Quatorze ans plus tard, en 1681, il avait 5 bêtes à cornes et 25 arpents en valeur.

Pierre Maheux jouissait de l'estime de ses concitoyens et de leur confiance. Aussi, en 1702, il fut élu marguillier en charge pour la paroisse de L'Ange-Gardien.


Martin, Abraham

ABRAHAM MARTIN CELEBRE PROPRIETAIRE DES PLAINES DI ABRAHAM VOTRE ANCETRE

Abraham Martin, votre ancêtre, est remarquable pour avoir été avec Louis Hébert l'un des premiers colons du Canada, et aussi pour avoir légué son nom aux célèbres Plaines d'Abraham. Le premier baptême entré sur le registre de Notre-Dame de Québec est, au mois d'octobre 1621, celui d'Eustache Martin, fils d'Abraham Martin dit l'Ecossais, pilote de la rivière Saint-Laurent, et de Marguerite Langlois. Abraham Martin a laissé par ses filles une très nombreuse postérité. Dans les archives des Dames Ursulines sont les titres de deux terres qui lui ont appartenu. Ces deux terres réunies furent vendues aux héritiers de Maître Abraham.

La terre d'Abraham Martin reçut le nom de "Plaines d'Abraham", nom ensuite étendu au plateau voisin, sur lequel fut livré la célèbre bataille entre Wolfe et Montcalm.

Charles-Amador, le seul fils d'Abraham qui lui ait survécu, fut le second Canadien élevé à la prêtrise; il fut membre du séminaire des missions étrangères de Québec et chanoine de la cathédrale.

En outre que les fameuses plaines historiques de Québec furent baptisées du nom de cet illustre colon, comme pilote du Saint-Laurent, il fut donc à la source de notre marine nationale. Premier pilote, c'est lui qui jeta les rudiments de la première carte du fleuve.

On imagine aisément ce que dut comporter de périlleux une telle entreprise. C'est généralement à coup de naufrages qu'on arrive à localiser un chenal. Nombre de bouées posées là pour marquer un écueil, rappellent aussi des désastres.

Il est intéressant de noter que le petit navire qui faisait dernièrement encore le service des pilotes à la Pointe-au-père, près de Rimouski, portait le nom du premier pilote canadien: "Abraham Martin". Il faisait le service de pair avec le "Jalobert", nom du premier pilote français qui vint ici avec Cartier.

Premier défricheur et premier pilote, Abraham Martin sut donc par son courage et ses connaissances se tailler une réputation impérissable dont notre histoire gardera toujours la mémoire. La Société Historique de la Province de Québec inaugura en juin 1923 son monument à Québec. Nous vous donnons la photographie de ce monument.


Masson, Jean

LE MEUNIER JEAN MASSON

On a pu écrire sans exagération que les moulins à grain "ont joué dans le mouvement d'expansion de la colonie un rôle qui ne le cède en importance qu'à celui rempli par les églises". L'alimentation de base de nos premiers ancêtres était en effet le pain et la bouillie de pois, et il fallait des moulins pour faire les farines. Faute de quoi, les habitants étaient condamnés à manger leurs pois ou leur blé en grain. Aussi fut-ce une nécessité des premiers jours que d'avoir des moulins, et Champlain lui-même s'employa activement à en promouvoir la construction.

En 1666, on pouvait compter neuf meuniers au Canada. Comme ce métier, vu le nombre restreint des habitants, n'était pas très rémunérateur, les meuniers cherchaient à se rattraper sur leurs clients soit en exigeant des tarifs prohibitifs, soit en frelatant la qualité de leur farine. Ces agissements malhonnêtes donnèrent lieu, on s'en doute, à de nombreux et retentissants procès.

Dix ans plus tard, afin précisément de mettre fin aux abus qui ne faisaient que croître, le Conseil Souverain décida de mettre les moulins à grain sous la juridiction des seigneurs, qui seraient chargés de les faire construire et d'en surveiller l'exploitation. Comme dédommagement à cette nouvelle charge, le Conseil Souverain autorisait les seigneurs à percevoir des taxes sur toute mouture. C'était l'instauration du régime de la banalité pour les moulins.

La situation des meuneries au Canada en était là quand votre ancêtre Jean Masson, originaire du Poitou, arriva en Nouvelle-France. Il s'établit alors dans la région de la Pointe-aux-Trembles de Québec, ou Seigneurie de Neuville, dont M. Dupont de Neuville était alors Seigneur. Le 14 mars 1699, il y épousait Marie-Anne Greslon. M. Dupont de Neuville possédait deux moulins sur ses terres, l'un à eau l'autre à vent, et il en confia la responsabilité à votre ancêtre qui était meunier. Le travail ne devait pas manquer, puisque le 14 avril 1704 Jean Masson se mit en société avec un certain Pierre Sené, meunier lui aussi. L'acte notarié établissant les règlements de cette société stipulait que Jean Masson garderait la direction du moulin à vent tandis que Sené prendrait celle du moulin à eau. Ce dernier ayant besoin de quelques réparations, il était en outre décidé que ces travaux de réfection seraient à la charge de Masson.

Au cours de l'année 1719, Masson quitta la Pointe-aux-Trembles pour se fixer à St-Augustin, dont la fondation était toute récente. Les archives nous rapportent qu'il fut invité à venir fournir sa part à la construction de l'église, ce qu'il fit. Jean Masson mourut le 29 février 1728.


Masson, Louis-François-Rodrique

LOUIS-FRANCOIS-RODRIGUE MASSON SENATEUR - LIEUTENANT-GOUVERNEUR

Votre parent Louis-François-R0drigue Masson naquit à Terrebonne, le 7 novembre 1833, et fit ses études au collège des Jésuites de Georgetown, district de Columbia aux États-unis, au séminaire de Worcester et au collège de Saint-Hyacinthe. Ayant étudié le droit, il se fit inscrire au barreau du Bas Canada en novembre 1859.

En septembre 1867, les électeurs de Terrebonne lui accordaient leurs suffrages aux Communes jusqu'en 1882; le 19 octobre 1878, il accepta le portefeuille de la Milice jusqu'au 15 janvier 1880, puis la présidence du Conseil, du 16 janvier au 31 juillet de la même année. Nommé sénateur le 29 septembre 1882, il résigna son siège le 6 novembre 1884, ayant été nommé conseiller législatif, du 27 mars au 4 octobre de cette année.

Le 7 novembre, le gouvernement le promut lieutenant-gouverneur de la Province de Québec, jusqu'au 29 octobre 1887. Le 3 octobre 1890, il reprit son fauteuil au Sénat. Il mourut à Montréal le 8 novembre 1903.

Les armoiries de Louis-François-Rodrigue Masson étaient: "D'azur à la tête de léopard ailée d'argent, tranché d'or".


Mathieu, Jean

JEAN MATHIEU CONSCRIT DE 1666

Jean Mathieu, natif de Coulonges en Angoumois, vint s'établir sur la côte de Beaupré vers 1660. Son établissement agricole fut sans doute assez prospère pour qu'il put se payer le luxe d' un domestique.

Malheureusement pour votre ancêtre, son travail de défrichement fut interrompu en 1666. En effet, cette année-là, le gouverneur de Courcelles enrôla un certain nombre de jeunes gens pour le service militaire. Aussi le 13 septembre 1666, devant le notaire Becquet, Jean Mathieu faisait son testament.

Le 14 septembre 1666, le vice-roi de Tracy quitta Québec à la tête d'une petite armée composée de 1000 soldats, de 600 habitants et de 100 hurons et Algonquins. Les soldats appartenaient pour la plupart au célèbre régiment de Carignan.

L'expédition ravagea le pays des Iroquois, (aujourd'hui le nord de l'état de New-York), puis revint à Québec le 5 novembre, sans avoir essuyé beaucoup de pertes.

Deux mois à peine après son départ, Jean Mathieu était donc de retour sur sa ferme de la côte de Beaupré. En 1681, après quinze ans de labeur, on voit qu'il avait un fort troupeau, soit vingt bêtes à cornes. Il s'adonnait avec ferveur à l'élevage et tenait même une boucherie.

Jean Mathieu est l'ancêtre de l'immense majorité des familles Mathieu du Canada. Ses descendants se retrouvent aujourd'hui principalement sur la côte de Beaupré.


Mathieu, Olivier-Elzéar

LIGNEE ANCESTRALE DE OLIVIER-ELZEAR MATHIEU ARCHEVEQUE DE REGINA

Jean Mathieu et Anne du Tertre Québec, 1669;
René Mathieu et Geneviève Roussin L'Ange-Gardien, 1699;
Jean Mathieu et Anne Trépagny L'Ange-Gardien, 1736;
Nicolas Mathieu et Reine Côté L'Ange -Gardien, 1777;
Nicolas Mathieu et Louise Vézina L'Ange-Gardien, 1807;
Joseph Mathieu et Marguerite Latouche Beauport, 1848;
Olivier-Elzéar Mathieu archevêque de Régina, (1853 -1929)

Né à Saint-Roch-de-Québec, le 24 décembre 1853, du mariage de Joseph Mathieu et de Marguerite Latouche. Études classiques et théologiques au Séminaire de Québec. Docteur en théologie (1878). Ordonné prêtre à Québec, le 2 juin 1878, par le cardinal Taschereau. Professeur de philosophie au Séminaire de 1878 à 1882. Étudiant à Rome (1882-1883), au Séminaire français. Docteur en philosophie et en théologie (Académie Saint-Thomas).

De retour à Québec, professeur de philosophie au séminaire (1883-l889). Maitre-ès-Arts de l'Université Laval (1889). Directeur du Petit Séminaire et professeur de philosophie (1889-l899). Supérieur du séminaire et recteur de l'Université Laval (1899-l908). Protonotaire apostolique le 7 juin 1902. Professeur de philosophie (1908-l911).

Élu premier évêque de Régina par Pie X, le 21 juillet 1911, Mgr Mathieu est sacré sous ce titre, dans la basilique de Québec, le 5 novembre de la même année, par Mgr Bégin, archevêque de Québec, assisté de Mgr Bruchési, archevêque de Montréal et de Mgr Langevin, archevêque de Saint-Boniface. Intronisé à Régina le 18 novembre 1911. Promu archevêque du même siège, qui devient métropolitain, le 9 décembre 1915. Décoré du pallium le 12 juin 1916. Décédé, dans sa ville épiscopale, le 26 octobre 1929, à 76 ans et après cinquante et un ans de sacerdoce.

Durée de son épiscopat: 18 ans, 3 mois et 5 jours comme évêque puis archevêque de Régina.

Bibliographie: "L'armorial des Évêques du Canada" par le Frère Brassard.


McCluer, John

L'INTERESSANTE HISTOIRE DE JOHN McCLUER

John McCluer et son épouse. Janet Finn étaient originaires de Forestdale, Massachusetts. Forgeron et armurier de son métier, il semble que votre ancêtre et son épouse allèrent en Acadie pour travailler à Canso au service de la garnison anglaise. Celle-ci fut faite prisonnière par Duvilliers au printemps de 1744 et amenée à Québec. Irlandais et Écossais, surtout lorsqu'ils étaient catholiques, étaient traités avec une très grande bienveillance par les autorités françaises qui les remettaient en liberté.

John McCluer, une fois rendu à Québec, travailla pour Georges Trévoux, armurier du roi, En 1752, John McCluer se bâtit une maison au faubourg Saint-Roch.

En 1748, son épouse, Janet Finn avait abjuré le protestantisme en présence d'André-Joseph-Mathurin Jacquereau, ancien directeur du Séminaire. Sous le régime français lorsque des gens de langue anglaise devaient rendre témoignage, l'un des fils de John McCluer, Thomas, servît souvent d'interprète devant les tribunaux.


Mégny, André

LE SOLDAT DEFRICHEUR ANDRE MEGNY DIT LAGACE L'UN DE VOS ANCETRES

André Mégny dit Lagacé, l'un de vos ancêtres, était originaire de l'île de Ré, tout comme Mathurin Villeneuve, ancêtre du cardinal. C'est là qu'il naquit en 1640, du mariage de Michel Mégny et de Catherine Masson.

C'est en qualité de soldat au régiment de Carignan qu'André Mégny vint au Canada. Il faisait partie de la compagnie de l'Allier, capitaine Berthier, qui arriva des Antilles à Québec, le 30 juin 1665.

Durant l'hiver de 1665-66, votre ancêtre fut en garnison à Québec. Durant les années 1666 et 1667, il prit part aux célèbres campagnes du régiment de Carignan contre les Iroquois. Réformé en 1668, il obtint la permission de s'établir au pays.

Le 14 octobre 1668, par-devant le notaire Leconte, votre ancêtre reçut une concession de dame Guillemette Hébert, fille de Louis Hébert et veuve de Guillaume Couillard. Cette terre était située à Charlesbourg.

Sept jours plus tôt, par-devant le notaire Becquet, André Mégny avait passé un contrat de mariage avec Jacquette Michel, veuve de Jean Cardin. Le 23 octobre, dans l'église de Québec, l'abbé Henri de Bernières bénissait l'union d'André Mégny et de Jacquette Michel.

Votre ancêtre travailla activement au défrichement de sa ferme, si bien qu'en 1672, il reçut une augmentation de 15 arpents à sa concession primitive, sous la seule obligation de payer chaque année, le jour de la Saint-Martin, "une bonne poulle, quinze sol en argent, et trois deniers".

Vers 1685, André Mégny et toute sa famille allèrent se fixer sur une terre de la Rivière-Ouelle.


Ménard-Lafontaine, Louis-Hyppolite

VOTRE PARENT SIR LOUIS-HIPPOLYTE MENARD-LAFONTAINE LE PREMIER BARONNET CANADIEN

Sir Louis-Hippolyte Lafontaine, célèbre homme d'État canadien, champion de nos arènes politiques au siècle dernier, est apparenté avec vous.

Ce grand personnage du siècle dernier, admis à la profession d'avocat à l'âge de vingt et un ans, en 1828, se lança deux ans plus tard dans la carrière politique où il devait s'illustrer par la suite. Interprète courageux, noble et fier, cet habile orateur revendiqua énergiquement, en 1842, les droits de la langue française, établissant pour toujours l'égalité des deux races devant la constitution.

Sir Louis-Hippolyte Lafontaine fut créé Baronnet; ce fut le premier Baronnet au Canada. Il prit alors les armes suivantes: "D'azur, à la fasce d'argent chargée d'un livre ouvert au naturel, brochant sur une épée d'or posée en bande et accosté de deux feuilles d'érable de sinople, accompagnée en chef d'un dextrochère paré d'argent tenant une balance du même et en pointe d'un castor au naturel passant sur une terrasse de sinople; au franc-canton d'argent chargé d'une main senestre de gueules."

A celui qui fit triompher les droits de notre langue, fut érigée une statue à Montréal.


Mercier, Honoré

L'HONORABLE HONORE MERCIER ANCIEN PREMIER MINISTRE VOTRE PARENT

L'Honorable Honoré Mercier, premier ministre de la province de Québec, du 29 janvier 1887 au 16 décembre 1891, est votre parent. Né à Iberville, en 1840, il fit ses études classiques au collège des Jésuites à Montréal. En 1862, il était rédacteur en chef du "Courrier de Saint-Hyacinthe". Admis ensuite au barreau, en 1865, il désapprouva deux ans plus tard l'idée même de la Confédération qu'il jugeait dangereuse pour sa nationalité. En 1871, il apparaissait dans l'arène politique, lors de la formation du parti national. Député de Rouville, de 1872 à 1874, il fut élu, en 1879, à la Chambre provinciale et nommé Solliciteur général. Devenu chef du parti libéral, en 1883, l'Honorable Honoré Mercier était promu premier ministre quatre ans plus tard: simultanément il fut tour à tour Procureur Général, ministre de l'Agriculture et de la Colonisation, président du Conseil Exécutif. Sous la ferme administration de votre cousin, notre province prit un essor considérable. A celui qui fit triompher les droits de notre langue, fut érigée une statue à Montréal.


Messier, Michel

MICHEL MESSIER PRISONNIER DES IROQUOIS EST ANNONCE COMME MASSACRE IL REVIENT

Immigrer à seize ans au Canada, être fait prisonnier par les Iroquois, être annoncé comme massacré, puis revenir au pays des siens pour jouer un rôle prépondérant par la suite: voilà les faits saillants de la vie de votre ancêtre, Michel Messier.

Arrivé à Ville-Marie, en 1656, Michel Messier fut fait prisonnier des Iroquois dans un combat, le 24 mars 1661. Quelque temps après, on apprit qu'il avait été brûlé vif.

A la fin de juin 1661, parurent au-dessus de Ville-Marie deux canots d'Iroquois portant un pavillon blanc. Ils venaient offrir la paix et amenaient avec eux quatre captifs français qu'ils venaient rendre pour preuve de leur sincérité. On interrogea ces prisonniers sur le sort de leurs frères captifs pris à Ville-Marie et amenés comme eux au pays des Iroquois. Ils racontèrent que l'un d'eux, Jean Millet, avait été tué à coups de bâton en arrivant à la bourgade iroquoise; que Pierre Gauvin avait aussi été tué; que Pierre Martin dit Larivière n'avait point été conduit au pays des Iroquois, ayant été massacré sur place dans le combat de mars; enfin ils rapportèrent que Michel Messier, âgé de vingt et un ans, pris avec eux, avait été brûlé, sans pouvoir préciser le jour de sa mort. Cette nouvelle, inutile de le dire, répandit partout le deuil dans Ville-Marie. (Faillon, Histoire de la Colonie Française en Canada, tome 11, page 438).

Heureusement, la nouvelle de cette mort de Michel Messier se trouva fausse, car quelque temps après, on apprit qui il vivait encore et, plusieurs mois plus tard, dans un autre échange de prisonniers, Michel Messier fut ramené au pays et à sa famille. Il se distingua toujours dans toutes les occasions contre les Iroquois et il mérita si bien de sa patrie, de même que son beau-frère, Jacques Le Moyne, que le roi leur octroya en fief une lieue de front sur le fleuve Saint-Laurent, sur une lieue et demie de profondeur. La partie échue à Jacques Le Moyne porta le nom de seigneurie du Cap de la Trinité; celle échue à votre ancêtre, Michel Messier, reçut le nom de seigneurie de St-Michel. Ces deux seigneuries étaient situées près de Varennes.


Michel, Jean

MASSACRE DE LACHINE JEAN MICHEL TUE PAR LES IROQUOIS AVEC SES FILS

Comme tout petit Canadien, vous avez sans doute frémi en lisant sur les bancs de l'école cette page de l'Histoire du Canada qui s'appelle "Le Massacre de Lachine". Mais à cette époque-là, vous ignoriez sans doute que vous descendiez de l'une de ces victimes. En effet, Jean Michel, tué avec ses fils dans le massacre de Lachine durant la nuit du 4 au 5 août 1689, est votre ancêtre.

Avec l'historien Garneau résumons les péripéties de cette nuit terrible d'août 1689 au cours de laquelle un de vos ancêtre périt brusquement.

"On était aux premiers jours du mois d'août (1689). Rien n'annonçait aucun événement extraordinaire. Dans la nuit du 4 au 5, quinze cents Iroquois traversent le lac Saint-Louis, durant une tempête de grêle et de pluie qui les favorise, et débarquent en silence à Lachine, sur la partie supérieure de l'Île de Montréal. Avant le jour, ils se sont placés par pelotons à toutes les maisons sur un espace de plusieurs lieues. Les habitants sont encore ensevelis dans le sommeil. Les Iroquois n'attendent plus que le signal, il est donné. Alors s'élève un effroyable cri de mort. Les portes sont rompues et le massacre commence. Les sauvages égorgent d'abord les hommes; ils mettent le feu aux maisons qui résistent et lorsque la flamme en fait sortir les habitants, ils épuisent sur eux tout ce que la férocité et la fureur peuvent inventer. Ils ouvrent le sein des femmes enceintes pour en arracher le fruit qu'elles portent, et contraignent des mères à rôtir leurs enfants. Environ deux cents personnes périssent. Plus de cent vingt autres sont entraînées dans les Cantons pour y être brûlées."

Votre ancêtre, Jean Michel, avec son fils, Pierre, âgé de 15 ans, et Albert Boutin, âgé de 18 ans, fils de sa femme, furent des victimes de cette nuit terrible. Nous trouvons le fait mentionné aux archives de la paroisse de Lachine.

Qu'il nous suffise de citer un extrait de ces registres, écrit par le Curé à la date du 28 octobre 1694, à propos de Jean Michel: "Sur l'habitation de feu Jean Michel, nous avons trouvé les os du dit Jean Michel et de son fils, Pierre, âgé de 15 ans, et d'Albert Boutin, âgé de 18 ans, fils de sa femme."

Jean Michel, lors du massacre, était âgé de 49 ans. Pierre était son fils aîné; un autre fils restait et deux filles.


Michel, Pierre

PIERRE MICHEL ALIAS MICHAUD GRAND DEFRICHEUR ET GRAND VOYAGEUR

L'ancêtre de la famille Michaud fut longtemps connu sous le nom de Michel et c'est seulement sur la fin de sa vie qu'on lui donna le nom de Michaud. Ce Poitevin venu vers 1662 de Notre-Dame Fontenay-le-Comte s'établit d'abord sur la côte de Beaupré dans la paroisse de L'Ange-Gardien.

Il se marie en 1667 et parait habiter pendant quelque temps chez son beau-père, René Ancelin. Vers 1670, Pierre Michel va s'établir à l'île aux Grues, en face du Cap-Saint-Ignace. Quatre ans plus tard il se fait concéder par le seigneur Pierre Bécart de Grandville la terre qu'il avait défrichée.

Pendant ce temps la famille de votre ancêtre grandissait. il fallait trouver des terres pour les fistons. Pierre Michel s'adressa donc à Geneviève Couillard et obtint une concession dans la seigneurie de l'Islet. Plus tard, en 1695. il vendit sa ferme de l'île aux Grues puis alla se fixer dans la seigneurie de Kamouraska avec sa famille. Là, il se fit concéder une terre de Charles Aubert de la Chenaie seigneur de Kamouraska. Enfin, en 1697, il vendait sa terre de l'Islet. C'est à Kamouraska qu'il mourut. En 1750 ses descendants formaient plus de la moitié de la population de cet endroit.


Miville, Pierre

UN DE VOS ANCETRES D'ORIGINE SUISSE PIERRE MIVILLE COLON IMPORTANT DE LA COTE DE LAUZON

Du sang suisse coule dans vos veines. En effet, Pierre Miville, votre ancêtre, vit le jour, en 1602, à Fribourg, en Suisse. Marié à cet endroit, en 1629, il traversa au Canada au printemps de 1649 avec son épouse et six enfants, se fit concéder dès son arrivée des terres sur la côte de Lauzon, en face des Plaines d'Abraham, aujourd'hui situées près de la coulée Patton, dans la paroisse Saint-David-de-l'Auberivière.

En 1669, plusieurs colons venus de Fribourg obtinrent des concessions à la Grande-Anse, aujourd'hui Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Votre ancêtre, Pierre Miville, les dirigea dans le défrichement de leurs terres qui portaient le nom de "Canton des Suisses Fribourgeois" . Cette tentative de colonisation ne réussit pas et les Suisses retournèrent tous dans leur pays, sauf votre ancêtre, Pierre Miville, qui resta établi sur la côte de Lauzon, où il devint bientôt capitaine de milice.

Ce colon qui portait le surnom de "Le Suisse" d'après son origine, a laissé au pays de nombreux descendants.


Morel, Michel

MICHEL MOREL BEDEAU DE NOTRE-DAME

Michel Morel dit Parisien était, comme son surnom l'indique, originaire de Paris. Fourreur de son métier, il fut engagé par les seigneurs de Montréal et semble arrivé au pays vers 1665. Il avait alors 21 ans.

Il s'établit à Montréal et y pratiqua son métier tout en cultivant la terre et en faisant fonction de bedeau à l'église paroissiale. Il mourut en 1679 à Montréal.

De son mariage avec Marie Grandin, il avait eu deux fils dont la postérité se retrouve surtout à Lachine et dans tout le district de Montréal. Le surnom Mador ou Madore apparut à la deuxième génération et fut adopté par un petit nombre de familles Morel. Au moins sept familles de ce nom sont venues s'établir au pays.


Morel, Olivier

LA BELLE CARRIERE MILITAIRE D'OLIVIER MOREL DE LA DURANTAYE ISSU DE FAMILLE NOBLE

Olivier Morel de la Durantaye naquit au Gâvre, en Bretagne, le 17 février 1640. Il était fils de Thomas Morel de la Durantaye et de Aliette du Houssay. Les Morel de la Durantaye qui étaient d'ancienne noblesse portaient: "D'argent à un léopard de gueules".

Olivier Morel de la Durantaye embrassa la carrière des armes. Dès l'âge de vingt-deux ans. il était nommé enseigne dans l'armée royale, puis bientôt lieutenant au régiment de Chambellé. Au printemps de 1665, il permuta pour le régiment de Carignan et passa au Canada avec le grade de capitaine. Après trois années de luttes contre les Iroquois, ce célèbre régiment fut démobilisé. Avec les encouragements des autorités de la colonie, bon nombre de soldats et d'officiers demeurèrent au Canada et s'établirent sur des terres. Quant à votre ancêtre, Olivier Morel de la Durantaye, il repassa d'abord en France, puis revint au Canada, l'année suivante.

En 1670, à Québec, nous le voyons épouser Françoise Duquette, veuve de Jean Madry. Il s'établit alors à Québec, dans une maison située sur le terrain actuel de la cathédrale anglicane.

En 1672, l'intendant Talon lui concéda la seigneurie dite "de la Durantaye" ou "de Bellechasse". Deux ans plus tard, il reçut la seigneurie de Kamouraska qu'il revendit en 1680, à Charles Aubert de la Chesnaye.

Ce n'est qu'en 1683 que commence la seconde partie de la carrière militaire de votre ancêtre. Cette année-là, le gouverneur de la Barre l'envoya à Michilimakinac pour prendre le commandement du pays des Outaouais. Il avait en même temps mission de prendre possession des forts ou postes de traite établis par La Salle dans l'Ouest. Il acquit alors une grande renommée par sa bravoure et l'habileté qu'il déploya dans le gouvernement des Sauvages. Il rendit également des services signalés dans la fameuse expédition du gouverneur de la Barre en 1684. Aussi l'année suivante, l'intendant de Meulles écrivait au Ministre de la marine ce qui suit au sujet de votre ancêtre: "un des plus honnêtes hommes du pays, mais un des moins riches. Il est bien gentilhomme et m'a produit des titres de plus de trois cents ans bien conditionnés".

En 1687, Olivier Morel de la Durantaye eut une nouvelle occasion de bien servir son Roi et son pays, en prenant de nouveau possession de la région de Détroit et des lacs Érié et Huron.

En 1690, votre ancêtre fut relevé de son commandement de Michilimakinac par Louis de la Porte de Louvigny. Quatre ans plus tard, votre ancêtre était chargé d'un détachement de troupes de milice levé pour débarrasser les environs de Montréal des Iroquois. En 1696, on le retrouve dans l'expédition du gouverneur de Frontenac contre ces mêmes sauvages. Votre ancêtre commandait alors un bataillon.

Après tant d'années de bons services, le 18 mai 1701, Louis XIV, Roi de France, accordait à votre ancêtre, pour le récompenser de ses trente-neuf années de service, une pension annuelle de six cents livres. Deux ans plus tard, le Roi lui accordait une nouvelle marque de confiance en le créant conseiller et membre du Conseil Souverain de la Nouvelle-France.

Voici un ancêtre dont vous pouvez être fier.


Morin, Noël

VOTRE ANCETRE NOEL MORIN A QUEBEC AU TEMPS DE CHAMPLAIN IL DEVIENT SEIGNEUR DU FIEF ST-LUC UN DE SES FILS PREMIER PRETRE CANADIEN

Plusieurs colons du nom Morin vinrent de France au Canada. Le principal est Noël Morin, votre ancêtre, originaire de Brie-Comte-Robert, Île-de-France. Arrivé à Québec, en 1632, du vivant même de Champlain, fondateur de Québec, Noël Morin vécut dans la vieille capitale jusqu'en 1663, alors que le gouverneur de Lauzon le fit seigneur de St-Luc, fief de la paroisse de Montmagny.

Noël Morin laissa quatre fils. Trois fondèrent foyer et deux d'entre eux ajoutèrent à leur nom Morin les surnoms Rochelle et Valcour. Ce surnom est perpétué par le rocher de ce nom situé dans le voisinage de Montmagny. Le fils aîné de Noël Morin, Germain, fut le premier prêtre canadien.

La province de Brie d'où venait votre famille fut en des temps reculés intimement liée à un peuple dit Morini dont le nom nous paraît être la source même des Morin.


Moyen, Jean-Baptiste

VOTRE ANCETRE JEAN-BAPTISTE MOYEN ET SON EPOUSE ASSASSINES PAR LES IROQUOIS LEURS DEUX FILLETTES AMENEES CAPTIVES

Votre ancêtre, Jean-Baptiste Moyen, sieur des Granges, fut le deuxième seigneur de l'Île-aux-Oies, dans le fleuve Saint-Laurent, en face du Cap-Saint-Ignace. Il avait acheté l'île de M. de Montmagny, deuxième gouverneur de la Nouvelle-France, par contrat passé par devant Richer et Chapperon, notaires, à Paris, le 10 janvier 1654.

Jean-Baptiste Moyen était allé se fixer avec sa famille sur l'Île-aux-Oies. L'exploitation marchait à merveille, lorsqu'un jour - c'était à la fête-Dieu, 1655 - des Agniers surprirent sa famille au moment où les serviteurs étaient à leur besogne dans les champs. Moyen et sa femme furent lâchement assassinés par ces barbares.

Leurs enfants, deux filles, du nom de Marie et Elisabeth, âgées de six et quatorze ans, ainsi qu'une de leurs petites amies, Geneviève Macart, furent amenées captives. Elisabeth Moyen et Geneviève Macart, alors en vacances, suivaient un cours d'études au pensionnat des Ursulines, à Québec. On peut imaginer aisément la détresse de ces enfants livrées sans protection à la merci de ces cruels sauvages. Mais la Providence veillait sur elles. Peu de temps après, la "Grande Armée", l'un des principaux chefs Iroquois, proposa l'échange de ces prisonnières pour quelques Agniers dont les Français s'étaient emparés dans les environs de Montréal. L'offre fut agréée, comme bien on pense, et les jeunes demoiselles furent mises en liberté.

L'aînée, Elisabeth, épousa en 1657, le célèbre Lambert Closse, le glorieux "Sauveur" de Montréal et la "Terreur" des Iroquois.

Marie Moyen devint la femme de Sidrac Dugué, sieur de Boisbriand, capitaine au régiment de Carignan et seigneur de l'Île Sainte-Thérèse.

Marie Macart, seconde fille de Nicolas Macart, épousa, en 1663, Charles Le Gardeur, sieur de Villiers.




n


Nicolas, François

VOTRE COUSIN FRANCOIS NICOLAS EXECUTE A MONTREAL EN 1839 PAR ARRET DE LA COUR MARTIALE PARCE QUE PATRIOTE DE 1837

Tous nous connaissons les jours sombres traversés par notre pays à l'époque de l'insurrection de 1837-38, mais nous connaissons moins les victimes de cette période de troubles. Les uns furent tués sur les champs de bataille, les autres exilés soit aux Bermudes, soit aux terres australes, d'autres enfin, au nombre de douze, furent exécutés à Montréal par des arrêts de la Cour Martiale. Deux furent exécutés le 21 décembre 1838, cinq, le 18 janvier 1839, cinq autres, le 15 février 1839. Un des cinq qui durent monter sur l'échafaud, le 15 février 1839, était votre petit cousin, François Nicolas.

Né à Québec, en 1797, Nicolas avait été élevé par un de ses oncles, M. François Borgia, distingué avocat de Québec. Après un cours d'études, il se lança dans le commerce, mais n'ayant pas réussi, il alla, en 1831, s'établir à L'Acadie comme instituteur.

Lorsque les troubles de 1837 éclatèrent, il se lança avec ardeur dans le mouvement et prit une part active à toutes les assemblées précédant l'insurrection. Après la bataille de Saint-Denis, il se cacha, fut découvert et jeté en prison. Après un long procès, il fut acquitté. Il se rendit ensuite aux États-Unis où avec d'autres compatriotes il prit part à l'organisation de l'insurrection de 1838. Les patriotes ayant été défaits à Odeltown, François Nicolas tenta de nouveau de s'enfuir aux États-unis. N'ayant pu franchir la frontière, il se cacha pendant quelque temps dans les bois du côté de Saint-Valentin. Découvert, le 18 janvier 1839, il fut amené à Montréal où, huit jours plus tard, il était condamné par la Cour Martiale à monter sur l'échafaud. Le 15 février 1839, il fut exécuté pour l'honneur de notre nationalité et le triomphe de la liberté.

Le 14 novembre 1858, au cimetière de la Côte des Neiges, à Montréal, près de l'entrée, du côté gauche, fut inauguré un monument pour perpétuer le souvenir des patriotes de 1837-38. Ce monument en plus d'inscriptions très intéressantes nous donne les noms des patriotes tués sur les champs de bataille pendant l'insurrection, de ceux exilés et de ceux exécutés parmi lesquels votre cousin, François Nicolas.


Nicolet, Jean

JEAN NICOLET, SIEUR DE BELLEBORNE, INTERPRETE, EXPLORATEUR ET COUREUR DES BOIS

Vous descendez en ligne directe de Jean Nicolet, l'un des personnages intéressants des débuts de la colonie. Vous avez lieu d'être très fier de cet ancêtre.

Jean Nicolet, natif de Cherbourg, vint au Canada, en 1618, en compagnie de François Gravé, sieur du Pont, et du père Paul Huet. Homme de confiance de Champlain, il passa presque toute sa vie tantôt chez les Algonquins de l'Ile-aux-Allumettes sur la Rivière Outaouais, tantôt chez les Nipissiriniens "les plus doux et les meilleurs des sauvages de l'ouest" selon l'abbé Ferland. C'est dans cette dernière tribu que Jean Nicolet épousa à la mode des pays d'en Haut, une jeune fille indienne. il en eut une fille, Euphrosie-Madeleine, née en 1626, qui épousa successivement Jean Leblanc et Elie Dusceau, laissant une nombreuse postérité. Durant plusieurs années, Jean Nicolet vécut ainsi la vie rude et peu confortable des sauvages au milieu desquels il habitait, à des centaines de milles de ses parents, de ses amis et de tout lieu civilisé.

Il semble que le principal rôle joué par Nicolet en Nouvelle-France, fut celui d'ambassadeur extraordinaire des Gouverneurs auprès des diverses tribus sauvages, avec mission de les pacifier, de préparer la venue des missionnaires, et d'orienter leur commerce de fourrures vers les comptoirs de la Nouvelle-France. C'est pour cette raison qui il apprit nombre de dialectes indiens et spécialement ceux des Algonquins, dont les Nipissings étaient une importante tribu.

Parmi les faits les plus illustres qui ont marqué la vie de votre ancêtre, figurent au premier plan la découverte du lac Michigan et la première exploration de l'état actuel du Wisconsin. Ces deux événements eurent lieu au cours d'un grand voyage rempli d'aventures qui il fit en 1634 dans la région des Grands Lacs.

En 1637, Jean Nicolet reçut une concession de M. de Montmagny au coteau de Sainte-Geneviève sis aujourd'hui dans la ville de Québec. A partir de ce moment il fut désigné sous le nom de "noble homme Jean Nicolet, sieur de Belleborne". Quelques mois plus tard il épousa Marguerite Couillard, fille de Guillaume et de Guillemette Hébert, et petite-fille de Louis Hébert, le premier colon canadien. Leur fille, Marguerite, qui épousa Jean-Baptiste Le Gardeur de Repentigny, compte aujourd'hui une nombreuse descendance.

Le 19 octobre 1642, Jean Nicolet se noya dans le fleuve près de Sillery au cours d'une tempête du nord-est, juste au moment où il se rendait aux Trois-Rivières pour y apaiser un parti d'Algonquins qui voulait mettre à mort un sauvage ennemi.

Une ville, un comté, un diocèse, un lac et une rivière portent le nom de votre ancêtre, Jean Nicolet, et perpétuent sa mémoire.




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Papineau, Louis-Joseph

LE GRAND LOUIS-JOSEPH PAPINEAU VOTRE PARENT

Louis-Joseph Papineau, brillant homme politique du siècle dernier est votre cousin. Né à Montréal, en 1786, il était le fils de Joseph Papineau, notaire, arpenteur, député, seigneur de la Petite-Nation (Montebello). Après ses études classiques au Séminaire de Québec, il se fit élire député de Kent (Chambly), en 1808, pour être admis au barreau, en 1810. Devenu orateur de la Chambre, en 1815, il devait passer 30 années à l'Assemblée, étonnant tout le monde par son éloquence fougueuse et captivante. M. Papineau était l'âme du mouvement nationaliste. En 1834, fut prononcé par lui le fameux discours sur les "92 Résolutions", résumant tous les griefs de la colonie contre la métropole. Papineau, à cause de son éloquence, surnommé "l'O'Connell du Canada", convoqua partout des assemblées pour protester contre la tyrannie de l'Angleterre. "L'assemblée des six comtés" fut le prélude de la "Rébellion". Les troubles firent passer Louis-Joseph Papineau aux États-unis et de là en France. Il y demeura jusqu'en 1845. A son retour, il alla habiter au foyer familial du manoir de Montebello. En 1848, il fut élu dans St-Maurice puis aux élections suivantes dans Deux-Montagnes. Il se retira définitivement de la politique le 23 juin 1854. Isolé au manoir seigneurial il n'en sortit qu'une fois pour exprimer ses idées à l'Institut Canadien de Montréal, le 17 décembre 1867. Il y mourut le 23 septembre 1871.


Paradis, Pierre

PIERRE PARADIS COUTELIER

Pierre Paradis, né à Tourouvre au Perche, en 1611, épousa Barbe Guyon, en 1633, à Mortagne. Il était coutelier de son métier.

Dès 1650, on le trouve établi à Beauport sur le fief de son beau-père, Jean Guyon du Buisson. Il travailla ferme au défrichement de sa terre, si bien qu'en 1667, il avait douze arpents en valeur et huit bestiaux dans son étable. Votre ancêtre devait vivre encore huit ans puisqu'il fut inhumé le 29 janvier 1675 à Sainte-Famille, île d'Orléans. Cinq ans plus tôt, il avait fait son testament qui constitue une pièce extrêmement intéressante.

Deux autres Paradis sont venus s'établir au Canada. Leur progéniture s'est multipliée dans la région de Montréal et dans la vallée du Richelieu.

Quant à la descendance de votre ancêtre, elle se trouve surtout à l'île d'Orléans, sur la côte de Beaupré et à Charlesbourg, dans le bas du Fleuve et sur l'île Jésus.


Parant, Pierre

LE BOUCHER PIERRE PARANT

Originaire de Mortagne au Perche, Pierre Parant arriva au Canada dans le courant de l'année 1650.

Après un séjour de quelques années au Château-Richer, et après avoir épousé à Québec, le 9 février 1654, Jeanne Badeau, Parant se fixa à Beauport. il devait y demeurer pour le reste de sa vie, et y élever ses dix-sept enfants.

Homme actif et pas embarrassé de ses dix doigts, votre ancêtre cumulait les occupations de cultivateur, de boucher et de marchand.

Comme marchand, nous le voyons, en 1670, vendre à Québec de la chaux et de la pierre.

Comme cultivateur, il réussit en l'espace de quatorze ans à agrandir de quatre-vingt-quinze arpents sa terre de Beauport, ce qui supposait un travail acharné. En effet, alors qu'en 1667 il ne possédait qu'une concession bien modeste de cinq arpents, nous le trouvons établi en 1681 à la tête d'une ferme de cent arpents, avec dix-huit bêtes à corne s et vingt-quatre brebis.

Mais Pierre Parant n'arrêtait pas là ses activités. il était aussi boucher. C'était même, semble-t-il, sa principale occupation, puisque dans les actes officiels il était toujours mentionné comme tel. Cette profession était d'ailleurs assez lucrative, car non seulement le boucher faisait le commerce de la viande, mais il vendait aussi à bons prix aux tanneurs et aux cordonniers les peaux de boeufs ou de veaux.

Pierre Parant mourut le 5 août 1698, et fut inhumé le lendemain dans le cimetière de Beauport.

Détail amusant: Pierre Parant qui ne savait pas signer son nom avait adopté comme marque personnelle une petite hache, un "chopper". Cette marque, reconnaissons-le, ne manquait pas d'originalité.


Paré, Robert

ROBERT PARE DU PERIGORD SA SIGNATURE ORIGINALE

Robert Paré était originaire de Soulaures, au Périgord. Né en 1626, du mariage de Mathieu Paré et de Marie Joannet, Robert Paré émigra au Canada vers 1650, à l'âge de 24 ans. La première trace qu'on en trouve est dans les registres de la paroisse de Notre-Dame de Québec, le 20 octobre 1653: c'est son acte de mariage avec Françoise Le Houx, fille de Jacques Le Houx et de Marie Meilleur.

Robert Paré et son épouse se fixèrent sur une ferme de la côte de Beaupré, dans cette partie qui forma plus tard la paroisse de Sainte-Anne-de-Beaupré.

Dès 1667, Robert Paré avait sept bestiaux dans son étable et vingt arpents de défrichés. En 1681, sa terre comptait trente arpents en culture.

Votre ancêtre ne savait pas signer. Sa marque était une équerre. Robert Paré était charpentier de son métier; la signature choisie par lui était donc vraiment symbolique.


Parent, Etienne

ETIENNE PARENT CELEBRE HOMME DI ETAT CANADIEN MEMBRE DE VOTRE FAMILLE

Né à Beauport, en 1802, Etienne Parent fit ses classiques au collège de Nicolet et à Québec. En 1822, il embrassait la carrière du journalisme, devenant rédacteur du "Canadien", supprimé en 1825. M. Parent se fit alors admettre au barreau, en 1829. Le 7 mai 1831, renaissait le "Canadien", sous l'impulsion du nouvel avocat qui inscrivit en première page la devise: "Nos Institutions, notre Langue et nos Lois". Ce journal groupait sous sa bannière les parlementaires les plus en vue de l'époque. En 1841, Etienne Parent était élu pour la division électorale du Saguenay. En 1842, il quittait la direction du journal à la suite d'une grande surdité. Il se distingua par la suite comme conférencier à Québec et à Montréal. En 1847, il fut promu sous-secrétaire de la province et vingt ans plus tard, sous-secrétaire d'État aux Communes. Il mourut à Ottawa, en 1874. Etienne Parent publia plusieurs ouvrages de philosophie et de sociologie. Selon le mot de Sir Thomas Chapais "il fit preuve du patriotisme le plus éclairé, de la plus remarquable supériorité de jugement et d'une admirable fermeté de caractère".


Payet, Pierre

PIERRE PAYET PRIS PAR LES SAUVAGES COMBAT HEROIQUE SON MONUMENT A LA POINTE-AUX-TREMBLES

Pierre Payet dit St-Amour, dont vous descendez, eut une aventure héroïque dont le souvenir est rappelé par un monument à la Pointe-aux-Trembles.

Le touriste qui se promène sur la pointe orientale de l'île de Montréal, à l'endroit où le Boulevard Gouin oblique vers le sud pour aller joindre la rue Notre-Dame, remarque entre la route qu'il suit et les eaux de la rivière des Prairies, sur les bords d'une coulée profonde qui s'appelait il y a deux siècles et demi et s'appelle encore "la coulée Grou", un monument élevé par la "Commission des Sites et Monuments Historiques du Canada".

S'il vous arrive de passer à cet endroit, nous vous suggérons de faire comme nous avons fait, descendre de voiture et lire sur la façade de ce monument une des pages les plus émouvantes de l'Histoire du Canada. Cette lecture sera encore plus intéressante pour vous que pour le voyageur ordinaire, puisque vous y verrez l'histoire de l'un de vos ancêtres et que vous pourrez vous dire que vous foulez la terre qu'il a conservée aux générations futures.

L'inscription que vous verrez sur la façade de ce monument se lit comme suit: "Le 2 juillet 1690, M. de Colombet, à la tête de 25 hommes, attaqua 100 Iroquois près d'ici; il fut tué avec 9 de ses soldats, ainsi que 30 ennemis. Jean Grou, propriétaire de cette ferme et trois de ses compagnons furent capturés par les sauvages et brûlés vifs. Joseph Lajeunesse, descendant de Grou, a fait don du terrain et des pierres de ce monument".

Cette inscription, en son style concis, est bien éloquente et dispense de tout commentaire.

Les registres de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, à la date du 2 novembre 1694, complètent l'histoire de cette bataille et nous donnent les noms de ceux qui furent tués, de ceux qui furent brûlés par les sauvages et de celui qui fut pris par les sauvages et ensuite libéré: ce dernier est votre ancêtre, Pierre Payet.

Reproduisons ici textuellement le registre paroissial de la Pointe-aux-Trembles, à la date du 2 novembre 1694:

"Le 2 juillet 1690, les Iroquois tuèrent au bout de l'Ile, près de la coulée de Jean Grou, le Sr Colombe, lieutenant réformé, Joseph de Montenon Sr de la Rue, que les ennemis brûlèrent le jour même derrière le fort de LaChenaye, Guillaume richar dit Lafleur, notre lieutenant de milice, Jean Jalot, notre chirurgien ... Jean Delpué dit parisot, Joseph carrier dit Larose, Jean Raynau dit Planchar brûlé aux Oneiouts avec Jean Grou, paschange et le bohême en présence du père Millet, Jean Beaudoin, fils, pierre Masta, et un employé du grand Bauchant nommé ... Pierre Payet dit St-Amour a été pris dans l'attaque et amené prisonnier le 2 juillet 1690, il a été donné aux Oneiouts qui lui ont donné la vie ainsi que nous a mandé le père Millet du mois février 1691 d'Oneiout ou il est aussi et ou on lui a donné la vie."

"Le dit St-Amour est revenu au fort en 1693."

"Comme on craignait beaucoup les Iroquois, on enterra, à la hâte, les corps de ceux qui avaient été ainsi tués, à l'endroit où le massacre avait eu lieu; ce ne fut que le 2 novembre 1694 que l'on transporta leurs ossements au cimetière, où ils furent inhumés en présence de presque tous les paroissiens."

Comme on peut le voir par l'extrait ci-dessus du registre de la Pointe-aux-Trembles, quatre des combattants de la coulée Grou furent amenés prisonniers par les Iroquois et trois d'entre eux furent brûlés vifs; votre aïeul, Pierre Payet, fut le seul épargné. Cependant, il n' y a pas de doute qu'il dut avant d'obtenir sa grâce, être sujet comme ses compagnons à toutes sortes de tourments pendant le trajet au pays des Iroquois et pendant les premiers jours de sa captivité.

Dans les registres de la Pointe-aux-Trembles, à la date du 9 janvier 1691, on trouve l'acte de baptême de Claude, un fils de votre ancêtre, Pierre Payet dit St-Amour. L'enfant est qualifié posthume, parce que l'on supposait alors son père massacré par les Onneiouts. Il resta prisonnier pendant trois ans, comme nous l'avons constaté plus haut, après quoi il fut libéré. Il vécut encore de longues années et ce n'est qu'en 1719 que devait s'éteindre ce héros des premiers temps de la colonie.


Pelletier,
Charles-Alphonse-Pantaleon

LE LIEUTENANT-GOUVERNEUR DU QUEBEC SIR CHARLES-ALPHONSE-PANTALEON PELLETIER

Né à la Rivière-Ouelle le 22 janvier 1837, votre parent Sir Charles-Alphonse-Pantaléon Pelletier fit ses études secondaires au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et son cours de droit à l'Université Laval de Québec. Il se fit inscrire au barreau du Bas-Canada en 1860 et devint conseil de la Reine en 1879. Durant l'invasion fénienne, il commanda le 9e bataillon et se retira de la milice avec le grade de lieutenant-colonel.

Élu député de Kamouraska le 17 février 1867, il fut nommé sénateur le 3 février 1877, et ministre de l'Agriculture dans le second ministère Mackenzie (26 janvier 1877 - 16 octobre 1878). Nommé président du Sénat (13 juillet 1896 - 28 janvier 1901), le 24 mai 1898 il fut fait chevalier commandeur de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-George. Promu juge de la Cour supérieure de Québec le 30 septembre 1904, il fut choisi comme lieutenant-gouverneur de la Province le 15 septembre 1908, et mourut le 29 avril 1911.

Sir Charles-Alphonse-Pantaléon Pelletier portait: "Parti: au 1, d'argent à la fasce de gueules chargée de trois étoiles du champ, accompagnée en chef d'une aigle aussi de gueules et en pointe d'un croissant d'azur; au 2, de gueules au lion d'or, accompagné de dix billettes du même mises en orle".

D'après le Dictionnaire Général du Canada. R. P. Lejeune.


Pelletier, Jean

UN MARIAGE RETARDE

En 1647, votre ancêtre, Jean Pelletier, voulut épouser Anne Langlois, fille de Noël Langlois et de Françoise Grenier.

Les trois bans furent publiés par trois jours de fête en juin et en juillet 1647; mais quand le temps de la cérémonie fut arrivé, quelqu'un découvrit un empêchement canonique assez sérieux. En effet Anne Langlois, la petite fiancée,n'avait même pas dix ans puisqu'elle était née le 2 septembre 1637. L'empêchement découvert, il fallut bien attendre l'âge prescrit, soit douze ans, et le mariage n'eut lieu que le 9 novembre 1649.

Ajoutons que ce même Jean Pelletier fut du nombre de ces braves qui, en 1690, sous la direction du curé Pierre de Francheville, repoussèrent un débarquement des Bostonnais de l'amiral Phipps sur les grèves de la Rivière-Quelle.


Pépin, Guillaume

LE NOM DE VOTRE ANCETRE GUILLAUME PEPIN PORTE JUSQU'AUX RIVES DU MISSISSIPI

Qui ne connaît de nom le Mississipi, fleuve des Etats-Unis, l'un des plus grands du monde? Par contre beaucoup ignorent que le plus vaste renflement de ce fleuve, le lac Pépin, doit son nom à la famille de votre ancêtre, Guillaume Pépin. Voyons comment.

Guillaume Pépin naquit à Saint-Laurent de la Barrière, en Saintonge. C'était, disent les documents de l'époque, un homme instruit, mais qui n'avait pas peur de l'aventure. Plutôt donc que de s'installer à Québec, il préféra à son arrivée au Canada s'établir à Trois-Rivières, dont la fondation venait d'être décidée par Champlain. Il peut donc à ce titre être considéré comme l'un des pionniers du delta du Saint-Maurice.

Quelques années plus tard, il était nommé Syndic, puis Juge des Trois-Rivières.

Guillaume Pépin épousa en 1645 Jeanne Méchin, dont il eut une nombreuse famille.

Ce fut précisément l'un de ses fils, Jean, qui porta le nom de Pépin jusqu'aux rives du Mississipi. Jean Pépin s'était d'abord établi à Boucherville, où il avait épousé, le 23 novembre 1685, Madeleine Loyseau.

Le goût de l'aventure toutefois l'attira, alors qu'il était déjà d'un certain âge, vers la région des Grands Lacs, si mal connue à cette époque.

De là, il gagna le Mississipi, et le descendit jusqu'aux deux postes français, les forts Beauharnois et Bonsecours, situés sur un élargissement du fleuve en forme de lac.

Jean Pépin devait rester plusieurs années dans cette région. Actif, entreprenant et courageux, il atteignit une telle renommée que le lac sur les rives duquel il demeurait fut appelé le lac Pépin.

Le lac Pépin fait actuellement partie de l'État américain du Minnesota. Deux villes sont situées sur ses rives: Wasbasha et Lake City.


Perrin, Mathieu

VOTRE ANCETRE MATHIEU PERRIN SON MARIAGE DRAMATIQUE AU PAYS DES IROQUOIS

Vos ancêtres, Mathieu Perrin et son épouse Jeanne Pilet, contractèrent mariage dans des circonstances peu ordinaires. Ils étaient alors tous deux prisonniers des Iroquois.

Les Iroquois, la plupart du temps, faisaient passer leurs prisonniers par une longue série de mauvais traitements. Et si, parfois, ils décidaient de laisser la vie sauve à leur captif, celui-ci n'en continuait pas moins à rester prisonnier et toujours exposé à finir ses jours par le supplice. Cependant, après quelques mois ou quelques années de captivité, pendant une période de paix, les prisonniers avaient la chance d'être échangés ou libérés et de revenir dans leur pays.

En 1688, Mathieu Perrin, en montant des marchandises pour le roi au fort Catarakoui fut pris par les Iroquois et amené au pays des Onneyouts ou Anoiottes. Votre ancêtre comptait alors vingt-trois ans. il est intéressant de noter que sa mère, Jeanne Merrin, avant d'épouser Henri Perrin, était veuve d'Éloi Jarry qui avait été lui aussi tué par les Iroquois. A cette époque, le danger d'être pris ou tué par les Iroquois faisait partie de la vie quotidienne des colons.

Il y avait un an que Mathieu Perrin était prisonnier des Anoiottes, lorsque les Iroquois, de retour d'une autre expédition, amenèrent plusieurs prisonniers, entre autres une jeune personne de dix-huit ans, Jeanne Pilet, qui avait été capturée à Boucherville avec son mari, François Ethier. Le mari avait été tué par les Iroquois; la veuve était amenée prisonnière.

Mathieu Perrin et Jeanne Pilet restèrent longtemps prisonniers. Ils contractèrent mariage en présence du Père Millet, lequel était aussi captif des Iroquois.

Mathieu Perrin et Jeanne Pilet furent enfin libérés dans le cours de l'été 1694 et vinrent s'établir à Lachine. Ils étaient bien validement mariés, cependant ils tinrent à faire constater la chose aux registres et le père Remy, alors curé de Lachine, rédigea leur acte de mariage, à la date du 5 septembre 1694. C'est dans ce document précieux que nous avons puisé les détails nous permettant de reconstituer la vie de vos ancêtres.


Perrot, Nicolas

VOTRE ANCETRE NICOLAS PERROT SON ROLE IMPORTANT AUPRES DES SAUVAGES

Votre ancêtre, Nicolas Perrot, a laissé son nom à l'Histoire et à la postérité à plus d'un titre.

Explorateur, il sillonna le vaste continent américain et fit activement le commerce des fourrures.

Commandant en chef de l'ouest canadien, il usa avec discrétion de son autorité sur les Sauvages.

Serviteur des Jésuites, interprète des langues et médiateur officiel, il mit fin aux discordes entre les nations sauvages et travailla à leur alliance avec les colons français.

Capitaine de milice, il commanda à toute la côte de Bécancour.

Pionnier et vrai héros envers la couronne de France, votre ancêtre, Nicolas Perrot a laissé des "Mémoires" intéressants sur ses expéditions.


Phaneuf, Claude-Mathias

VOTRE AIEUL ANGLO-AMERICAIN PRISONNIER CONVERTI

Claude-Mathias Phanef, votre ancêtre, a une histoire très intéressante. Il était né à Groton, en Nouvelle -Angleterre, le 6 août 1690.

Son père était Mathias Farnsworth, originaire de Farnworth, dans le Lancashire, en Angleterre. Marié en 1681 à Sarah Nutting, il résidait à Groton, Mass. États-unis. Il vécut estimé de ses compatriotes qui lui confièrent plusieurs emplois importants.

Entre 1690 et 1710, les colons de la Nouvelle-France, toujours en guerre contre les colons de la Nouvelle-Angleterre, avaient pris la tactique de partir en hiver, en raquettes, accompagnés d'un certain nombre de Sauvages et d'aller surprendre un ou plusieurs villages américains. Ils revenaient avec un riche butin et souvent ils ramenaient les enfants dont les parents avaient été tués dans la bataille.

Claude-Mathias Phanef, (nom francisé de Farnsworth puis Farneth et Phanef) est l'un de ces sympathiques prisonniers. Dans une de ces incursions, à la date du 11 août 1704, Claude-Mathias Phanef, alors âgé de quatorze ans, fut fait prisonnier par les Sauvages du Sault-au-Récollet, ramené à Montréal et instruit des vérités de la religion.

Nous trouvons, un peu plus d'un an après son arrivée, dans les registres de la paroisse Notre-Dame, son acte de baptême à la date du 10 janvier 1706. Le nom de Claude lui fut alors ajouté en l'honneur de son parrain, Claude de Ramesay, gouverneur de Montréal.

Moins de dix mois plus tard, il demanda et obtint sa naturalisation, le 30 octobre 1706; il épousa Catherine Charpentier, le 2 octobre 1713, et s'établit avec elle à la Rivière-des-Prairies, sur un terre que lui avaient concédée les Messieurs de Saint-Sulpice, le 19 juillet 1711.

Les descendants de votre ancêtre, Claude-Mathias Phanef, les Phaneuf, se sont multipliés surtout sur les rives du Richelieu, spécialement à Saint-Denis et à Saint-Antoine sur Richelieu.


Picard, Louise

VOTRE AIEULE LOUISE PICARD PRISONNIERE DE HUIT HURONS APOSTATS EN DES CIRCONSTANCES DRAMATIQUES

Votre aïeule. Louise Picard, fut victime des Sauvages dans les circonstances suivantes. Le 4 juin 1660, huit Hurons apostats s'approchèrent de la côte de Beaupré dans l'intention de surprendre quelques-uns des habitants.

A Sainte-Anne, une jeune femme, Marie Caron, épouse de Jean Picard et mère de votre aïeule, était restée seule avec ses quatre jeunes enfants, pendant que les autres membres de la famille étaient aux champs. Les Hurons, n'apercevant personne aux environs, débarquèrent en ce lieu, pillèrent la maison et jetèrent dans leur canot la malheureuse mère et ses enfants.

La nouvelle de ce malheur ayant aussitôt été portée à Québec, M. d'Argenson envoya une troupe de Français et d'Algonquins pour arrêter les maraudeurs à leur passage devant Québec. Les Algonquins se mirent en embuscade à la Pointe-Lévis, près de laquelle le canot des ravisseurs devait repasser en remontant.

Dans la crainte d'être poursuivis, les voleurs Hurons s'étaient tenus cachés une journée. Il est facile de comprendre quelles devaient être les angoisses de la pauvre prisonnière, à la vue des souffrances et des larmes de ses petits enfants.

Elle avait cependant un pressentiment que par la protection de la Sainte-Vierge, pour laquelle elle avait une dévotion particulière, elle serait délivrée en passant à Québec. Elle ne se trompait pas: en effet, le second jour de sa captivité, vers le soir, le canot remontait dans l'obscurité serrant de près les rochers de la Pointe-Lévis. Les Algonquins placés en vedette l'avaient aperçu; ils le laissèrent approcher et lorsqu'il fut près d'eux, ils firent une décharge générale de leurs arquebuses; puis, s'élançant à l'eau, ils s'en rendirent maîtres en fort peu de temps.

Deux Hurons avaient été tués et deux ou trois autres blessés. La prisonnière, ayant levé la tête au moment où elle entendit des voix amies, fut elle-même frappée d'une balle qui tua en même temps un de ses enfants. Elle mourut quelques jours après à l'Hôtel-Dieu remerciant Dieu avec une grande joie de ce qu'il avait délivré sa jeune famille des mains de ces barbares. Des trois autres enfants, une seule parvint à l'âge d'adulte, votre aïeule, Louise. (Cours d'Histoire du Canada, Ferland, Volume 1, page 454).


Pichet, Pierre

VOTRE ANCETRE PIERRE PICHET FUT BIGAME SANS LE SAVOIR

Bien que marié, Pierre Pichet vint seul au Canada. Il préférait d'abord s'acclimater à ce nouveau pays, pour y faire ensuite venir sa femme, Marie Lefebvre. L'idée était sage, mais elle devait entraîner malheureusement votre ancêtre dans une histoire bien compliquée.

Peu de temps après son arrivée à Québec, Pierre Pichet reçut en effet de son frère Louis une lettre lui annonçant que sa femme était morte.

Le lien qui le rattachait à la France étant coupé, Pichet s'établit définitivement à Québec, où son métier de chapelier lui assurait une bonne source de revenus. De plus, puisqu'il était libre, il songea à se remarier. Il épousa à Québec, le 25 novembre 1665, Catherine Durand.

Le drame devait éclater quelques années plus tard. En 1671, Pichet apprit en effet par un compatriote récemment arrivé de France, que sa première femme était toujours bel et bien vivante! On imagine la stupéfaction de votre ancêtre. Passe encore d'avoir une femme, mais deux...

Toujours est-il que le cas était vraiment épineux, et pour le solutionner, Pichet crut bon d'aller trouver Monseigneur de Laval lui-même. Le vénérable prélat était justement sur le point de partir pour la France, et il promit de s'occuper de cette affaire terriblement compliquée.

De retour l'année suivante, Monseigneur de Laval confirma au pauvre Pichet que sa première femme, Marie Lefebvre, était en effet bien en vie. Il lui conseilla donc d'aller en France chercher son épouse légitime, et de la ramener avec lui au Canada, puisque son second mariage n'était pas valide. C'est ce que fit votre ancêtre.

Mais la Providence eut - si l'on peut dire - pitié de ce malheureux mari. Marie Lefebvre ne put en effet supporter les fatigues du voyage, et elle mourut au cours de la traversée. Pichet revint donc seul au Canada.

Cette mort arrangeait tout - sauf la défunte évidemment - et Pierre Pichet, cette fois-ci devenu réellement libre, fit réhabiliter son mariage avec Catherine Durand.

Empressons-nous d'ajouter que toute cette ténébreuse aventure n'empêcha pas votre ancêtre d'avoir et d'élever une belle famille de dix enfants.


Pinel, Nicolas

NICOLAS PINEL ECHAPPE UNE FOIS AUX IROQUOIS MAIS PAS DEUX

A une époque où l'Acadie manquait de bras, il n'était pas rare de voir des Seigneurs ou des gros commerçants de cette région venir faire en France des levées de troupes, de cultivateurs et d'ouvriers. Nicolas Pinel fut précisément sollicité au cours d'une de ces levées organisée en 1645 par Emmanuel Leborgne, d'Acadie. Jugeant l'affaire intéressante, votre ancêtre s'engagea à aller travailler pendant trois ans à Port-Royal, en tant que "scieur de long" et "charpentier de grosses oeuvres". Il laissait en France sa femme, Madeleine Maraut, et ses enfants.

A l'expiration de son engagement, Pinel ne retourna pas en France. Il préféra passer en Nouvelle-France, où il était assuré de trouver du travail plus facilement que dans son pays natal.

Quoique charpentier, votre ancêtre se mit à la culture. Il se fit octroyer une concession près de la rivière du Cap-Rouge, et se mit hardiment au défrichement, aidé de son fils Gilles, venu le rejoindre de France.

Les deux hommes travaillaient à leur terre, lorsque le 27 avril 1651, ils furent "attaqués dans leur désert par deux Iroquois qui pensèrent les prendre vifs. Boisverdun (un voisin de Pinel) tira dessus sans les blesser. Maître Nicolas et son fils se précipitèrent de peur, aval la montagne pour se sauver...". Somme toute, votre ancêtre l'avait échappé belle.

Ce fait nous illustre bien dans quelle atmosphère vivaient nos ancêtres. Continuellement sur le qui-vive, ils étaient même obligés de se rendre à leurs travaux des champs le fusil sur l'épaule. Le fusil était en effet un instrument aussi indispensable que la charrue...

C'est pourquoi trouvant cette région du Cap-Rouge par trop infestée d'Iroquois, Pinel se fit concéder une nouvelle terre en un lieu plus sûr, à Sillery. Sa femme, Madeleine Maraut vint alors le rejoindre au Canada, accompagnée de deux enfants.

Toutefois. Nicolas Pinel gardait toujours les yeux tournés vers le Cap-Rouge. Aussi, dès que le calme - tout relatif - fut revenu dans cette région, il y retourna avec sa famille.

Une nouvelle organisation commençait d'ailleurs à se faire jour parmi les colons. Puisqu'ils étaient surtout exposés aux Iroquois quand ils étaient isolés, ils décidèrent de s'organiser en communauté de manière à ne jamais se trouver seuls. Ils travaillaient ensemble, et les fruits du travail étaient équitablement répartis. L'idée n'était pas mauvaise, et les débuts furent encourageants.

Malheureusement. Nicolas Pinel devait malgré tout connaître une fin tragique. Pour avoir peut-être relâché un instant sa vigilance, il fut en 1653 blessé d'un mauvais coup d'arquebuse, dont il devait mourir peu après.


Poisson, Jean

VOTRE ANCETRE JEAN POISSON MARTYR DES IROQUOIS

Jean Poisson, votre ancêtre. fut fait prisonnier dans un combat contre les Iroquois, aux Trois-Rivières, le 19 août 1652, amené dans leur pays et martyrisé.

Le fait est raconté dans toutes les Histoires du Canada. Nous citons Ferland, volume 1er, page 405:

"Un parti de cent vingt Iroquois avait fait quelques prisonniers et enlevé des bestiaux. M. Du Plessis-Bochart, gouverneur des Trois-Rivières, voulant les reprendre et chasser les maraudeurs, fit embarquer sur des chaloupes quarante ou cinquante Français avec une douzaine de Sauvages. A deux lieues environ au-dessus du fort, il aperçut des Iroquois cachés dans les broussailles sur la lisière de la forêt. La grève était bordée de marécages qui rendaient la descente fort difficile. Malgré le danger de suivre les Iroquois dans les bois, il donna l'ordre de débarquer et de marcher à l'ennemi. Lui-même s'avança à la tête de ses hommes; mais, embarrassés par les difficultés du terrain et placés à découvert, les Français tombaient sous le feu d'adversaires qu'ils ne pouvaient ni voir ni approcher. Dans cette tentative désespérée, M. Du Plessis fut tué avec quinze de ses hommes; plusieurs restèrent prisonniers et les autres, se jetant dans leurs chaloupes, allèrent porter cette triste nouvelle aux Trois-Rivières."

"Peu de jours après ce désastre, des Français, étant allés visiter le lieu du combat, trouvèrent sur un bouclier iroquois ces mots écrits avec du charbon: "Normanville, Francheville, Poisson, La Palme, Turcot, Chaillou, Saint-Germain, Onneiochronnons et Agrechronnons. Je n'ai encore perdu qui un ongle".

Normanville, jeune homme adroit et vaillant, qui entendait la langue algonquine et iroquoise, avait écrit ces paroles avec du charbon, pour donner à connaître que les sept hommes dont on voyait les noms avaient été pris par les Iroquois de la nation d'Onneiout et d'Agnier et qu'on ne lui avait fait encore d'autre mal que de lui arracher un ongle.

Votre ancêtre, Jean Poisson, ne revint jamais du pays des Onneiouts. Il avait été par eux martyrisé.

Ce martyr, qui ne diffère en rien de ceux des premiers siècles de l'Église, laissait quatre enfants, trois filles dont deux se firent religieuses Ursulines, une fonda foyer et un fils, François, ancêtre des familles Poisson de Gentilly.


Pontonier, Marie

LES AVENTURES CONJUGALES DE MARIE PONTONIER LE MAUVAIS SERRURIER ET LE BEAU CAPORAL

La sévérité des moeurs des premiers colons de Ville-Marie est bien connue. Tous nos historiens en ont témoigné abondamment. Maisonneuve avait fait un choix judicieux de ses recrues et n'eut guère à le regretter. Il y eut ici et là quelques petites escapades ou de petits scandales, mais dans l'ensemble ils furent rares et promptement réprimés. Les premiers colons de Ville-Marie étaient de très honnêtes gens et ils menaient une vie exemplaire et édifiante.

Il y eut cependant aux alentours de 1658, une petite aventure conjugale qui vaut la peine d'être contée, car elle est bien amusante. L'héroïne en fut Marie Pontonier, une Angevine, qui, à l'âge de vingt ans, épousait Pierre Gadois, fils de l'un des premiers colons de Montréal, Percheron d'origine. Le Mariage eut lieu le 12 août 1657, à Québec, et le couple vint demeurer à Montréal.

C'est ici que commence l'aventure du serrurier malchanceux. Malgré d'actives recherches, Pierre Gadois ne réussit pas à trouver la clef des trésors de la petite Marie. Déçu par cette difficulté inattendue, il se confia sans doute à l'un de ses amis, René Besnard, sieur de Bourgery, caporal dans la garnison de Montréal.

Le beau caporal qui était encore garçon, offrit gracieusement ses services pour ouvrir cette serrure qui avait su résister à toute la science d'un serrurier. Mal lui en prit: les langues étaient longues à Ville-Marie et il semble bien que les visites de René Besnard à la femme de son ami Gadois, firent le sujet de bien des papotages sur la place du Marché. Maisonneuve eut vent de l'affaire. Il fit aussitôt parader son caporal et le remit aux tribunaux.

Convaincu d'avoir frôlé de trop près Marie Pontonier, épouse de Pierre Gadois, René Besnard, sieur de Bourgery, fut condamné à une amende de 300 livres, par un jugement du 4 novembre 1658. De plus il fut exilé à trente lieues de Montréal s'estimant bien chanceux de n'avoir pas écopé davantage.

Quant à Marie Pontonier et à Pierre Gadois, leur mariage fut annulé par ordonnance de l'official de Mgr de Laval, le 30 août 1660, pour "maléfice obstruant orifice".

La suite de l'histoire n'est pas moins amusante: en effet, tandis que René Besnard, sieur de Bourgery, épousait aux Trois-Rivières, le 2 février 1661, Marie Sédilot, veuve de Bertrand Fafart dit Laframboise, Pierre Gadois épousait de son côté, Jeanne Besnard, une cousine de René, et enfin Marie Pontonier son épouse, s'unissait à Pierre Martin, à Montréal, le 3 novembre 1660.

Plus heureux que son prédécesseur, Pierre Martin trouva en un rien de temps, la clef qu'il fallait. Et Marie Pontonier devint la mère d'une autre petite Marie qui devait épouser en 1685, Antoine Villedieu. Par malheur, Pierre Martin fut tué par les Iroquois, le 23 mars 1661 et Marie Pontonier devint veuve une seconde (?) fois.

Encouragée par le succès éphémère qu'avait eu Pierre Martin, elle épousa en troisième noces, le 5 décembre 1661, Honoré Langlois dit Lachapelle qui lui donna dix enfants bien comptés. Marie Pontonier mourut à la Pointe-aux-Trembles et fut inhumé le 17 janvier 1718.


Pottier, Jean-Baptiste

LE NOTAIRE JEAN-BAPTISTE POTTIER

Le notaire Jean-Baptiste Pottier, l'un de vos ancêtres, s'établit à Lachine en 1686 et y pratiqua son métier de notaire jusqu'à 1701. Cette année-là, le vieux notaire Sévérin Ameau, le premier notaire régulier de la ville des Trois-Rivières, mourut à l'âge vénérable de quatre-vingt-seize ans. Pour le remplacer l'intendant songea à votre ancêtre et demanda à celui-ci de venir pratiquer aux Trois-Rivières.

Pottier s'attendait à ne demeurer aux Trois-Rivières que cinq ou six mois: il devait y passer le reste de sa vie. Il pratiqua aux Trois-Rivières de 1701 à 1711, cumulant en même temps les emplois de greffier et de geôlier. Bien plus, le 1er mai 1711, il était nommé arpenteur-juré dans toute l'étendue du gouvernement des Trois-Rivières.

Jean-Baptiste Pottier possédait une excellente instruction, un sens légal consommé et une grande minutie dans tout son travail. Il avait en outre la confiance de ses concitoyens et des autorités, car il exerça plusieurs charges importantes, entre autres celle de procureur-fiscal de 1690 à 1693. Il remplit aussi à plusieurs reprises les fonctions de juge-intérimaire, soit en 1690, en 1691 et en 1692. De plus il fut autorisé à exercer les fonctions de huissier royal non seulement dans la juridiction de Montréal et des Trois-Rivières, mais dans toutes les juridictions de la Nouvelle-France.

Jean-Baptiste Pottier ne badinait pas avec la loi. A deux reprises il fit condamner à de fortes amendes des gens qui s'étaient attaqués à sa personne, sans doute à la suite de procès dont l'issue leur avait été défavorable.

Fils de Jean Pottier et de Marguerite de Xaintes, de la ville de Chartres, il épousa à Montréal, le 14 juin 1688, Marie-Etiennette Beauvais, fille de Jacques Beauvais et de Jeanne Soldé. Ses nombreux descendants habitent surtout la région des Trois-Rivières.


Poulin, Claude

CLAUDE POULIN MEURT TROIS JOURS APRES SA FEMME

L'amour que même la mort ne sépare pas a été souvent chanté et décrit par les poètes et les écrivains. C'est un lieu commun de la littérature! C'est aussi cependant un fait de tous les jours qui, s'il passe inaperçu, n'en a pas moins sa touchante histoire.

Mais revenons à votre ancêtre Claude Poulin.

Claude Poulin, originaire de la paroisse Saint-Maclou de Rouen, se maria peu de temps après son arrivée au Canada. Il épousa en effet, le 8 août 1639, Jeanne Mercier.

Quelques années plus tard, les époux Poulin repassèrent en France. Quelle fut la raison de ce voyage? Les Archives sont muettes sur ce point. Mais toujours est-il que le 15 février 1645 Claude Poulin faisait baptiser un fils dans l'église Saint-Maclou de Rouen.

Revenus au Canada vers 1647, Claude Poulin et sa femme s'établirent sur la côte de Beaupré, à l'emplacement actuel de la paroisse Sainte-Anne.

En 1667, le foyer Poulin s'était agrandi, ainsi qui en atteste le rapport dressé au cours de cette même année:

"Claude Poulin, 31 (ans); Jeanne Meteyer (Mercier), 40; Martin 19, Ignace 12, Marguerite 9, Marie 7, Pierre 3; 8 bestiaux, 30 arpents en valeur".

Ce fut Jeanne Mercier qui partit la première. Elle fut inhumée à Sainte-Anne le 14 décembre 1687.

Claude Poulin avait alors 72 ans. La mort de sa femme lui causa un choc, et il ne put survivre au chagrin de la séparation. La vie n'avait plus pour lui de sens. Trois jours plus tard il mourait lui aussi et rejoignit sa femme dans la tombe.

Ce fait divers n'est peut-être pas de première importance. Il témoigne cependant à sa façon de l'esprit de famille et de l'affection qui régnaient dans les foyers de nos ancêtres.


Poulin, Maurice

MAURICE POULIN DECOUVRE LES PREMIERS GISEMENTS DE FER AU CANADA

Les Vieilles Forges Saint-Maurice, établies sur la rive sud-ouest de la rivière Saint-Maurice à quelques milles des Trois-Rivières, furent pendant longtemps les seules usines du genre au Canada. Modeste prélude au remarquable développement industriel que connaît notre pays, elles ont marqué une étape importante dans notre Histoire, la naissance de la sidérurgie au Canada. C'est pourquoi il vous sera sans doute agréable d'apprendre que c'est votre ancêtre, Maurice Poulin, qui découvrit dans cette région des Trois-Rivières les premiers gisements de fer du Canada.

Originaire de Normandie, plus précisément de Villebadin, Maurice Poulin était établi aux Trois-Rivières dès 1654. Le 9 septembre de cette même année, il y épousait en effet Jeanne Jallaut.

Depuis sa fondation en 1634, le poste des Trois-Rivières s'était rapidement et considérablement développé. il devenait nécessaire de lui donner une organisation politique et juridique. C'est ainsi que le 17 novembre 1663, par le même décret qui nommait Pierre Boucher Gouverneur des Trois-Rivières, votre ancêtre Maurice Poulin fut désigné comme Procureur du Roi. C'était là une marque de confiance et d'estime que l'on faisait à votre ancêtre, car la charge de Procureur du Roi était de toute première importance. Chargé de représenter et de défendre les intérêts du Roi en sauvegardant le bien commun de tous, le Procureur du Roi avait en outre un rôle important à jouer en matière de Justice. C'était, dirions-nous maintenant, un "haut-fonctionnaire".

Le 10 juin 1668, l'Intendant Talon accordait à votre ancêtre la permission de faire défricher une terre dans la région des Trois-Rivières (là ou devaient s'ériger plus tard les Vieilles Forges), avec la promesse que cette terre lui serait concédée par la suite. Poulin avait bien misé, car les premiers travaux de défrichement révélèrent de suite l'existence d'un vaste gisement de minerais de fer dans le sous-sol. Devant la nouveauté et l'importance d'une telle "trouvaille", Maurice P0ulin crut bon d'avertir Talon, qui fit venir un ingénieur afin de se prononcer sur cette découverte. Sa réponse fut des plus affirmatives: votre ancêtre venait de découvrir les premiers gisements de fer du Canada.

Maurice P0ulin ne devait malheureusement pas connaître les suites de sa découverte. il était déjà mort en effet lorsqu'en 1676. on donna à la famille Poulin la concession définitive de cette terre prometteuse.

Le 2 avril 1737, le Conseil d'État autorisait enfin l'ouverture des Mines de fer du Saint-Maurice. La découverte de votre ancêtre recevait sa consécration officielle.


Prou, Jean

VOTRE ANCETRE JEAN PROU

Jean Prou, votre premier ancêtre au pays et celui des familles Prou, Proux et Proulx était originaire de Notre-Dame de Nantilly ville de Saumur, diocèse d'Angers, autrefois de la province d'Anjou. Cette commune fait aujourd'hui partie du département de Maine-et-Loire.

La première trace que nous trouvons de votre ancêtre au pays est au recensement de 1667; il est alors établi chez un ancien colon, Louis Couillard sieur de Lespinay et âgé de 22 ans.

Le 5 juin 1673, il épousa à Québec, Jacquette Fournier.

Voici ce que rapporte un autre recensement en 1681: "Jean Proust 34 (ans); Jaquette Fournier sa femme, 22; enfants: Denis 6, Jean 4, Louise 2, Pierre 4 mois; 1 fusil; 12 bêtes à cornes; 6 arpents en valeur".

Les descendants de Jean Prou se sont principalement multipliés dans la région de Rimouski.




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Quemeneur, François

FRANCOIS QUEMENEUR DIT LAFLAMME

François Quemeneur dit Laflamme, originaire de l'évêché de Saint-Paul-de-Léon, appartenait à une vieille famille noble de Bretagne. Son oncle était vicaire-général du diocèse. On ne sait au juste en quelle année il arriva au pays, mais en 1693, il devait y être puisqu'il fait son testament avant de partir pour quelque expédition dans l'Ouest. A la lecture de ce document on constate que votre ancêtre était très riche puisqu'il léguait aux Récollets, 39000 livres et aux pauvres de l'Hôpital Saint-Joseph, trois cents livres de rente, produit d'un capital de six mille livres. C'est à Saint-François de l'Île d'Orléans que votre ancêtre s'établit et qu'il éleva sa famille. Il y décéda en 1728. Ses descendants allèrent s'établir à Berthier, Saint-Pierre, et Saint-François-du-Sud pour se disperser ensuite dans toute la région.

Quemeneur n'est qu'une mauvaise orthographe de "Kermeneur". Les "de Kermeur" (dont "de Kermeneur" est une variation orthographique), étaient seigneurs de Plourin et de Lescouet, dans l'évêché de Saint-Pol-de-Léon, en Bretagne. Votre ancêtre François Quemeneur était-il de cette famille? De longues et patientes recherches n'ont pu encore l'établir.




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Raizenne, Ignace

DEUX AIEULS ANGLO-AMERICAINS PRISONNIERS CONVERTIS

Ignace Raizenne et Elisabeth Steben étaient tous deux d'origine anglo-américaine, nés en Nouvelle-Angleterre. Leur histoire est l'un des épisodes les plus remarquables de la lutte du Canada contre l'Angleterre.

Les colons de la Nouvelle-France, à cette époque, furent toujours en guerre contre les colons de la Nouvelle-Angleterre. Cependant, dans les environs de 1700, la lutte sembla devenir acharnée et prit une forme spéciale. Pendant quelques années, nos miliciens avaient pris la tactique de partir en hiver, en raquettes, accompagnés d'un certain nombre de sauvages et d'aller surprendre un ou plusieurs villages américains. Ils revenaient avec un riche butin et souvent ils ramenaient les enfants dont les parents avaient été tués dans la bataille.

Ces enfants revenus ici n'étaient pas maltraités. Les miliciens et leurs associés les sauvages, les remettaient aux mains des autorités et les Sulpiciens et les religieuses de la Congrégation Notre-Dame les instruisaient dans la religion catholique et en faisaient de bons citoyens. Plusieurs de nos familles considérées aujourd'hui comme canadiennes, les Raizenne, les Sté benne et quelques autres ont pour premiers ancêtres l'un de ces petits prisonniers.

Ignace Raizenne et Elisabeth Steben avaient été faits prisonniers au mois de mars 1704, et amenés à Montréal. Ignace Raizenne était seul de sa famille. Dans la famille Steben, ils étaient quatre enfants: Abigail-Marguerite, Thérèse-Louise, Elisabeth et Joseph. Abigail-Marguerite était âgée de vingt ans; Thérèse-Louise, de dix-neuf ans; Elisabeth et Joseph étaient plus jeunes. Ils furent tous baptisés deux ou trois ans après leur arrivée au Canada; les deux aînées épousèrent des Canadiens-Français; Joseph épousa Marguerite Samson - il est l'auteur de tous les Steben (Stébenne). Quant à Elisabeth, elle épousa son compatriote, Ignace Raizenne, votre ancêtre.

L'un des petits-fils d'Ignace Raizenne fut notaire et pratiqua pendant de longues années dans Saint-Benoit-des-Deux-Montagnes; pendant toute une génération, il fut l'homme de confiance de cette région.
(Histoire des Seigneurs de la Rivière-du-Sud, par l'Abbé A. Couillard-Després et Faillon).


Raynault, Jean

JEAN RAYNAULT BRULE PAR LES IROQUOIS SON MONUMENT A LA POINTE-AUX-TREMBLES

Vous descendez d'un héros du nom de Jean Raynault qui fut brûlé par les Sauvages, en 1690, dans des circonstances dramatiques.

Le touriste qui se promène sur la pointe orientale de l'île de Montréal, à l'endroit où le Boulevard Gouin oblique vers le sud pour aller joindre la rue Notre-Dame, remarque entre la route qu'il suit et les eaux de la rivière des Prairies, sur les bords d'une coulée profonde qui s'appelait, il y a deux siècles et demi et s'appelle encore "la coulée Grou", un monument élevé par la "Commission des Sites et Monuments Historiques du Canada".

S'il vous arrive de passer à cet endroit, nous vous suggérons de faire comme nous avons fait, descendre de voiture et lire sur la façade de ce monument une des pages les plus émouvantes de l'Histoire du Canada. Cette lecture sera encore plus intéressante pour vous que pour le voyageur ordinaire, puisque vous y verrez l'histoire de votre ancêtre, Jean Raynault, et que vous pourrez vous dire que vous foulez la terre qu'il a conservée aux générations futures par le sacrifice de sa vie.

L'inscription que vous verrez sur la façade de ce monument se lit comme suit: "Le 2 juillet 1690, M. de Colombet à la tête de 25 hommes attaqua 100 Iroquois près d'ici; il fut tué avec 9 de ses soldats, ainsi que 30 ennemis. Jean Grou, propriétaire de cette ferme et trois de ses compagnons furent capturés par les sauvages et brûlés vifs. Joseph Lajeunesse, descendant de Grou, a fait don du terrain et des pierres de ce monument".

Cette inscription, en son style concis, est bien éloquente et dispense de tout commentaire.

Les registres de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, à la date du 2 novembre 1694, complètent l'histoire de cette bataille et nous donnent les noms de ceux qui furent tués et aussi de ceux qui furent brûlés par les sauvages, parmi lesquels votre ancêtre, Jean Raynault. Le registre mentionne que, comme on craignait les Iroquois, on enterra le jour de la bataille, à la hâte, les corps au lieu où ils avaient été tués et ce ne fut que quatre ans après, le 2 novembre 1694, que les ossements furent transportés au cimetière de la Pointe-aux-Trembles.

Les ossements de votre ancêtre, Jean Raynault, ne purent être transportés avec les autres. Il était l'un des quatre qui avaient été brûlés vifs par les Onneyouts.

Reproduisons ici textuellement le registre paroissial de la Pointe-aux-Trembles, à la date du 2 novembre 1694:

"Le 2 juillet 1690, les Iroquois tuèrent au bout de l'Île, près de la Coulée de Jean Grou, le Sr Colombe, lieutenant réformé, Joseph de Montenon Sr de la Rue que les ennemis brûlèrent le jour même derrière le fort de LaChenaye, Guillaume richar dit Lafleur, notre lieutenant de milice, Jean Jalot, notre chirurgien, ... Jean Delpué dit parisot, Joseph carrier dit Larose, Jean Raynau dit Planchar brûlé aux Oneiouts avec Jean Grou, paschange et le bohême en présence du père Millet, Jean Beaudoin, fils, pierre Masta, et un employé du grand Bauchant nommé ... Pierre Payet dit St-Amour a été pris dans l'attaque et amené prisonnier le 2 juillet 1690, il a été donne aux Oneiouts qui lui ont donné la vie ainsi que nous a mandé le père Millet du mois février 1691 d'0neiout ou il est aussi et ou on lui a donné la vie".

"Le dit St-Amour est revenu au fort en 1693."

"Comme on craignait beaucoup les Iroquois, on enterra, à la hâte, les corps de ceux qui avaient été ainsi tués, à l'endroit même où le mas sacre avait eu lieu; ce ne fut que le 2 novembre 1694 que l'on transporta leurs ossements au cimetière, où ils furent inhumés en présence de presque tous les paroissiens."

Comme on peut le voir par la lecture de l'acte ci-dessus, Jean Raynault fut brûlé en présence du père Millet, et c'est celui-ci qui en envoya la nouvelle au pays.

Lorsque nous lisons sur le monument "Jean Grou et trois de ses compagnons furent capturés par les sauvages et brûlés vifs", cela signifie donc votre ancêtre, Jean Raunault, Jean Grou, et deux autres qui semblent désignés par un surnom familier et qui seraient "paschange et le bohême".

Les détails donnés par le père Millet sur la mort de Jean Raynau1t ne nous sont pas parvenus. Cependant, nous pouvons nous faire une idée des supplices, des tortures qu'il endura avant de mourir par les narrations de ces supplices que nous rencontrons à chaque page de l'Histoire du Canada.


Renaud, Guillaume

L'ETONNANTE ASCENSION DE GUILLAUME RENAUD

Guillaume Renaud est surtout remarquable par son étonnante et rapide ascension dans l'échelle sociale. Venu au Canada au mois d'août 1665, comme simple soldat dans le régiment de Carignan, compagnie de Colonelle, il fut licencié en 1667.

Il obtint d'abord un emploi comme domestique chez Léandre Chartier de Lotbinière, lieutenant général civil et criminel de la Sénéchaussée de Québec. Celui-ci possédait une terre considérable dont Guillaume Renaud devint le fermier.

Mais l'attrait du sol et le désir de s'établir furent bientôt irrésistibles pour votre ancêtre. En 1668, il épousa donc Marie de la Mare et s'établit au Village de Saint-Bernard à Charlesbourg.

Les débuts semblent avoir été assez pénibles puisqu'en 1681, après treize ans de défrichement et de culture, votre ancêtre n'avait que huit arpents en valeur et deux bêtes à cornes.

Guillaume Renaud ne manquait pas d'instruction. Sans doute il orthographiait au son comme la plupart de ses contemporains, mais il avait une belle écriture: nous le constatons par sa signature dans les documents de l'époque. Il écrit tantôt Renaut, tantôt Renaugt.

Guillaume Renaud jouissait de l'estime de ses concitoyens. C'est ainsi qu'il fut marguillier à Charlesbourg, de 1683 à1686. Un peu plus tard, en 1704, les Jésuites, qui étaient seigneurs de Notre-Dame-des-Anges, ayant besoin d'un procureur fiscal pour l'administration de la justice dans leur seigneurie, confièrent cette charge à votre ancêtre, Guillaume Renaud. Celui-ci ne devait pas la remplir longtemps car il décéda à Charlesbourg, cinq ans plus tard.


Richard, Guillaume

GUILLAUME RICHARD DIT LAFLEUR TUE DANS UN COMBAT CONTRE LES IROQUOIS SON MONUMENT A LA POINTE-AUX-TREMBLES

Votre ancêtre, Guillaume Richard dit Lafleur, fut tué dans un combat contre les Iroquois, le 2 juillet 1690; à l'endroit du combat, à la Pointe-aux-Trembles, un monument lui a été élevé.

Le touriste qui se promène sur la pointe orientale de l'île de Montréal, à l'endroit où le Boulevard Gouin oblique vers le sud pour aller joindre la rue Notre-Dame, remarque entre la route qu'il suit et les eaux de la rivière des Prairies, sur les bords d'une coulée profonde qui s'appelait, il y a deux siècles et demi et s'appelle encore "la coulée Grou", un monument élevé par la "Commission des Sites et Monuments Historiques du Canada".

S'il vous arrive de passer à cet endroit, nous vous suggérons de faire comme nous avons fait, descendre de voiture et lire sur la façade de ce monument une des pages les plus émouvantes de l'Histoire du Canada. Cette lecture sera encore plus intéressante pour vous que pour le voyageur ordinaire, puisque vous y verrez l'histoire de l'un de vos ancêtres et que vous pourrez vous dire que vous foulez la terre qu'il a conservée aux générations futures par le sacrifice de sa vie.

L'inscription que vous verrez sur la façade de ce monument se lit comme suit: "Le 2 juillet 1690, M. de Colombet à la tête de 25 hommes attaqua 100 Iroquois près d'ici; il fut tué avec 9 de ses soldats, ainsi que 30 ennemis. Jean Grou, propriétaire de cette ferme et trois de ses compagnons furent capturés par les sauvages et brûlés vifs. Joseph Lajeunesse, descendant de Grou, a fait don du terrain et des pierres de ce monument".

Cette inscription, en son style concis, est bien éloquente et dispense de tout commentaire.

Les registres de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, à la date du 2 novembre 1694, complètent l'histoire de cette bataille. Reproduisons-les textuellement:

"Le 2 juillet 1690, les Iroquois tuèrent au bout de l'Île, près de la Coulée de Jean Grou, le Sr Colombe, lieutenant réformé, Joseph de Montenon Sr de la Rue que les ennemis brûlèrent le jour même derrière le fort de LaChenaye, Guillaume richar dit Lafleur, notre lieutenant de milice, Jean Jalot, notre chirurgien, ... Jean Delpué dit parisot, Joseph carrier dit Larose, Jean Raynau dit Planchar brûlé aux Oneiouts avec Jean Grou, paschange et le bohême en présence du père Millet, Jean Beaudoin, fils, pierre Masta, et un employé du grand Bauchant nommé ... Pierre Payet dit St-Amour a été pris dans l'attaque et amené prisonnier le 2 juillet 1690, il a été donne aux Oneiouts qui lui ont donné la vie ainsi que nous a mandé le père Millet du mois février 1691 d'0neiout ou il est aussi et ou on lui a donné la vie".

"Le dit St-Amour est revenu au fort en 1693."

"Comme on craignait beaucoup les Iroquois, on enterra, à la hâte, les corps de ceux qui avaient été ainsi tués, à l'endroit même où le mas sacre avait eu lieu; ce ne fut que le 2 novembre 1694 que l'on transporta leurs ossements au cimetière, où ils furent inhumés en présence de presque tous les paroissiens."

Lorsque vous lirez sur le monument que "M. de Colombet, à la tête de 25 hommes, attaqua 100 Iroquois près d'ici; il fut tué avec 9 de ses soldats ...", il faudra comprendre que votre ancêtre, Guillaume Richard dit Lafleur, était du nombre des soldats tués et que vous foulez le sol qu'il a arrosé de son sang.


Riou, Jean

EN EPOUSANT LA FILLE JEAN RIOU SE MET AU SERVICE DE LA MERE

Jean Riou était au Canada depuis une douzaine d'années lorsqu'il épousa Catherine Leblond. Le contrat de mariage fut passé le 26 décembre 1677 devant le notaire Moreau. Les clauses de ce contrat, nous le constaterons, ne sont pas sans intérêt pour nous, car elles nous révèlent un des aspects de la vie familiale au Canada au XVIIe siècle.

Dans ce contrat, Jean Riou s'engageait à demeurer chez sa belle-mère avec sa femme pour une période de quatre ans, afin de cultiver sa terre et d'entretenir son ménage, tout comme s'il était, précise l'acte notarié, le chef de famille. Il se mettait autrement dit au service de sa belle-mère.

Cependant ce contrat n'était pas à sens, unique, car en retour belle-maman Leblond promettait de nourrir et d'habiller son gendre, sa femme et les enfants qui pourraient leur naître. De plus, elle s'engageait à l'expiration de ces quatre années de "noviciat" à fournir au jeune ménage une maison d'une valeur de 300 livres, deux boeufs et deux "vaches raportant", deux chaudières (une grande et une moyenne), deux "couvertures valables" , une charrue et un autre instrument de culture. On le voit, tout était préparé dans les moindres détails.

Contrairement à ce qui avait été envisagé Jean Riou et sa femme ne restèrent pas quatre ans chez madame Leblond, car dès 1678 cette dernière se remariait. Les jeunes Riou s'établirent alors sur une terre bien à eux, que Riou avait achetée avant son mariage.

Au mois de mars 1696, Jean Riou fit acquisition de la seigneurie des Trois-Pistoles, en échange de sa terre. Il devenait ainsi le deuxième seigneur et le véritable fondateur des Trois-Pistoles. Il dut, à ce titre, rendre acte de foi et hommage au Roi de France.

Votre ancêtre mourut prématurément. Ses fils continuèrent son oeuvre, si bien que depuis l'histoire de la famille Riou s' est intimement mêlée à celle des Trois-Pistoles.


Rivard, Nicolas

LA FAMILLE DE NICOLAS RIVARD ET SES NOMBREUX SURNOMS

Bien rares sont les familles canadiennes françaises qui n'ont pas à une époque ou à une autre porté un surnom ou même plusieurs surnoms. La famille de Nicolas Rivard est typique en cette matière. En effet ce dernier, qui était originaire de Tourouvre, au Perche, portait le surnom de sieur de la Vigne. Pionnier du Cap-de-la-Madeleine et de Batiscan, il établit ses cinq fils sur des terres, soit à Batiscan, soit à Champlain. Leurs descendants s'y sont multipliés côte à côte, débordant lorsqu'ils devinrent trop nombreux dans les paroisses environnantes et même sur la rive sud.

L'aîné des fils, Nicolas, fut l'ancêtre des Rivard dits Lavigne; Julien fut l'ancêtre des Rivard dits Laglanderie et Dufresne; François II, celui des Rivard dits Lacoursière; de Pierre II descendent les familles Rivard dites Lanouette; Jean II est l'ancêtre des Rivard-Préville. Enfin Robert Rivard, frère de Nicolas I est l'ancêtre des Rivard dits Loranger, Feuilleverte, Bellefeuille, Montendre et Maisonville.


Robert, Jean-Marie

VOTRE COUSIN JOSEPH-MARIE ROBERT EXECUTE A MONTREAL EN 1839 PAR ARRET DE LA COUR MARTIALE PARCE QUE PATRIOTE DE 1837

Tous nous connaissons les jours sombres traversés par notre pays à l'époque de 1'insurrection de 1837-38, mais nous connaissons moins les victimes de cette période de troubles. Les uns furent tués sur les champs de bataille, les autres exilés soit aux Bermudes, soit aux terres australes, d'autres enfin, au nombre de douze, furent exécutés à Montréal par des arrêts de la Cour Martiale. Deux furent exécutés le 21 décembre 1838; cinq, le 18 janvier 1839, et cinq autres, le 15 février 1839. Un des cinq qui durent monter sur 1'échafaud, le 18 janvier 1839, était votre petit-cousin, Joseph-Marie Robert.

Lorsque se passèrent les événements de 1837 et 1838, Joseph-Marie Robert était un cultivateur à l'aise à Saint-Philippe de Laprairie. Il était sympathique à tous les patriotes de cette paroisse. Un des premiers, il avait remis aux autorités sa commission de capitaine de milice.

Dans la nuit de 3 novembre 1838, à la tête d'un groupe de patriotes, il entreprit de désarmer les bureaucrates de Saint-Philippe, de Saint-Constant et de Laprairie. Cette expédition fut marquée d'un événement regrettable: la mort d'un M. Walker, tué par le coup de fusil d'un des patriotes.

Le capitaine de cette troupe, votre cousin, Joseph-Marie Robert, ne put échapper à la sentence de mort. D'une forte trempe, il se laissa condamner presqu'avec indifférence; il eut bien des moments de tristesse lorsqu'il voyait son épouse et ses enfants désolés, mais la pensée de mourir pour l'indépendance de son pays lui redonnait rapidement le courage. Le 18 janvier 1839, il monta sur l'échafaud. Il donnait son sang pour l'honneur de notre nationalité et le triomphe de la liberté.

Le 14 novembre 1858, au cimetière de la Côte des Neiges, à Montréal, près de l'entrée, du côté gauche, fut inauguré un monument pour perpétuer le souvenir des patriotes de 1837-1838. Ce monument, en plus d'inscriptions très intéressantes, nous donne les noms des patriotes tués sur les champs de bataille pendant l'insurrection, de ceux exilés et de ceux exécutés parmi lesquels votre cousin, Joseph-Marie Robert.


Robert, Louis

LE CORDONNIER LOUIS ROBERT

Né à Cognehors de La Rochelle, en 1638, du mariage de André Robert, cabaretier, et de Catherine Bonain, Louis Robert vint au Canada très probablement en qualité de soldat du Régiment de Carignan.

Comme la plupart de ses compagnons d'armes, Robert se fixa définitivement au Pays, à Trois-Rivières, puis à Boucherville.

Le 10 janvier 1666, il passait un contrat de mariage avec Marie Bourgery. devant le notaire Séverin Ameau. La jeune fiancée n'avait pas encore douze ans, âge requis pour le mariage, et l'on dut attendre le mois de Novembre suivant pour célébrer la cérémonie religieuse.

Comme tout colon, Louis Robert cultivait la terre. Comme beaucoup également, il avait un autre métier; le sien était la cordonnerie.

La cordonnerie réclamait à cette époque une compétence au moins aussi étendue que celle de nos cordonniers d'aujourd'hui. En effet, non seulement un cordonnler devait savoir - comme il se doit - réparer les chaussures, mais c'était à lui de les confectionner. Les manufactures de chaussures n'existaient évidemment pas: le cordonnier du village y suppléait.

Les chaussures d'alors étaient faites avec les peaux de buffle, d'orignal, de boeuf, de vache ou même de chevreuil. La peau du loup marin était également très recherchée, parce qu'elle fournissait des bottines et des souliers imperméables de première qualité.

Les cordonniers se fournissaient en peaux auprès des bouchers ou des tanneurs, dont l'industrie commençait à se développer au Canada. On rapporte même qu'en 1674, les cordonniers de Québec protestèrent publiquement contre les prix trop élevés, auxquels les tanneurs vendaient leurs peaux. L'Histoire est un perpétuel recommencement...

Louis Robert fut inhumé le 1er janvier 1711. De son passage à l'armée, il avait gardé le surnom de Lafontaine, qu'il porta toute sa vie.


Robitaille, Théodore

LE LIEUTENANT-GOUVERNEUR THEODORE ROBITAILLE UN PARENT DONT VOUS POUVEZ ETRE FIER

Théodore Robitaille naquit à Varennes le 29 janvier 1834. Il suivit le cours des études secondaires à Sainte-Thérèse et son cours de médecine à Laval et à Mc Gill; en 1858, il obtint le diplome de docteur. En 1861, il est élu député au comté Bonaventure et siégea aux Communes jusqu'en 1879; le 30 juillet 1873, il fut nommé au Conseil privé et muni du portefeuille de Receveur général du Canada. Promu lieutenant-gouverneur de la Province de Québec, le 20 janvier 1879, il refusa d'agréer la requête de M. Henry Joly de Lotbinière qui réclamait la dissolution de la Chambre législative. Au terme de son mandat, le 6 novembre 1884, il fut doté d'un fauteuil au Sénat, le 29 janvier 1885, et mourut le 18 août 1897.

"D'azur, à la colombe d'or tenant en son bec un rameau d'olivier du même; au chef d'argent" étaient les armes de votre parent Théodore Robitaille.


Rouer de Villeray, Louis

LA FAMILLE ROUER DE VILLERAY ETAIT D'ANCIENNE NOBLESSE

Votre ancêtre Louis Rouer de Villeray, premier du nom au Canada, était né en 1629 du mariage de Jacques Rouer de Villeray, "valet de chambre de la Reine" et de Marie Perthuis, de la ville d'Amboise, en Touraine.

Louis Rouer de Villeray fut lieutenant civil et criminel, et premier conseiller au Conseil Supérieur de la Nouvelle-France. Il épousa à Québec: le 19 février 1658, Catherine Sevestre; et, le 26 novembre 1675, Marie-Anne du Saussay de Belmont. Son fils aîné, Antoine, Sieur de la Cardonnière et de Villeray, membre du Conseil Supérieur, s'allia en 1689 à Marie-Louise Le Gardeur, fille de Charles Le Gardeur de Tilly et de Geneviève Juchereau, puis, vers 1706, à Marie-Louise Pollet, fille de François Pollet de la Combe-Pocatière et de Marie-Anne Juchereau de Saint-Denis. Parmi ses descendants on compte plusieurs officiers de grande valeur, dont trois chevaliers de Saint¬Louis et un chevalier de la Légion d'Honneur.

La famille Rouer de Villeray qui était d'ancienne noblesse portait: "D'azur, au chevron d'or accompagné de trois heaumes de profil d'argent".


Routhier, Adolphe-Basile

LE JUGE ROUTHIER DE VOTRE FAMILLE

Sir Adolphe-Basile Routhier, né en 1839, et mort en 1920, est un de vos petits-cousins. Il fit des rudiments d'études primaires sous la direction de son beau-frère, l'instituteur Edouard Corbeil, puis compléta ses études classiques au Séminaire de Sainte-Thérèse, en 1850. Après un cours de droit à l'université Laval de Québec, admis au barreau, en 1861, nommé Conseil de la Reine, en 1873, il se présenta aux élections fédérales dans le comté de Kamouraska, mais il échoua. Le 1er septembre de la même année, il était promu juge puîné de la Cour Supérieure pour le district de Saguenay puis transféré, en 1889, à celui de Québec. Huit ans plus tard, il devenait juge de la Cour d'Amirauté; il était en même temps professeur de droit civil et de droit international à l'Université Laval de Québec. Nommé juge en chef de la Cour Supérieure, en 1904, il démissionna deux ans plus tard. Président de la Société St-Jean-Baptiste, il fut créé par Rome chevalier de St-Grégoire. En 1911, il fut nommé par le roi Grand-Croix de St-Michel et St-Georges. Docteur en droit et docteur ès-lettres, il fut président de la Société Royale du Canada, en 1914-15. Sir Adolphe Routhier a publié, outre des articles signés Jean Piquefort, plusieurs ouvrages d'une haute valeur.


Roy dit Desjardins, Antoine

LA FIN TRAGIQUE D'ANTOINE ROY DIT DESJARDINS

C'était un curieux personnage qu'Antoine Roy dit Desjardins. Originaire de St-Jean de Joigny, diocèse de Sens, en Champagne, il était fils d'Olivier Roy, maître-tonnelier, et de Catherine Boderge. Piètre homme d'affaires, et avouons-le peu courageux, il traîna derrière lui toute sa vie un cortège de malheurs et d'ennuis.

Antoine Roy exerça d'abord le métier de tonnelier qu'il avait appris de son père. Malheureusement les affaires furent loin d'être brillantes. Il possédait bien également à Batiscan une concession de terre, mais votre ancêtre était vraiment un mauvais défricheur, sans grand courage ni persévérance.

Néanmoins, il décida de se marier. Le 11 septembre 1668, il épousait à Québec Marie Major. Le contrat de mariage avait été passé cinq jours plus tôt devant le notaire Jean Levasseur dit Lavigne.

Mais Antoine Roy dut bientôt emprunter de l'argent, ce qui ne devait qu'aggraver sa situation déjà fort précaire. De jour en jour, il s'enfonça en effet dans ses dettes, et il fut finalement pourchassé par ses créanciers qui se faisaient d'autant plus exigeants qu'il devenait de moins en moins solvable.

Devant une telle situation qui se faisait de plus en plus alarmante, Roy se décida à réagir. il vint donc à Montréal pour essayer de faire un peu d'argent. Malheureusement cette décision devait lui être fatale.

Antoine Roy, qui semble-t-il courtisait un peu trop la femme d'un de ses créanciers montréalais, Talus dit Vendamont, fut aperçu par ce dernier, le 10 juillet 1684, en un "tête à tête" avec son épouse qui ne laissait aucun doute sur la nature des relations qui existaient entre les deux coupables. Pris d'un accès de jalousie et de colère, Talus tua votre ancêtre.

Jean Talus dit Vendamont accusé d'avoir "homicidé le nommé Antoine Roy dit Desjardins", fut condamné à être pendu à Montréal. L'affaire traîna en longueur et Jean Vendamont fut vraisemblablement déporté en France.

Quant à Marie Major, votre aïeule, elle acheva sa pauvre vie dans la honte et la misère.




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Salaberry, Charles-Michel

SALABERRY HEROS DE CHATEAUGUAY "LE LEONIDAS CANADIEN" VOTRE PARENT

Le héros de Châteauguay, en 1813, Charles-Michel d'Irumberry de Salaberry, surnommé "Le Léonidas canadien", est votre parent. Il naquit à Beauport, le 19 novembre 1778. Il était fils d'Ignace-Michel-Louis-Antoine d'Irumberry de Salaberry, officier, député, magistrat, surintendant des Indiens, conseiller exécutif, inspecteur des forêts, colonel, conseiller législatif. Sa mère était Françoise-Catherine Hertel de Saint-François, fille de Joseph Hertel de Saint-François, seigneur de Pierreville, et de Suzanne Blondeau.

Enrôlé comme volontaire, en 1792, dans le 44e Régiment, il fut fait enseigne du 60e deux ans plus tard par le duc de Kent. Il alla rejoindre ce régiment aux Indes occidentales et fut bientôt promu lieutenant. Il alla ensuite servir pendant onze ans sous le général Prescott aux Antilles et prit part au fameux siège du fort Mathilde en décembre 1794: trois hommes de son détachement sortirent seuls indemnes de la lutte. En 1797, le jeune officier passait à la Martinique puis à la Jamaïque. Promu capitaine, en 1799, il eut un congé à Beauport, en 1803. Trois ans plus tard, il fut chargé de compléter plusieurs régiments par des recrues. En 1808, il était major de brigade en Irlande. Nommé aide de camp du général Rottenburg, pendant le siège de Flessingue (1809), il revint ensuite au Canada.

En 1812, Sir George Prévost, gouverneur général du Canada, menacé de l'invasion américaine, demanda à Salaberry de lever parmi ses compatriotes un corps d'élite appelé "Voltigeurs Canadiens".

En octobre 1813, 7,000 hommes, ayant à leur tête le général américain Hampton, envahissent le Bas-Canada pour prendre Montréal; ils devaient être arrêtés par les 300 Voltigeurs de Salaberry qui les attendaient sur les bords de la rivière Châteauguay. Après une lutte acharnée de quatre heures, au cours de laquelle Salaberry et les siens firent des prodiges de valeur, Hampton battit en retraite. Ses pertes étaient considérables; les Canadiens ne comptèrent que deux morts et quatorze blessés. Les 300 Voltigeurs Canadiens avaient remporté sur 7,000 Américains une victoire éclatante chantée par nos poètes: c'est notre combat des Thermopyles. Cette victoire de Salaberry à Châteauguay mit fin à l'invasion américaine.

En janvier 1814, l'Assemblée du Bas-Canada vota une résolution de remerciements au colonel et à ses Voltigeurs; le Conseil Législatif fit de même, le 2 février. Le prince Régent et le duc de Kent les surnommèrent les "Sauveurs du pays" et firent frapper une médaille commémorative de Châteauguay.

Le 25 juillet 1815, le héros de Châteauguay fut mis à sa retraite et renonçant à la carrière des armes, s'établit à Chambly. Fait Compagnon du Bain, en 1817, en reconnaissance de ses trente-cinq années de service, il fut appelé l'année suivante à siéger au Conseil Législatif à côté de son père. Le "Léonidas canadien", votre parent, fut frappé d'apoplexie, le 26 février 1829 et succomba le lendemain.

On a perpétué le souvenir de Salaberry, votre parent, par deux monuments. L'un est une statue de ce héros canadien lui-même inaugurée le 7 juin 1881, à Chambly. L'autre est un monument de la bataille de Châteauguay, à Allan's Corner (Châteauguay), élevé, en 1894, par le gouvernement du Canada.


Sanguinet

VOS COUSINS LES DEUX SANGUINET EXECUTES A MONTREAL EN 1839 PAR ARRET DE LA COUR MARTIALE PARCE QUE PATRIOTES DE 1837

Tous nous connaissons les jours sombres traversés par notre pays à l'époque de l'insurrection de 1837-1838. mais nous connaissons moins les victimes de cette période de troubles. Les uns furent tués sur les champs de bataille, les autres exilés soit aux Bermudes, soit aux terres australes, d'autres enfin, au nombre de douze, furent exécutés à Montréal par des arrêts de la Cour Martiale. Deux des cinq qui durent monter sur 1'échafaud, le 18 janvier 1839, étaient vos petits-cousins, Ambroise et Charles Sanguinet, le premier âgé de 38 ans et le second de 36.

Les deux frères Sanguinet appartenaient à une ancienne et importante famille dupays. Leur père avait été dépouillé par le gouvernement anglais de la seigneurie Lasalle dans le comté de Laprairie. Lorsque les troubles de 1837-38 éclatèrent, il n'est pas étonnant de voir les frères Sanguinet embrasser la cause des patriotes contre ceux qui les avaient dépouillés de leurs biens.

Dans la nuit du 3 novembre 1838, les deux frères Sanguinet prirent les armes sous le commandement de Joseph Robert, chef patriote. Ambroise Sanguinet agissait comme capitaine, Char1es, comme lieutenant. Cette troupe entreprit de désarmer les bureaucrates de Saint-Philippe, de Saint-Constant et de Laprairie. Les deux frères Sanguinet, vos cousins, tous deux pères de famille, ne purent échapper à la sentence de mort portée contre eux pour avoir été parmi les chefs de cette expédition. Le 18 janvier 1839, ils montèrent sur 1'échafaud suivis de trois autres patriotes. Ils donnaient leur sang pour l'honneur de notre nationalité et le triomphe de la liberté.

Le 14 novembre 1858, au cimetière de la Côte des Neiges, à Montréal, près de l'entrée, du côté gauche, fut inauguré un monument pour perpétuer le souvenir des patriotes de 1837-38. Ce monument, en plus d'inscriptions très intéressantes, nous donne les noms des patriotes tués sur les champs de bataille pendant l'insurrection, de ceux exilés et de ceux exécutés parmi lesquels vos cousins, les deux frères Sanguinet, Ambroise et Charles.


Sédilot, Louis

UN VAILLANT DEFRICHEUR LOUIS SEDILOT DIT MONTREUIL

Louis Sédilot dit Montreuil, ancêtre des Sédilot et des Montreuil du Canada, naquit à Montreuil-les-Brèches, en Picardie, vers 1600. Il semble bien qui il soit venu demeurer à Paris au cours de sa jeunesse. En tout cas, C'est là qui il épousa Marie Challe en 1628.

Devenu veuf, votre ancêtre épousa en secondes noces Marie Grimoult, veuve de Bonaventure Dagnet, originaire de Gif, Ile-de-France. Dès l'année suivante, soit en 1637, Louis Sédilot traversait l'Atlantique avec son épouse et sa fille Marie née du premier mariage. En arrivant à Québec, il s'engagea à l'égard de la Compagnie des Cent-Associés "pour déserter et cultiver les terres qui lui seront présentées".

C'était sans doute un métier extraordinaire que celui de défricheur professionnel de terres. En effet, on louange volontiers le colon qui défriche sa propre terre, mais quel peut être l'immense mérite de celui qui défriche des douzaines de terres, non pour lui-même, mais pour ses compatriotes? Ce fut là le rôle de Louis Sédilot.

On imagine qu'il dut donner satisfaction aux chefs de la Compagnie des Cent-Associés, puisqu'en 1640, la Compagnie de la Nouvelle-France, qui avait pris la succession de la première, lui renouvela son contrat.

En l645, votre ancêtre jugea que le temps était arrivé pour lui de s'établir définitivement sur son propre bien. A cette fin, il se fit donner une concession de terre de Charles Huault de Montmagny, gouverneur de la Nouvelle-France, à la côte Sainte-Geneviève. A mesure que votre ancêtre avançait en âge il songeait de plus en plus à établir ses fils. C'est ainsi qu'en 1651, il obtint une nouvelle concession de Louis d'Ailleboust, troisième gouverneur de la Nouvelle-France. Enfin en 1660, il reçut une troisième concession par le gouverneur d'Argenson.

Louis Sédilot pouvait maintenant mourir tranquille: sa famille était bien pourvue. Entre temps le recensement général de la colonie fait en 1667, témoigne de la vie de labeur de votre ancêtre. En effet on y apprend qu'il avait alors quarante arpents défrichés et trois bestiaux dans son étable.

Sept enfants étaient nés de ses deux mariages: trois garçons et quatre filles. Chacun des trois fils adopta un surnom différent: Adrien prit le surnom de Brisval. Etienne, celui de Desnoyers. et Jean, celui de Montreuil.

Louis Sédilot est l'ancêtre de toutes les familles Montreuil et Sédilot. L'orthographe de ce dernier nom a beaucoup varié. On trouve en effet: Cédilot, Cédileau, Cédilette, Céduleau, Cédullot, Cédilo, Sédilau, Cédilaut, etc.


Sicard de Carufel, Jean

LE NOBLE JEAN SICARD DE CARUFEL ET SES EXPLOITS CHEZ LES TSONNONTOUANS

Jean Sicard de Carufel était natif de la ville de Castres, en Languedoc, dans le sud de la France. De famille noble, il vint au Canada, en 1685, en qualité de sergent dans la compagnie de Renaud d'Avesnes des Meloizes.

Le principal fait d'armes de votre noble ancêtre, c'est sa lutte contre les Iroquois et en particulier contre la tribu des Tsonnontouans, l'une des plus redoutables. C'est en 1687, que le marquis de Denonville, résolut d'attaquer les Tsonnontouans pour en finir avec cette population turbulente qui ne cessait d'harasser la colonie, grâce aux armes de toutes sortes, que leur fournissaient les Anglais de New-York.

Ce fut une longue promenade à travers l'état de New-York et une véritable chasse à l'homme. Toutes les bourgades des Tsonnontouans furent incendiées, les récoltes détruites et les animaux tués. Les Tsonnontouans quittèrent leur pays dans le plus grand désordre. Ce désastre réduisit de moitié cette tribu, la plus féroce de toute la Confédération iroquoise.

Après sa démobilisation, le 27 novembre 1694, à Saint-Pierre de l'île d'Orléans, votre ancêtre, Jean Sicard de Carufel épousait Geneviève Ratté, petite-fille d'Abraham Martin.

Après être demeuré quelque temps sur l'Île d'Orléans, votre ancêtre et sa famille s'établirent en arrière de Maskinongé, sur un fief appelé le fief de Carufel et qui forme aujourd'hui la paroisse de Saint-Justin.

La noblesse des Sicard de Carufel est très ancienne. Vous pouvez en être fier et vos armoiries portent une alliance de plus rappelant les armes des Sicard de Carufel: "De gueules, au paon rouant d'or, au chef cousu d'azur chargé de trois étoiles d'argent".


Sicotte, Jean

JEAN SICOTTE SCALPE PAR LES IROQUOIS

Nous frémissons tous d'horreur entendant raconter par les Historiens que les cruels Iroquois enlevaient parfois toute la chevelure à leurs victimes, les "scalpaient". Ce fut le sort de votre ancêtre, Jean Chicot (ancêtre de tous les Sicotte).

Faillon relate que, le 6 mai 1651, "Un brave & pieux colon, Jean Boudard, ... étant sorti de sa maison avec un nommé Jean Chicot, l'un & l'autre se voient surpris tout à coup par huit ou dix Iroquois, qui se mettent à les poursuivre. Chicot, dans sa fuite, se cache sous un arbre qu'on avait sans doute récemment abattu, & les Iroquois, sans chercher alors à le retirer de là, coururent à la suite de Boudard, qui se dirigeait à toutes jambes vers sa maison. Arrivant assez près, il rencontre sa femme & lui demande si le logis est ouvert.
-"Non, lui répondit-elle, je l'ai fermé."
-"Ah! s'écrie alors Boudard, voilà notre mort à tous deux: fuyons promptement."
Se mettant donc l'un et l'autre à courir pour regagner la maison, la femme, qui ne pouvait tenir pied à son mari, demeura derrière lui & fut prise par les barbares. Boudard, déjà près de la maison & presque sauvé, attendri par les cris & la voix de sa femme, revient aussitôt sur ses pas pour la délivrer. Il tombe sur les Iroquois, si rudement à coups de poing, que ces barbares, ne pouvant se débarrasser de lui ni le faire prisonnier, finissent par le massacrer sur le lieu même. Quant à la femme, ils lui conservèrent la vie afin de la faire périr, au milieu des plus cruels supplices, dans leur pays...

Ensuite les Iroquois "se mirent à chercher Jean Chicot qu'ils avaient vu se cacher sous l'arbre. Celui-ci, ayant été découvert, se défendit avec tant de vigueur contre tous ces Iroquois quoiqu'il fût sans armes, & les frappa si rudement du pied & du poing, qu'il leur fut impossible de l'entrainer de force avec eux & de le prendre. Craignant enfin, pendant qui ils se débattaient ainsi avec lui, d'être joints par des Français qu'ils voyaient venir au secours de Chicot, ils lui enlevèrent la chevelure avec un morceau du crâne: ce qui pourtant, chose assez remarquable, ne l'empêcha pas de vivre près de quatorze ans depuis ce jour, qui fut le 6 du mois de mai 1651". (Faillon, volume 11, pages 119-121)

Onze ans plus tard, le 23 octobre 1662, M. de Maisonneuve et la Soeur Bourgeois assistaient au mariage de votre ancêtre, Jean Chicot-Sicotte avec Marguerite Maclin.


Simard, Noël

L'ANGOUMOIS NOEL SIMARD ANCETRE D'UNE RACE PROLIFIQUE

Noë1 Simard, originaire de Puymoyen en Angoumois, vint s'établir sur la côte de Beaupré avec son père, vers 1658.

Trois ans plus tard, on le voit épouser Marie-Madeleine Racine, fille d'un pionnier de la côte de Beaupré.

Le père et le fils s'établirent au Château-Richer, le premier pratiquant son métier de maçon, le second cultivant le sol. Dès 1667, ils avaient treize arpents de défrichés sur leur ferme et quatre bestiaux dans leur étable. Quatorze ans plus tard, au recensement de 1681, ces chiffres étaient augmentés à trente arpents et vingt bêtes à cornes: c'était là une belle réussite. Cette même année, Noël Simard alla s'établir à la Baie-Saint-Pau1 avec une partie de sa famille. L'un des pionniers de cet endroit, il y décéda en 1715.

Tous les Simard du Canada descendent de Noël Simard. Cette famille est aujourd'hui l'une des plus considérables du pays. On la retrouve presque partout, mais surtout dans les comtés de Charlevoix, de Saguenay, de Chicoutimi, du Lac-Saint-Jean et de Roberval.


Simon, Jean

JEAN SIMON SE NOYA DANS LE ST-LAURENT

Quand Jean Simon, originaire de St-Sornin-la-Marche, arriva à Montréal dans les années 1650-1655, il ne trouva qu'une petite bourgade de quelques centaines d'habitants dans la crainte continuelle de l'Iroquois. Montréal, ou plus exactement Ville-Marie, vivait alors des heures héroïques. C'est là que se révélèrent quelques unes de nos gloires nationales: M. de Maisonneuve, la Bienheureuse Marguerite Bourgeoys, Jeanne Mance etc.

L'année 1655 fut cependant une année calme. Après les sanglantes et coûteuses batailles des années précédentes, la paix venait d'être enfin conclue avec les Iroquois. On put alors songer à des occupations plus pacifiques que celles de la guerre.

Le 18 juin 1655, Jean Simon passa son contrat de mariage. Ce fut le notaire-aventurier Lambert Closse qui enregistra l'acte dans ses archives. Jean Simon épousait une jeune veuve de 19 ans, Catherine Lorion. Le mariage religieux fut célébré trois jours plus tard.

Profitant de la tranquillité qu'avait apportée la paix avec les Iroquois, M. de Maisonneuve entreprit d'agrandir et de développer Ville-Marie. A cet effet il fit plusieurs concessions de terres, et c'est ainsi que peu de temps après son mariage votre ancêtre Jean Simon reçut "un demi arpent dans l'enclos de la ville".

Le fondateur de Montréal encouragea aussi la construction de maisons et de bâtisses, voulant ainsi donner à la petite bourgade de Ville-Marie l'allure d'une ville naissante. Ces travaux malheureusement entraînèrent plusieurs accidents dûs probablement à l'inexpérience des premiers colons en matière de construction.

Jean Simon fut une des victimes de ces accidents de travail. Le 24 novembre 1656 alors qu'il était à son travail, votre ancêtre tomba dans les eaux glacées du St-Laurent et s'y noya.

Son acte de sépulture précise qu'il était un homme de bien et qu'il s'approchait fréquemment des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Voici un bel hommage à sa mémoire.

Catherine Lorion restait donc veuve une seconde fois avec son fils, Léonard, né trois mois plus tôt. En avril 1657, elle se remaria en troisièmes noces avec un certain Nicolas Millet.

Ce troisième mari ne devait pas connaître une meilleure fin que Jean Simon! Il mourut brûlé accidentellement dans sa maison le 9 mars 1674.

Mais l'Histoire ne s'arrête pas là! Veuve une troisième fois, Catherine Lorion ne se découragea pas, car le 23 novembre 1676 elle prit un quatrième mari, Pierre Desautels.


St-Pierre, Pierre

LES CURIEUSES TRANSFORMATIONS D'UN BEAU NOM DE FAMILLE

Pierre de St-Pierre, l'un des pionniers de St-Roch-des-Aulnaies, était originaire de St-Martin-du-Pont Rouen, Normandie. Il appartenait à une famille noble de Normandie, les Le Boulanger de St-Pierre.

De son nom il nous semble n'avoir gardé que le nom de terre, abandonnant le nom patronymique Le Boulanger. C'était là une première transformation, mais ce ne devait pas être la dernière. En effet, quelques-uns de ses enfants s'appelèrent Desaint, puis plus tard on eut Desaint dit St-Pierre et bientôt toutes les variations imaginables dont voici quelques échantillons:

	Dessan			Dessen			Dessin
	Dessain			Dessein			Des saint
	Decens			Decent			Desin
	Desein			Dexsaint		Descant
	Descent			Decin			Decins
	Dessins			Decint			Decinte
	Decindes		Dessaints		Desseints
	Dessant			De saint		Desant
	Desaince		Desend

Cela est à peine croyable, mais c'est rigoureusement vrai. Pendant près de deux siècles, curés et notaires ont écrit au son nos noms de famille et les ont ainsi défigurés bien involontairement.


Sulte, Benjamin

L'HISTORIEN BENJAMIN SULTE DE VOTRE FAMILLE

L'historien Benjamin Suite est un membre de votre famille. Né en 1841, aux Trois-Rivières, il quitta l'école à 18 ans pour secourir sa mère veuve. En 1860, le public connaissait déjà quelques-unes de ses chansons. En 1863, lors de l'affaire du "Trent", il s'enrôla dans une compagnie d'infanterie volontaire aux Trois-Rivières. Caporal en 1864, il fut promu sergent, en 1865. Entré à l'école militaire de Québec, il devint capitaine au 60e Régiment des carabiniers royaux, fit du service actif dans le Bas-Canada, en 1866. Benjamin Suite collaborait quand même activement au "Journal de l'Insurrection Publique" et à "La Minerve". Il fut ensuite traducteur à la Chambre des Communes, chef de division au ministère de la Milice. Ayant pris sa retraite, en 1903, il fut nommé membre de la commission des Sites Historiques. Décédé en 1923, il a publié un grand nombre de livres, brochures, articles de revues et de journaux. La liste en est parue dans les "Mémoires" de la Société Royale dont il était une des figures les plus marquantes. L'oeuvre principale de votre cousin historien est son "Histoire des Canadiens-Français" en 8 volumes et ses "Mélanges Historiques".




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Talbot, Jean-Jacques

JEAN-JACQUES TALBOT "UN MARIN D'EAU DOUCE"

Les marins emploient de nos jours une expression très imagée pour qualifier les soldats de la marine qui ne sont pas comme eux de vrais marins. Ils les appellent des "marins d'eau douce". Reprenant cette expression pour le compte de votre ancêtre, nous pourrions dire que Jean-Jacques Talbot fut un de ces "marins d'eau douce".

Originaire de la paroisse Saint-Gervais de Rouen, en Normandie, Jean-Jacques Talbot vint au Canada en qualité de soldat des troupes de la marine.

Cependant ce nom de soldat des troupes de la marine n'implique pas du tout que votre ancêtre ait été un marin, ou ait fait le service maritime. Il provenait simplement, dit Sulte, de ce que, en prenant la direction de la marine, Colbert s'était fait remettre le budget des régiments employés aux colonies, au lieu de le laisser au ministre de la guerre. Recevant donc leur solde du bureau de la marine, ces soldats prirent le nom de "troupes de la marine". Ils ne faisaient toutefois aucun service maritime. Des vrais marins d'eau douce, somme toute!

La compagnie dont faisait partie Jean-Jacques Talbot était affectée au fort de Lachine. C'est donc à Montréal qu'il rencontra et épousa. une fois libéré de ses obligations militaires. Marie-Charlotte Sommereux.

Aussitôt après leur mariage, les époux Talbot allèrent s'établir à Saint-Thomas de Montmagny, où ils firent baptiser six enfants.

Marie-Charlotte Sommereux mourut en 1708.

Deux ans plus tard, Jean-Jacques Talbot épousait en secondes noces, toujours à Saint-Thomas de Montmagny, Catherine Lamarre. De cette seconde union naquirent quatre enfants.

Ainsi qu'en atteste ce second acte de mariage, votre ancêtre portait le surnom de Gervais. On l'appelait même indifféremment Talbot ou Gervais. Ce surnom, ou deuxième nom, lui venait tout simplement de son lieu d'origine, la paroisse Saint-Gervais de Rouen.

Ajoutons pour terminer que ce surnom s'est transmis dans certaines branches de la descendance de Jean-Jacques Talbot.


Tanguay, Cyprien

VOTRE COUSIN MONSEIGNEUR TANGUAY CELEBRE GENEALOGISTE

Monseigneur Cyprien Tanguay, auteur du "Dictionnaire généalogique des Familles Canadiennes", en sept volumes, est votre cousin.

Né à Québec, en 1819, Monseigneur Tanguay fit ses études secondaires au Séminaire de Québec et au Collège Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Ordonné prêtre, à Québec, en 1843, il fut d'abord vicaire à Rimouski (1843-46) puis curé de Saint-Raymond (1846-50), curé de Rimouski, où il commença à reconstruire l'église, fonda le séminaire et un couvent des Soeurs de la Congrégation Notre-Dame, curé de Saint-Michel de Bellechasse (1859-1862), de Sainte-Hénédine (1862-65). En 1865, M. Thomas d'Arcy Mc Gee, ministre de l'Agriculture à Québec, lui attribua la position d'archiviste au Bureau des Statistiques (1865-1900). Deux ans après cette dernière nomination, il fut envoyé à Paris par le gouvernement pour interroger les archives concernant les anciens documents du régime colonial en Nouvelle-France. En 1887, l'éminent généalogiste reçut du Pape le titre de Camérier secret. Il décéda à Ottawa, le 28 avril 1902, et fut inhumé à Québec.


Taschereau

L'ORIGINE DE LA FAMILLE TASCHEREAU DONT VOUS DESCENDEZ REMONTE JUSQU'A CHRISTOPHE COLOMB

Peu nombreuses sont les familles canadiennes qui peuvent se féliciter d'avoir fourni, aussi bien à l'Eglise qu'à la Magistrature et à l'Armée, autant d'hommes de premier plan que la famille Taschereau. C'est là un rare privilège, qui n'est dû en fait qu'aux qualités héréditaires exceptionnelles d'honneur, de travail et de talent de cette famille. Les Taschereau, dont l'origine remonte jusqu'en 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, avaient déjà occupé depuis fort longtemps les postes les plus en vue de la Royauté française. Il n'est donc pas étonnant que la branche canadienne ait continué cette noble tradition.

L'auteur de la branche canadienne des Taschereau s'appelait Thomas-Jacques Taschereau. Né en 1680 à Tours, en Touraine, il vint au Canada à titre de Secrétaire de l'Intendant Dupuy. Nommé Trésorier des troupes de la Marine en 1732, il fondait quelques années plus tard une société en vue d'exploiter le minerais des Forges du Saint-Maurice. De son mariage avec Marie-Claire de Fleury il eut quatorze enfants.

Parmi les remarquables figures que devait donner au Canada la descendance de Thomas-Jacques Taschereau, celles de Son Eminence le Cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau, et de son neveu 1'Honorable Louis-Alexandre Taschereau sont à mettre le plus en honneur. On sera donc heureux de trouver ci-après quelques notes biographiques sur ces deux personnages.

Elzéar-Alexandre Taschereau naquit à Sainte-Marie, le 17 février 1820. Après avoir mené successivement ses études à Québec et à Rome en Italie, il fut, au lendemain de son ordination sacerdotale en 1842, nommé professeur de philosophie au séminaire de Québec. Remarquablement intelligent et doué des qualités d'initiative et d'organisation qui font les grands innovateurs, notre jeune professeur travailla activement à assurer le fonctionnement initial de 1'Université, dont il fut finalement nommé Recteur en 1860.

Monseigneur Taschereau fut sacré Archevêque de Québec en 1871, et créé Cardinal-prêtre en 1886. Durant son épiscopat, il devait ériger quarante paroisses et établir trente-et-une missions, qui restèrent à sa mort, survenue le 12 avril 1898, le témoignage éloquent de son activité pastorale.

Né à Québec le 5 mars 1867, Louis-Alexandre Taschereau fit ses études au séminaire de la ville. A vingt-deux ans, il était admis au Barreau, et débutait peu après dans la carrière politique. Le 17 décembre 1900, il était élu député de Montmorency à l'Assemblée Législative. Juriste accompli, il portait un grand intérêt à toutes les questions sociales. Ces qualités le désignèrent pour la charge de Ministre des Travaux publics et du Travail.

Nommé Procureur général le 26 août 1919, l'Honorable Louis-Alexandre Taschereau fut élu, en juillet 1920, Premier Ministre de la Province de Québec. Il est mort le 5 juillet 1952.


Terrien, Pierre

POUR UN SALAIRE DE QUARANTE DOLLARS PAR AN PIERRE TERRIEN S'ENGAGE POUR LE CANADA

Pierre Terrien avait 21 ans, lorsqu'il se présenta, le 5 avril 1656, devant le notaire Teuleron de La Rochelle. Il venait s'engager à aller travailler à Québec pour une période de trois ans, avec un salaire de quarante livres par an (approximativement $40.00), toutes dépenses payées. Ce n'était évidemment pas le Pérou, mais pour un jeune homme qui aimait l'aventure cette proposition était malgré tout assez alléchante.

Une fois la période de son engagement terminée, Terrien décida de rester au Canada. Il alla s'établir dans l'Ile d'Orléans, dont les terres riches et fertiles attiraient alors un grand nombre de colons.

Le 26 février 1669, votre ancêtre obtint concession d'une terre de Monseigneur François de Laval. Evêque du Pays et Seigneur de l'Ile d'Orléans. C'était un emplacement de trois arpents de front, situés sur le bord du fleuve Saint-Laurent du côté sud.

A titre de charges envers le Seigneur du lieu, Pierre Terrien s'engageait, selon 1'acte de concession, à payer chaque année "vingt sols de rentes foncières... et douze deniers de cens pour chacun arpent de terre de front", soit environ une somme de quatre dollars par arpent. Il devait aussi, comme c'était la coutume à l'époque, faire moudre son grain au moulin du Seigneur, qui percevait des taxes sur toute mouture, ou droits de moulage.

Un an après s'être installé sur sa terre, Terrien songea à se marier. Le 17 mai 1670, il épousa Gabrielle Mignot. Vos ancêtres délaissèrent alors temporairement l'Ile d'Orléans pour aller s'établir pendant trois ans dans l'Ile aux Grues.

En 1675, ils revenaient sur leur terre de l'Ile d'Orléans qui, en 1681, était de six arpents. Pierre Terrien devait d'ailleurs l'agrandir plus tard par l'acquisition d'une nouvelle terre.

De son mariage avec Gabrielle Mignot, Pierre Terrien eut une famille de quatorze enfants.

Il fut inhumé à Québec le 12 septembre 1706.


Tessier, Urbain

VOTRE ANCETRE URBAIN TESSIER DIT LAVIGNE UN ACTE DE BRAVOURE

Vous descendez d'Urbain Tessier dit Lavigne, un des premiers colons de Montréal et le huitième à qui M. de Maisonneuve ait accordé la concession d'une terre. La Place-d'Armes est située sur cette concession de même que cette bâtisse à huit étages qui forme le coin nord-ouest des rues St-Jacques et Côte Place-d'Armes. Une plaque de marbre fixée sur cette bâtisse rappelle ce fait à tous les passants. Nous perpétuons ce fait dans votre famille en reproduisant cette plaque.

Nous avons cru qu'il ne serait pas sans intérêt pour vous et les vôtres d'extraire de l'Histoire du Canada de 1'Abbé Faillon la belle page qui suit et qui nous fait connaître quelques traits de la vie de votre ancêtre, Urbain Tessier.

"Pour protéger sûrement les colons dans leurs travaux & veiller à la conservation du pays, M. de Maisonneuve jugea qu'il était nécessaire encore de tenir en bon ordre les redoutes construites çà et là dans la campagne, et de les faire garder nuit et jour, par des hommes armés. Dans ce dessein, il donna la propriété de ces redoutes à des habitants connus par leur courage et leur valeur, qui commencèrent à y faire leur résidence ordinaire. Ainsi, trois d'entre eux, qui s'étaient distingués dans plusieurs faits d'armes, Urbain Tessier dit Lavigne, Jacques Archambault & François Bailly, eurent pour leur partage celle dite de 1'Enfant Jésus, située à une des extrémités de la concession de Lavigne, & voisine du lieu appelé aujourd'hui la Place d'Armes."
(Faillon, volume 3, page 18 et 19).

Urbain Tessier n'en était pas d'ailleurs à son premier acte d'intrépidité. Voici ce que nous trouvons à son sujet dans Faillon, 2e volume, page 123:

"Le 18 juin 1651, jour de dimanche, à 1'issue des deux messes, un très-grand nombre d'Iroquois attaquèrent quatre Français entre le Fort & la Pointe Saint-Charles; c'étaient probablement des habitants qui, après l'office du matin, retournaient en armes dans leurs maisons nouvellement construites. Surpris ainsi à l'improviste, ces quatre hommes se jettent dans un petit taudis, appelé assez improprement Redoute, qui se trouvait alors au milieu d'une grande quantité de bois abattu; & là, résolus de vendre chèrement leur vie, ils commencent à faire de vives décharges de fusils sur les assaillants.

"A ce bruit un des plus anciens colons, Urbain Tessier dit Lavigne, dont les sauvages avaient brûlé la maison, le 6 mai précédent, étant le plus proche du lieu où se faisait l'attaque, y court le premier, en toute hâte avec tant d'audace & de bonheur, qu'il passe sans accident, avec une légèreté & une vitesse non pareilles, par-dessus tous ces bois abattus; & quoique, pour parvenir jusqu'à ses camarades, il donnât dans quatre embuscades d'Iroquois, les unes après les autres & essuyât soixante ou quatre-vingts coups de fusil, il arrive sans être blessé ni arrêté dans sa course. Enfin, étant entré dans ce taudis, il se joint aux assigés & ne contribue pas peu à rehausser leur coeur par un tel acte de courage.

"Le bruit de cette fusillade ne fut pas plutôt entendu des autres colons, toujours prêts à courir sur l'ennemi, qu'il sembla ranimer leur ardeur; & sur-le-champ M. de Maisonneuve envoie aux assiégés un secours, sous la conduite de Charles Le Moyne. A peine les Iroquois virent-ils ces auxiliaires à la portée du mousquet, qu'ils firent imprudemment sur eux une décharge générale, que les autres eurent l'adresse d'éviter; & se mettant alors à tirer sur les Iroquois, ils en abattirent un grand nombre, au point que, voyant leurs hommes tomber de tous côtés, ces barbares, qui n'avaient pas le temps de charger leurs arquebuses, n'eurent plus d'autres moyens de salut que la fuite; & toutefois, comme ils étaient obligés de passer sous un grand nombre de gros arbres abattus, ils essuyaient de nouvelles décharges à mesure qu'ils se relevaient pour s'enfuir; aussi laissèrent-ils morts sur la place de vingt-cinq ou trente des leurs, indépendamment des blessés qui furent emportés ou qui prirent la fuite."

S'enorgueillir de descendre d'un tel héros n'est pas de la vanité, mais c'est du patriotisme très hautement placé.

Notons, en terminant, que les terres d'Urbain Tessier dit Lavigne se trouvent aujourd'hui à appartenir aux Messieurs de Saint-Sulpice et que quelques descendants de ce héros réclament ces terres comme étant leurs.


Testard, Jean

L'ILLUSTRE FAMILLE TESTARD TESTARD DE MONTIGNY TESTARD DE LAFOREST TESTARD DE FOLLEVILLE

Le fondateur de la famille Testard au Canada fut Jean Testard, bourgeois de Rouen, originaire de Saint-Antoine-la-Forest en Normandie, qui avait épousé Anne Godfroy, d'une famille noble de la Normandie. Jean Testard portait le titre de sieur de la Fontaine et il semble bien qu'il appartenait à la même famille que les Testard de l'Ile-de-France et de Paris, qui portaient le même nom de terre et un écu très ressemblant.

Jean Testard, sieur de la Fontaine, est venu au Canada mais il n'y est pas demeuré très longtemps. En tout cas on signale sa présence aux Trois-Rivières, le 28 août 1652, alors qu'il assiste à l'inventaire des biens de son beau-frère, Thomas Godfroy, sieur de Normanville, tué par les Iroquois. Il semble bien que Jean Testard soit mort à Rouen, avant 1677.

Parmi ses enfants, il faut mentionner Jacques, 1'aîné, sieur de la Forest, et Charles, sieur de Folleville. Parmi leurs descendants on compte plusieurs soldats de marque, des hommes d'état et des fonctionnaires remarquables.


Tremblay, Pierre

PIERRE TREMBLAY ANCETRE DE LA PLUS GRANDE FAMILLE CANADIENNE-FRANCAISE

Pierre Tremblay, l'ancêtre de la plus grande famille canadienne-française, était originaire de Randonnay, au Perche. Seul chef de famille de ce nom qui soit venu de France, il est l'ancêtre de tous les Tremblay d'Amérique.

La première trace qu'on en trouve en ce pays est dans les registres de la paroisse Notre-Dame-de-Québec, à la date du 2 octobre 1657: c'est son acte de mariage. Il épousait alors Ozanne Achon, fille de Jean Achon et de Hélène Renaude ou Regourde, de Puyravault en Aunis. Il était âgé de trente et un ans et elle en avait vingt-quatre. Ces deux jeunes gens qui se mariaient dix ans plus tard que la moyenne d'âge de leurs compagnons à cette époque ne se doutaient pas qu'ils allaient être les fondateurs de la famille la plus considérable de toute la nation canadienne-française.

Pierre Tremblay et son épouse s'établirent sur une ferme de la côte de Beaupré dans cette partie qui devait former plus tard la paroisse de L'Ange-Gardien. Quatre fils de Pierre Tremblay parvinrent à l'âge d'adulte et se marièrent. Ils s'appelaient Pierre, Michel, Jacques et Louis. Tous quatre eurent de très nombreuses familles: Pierre eut quinze enfants; Michel, quatorze; Jacques, six; Louis, quatorze.

Pierre, Michel et Louis allèrent s'établir sur les terres alors nouvelles de la Baie-Saint-Paul; Jacques, l'un des plus jeunes, resta sur les terres paternelles dont il hérita. Ses descendants se sont multipliés à L'Ange-Gardien, tandis que ceux des trois autres frères couvrirent bientôt toute la rive nord et en particulier la Baie¬Saint-Paul et les paroisses environnantes. Aujourd'hui les comtés de Charlevoix, de Saguenay, de Chicoutimi, du Lac Saint-Jean et de Roberval sont littéralement couverts de familles Tremblay.

Nos calculs sont qu'à l'heure actuelle (1965) il y a dans la province de Québec en particulier et dans toute l'Amérique, pas moins de 9,000 familles Tremblay, dont plus de 1,500 vivent à Montréal. Toutes ces familles représentent environ 54,000 individus du nom de Tremblay. C'est là une progéniture vraiment formidable, presque fantastique.


Trotier, Gilles

GILLES TROTIER N'ETAIT PLUS DE PREMIERE JEUNESSE QUAND IL VINT AU CANADA

On ne peut pas dire que Gilles Trotier n'était encore qu'un jeune homme lorsqu'il vint au Canada. Il avait en effet 55 ans, quand le 4 juillet 1646, il s'engagea devant le notaire Teuleron de La Rochelle, pour aller travailler en Nouvelle-France. Il s'était résolu à ce voyage après avoir déjà sillonné en tous sens les routes de France en quête de travail. Journalier, il avait été çà et là selon les exigences de son métier, et un engagement pour le Canada était une aubaine.

Il s'embarqua donc avec sa femme, Catherine Loyseau, et ses quatre enfants: Gilles, Julien, Antoine et Pierre. Un cinquième fils devait naître au cours de la traversée. Il fut, dès l'arrivée à Québec, baptisé sous le nom de Jean-Baptiste.

D'après les termes de son contrat passé à La Rochelle, Trotier avait été engagé pour aller travailler à Portneuf, sur la Seigneurie du Sieur de la Poterie. A leur arrivée à Québec, les époux Trotier se mirent donc immédiatement en route pour Portneuf, où le travailles attendait. Il avait été convenu que Gilles Trotier devrait défricher les terres de la Seigneurie de la Poterie, faire les blés en été, et scier les pins et sapins l'hiver. Votre ancêtre avait donc un plan de travail tout établi.

Il est plus que probable que la famille Trotier ne resta pas longtemps à Portneuf. Le péril iroquois se faisait en effet à nouveau sentir, et les colons désertaient les campagnes pour se réfugier dans la sécurité relative des grands centres comme Québec et Trois-Rivières.

C'est précisément aux Trois-Rivières que se réfugia Gilles Trotier et sa famille. Le 7 juin 1650, il recevait de M. d'Ailleboust une concession. Mais la vie des "villes" ne devait pas plaire à Trotier. Il revendit bientôt son bien, et passa au Cap-de-la-Madeleine, où il acheta une terre le 24 novembre 1652.

Gilles Trotier mourut le 10 mai 1665. Ses derniers jours furent assombris par une douloureuse épreuve. Gilles Trotier en effet avait appris que son fils aîné, Gilles, était tombé aux mains des Iroquois. On comprend la douleur du malheureux père qui redoutait le pire pour son fils; il le voyait déjà subissant les pires tortures. C'est sans doute cette pénible anxiété qui l'acheva.

Ajoutons pour terminer que Gilles Trotier fils ne fut pas torturé, mais qu'il recouvrit sa liberté et fut rendu à M. de Maisonneuve.


Trudelle, Jean

LA PREMIERE MESSE CELEBREE A L'ANGE-GARDIEN LE FUT DANS LA MAISON DE L'UN DE VOS ANCETRES JEAN TRUDELLE

L'un des pionniers de la paroisse de L'Ange-Gardien, sur la côte de Beaupré, près de Québec, fut Jean Trudelle, un Percheron, qui vint s'y établir vers 1655. Sa terre était située à environ un mille et demi, du côté de la chute Montmorency. En 1911, un monument commémoratif y fut élevé à la mémoire de votre ancêtre, par ceux de ses descendants qui portent son nom. Ce monument occupe 1'emplacement exact de la vieille maison dont on voyait encore en cette année-là, des restes de fondations.

Dans les premiers temps de la colonie jusqu'à ce que l'on construisit des chapelles, c'est dans la maison d'un colon que se faisait le service. A L'Ange-Gardien, c'est au logis de Jean Trudelle que se retirait le missionnaire, ainsi que le prouve un acte passé en 1664, au sujet de l'élection des marguilliers.

Il est intéressant de noter que lors du recensement de 1666, Jean Trudelle est qualifié de "tisserand en toile". Pendant de longues générations et jusqu'à ces dernières années, ce fut 1'une de nos industries nationales et votre ancêtre fut l'un de ceux qui contribuèrent à la développer au pays.


Truteau, Etienne

ETIENNE TRUTEAU VOTRE ANCETRE SON ACTE DE BRAVOURE A VINGT ANS COIN LAGAUCHETIERE ET ST-ANDRE

Alors qu'il n'était âgé que de vingt ans, votre ancêtre, Etienne Truteau, fut le héros d'un fait d'armes qui est passé à la postérité et que les historiens relatent dans leurs récits.

La Société Historique de Montréal a jugé à propos de souligner ce fait d'armes d'une manière toute spéciale et, à cette fin, elle a fait frapper une plaque de marbre qu'elle a fixée au coin nord-ouest des rues Lagauchetière et St-André, dans la ville de Montréal.

Cette plaque relate qu'en cet endroit, en l'année 1662, quatre Français tinrent tête à cinquante Iroquois et protégèrent ainsi toute la colonie de Ville-Marie. On ne voit que trois noms sur la plaque, ceux d'Etienne Truteau et de ses compagnons Roulier et Langevin. C'est que le quatrième, pris de frayeur à la vue de l'ennemi, essaya de fuir; ses compagnons le ramenèrent rudement au devoir; mais comme il avait manqué de courage, on ne crut pas devoir joindre son nom à ceux des trois braves.

L'Abbé Faillon, dans son" Histoire de la Colonie Française en Canada", volume II, pages 518 et 519, nous raconte l'acte de bravoure accompli par votre ancêtre, Etienne Truteau, et ses deux compagnons, Roulier et Langevin, le 6 mai 1662. Nous vous en reproduisons ici un extrait:

"Le 6 mai, cinquante de ces barbares, venus pour surprendre quelques-uns des hommes de Sainte-Marie, se cachèrent dans les bois voisins, & y restèrent tout ce jour en attendant le moment de fondre sur ceux des travailleurs qu'ils pourraient trouver à l'écart. Le soir de ce même jour, après que les hommes se furent retirés du travail pour retourner à Sainte -Marie, il arriva que trois de ces braves, Truteau, Roulier & Langevin, étaient encore au chantier, où il ne restait plus qu'eux & un nommé Le Soldat, posté en sentinelle dans un méchant trou qui méritait à peine le nom de redoute. Ces trois hommes, regagnant enfin eux-mêmes la maison, étaient arrivés près de cette redoute, lorsque tout à coup les cinquante Iroquois, restés cachés jusqu'alors à la distance d'une portée de fusil ou environ, se lèvent sans bruit & courent sur eux, afin de les prendre vivants pour les mener prisonniers dans leurs bourgades."

"Dans ce même moment, 1'un des trois braves, levant la tête & les apercevant, s'écrie: "Aux armes! voici les ennemis sur nous". Aussitôt chacun prend son fusil; & la sentinelle, qui s'était endormie, réveillée par ce cri d'alarme, commence, au contraire, à prendre la fuite. Les Iroquois, se voyant déçus dans leur attente, font sur les nôtres une décharge à brûle-pourpoint; mais les trois Français, sans avoir été atteints par cette grêle de balles, quittent aussitôt les champs où ils se trouvaient encore & courent à toutes jambes pour se jeter dans la redoute. Le Sieur Truteau, d'une grande taille, très fort, et d'un courage à toute épreuve, rencontrant la sentinelle qui fuyait, la fait entrer dans la redoute à coups de pied & à coups de poing, lui reprochant son indigne lâcheté, & produit sur elle une si efficace impression, qu'il semble lui rendre le courage. Alors commence, d'une part, 1'attaque la plus vive, & de 1'autre, la résistance la plus vigoureuse: les Iroquois faisant sur la redoute de furieuses décharges, & les assaillants répondant,de leur côté, avec une confiance intrépide & toujours avec dommage pour les Iroquois qui, après avoir tiré sur la redoute deux ou trois cents coups de fusil, n'eurent d'autre avantage que d'avoir coupé en deux le fusil de Roulier."

"M. de Bélestre, entendant la fusillade, sort au plus vite de Sainte-Marie, avec tout ce qui il peut y conduire d'hommes, pour dégager les assiégés; & chemin faisant il rencontre les travailleurs dont une partie fuyait & l'autre courait vers la redoute. Il arrête les fuyards, leur reproche une conduite si indigne des hommes de Sainte-Marie & les conduit tous avec lui au combat. Dès leur arrivée, ils commencent à répondre aux ennemis en faisant sur eux leurs décharges & en s'efforçant de les investir. Mais les Iroquois, s'apercevant qu'on allait leur couper le passage, s'enfuirent aussitôt dans les bois, emportant avec eux leurs blessés."

Le "terrier" du séminaire de St-Sulpice nous apprend que Mathurin Langevin s'était fait concéder une terre qui serait située aujourd'hui entre les rues St-Hubert et Amherst. C'est donc sur cette propriété que se serait passé l'acte de bravoure que nous venons de relater, au cours duquel votre ancêtre, Etienne Truteau, (ancêtre des Trudeau actuels) se distingua d'une façon toute particulière.


Turcot, Abel

LE VENDEEN ABEL TURCOT HOMME DE CONFIANCE DU PREMIER EVEQUE DE QUEBEC

C'est en 1631, à Mouilleron-en-Pareds, en Vendée, que naquit votre ancêtre Abel Turcot. Fait intéressant, cette commune est également la place natale de Georges Clémenceau, "Le Tigre", le fameux homme d'état français.

En 1660, on trouve Abel Turcot établi à l'Ile d'Orléans. Deux ans plus tard, il épousait Marie Giraud au Château-Richer. Dès 1667, Abel Turcot pouvait se vanter d'être à la tête de 1'une des fermes les plus prospères de toute l'Ile d'Orléans. En effet il avait plus de cinquante arpents défrichés et quatorze bestiaux dans son étable.

Jusque là Abel Turcot avait agi en qualité de fermier et de meunier de Mgr de Laval. Cette année-là, le Vicaire apostolique de la Nouvelle-France fit concession à votre ancêtre d'une des terres que celui-ci défrichait.

C'est là qu'était situé le moulin seigneurial et c'est dans la maison d'Abel Turcot, qui appartenait alors au futur évêque de Québec que le missionnaire venait dire la messe avant la construction de la première église de la Sainte-Famille.

Les descendants d'Abel Turcot se sont multipliés sous les noms de Turcot et Turcotte principalement à l'Ile d'Orléans, sur la côte de Beaupré, sur la Rive sud et dans la Beauce.


Turcot, Jean

VOUS DESCENDEZ DE JEAN TURCOT MARTYR DES IROQUOIS EN 1652

Jean Turcot votre ancêtre, fut fait prisonnier dans un combat contre les Iroquois, aux Trois -Rivières, le 19 août 1652, amené dans leur pays et martyrisé.

Le fait est raconté dans toutes les Histoires du Canada. Nous citons Ferland, volume 1er, page 405:

"Un parti de cent vingt Iroquois avait fait quelques prisonniers et enlevé des bestiaux. M. Du Plessis-Bochart, gouverneur des Trois-Rivières, voulant les reprendre et chasser les maraudeurs, fit embarquer sur des chaloupes quarante ou cinquante Français avec une douzaine de Sauvages. A deux lieues au-dessus du fort, il aperçut des Iroquois cachés dans des broussailles sur la lisière de la forêt. La grève était bordée de marécages qui rendaient la descente fort difficile. Malgré le danger de suivre les Iroquois dàns les bois, il donna 1'ordre de débarquer. Lui-même s'avança à la tête de ses hommes; mais, embarrassés par les difficultés du terrain et placés à découvert, les Français tombaient sous le feu d'adversaires qu'ils ne pouvaient ni voir ni approcher. Dans cette tentative désespérée, M. Du Plessis fut tué avec quinze de ses hommes; plusieurs restèrent prisonniers et les autres, se jetant dans leurs chaloupes, allèrent porter cette triste nouvelle aux Trois-Rivières.

"Peu de jours après ce désastre, des Français; étant allés visiter le lieu du combat, trouvèrent sur un bouclier iroquois ces mots écrits avec du charbon: "Normanville, Francheville, Poisson, La Palme, Turcot, Chaillou, Saint-Germain, Onneiochronnons et Agnechronnons. Je n'ai encore perdu qu'un ongle".

Normanville, jeune homme adroit et vaillant, qui entendait la langue algonquine et iroquoise, avait écrit ces paroles avec du charbon, pour donner à connaître que les sept hommes dont on voyait les noms avaient été pris par les Iroquois de la nation d'Onneiout et d'Agnier et qu'on ne lui avait fait encore d'autre mal que de lui arracher un ongle.

Jean Turcot ne revint jamais du pays des Onneiouts. Il avait été par eux martyrisé.

La descendance de cet ancêtre martyr fut assurée par son fils, Jacques, qui occupa le poste important de juge de Champlain. Il avait épousé une jeune fille dont la mère, Anne Le Neuf du Hérisson, appartenait à la vieille noblesse française et par elle vous pouvez vous réclamer de cette noble famille de France.


Turcotte, Louis-Philippe

LIGNEE ANCESTRALE PATERNELLE DE LOUIS-PHILIPPE TURCOTTE HISTORIEN

Abel Turcot et Marie Giroux Château-Richer, 1662
François et Marguerite Ouimet Ste-Famille, 1688
François et Geneviève Bouchart d'Orval St-Pierre, 1714
Pierre et Marie Gendron Ste-Famille, 1749
François et M.-Joseph Hémond St-Jean, 1785
Jean-Baptiste et M. -Josette Fortier St-Jean, 1814
LOUIS-PHILIPPE TURCOTTE (1842-1878)

Né à St-Jean, Île d'Orléans, le 11 juillet 1842, il fit ses études classiques au Séminaire de Québec. En 1859 un accident survenu sur le pont de glace faillit lui coûter la vie. Infirme pour le reste de ses jours il occupa ses loisirs par de sérieuses études historiques. Citons entre autres oeuvres, son "Histoire de l'Île d'Orléans et "Le Canada sous l'Union". Il mourut à Québec, le 2 avril 1878.


Turgeon, Charles

CHARLES TURGEON REVIENT MOURIR A MORTAGNE

Charles Turgeon, ancêtre de tous les Turgeon du Canada, était originaire de Saint-Jean de Mortagne, Perche. En compagnie de son épouse, Pasquière Lefebvre, et de ses enfants, il quitta Mortagne pour La Rochelle en 1662 et de là s'embarqua pour le Canada l'année suivante.

Il s'établit à Beauport et travailla ferme pour défricher sa terre et la tranformer en un bel établissement agricole. Il y réussit et bien plus il établit ses trois fils sur de bonnes terres.

Mais voilà que la nostalgie du pays natal s'empara de votre ancêtre Charles Turgeon. N'en pouvant plus, en 1693, il liquida ses affaires au pays, passa des arrangements avec ses fils, loua les propriétés qu'il n'avait pas vendues et s'embarqua pour la France en compagnie de son épouse. Son absence avait duré exactement trente ans.

De retour à Mortagne, vos deux ancêtres se reposèrent de leurs labeurs et de la dure vie de colons-défricheurs qu'ils avaient menée en Nouvelle-France. Onze ans plus tard, en 1704, un document nous apprend qu'ils sont toujours à Mortagne. Après cette date on en perd la trace. Ils durent sans doute décéder à Mortagne dans les années qui suivirent.


Turgeon, Adélard

LIGNEE PATERNELLE ANCESTRALE DE ADELARD TURGEON PRESIDENT DU CONSEIL LEGISLATIF

I- Charles Turgeon et Pasquière Lefebvre France, 1648
II- Zacharie Turgeon et Isabelle Roy Beauport, 1691
III- Louis Turgeon et M.-Angélique Couture Beaumont, 1728
IV- Antoine Turgeon et Dorothée Beaucher Beaumont, 1763
V-François Turgeon et Marie Prévost St-Charles, 1802
VI- Damase Turgeon et Christine Turgeon Beaumont, 1850
VII- ADELARD TURGEON (1863-1930).

Né à Beaumont en 1863, il fit ses études classiques au Collège de Lévis et son droit à l'Université Laval. Devenu avocat en 1887, il fut officier de l'Instruction Publique de France, chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'Ordre Léopold de Belgique et compagnon des Ordres de St-Michel, de St-Georges et de Victoria. Député de 1890 à 1900, ministre dans les cabinets Marchand, Parent et Gouin de 1897 à 1909, il fut nommé président du Conseil Législatif, poste qu'il occupa jusqu'à son décès survenu le 14 octobre 1930.


Turgeon, Pierre-Flavien

LIGNEE PATERNELLE ANCESTRALE DE PIERRE-FLAVIEN TURGEON ARCHEVEQUE DE QUEBEC

I- Charles Turgeon et Pasquière Lefebvre France, 1648
II- Zacharie Turgeon et Isabelle Roy Beauport, 1691
III- Louis Turgeon et M.-Angélique Couture Beaumont, 1728
IV- Louis Turgeon et Louise-Elisabeth Dumont Québec, 1787
V- PIERRE-FLAVIEN TURGEON (1787-1867).

Né à Québec, le 12 novembre 1787, Pierre-Flavien Turgeon fit ses études au Séminaire et fut ordonné prêtre le 29 août 1810. Successivement secrétaire de l'Evêché et du Séminaire, procureur, directeur et assistant-supérieur du Séminaire, grand-vicaire du diocèse, il fut sacré évêque de Sidyme en 1834 et nommé coadjuteur de Québec. Administrateur de 1841 à 1850, il fut archevêque en titre à partir de cette année-là jusqu'à sa mort survenue le 25 août 1867. C'est lui qui en 1852 fonda l'Université Laval de Québec.

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