Natif de Montmagny, Antonin Proulx a fait ses études au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et à l'Université Laval. Spécialiste en pêcheries, il a oeuvré surtout dans l'administration publique fédérale à Ottawa. À sa retraite depuis 1985, il consacre une bonne partie de son temps aux recherches généalogiques. Il est l'auteur, entre autres, d'un Dictionnaire généalogique des familles Proulx. Il est membre de plusieurs sociétés de généalogie du Québec et de l'Ontario.
Né à Québec, Pierre Proulx, cousin d'Antonin, a fait ses études au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et à l'Université Laval. Pendant plus de quarante ans, il a pratiqué la médecine générale et la médecine du travail à Québec. Il a été médecin expert auprès de compagnies d'assurances et un membre très actif du Conseil des médecins de l'hôpital Saint-François-d'Assise et de la Clinique Roy-Rousseau. Il est membre de la Société de généalogie de Québec et, depuis sa retraite en 1996, il consacre une partie de ses loisirs à la généalogie.
Résumé
Au début de l'année 2001, nous avons décidé d'effectuer des recherches intensives afin de retracer l'acte de naissance ou de baptême de notre ancêtre et d'obtenir des informations sur sa famille en France. En généalogie, comme dans d'autres disciplines, la rigueur et l'objectivité sont une nécessité, et les affirmations qu'on avance doivent toujours s'appuyer sur des documents authentiques. C'est dans cet esprit que se sont inscrites nos recherches et nous en livrons les fruits qui intéresseront en particulier les descendants de Jean Prou.
Deux pionniers portant le même nom, - Jean Prou -, ont quitté la France pour venir s'établir en Nouvelle-France au début de la colonie. L'un, notre ancêtre, s'établira définitivement à la Pointe-à-la-Caille (aujourd'hui Montmagny) après avoir épousé Jacquette Fournier à Québec en juin 1673. L'autre Jean Prou, originaire de Poitiers, s'installera à Neuville et épousera Catherine Pinel.
Non seulement le lieu et la date de naissance de notre ancêtre n'avaient jamais été établis jusqu'à ce jour, mais la date exacte de son arrivée en Nouvelle-France n'est pas encore confirmée. Aucune liste de passagers de bateaux faisant la traversée de l'Atlantique où aurait figuré son nom n'a été retracée. Certains renseignements nous portent à croire qu'il serait arrivé en 1666. Lors du recensement de 1666 commandé par l'intendant Talon et qui s'effectua de février à août, on n'en fait pas mention, mais ceci ne signifie pas pour autant qu'il n'était pas au pays; on sait
cependant que près de 400 noms ont été omis1. Son nom apparaît pour la première fois dans les archives canadiennes au recensement de 1667 fait d'avril à octobre. On y rapporte que Jean était domestique chez Louis Couillard, écuyer, sieur de l'Espinay et seigneur de la Rivière-du-Sud, qui demeurait rue Notre-Dame, à la Basse-Ville de Québec. Il déclare être âgé de 22 ans2.
LA PISTE NANTILLY
A Québec, le 2 juin 1673, « Par devant le notaire Romain Becquet » et en présence des parents et amis de sa future, Jean promet d'épouser Jacquette Fournier, fille de Guillaume Fournier, et de Françoise Hébert. Jacquette était, par sa mère,
_________________________________
1 - Michel Langlois, Les recensements sous le régime français, L’Ancêtre, 2,2, octobre 1975 : 65.
2 - André Lafontaine, Recensements annotés de la Nouvelle-France 1666 & 1667, Sherbrooke, Ed. A. Lafontaine, 1985, p.101.
-/ I /-
l'arrière-petite-fille de Louis Hébert, considéré par les historiens comme le premier colon canadien. Selon la teneur du contrat de mariage, Jean était le "fils de deffuncts Jean Prou et de Louise Vallée ses père et mère vivants en la paroisse de Nantilly évesché d'Angers"3. Jacquette était née le 9 avril 1659 à Québec et baptisée le lendemain4. Le mariage eut lieu le 5 juin 1673 en l'église Notre-Dame de Québec devant l'Abbé Louis Ango, curé de la paroisse. La teneur de l'acte est sensiblement la même que celle du contrat : "Jean Prou fils de defunct Jean Prou et de Louise Vallée ses père et mère de la paroisse de Nantilly Evesché d'Angers…"5.
Dans les autres actes notariés ou religieux que nous avons consultés, il n'est pas fait mention de la paroisse de Nantilly, ni de Notre-Dame de Nantilly, ni de la ville de Saumur. On sait cependant que, dans le diocèse d'Angers, il existait et il existe encore aujourd'hui une paroisse qui porte le nom de Notre-Dame de Nantilly, située dans la ville de Saumur (Maine-et-Loire), en France, et dont les registres paroissiaux remontent à 16126.
Les auteurs des dictionnaires généalogiques et de d'autres ouvrages de référence nous livrent essentiellement la même information. Parmi les auteurs qui mentionnent Nantilly sans situer cette paroisse dans une ville, citons l'Abbé Armand Proulx7 et Michel Langlois8. Mgr Cyprien Tanguay, pour sa part, a inscrit le nom de Mantilly et 16479 comme date de son baptême. D'autres auteurs tels René Jetté10,
_________________________________
3 - Notaire Romain Becquet minute du 2 juin 1673, A.N.Q.
4 - Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse Notre-Dame de Québec,10 avril 1659, A.N.Q.
5 - Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse Notre-Dame de Québec, 5 juin 1673, A.N.Q.
6 - The Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints, Family History Library Catalog, registres paroissiaux 1612-1792, Eglise catholique, paroisse de Nantilly (Saumur, Maine-et-Loire).
7 - Armand Proulx, Généalogie des Familles Proulx de la Côte-du-Sud, 1666-1976. Les descendants de Jean Prou et Jacquette Fournier, 1978, p.1.
8 - Michel.Langlois, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois, tome 4, Sillery, Les Editions du Mitan, 2001, pp.189-190.
9 - Cyprien Tanguay, Dictionnaire généalogique des familles canadiennes, volume 1, p.502.
10 - René Jetté, Dictionnaire généalogique des familles du Québec, des origines à 1730, p. 948.
Gérard Lebel11, Éloi-Gérard Talbot12 et Gabriel Drouin13 vont plus loin et situent Nantilly dans la ville de Saumur. Le Programme de Recherche en Démographie Historique (PRDH) donne la mention suivante : "Jean Proulx - naissance : vers 1647 - Notre-Dame-de-Nantilly, v. Saumur, év. Angers, saumurois (arr. Saumur, Maine-et-Loire)" et dans la liste des malades de l'Hôtel-Dieu de Québec : "France, Loire, Rural"14.
Il existe en France deux autres communes du nom de Nantilly; l'une en Eure-et-Loir, (registres religieux à compter de 1668) et l'autre, en Haute-Saône (registres religieux à compter de 1673). Pour ce qui est de Mantilly, cette commune est située en Basse-Normandie. Ces paroisses n'ont jamais été, à notre connaissance, rattachées à "l'Evesché d'Angers". C'est peut-être ce qui explique que les auteurs ont fait mention de Nantilly ou de Notre-Dame-de-Nantilly dans la ville de Saumur.
Normand Robert a par ailleurs inscrit l'information suivante sous la rubrique SAUMUR : "Proulx, Jean (+ Jean & Louise Vallée), m 5 juin 1673 Québec (ct 02 Romain Becquet) - Paroisse Saint-Nicolas de-Billanges" et à l'Index onomastique des immigrants, il a écrit "Notre-Dame de Nantilly, Saumur"15. Quant à Yves Hébert, il affirme que "Jean Prou est né à Québec en 1647. Il est le fils de Jean Prou, originaire de Mantilly, évêché d'Angers, en France, et de Louise Vallée"16. Une recherche effectuée dans les registres microfilmés de Notre-Dame de Québec aux Archives du Québec a été négative, comme nous nous y attendions.
_________________________________
11 - Gérard Lebel, Nos Ancêtres, vol. 3, Sainte-Anne-de-Beaupré, 1987, pp.143-148.
12 - Eloi-Gérard Talbot, Généalogie des familles originaires des comtés de Montmagny,L’Islet et Bellechasse, tome XIII, p.216.
13 - Gabriel Drouin, Dictionnaire National des Canadiens Français, 1608-1760, tome II, 1965. p.1113.
14 - PRDH, Site Internet, Les pionniers ; Hôtel-Dieu de Québec, Liste des malades, vol.6, 1980. p.634.
15 - Normand Robert, Nos origines en France, Anjou, Maine, Orléanais et Touraine, tome 10, 1994, p.109 et p.143.
16 - Yves Hébert, Montmagny…une histoire 1646-1996. La Seigneurie, le village, la ville, 1996, p.43.
-/ II /-
MM. Robert et Hébert n'ont pas cité leurs sources et nous ignorons sur quels documents ils se sont fondés pour étayer leurs affirmations. Enfin, Michel Langlois signale que Jean Prou est hospitalisé en 1691 à l'Hôtel-Dieu de Québec et "qu'on le dit originaire d'Aytré en Saumure"8. La commune d'Aytré est cependant située en Charente-Maritime, près de La Rochelle. Il convient d'ajouter, toutefois, que ce dernier auteur a mal déchiffré le nom de l'endroit.
En ce qui concerne l'année de naissance de Jean Prou, on sait qu'au recensement de 1667, il dit être âgé de 22 ans; au recensement de 1681, de 34 ans17; lors de son inscription à l'Hôtel-Dieu en 1691, de 42 ans8; lors de sa sépulture le 1er mars 1703, le célébrant a écrit : "agé de cinquante six ans"18. Selon ces données, il serait né entre 1645 et 1649.
NOS DEMARCHES
1- Des démarches décevantes
Une visite aux archives de la mairie de Saumur en 1984 et des recherches dans les documents anciens n'ont rien révélé19. A la Librairie Gaston Saffroy à Paris qui se spécialise en généalogie, nous avons consulté en mars 1994 une série de 14 recueils sur les familles angevines rédigés par Bernard Mayaud. Nous n'y avons rien trouvé concernant les familles Prou, mais nous avons contacté l'auteur qui demeure à Brûlon, près de Saumur. Celui-ci nous a confirmé qu'il n'avait pas de "fiche Prou" mais qu'il tenterait de nous trouver quelqu'un pour effectuer une recherche. Dès le 19 avril 1994, il nous transmettait une lettre de Mme Faucou, généalogiste à Saumur, qui avait fait la recherche et qui nous informait qu'elle avait été négative. Elle précisait qu'il n y avait "aucun Prou à Nantilly entre 1640 et 1646; une seule famille sur Saint-Pierre et une seule sur Saint-Nicolas (Prou-Chauveau). L'ancêtre Prou habitait peut-être Nantilly, mais il a dû être baptisé ailleurs…"20.
_________________________________
17 - PRDH, Recensement de 1681, Berthier, vol.6, 1980, p.183.
18 - Registres des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-Thomas de Montmagny, 1er mars 1703, A.N.Q.
19 - Cette recherche à la mairie de Saumur a été faite lors d’un voyage d’Antonin Proulx en France en 1984.
20 - Cette démarche a été effectuée par Antonin Proulx lors d’un voyage en France en 1994.
En septembre 2001, une visite aux Archives départementales de Maine-et-Loire à Angers et un visionnement du microfilm des registres de la paroisse de Notre-Dame-de-Nantilly de 1640 à 1650 n'a rien dévoilé. Cependant, les contacts établis aux Archives se sont avérés fort utiles par la suite21.
2- Une nouvelle piste : "Destray"
En octobre 2001, nous avons eu la curiosité de procéder à une vérification poussée des registres microfilmés des malades de l'Hôtel-Dieu de Québec, et nous avons trouvé l'inscription suivante pour le mois de juillet 1691 :
"Jean prou agé de 42 ans de la paroisse de Destray à Someur sorty le 31"22. Destray devenait donc une piste intéressante à explorer. Sur une carte détaillée du département de Maine-et-Loire, nous avons repéré un petit village du nom de Distré, situé à quelques kilomètres au sud de la ville de Saumur. Il était fort possible que Destray et Distré désignent la même commune.
En consultant le site Internet de "The Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints" (Mormons), en particulier le catalogue de leur bibliothèque, nous avons constaté qu'ils avaient en leur possession le microfilm des registres des baptêmes, mariages et sépultures pour l'église catholique de Distré pour les années 1626 à 1792. Vu que le Centre de généalogie des Mormons à Ottawa fut fermé durant plusieurs mois pour fins de rénovation, nous avons choisi de frapper à une autre porte.
Nous savions que les Archives départementales de Maine-et-Loire à Angers avaient en leur possession une copie ou l'original du microfilm (No 1815257) des registres de la paroisse de Distré effectué par la Genealogical Society of Utah en 1992. A la mi-novembre 2001, nous avons écrit à la Direction des Archives pour lui demander de nous trouver quelqu'un, soit de son personnel, soit de l'extérieur, qui examinerait le microfilm des années 1640 à 1650 dans le but de trouver l'acte de baptême de l'ancêtre Jean Prou et l'acte de mariage de ses parents. Un mois plus tard, nous recevions une lettre de la Directrice,
_________________________________
21 - Cette recherche aux Archives départementales de Maine-et-Loire a été faite également par Antonin Proulx à qui on a remis une carte très détaillée du département de Maine-et-Loire qui correspondait à la géographie de cette région au XVIIe siècle.
22 - AHDQ RM 01-07-1691, A.N.Q.
-/ III /-
Mme Elisabeth Verry, nous transmettant les résultats de la recherche qu'elle avait confiée à l'une de ses employées, Mme Sandra Varron. Seize copies d'actes concernant notre ancêtre et sa famille accompagnaient la missive (l'un des actes contenait la sépulture de deux personnes). Ce fut pour nous une surprise très agréable et nous tenons à remercier publiquement les autorités des Archives du Département de Maine-et-Loire de l'excellent service qu'elles nous ont fourni d'ailleurs gratuitement.
DISTRÉ
POPULATION :1243 habitants
SUPERFICIE : 1,472 hectares
VOIRIE : 75 km
LES RESULTATS
L'incertitude au sujet de l'endroit de naissance et de la date de son baptême est maintenant dissipée. Nous présentons donc, documents à l'appui, les renseignements que nous avons obtenus. Il est à noter que tous les actes produits ci-dessous ont été extraits des registres de la paroisse catholique romaine de Distré.
1- Le patronyme
Soulignons d'abord qu'à la lecture des actes, nous avons constaté que le patronyme était celui de PROUST et non celui de PROU utilisé ici au début de la colonie23. Comme certains documents le prouvent, Jean était illettré. C'est ainsi que dans la vente d'une terre de Jean Prou à Guillaume Fournier le 22 février 1671, le notaire Becquet écrit que "lesd. partyes déclare(sic) ne scavoir escrire ni signer de ce enquis suivant l'ordonnance"24. Lors de l'achat d'une terre de Noël Morin le 22 août 1672, Jean a apposé une croix en guise de signature et le notaire Rageot a écrit que "le led. Prou a déclaré ne scavoir escrire ni signer de ce interpellé suivant l'ordonnance"25. On retrouve cette même graphie PROU dans les actes religieux518. Ne sachant écrire son nom, Jean semble avoir laissé les notaires et les curés décider de l'épellation de son nom. On connaît la boutade : "Les notaires ne savaient pas écrire et les curés étaient sourds".
2- L'ancêtre Jean Proust
Jean Proust a été baptisé le 2 décembre 1646 à Distré.
Le 2e jour de decembre 1646 a esté baptizé jean fils de jean proust le jeune et de loise vallée sa femme ont esté parain jamet proust et maraine dame marie bruneau qui a signé
L.Esnault Marie Bruneau
Curé
_________________________________
23 - Lors d’une visite de Pierre Proulx à Saumur en 1997, il avait constaté que c’était le patronyme Proust et non Prou qui était inscrit sur la plaque commémorative aux morts dans l’église Notre-Dame de Nantilly et dans le bottin des résidants des régions de Saumur et d’Angers.
24 - Notaire Romain Becquet, minute du 22 janvier 1671, A.N.Q.
25 - Notaire Gilles Rageot, minute du 22 août 1672, A.N.Q.
-/ IV /-
3- Les parents de l'ancêtre
Jean Proust (dit le jeune) et Louise Vallée, les parents de notre ancêtre, se sont mariés à Distré le 8 février 1646.
Aujourdhuy huictiesme febvrier mil six cent quarante six , ont esté espouzes en leglize de distré par nous curé soubz signé jean proust fils de jean proust et de denize martin ses pere et mere de cette paroisse et louise valléé fille de charles valléé et de deffuncte renéé anger ses pere et mere de la paroisse St pierre du Vaudelenay par Certifficat de Monseigneur le vicaire dudit Vaudelenay en datte du sixieme febvrier an pre(sen)t mil six cent quarante six signé Igorré Vanischel en presence de Mr Mathurin Morischeau( ?) Mr Rolland Quinot Jean anger pierre proust de plusieurs autres les dites parties contractantes ont declaré ne scavoir signer et ni signé la presente
| Lanouy | Quinot | Proust |
| Chataygné | Girard | |
| Harre | Barre |
Louise Vallée a été inhumée le 14 octobre 1661 en même temps que sa fille Louise.
Le dit jour et an que desus a esté enterrée la femme de jean proust le jeune de pocé aagée de quarante et trois ans ou environ avec sa petite fille aagée de douze jours ou environ.
4- Les frères et soeurs de notre ancêtre
Jean Proust le jeune et Louise Vallée ont eu au moins sept enfants, dont six et probablement sept ont été baptisés à Distré :
- Jean baptisé le 2 décembre 1646 (notre ancêtre)
- Denize baptisée le 5 avril 1648
- Perrine baptisée le 19 juillet 1650 et inhumée le 25 février 1654
- Perrine baptisée le 14 mars 1657
- Thomas baptisé le 11 mars 1659 et inhumé le 18 mars 1659
- Louise baptisée le 2 octobre 1661 et inhumée le 14 octobre 1661
- Une petite fille "de deffunct jean proust" inhumée le 5 mars 1663
-/ V /-
5- Les grands-parents de l'ancêtre
Les grands-parents étaient Jean Proust dit "l'Aisné" et Denize Martin; ils ont eu au moins quatre enfants :
-Jean le jeune dont la date de baptême est inconnue et qui a épousé Louise Vallée le 8 février 1646, tel que mentionné précédemment;
-Anne baptisée le 8 septembre 1626 à Distré;
-Pierre baptisé le 4 août 1628 à Distré;
-Jamet dont la date de baptême est inconnue et qui a épousé Julianne Thoreau le 16 juillet 1648 à Distré.
Jean Proust a été inhumé le 10 mars 1663 à Distré.
Le dixième dudit mois et an que dessus fut ensepulturé dans leglize de distré le corps de Mre jean proust aagé de soixante et treze ans ou E(nviron) par moy curé Portier.
Denize Martin a été inhumée le 18 août 1661 à Distré.
Le 18e jour d'Aoust 1661 a esté ensepulturée Denize Martin vivante femme de jean proust Laisné aagée de 73 ans ou Environ par moy curé soubsigné
Portier curé susdit
ANALYSE ET COMMENTAIRES
Après avoir lu attentivement les actes précités, on peut dégager certains faits, établir certains liens entre les événements et se permettre de faire quelques hypothèses.
Les trois Jean
Tout d'abord, mentionnons que le fils, le père et le grand-père portaient tous trois le même prénom Jean. Nous nous servirons, dans ces notes, du terme "Jean l'ancêtre" ou tout simplement l'ancêtre pour désigner celui qui est venu en Nouvelle-France, du terme "Jean le jeune" pour désigner son père, et du terme "Jean l'aîné" pour désigner son grand-père. Ce sont, en fait, les termes qui sont utilisés dans les actes pour ces deux derniers.
Né en décembre 1646, l'ancêtre n'avait pas encore vingt ans à son arrivée en Nouvelle-France s'il a fait la traversée de l'Atlantique à l'été ou à l'automne 1666. Il avait perdu sa mère Louise Vallée quelques années plus tôt (en octobre 1661) et son père était également décédé peu après son épouse.
Jean Proust le jeune et Louise Vallée
Lors de leur mariage, Jean le jeune et Louise Vallée ont déclaré ne savoir signer le registre paroissial. Ils étaient donc illettrés. L'acte de mariage ne mentionne pas l'occupation ou le métier de l'époux. Vraisemblablement, il était fermier ou cultivateur.
Nous avons pu retracer l'acte de baptême de six enfants de Jean le jeune et de Louise Vallée. L'ancêtre était l'aîné de la famille. Son parrain fut son oncle paternel, Jamet Proust. Trois des six enfants sont décédés en bas âge. La "petite fille" décédée en mars 1663 n'est pas identifiée et il peut s'agir de la deuxième Perrine née en 1657. Vu que la mère est décédée en octobre 1661 quelques jours après avoir donné naissance à Louise, cette "petite fille" aurait vu le jour avant la fin de 1660. Le couple eut peut-être d'autres enfants, car les actes de baptême entre 1652 et 1655 ne sont pas inscrits dans les registres
Louise Vallée et son bébé Louise ont eu leur sépulture le même jour, soit le 14 octobre 1661. À noter que la date de la sépulture n'est pas mentionnée dans l'acte même. Comme il y a eu plus d'une sépulture ce jour-là, le célébrant a tout simplement écrit "Le dit jour et an que desus". Le bébé Louise avait été baptisée 12 jours plus tôt. Il est fort probable que la mère et sa fille sont décédées d'une infection grave généralisée (septicémie), comme la chose se produisait fréquemment dans les jours qui suivaient un accouchement. L'acte mentionne qu'elle était âgée de 43 ans; elle serait donc née vers 1618.
-/ VI /-
La date et le lieu de naissance (ou du baptême) de Jean le jeune ainsi que la date et le lieu de son décès (ou sépulture) sont encore inconnus. On sait cependant qu'il était vivant lors du décès de son épouse en octobre 1661 mais qu'il était décédé lors du décès de sa "petite fille" en mars 1663. Son décès se situe donc entre ces deux dates. Nous savons qu'il n'est pas décédé à Distré et nous n'avons pu établir l'endroit de son décès. On pourrait avancer comme hypothèse qu'il aurait, après la mort de son épouse Louise en 1661, déménagé avec sa famille à Saumur, dans la paroisse de Nantilly. Ceci expliquerait la déclaration de l'ancêtre, lors de son mariage à Québec, qu'il venait de Nantilly. Ce n'est cependant qu'une hypothèse qu'il faudra vérifier. Nous poursuivons nos recherches pour trouver le lieu et la date de naissance et de décès du père de notre ancêtre. Dans l'acte de sépulture de Louise Vallée, il est écrit qu'elle est "la femme de jean proust le jeune de pocé". Pocé est un hameau situé tout près de Distré, au nord-ouest. Comme il est mentionné dans la section qui suit, ce petit village faisait partie de la paroisse de Distré. C'est le seul acte qui mentionne ce fait; les autres actes disent tout simplement "de cette paroisse". Il est donc fort possible que la famille de l'ancêtre habitait le hameau de Pocé mais nous ne pouvons l'affirmer avec certitude.
Jean Proust l'aîné et Denize Martin
On ignore la date du mariage de Jean l'aîné et de son épouse Denize Martin, les grands-parents de l'ancêtre, mais on sait qu'ils ont eu au moins quatre enfants dont la liste a été donnée précédemment.
Jean l'aîné est décédé le 10 mars 1663 à l'âge de 73 ans; il serait donc né vers 1590. Son épouse Denize Martin était morte dix-huit mois plus tôt (le 18 août 1661) à l'âge, elle aussi, de 73 ans. Elle serait née vers 1588. Comme dans le cas de l'acte de sépulture de Louise Vallée, la date n'apparaît pas dans l'acte de sépulture de Jean l'aîné. Il convient de mentionner également que le célébrant n'apposait pas toujours sa signature au bas de chaque acte. Au lieu de signer chaque acte, le célébrant indiquait parfois au début du feuillet la phrase suivante "L'an… ont été faites par moy Curé de Distré les sépultures qui s'ensuivent".
Une famille éprouvée
La famille Proust a été affectée par la mort de plusieurs de ses membres au début des années 1660. Il y eut d'abord Denize Martin, l'épouse de Jean l'aîné, qui est décédée le 18 août 1661. Il y eut ensuite, deux mois plus tard, en octobre, le décès de sa belle-fille Louise Vallée ainsi que son tout jeune bébé Louise. Seize mois plus tard, en mars 1663, les registres indiquent le décès d'une "petite fille" de Jean le jeune et Louise Vallée. Le même mois, Jean l'aîné, le grand-père de l'ancêtre, allait rejoindre son épouse. Mentionnons également que Jean, le père de l'ancêtre, est décédé entre octobre 1661 et mars 1663.
LA COMMUNE DE DISTRE
Le maire de la commune de Distré, M. E.Touron, nous a aimablement transmis des renseignements sur la commune et nous en avons retenu quelques-uns qui pourraient jeter un peu de lumière sur le milieu qu'a laissé notre ancêtre pour tenter l'aventure de la Nouvelle-France.
La commune actuelle est constituée des agglomérations de DISTRE (on prononce DITRE), MUNET, CHETIGNE et POCE-LA TOUCHE. Elle couvre une superficie de 1472 hectares dont la plus grande partie (941 hectares) sert à la culture. Sa population n'est pas tellement nombreuse mais semble relativement stable : elle n'était que de 1243 personnes en 1999, une augmentation de 322 personnes par rapport à 1821. Les principales activités économiques sont l'agriculture, la viticulture et, à un degré beaucoup moindre, l'élevage. D'anciennes carrières de tuffeau (pierre calcaire) ont été transformées en champignonnières et plusieurs entreprises, grosses et petites, sont engagées dans cette activité.
Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Chétigné ne faisait pas partie de la commune de Distré; elle a été rattachée à celle-ci par ordonnance du 13 novembre 1818. Il y avait donc deux paroisses, celle de Distré dont les registres datent de 1626 et celle de Chétigné dont les registres remontent à 1617. L'église de Distré desservait les fidèles des agglomérations de Distré, Munet et Pocé-La Touche.
L'église de Distré, construite au XIème siècle, classée monument historique par arrêté du 22 septembre 1914, est dédiée à Saint-Julien de Brioude. Julien, tribun d'une légion romaine en garnison à Vienne, en Dauphiné, subit le martyre en l'an 304 à Brioude, en Auvergne, où il s'était réfugié, pour avoir refusé de rendre un culte à César. Du Xe au XVIIIe siècle, Distré est un prieuré de l'abbaye de Saint-Florent, près de Saumur. Au début, trois moines y vivaient. A partir du XIVe siècle, il y a des prieurs séculiers, ou curés. La mairie actuelle et d'autres maisons voisines de l'église sont des XVIIe - XVIIIe siècles et, avec les parcs encore existants, constituaient le prieuré.
Parmi les sites historiques, mentionnons l'église de Distré, classée monument historique en 1914, le donjon du château (XIVe siècle) à Pocé, la vieille église de l'ancienne paroisse de Chétigné dont le choeur est classé et le vieux village troglodyte de Munet situé sur un promontoire où débouchait la voie romaine.
-/ VII /-
CONCLUSION
Nous avons établi dans cet article le lieu et la date de naissance de l'ancêtre Jean Prou(st) et nous y avons inclus des actes se rapportant à ses parents et grandsparents. Nous avons également en main des actes de baptême, de mariage et de sépulture des frères, soeurs, oncles et tantes de l'ancêtre que nous n'avons pas produits afin de ne pas surcharger le texte. Nous avons l'intention de les publier dans un second article dans lequel nous espérons pouvoir répondre à certaines questions que nous avons soulevées dans le présent texte.
Maintenant que nous savons avec certitude l'endroit de naissance de l'ancêtre, il serait intéressant d'établir des contacts avec des Proust de Distré et de la région de Saumur dans le but d'échanger des renseignements généalogiques avec eux. Si l'on remonte assez loin dans le temps, il est fort possible et même probable que les Proust de cette région soient issus des mêmes ancêtres que les nôtres. Nous avons déjà initié cette démarche qui, espérons-le, portera fruits.
En terminant, nous voulons réitérer nos sincères remer-ciements aux autorités des Archives départementales de Maine-et-Loire qui ont répondu promptement à notre demande et qui ont effectué les recherches qui nous ont permis de retracer avec certitude l'origine de notre ancêtre.
------------
Distré

-/ VIII /-
LES CLOCHERS TORS
Un clocher tors ou clocher flammé, comme celui de l'église de Distré, est un clocher ayant une flèche montée en spirale au lieu d'être bien droite. Il y a environ une centaine de clochers de ce type en Europe, plus de soixante-cinq en France; le départment de Maine-et-Loire a lieu seul en a dix.
Ces clocher tors sont aussi connus sous le nom de tors, tordu, vrillé, hélicoïdal, twisted, gedreht, etc….
Certaines personnes pense que ces spirales sont dues a des causes naturel, a une mauvaise qualité des matériaux, ou a une erreur de construction. On soupsonne aussi que l'utilisation de bois vert (non séché), l'absence de support transversal et l'installation de pyramid en huit section on contibué a la torsion des clochers.
D'autres experts sont convaincu que ces clocher sont l'oeuvre de Maîtres charpentiers voulant montrer leur talent et savoir-faire. Ils souligne le fait que le clocher de l'église Saint-Denis a Pontigné est une spirale is a géométriquement parfaite et que les apprentis ont du construire des répliques miniatures de "clocher tors" comme leur "chef-d'oeuvre"
Le débat est ouvert. De toute façon, ces clocher sont des pièces d'architecture qui sont, à tout le moins, particuliers et originales.
-/ IX /-